Je persiste et signe: Je n’obéis pas à Dieu!

Je reviens à la charge pour exprimer davantage ma pensée.

Non, je n’obéis pas à Dieu et voici pourquoi;

Chez les Témoins de Jehova, vous devez inévitablement faire du porte-à-porte dans l’espoir de faire partie de l’élite des 144 000. Je résume et prend de gros raccourcis, je le sais. Ainsi, le TJ’s doit obéir et faire ce que sa religion lui demande. Pour prouver qu’il est bon de persévérer jusqu’à la fin, le TJ’s, s’il a le comble du malheur d’être placé face un à un choix aussi déchirant que de refuser une transfusion sanguine pour lui ou pour son enfant, et bien, les portes du paradis lui seront alors grandes ouvertes. Il sera d’agréable odeur pour son dieu s’il refuse de fêter Noël, vilaine fête païenne et donc, issue du satanisme, tout comme l’Halloween ou la Saint-Valentin. Bien que je ne sois friand d’aucune de ces fêtes, m’en faire une règle d’observance, je m’y refuse. Je préfère encore fêter ces vilaines fêtes païennes avec des gens non-chrétiens que les religieux austères. Ainsi, je n’obéis pas à ce dieu. Le Tj’s ne se demande pas comment être un bon TJ’s, non. Il se demande comment être un bon chrétien, car seuls, les TJ’s sont chrétiens et suivent l’enseignement de Christ… ou plutôt, de YHWH. Le TJ’s a son interprétation, il me dit que je devrais relire ma bible si je veux comprendre, mais comprendre la bible, c’est la comprendre comme lui, car la mesure avec laquelle il mesure le réel salut des autres qui se proclament chrétiens, c’est la mesure des TJ’s. Point de salut en-dehors. Le vrai TJ’s est obéissant. Ce n’est pas la foi qui transforme les cœurs qui est requis, mais bien l’observance des règles d’une religion qui a sa propre mesure pour mesurer son salut et celui des autres, ou plutôt, celui que tous les autres n’ont pas si ces «autres» refusent de se placer sous la bannière des TJ’s. Je ne suis donc pas dans l’obéissance et je n’en ai pas envie.

Article en cours de rédaction…

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Église La Bible Parle

Il y a longtemps que je projetais de visiter cette assemblée, mais comme elle se trouve à bonne distance de chez moi, je devais au préalable m’assurer d’être convenablement bien organisé, car mes visites ne sont jamais hasardeuses et ont un but bien précis. Outre la distance qui me sépare de son emplacement géographique, l’église La Bible Parle n’était pas encore planifiée dans un agenda rapproché. J’ai eu à visiter plusieurs assemblées, dont l’église Nouvelle Vie, à laquelle j’ai consacré plusieurs mois de suivi et d’analyse; l’église La Chapelle, une église issue de Nouvelle Vie, ainsi que d’une église sœur située à Laval-Ouest, l’église Le Portail. J’ai donc parcouru les quelques 40 minutes d’autoroutes pour m’y rendre.

À mon arrivée, quelle ne fut pas ma surprise de constater que cette assemblée s’est dotée de préposés au stationnement, comme le fait d’ailleurs l’église Nouvelle Vie. Ma première réflexion était alors de craindre qu’elle se soit aussi dotée d’un système de sécurité pour épier les allées et venues des visiteurs un temps soi peu dérangeants et mal venus, comme ce fut mon cas lors de mes nombreuses visites à l’église Nouvelle Vie. À titre personnel, je ne me formalise pas de la suspicion que je peux engendrer chez certains évangéliques paranoïaques qui n’apprécient guère ceux et celles qui exercent un esprit critique à leur égard plutôt que de leur lécher les bottes en les flattant outrancièrement. Cependant, lors d’une visite, je n’aime pas que les inquisiteurs improvisés que sont les gardes de sécurité de Nouvelle Vie, seule église au Québec à agir de la sorte, cherchent à me casser les pieds en me suivant pas à pas. Néanmoins, est-ce nécessaire que de se doter de préposés au stationnement pour une assemblée qui, à ma simple observation, ne doit pas avoir la capacité de contenir plus de 500 personnes dans sa salle de culte. Enfin bref, c’est un service offert et gratuit, alors, ce n’est pas un sujet qui mérite davantage d’attention.

Toutefois, à l’intérieur, on constate une certaine hospitalité qui contraste admirablement bien avec cette « mégachurch » qu’est l’église Nouvelle Vie. C’est dans l’ère de stationnement que se termine alors les comparaisons. Nous avons l’impression d’être dans une grande maison, avec son toit haut et en pignon et comme par hasard, le pasteur, dans son message, évoquait justement le terme grec de « habitation », qui signifie « un groupe de personnes, des envoyés » (définition donnée par le pasteur).

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Le seul petit hic: on se sent un peu tassé, bien qu’il y a suffisamment d’espace pour circuler, si, par exemple, nous devons nous rendre à la salle de bain pendant le culte.

Si l’intérieur est chaleureux, et je reviendrai d’ailleurs sur le sujet un peu plus loin avec photos à l’appuie, l’extérieur laisse plutôt perplexe et songeur. Avec son architecture, on a l’impression que c’est une église catholique désaffectée et dont la construction et son aspect architectural sont typiques aux bâtisses religieuses des années 80, une mode qui n’aurait jamais dû voir le jour d’ailleurs. Voici quelques clichés.

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Il ne serait pas étonnant que l’église La Bible Parle ait acheté cette bâtisse vendue par le clergé de l’église Catholique.

Ce n’est pas tant l’aspect physique de l’église La Bible Parle qui me préoccupe, mais bien son contenu et ses acteurs principaux, Jeff Laurin en tête de liste, pasteur principal et fondateur de l’assemblée. Son ministère ne s’arrête pas qu’à cette seule assemblée, ni même à cette fonction pastorale. Jeff Laurin fait depuis longtemps de la radio, se rend au Bénin où sa mission ecclésiastique s’étend et fait aussi parti de l’organisme SOLA, qui a pour objectif une coalition interdénominationnelle pour l’évangile et dont les influences commencent par les leaders d’assemblées locales.

http://www.sola.org/2013/  (il s’agit ici du lien d’une conférence qui fut donnée en 2013)

Maintenant, attardons-nous à cette visite non-attendue de ce matin.

Malheureusement pour moi, ce n’est pas le Pasteur Jeff Laurin qui prêchait ce matin, mais plutôt Réal Gaudreau. Le culte débute à 10:30. Nous avons eu droit à 10 minutes d’annonces pour débuter. Pour un simple visiteur comme moi et plusieurs autres que j’ai rencontré ce matin, la pertinence de ces annonces, qui ne concernent en fait que les membres et les adhérents réguliers, doit sérieusement être remise en question. Bien que l’importance des affaires légales lors d’une réunion annuelle de l’église va de soi, il n’en demeure pas moins que pour les visiteurs, c’est plutôt ennuyeux. Nous ne sommes pas venus assister à un concert d’annonces, mais à célébrer un culte.

À 10:40, les chants de louages débutent. On se lève, comme c’est la coutume dans les assemblées évangéliques, afin de célébrer de manière cultuelle notre Seigneur. Les chants proposés sont connus et datent d’un certain temps. La notion de louange est très délicate de nos jours et ce, depuis au moins deux décennies, nonobstant la dénomination évangélique à laquelle on appartient. On ne peut plaire à tous en même temps. Les jeunes cherchent davantage des chants actuels et joués de manière tout aussi actuelle, alors que les plus vieux se tournent davantage vers la profondeur des paroles et d’une musicalité plus adoratrice et contemplative. Certes, les chants étaient profonds en significations, la musique et la transition entre les chants étaient fluides, mais le plus agréable, c’est que le niveau sonore était irréprochable. Les chants étaient doux et légers, les organisateurs étant fort possiblement désireux d’y installer une ambiance solennelle et introspective. C’est assurément fort réussi, si telle était l’intention de ceux et celles qui présidaient et organisaient le culte de ce matin. De plus, et ce n’est qu’une opinion personnelle, tant les paroles que la musicalité pouvaient plaire à tous les groupes d’âges, sans pour autant être dans l’extase, d’un côté ni de l’autre. Les organisateurs de l’église ont joué la carte conservatrice, mais juste assez pour ne pas être ennuyant, au contraire.

Je suis de nouveau agacé toutefois lorsque, après 15 minutes bien sonnées de louanges, on arrête subitement pour intervenir avec 17 autres minutes d’annonces qui me paraissaient interminables. Pour moi, ça ne représente pas un réel problème, car ce temps ennuyeux m’a permis d’organiser ce présent article et pendre une avance considérable dans sa rédaction. Mais pour le commun des mortels qui vient assister à ce culte, surtout une première fois, ça ne donne pas l’envie d’y revenir, ne serait-ce que pour cette seule raison. Si vous faites le calcul, nous avons eu droit à 32 minutes d’annonces soporifiques et 15 minutes de louanges, pour un total de 47 minutes de culte. Or, en ce qui me concerne, les annonces, aussi nécessaires soient-elles, n’ont rien à faire avec un culte rendu à Dieu. Un simple pamphlet offert par des préposés à l’entrée aurait suffit.

Prédication

La prédication a toujours représentée le plat principal des assemblées évangéliques. Tout est préparé en fonction du message, qui a une durée approximative de 45 minutes, dépendamment de la dynamique d’église. Habituellement, nous assistons à 45 minutes de prédication. Dans le cas qui nous préoccupe, la prédication a débuté à 11:12 et s’est terminée à 11:52 précisément. Dans la préparation d’un culte, celui qui est appelé à présider le culte travaille, habituellement, avec le prédicateur, afin de coordonner les chants de louange à la thématique de la prédication. Bien honnêtement, et ce n’est ni une critique positive ni négative, je n’ai pas observé cette symbiose cultuelle ce matin, bien que l’organisation cultuelle n’est pas à remettre en cause.

C’est indéniable, le prédicateur a un puissant pouvoir, soit, celui de l’exclusivité du droit de parole. Dans la culture chrétienne élargie, on n’interrompt pas le prédicateur. Psychologiquement, il y a un pouvoir subtil exercé par la hauteur de l’estrade, qui rappel l’autel sur lequel étaient juchés les ecclésiastes catholiques dans leurs églises. L’héritage du catholicisme est d’ailleurs très proéminent dans nos cultures occidentales. L’interaction du rite cultuel des chrétiens des Actes des Apôtres est totalement absente dans celui des chrétiens depuis le 4ième siècle. On a imposé une forme hiérarchique ecclésiastique qui n’existe pas dans le N-T. Ce modèle de puissance, copié du modèle de l’empire romain, s’est perpétué au fil des siècles, transcendant même l’époque des réformateurs. Ainsi, on peut remettre en question non seulement le fonctionnement et le système ecclésiastique des évangéliques, mais on peut aussi se questionner sur le véritable appel de Dieu les concernant.

Néanmoins, les églises sont nombreuses et les adhérents le sont tout autant. Des adhérents que l’on entretient dans la passivité et non dans l’action, car l’effet de la prédication, bien que l’intention soit dirigée vers l’édification du corps de Christ, n’en a pas moins comme résultat une oisiveté et une inaction dans la vie des croyants. Le pastorat ne semble pas être un appel, mais plutôt réservé à une forme élitiste que l’on présente sous un apparent appel de Dieu. Il faut se coller aux bonnes personnes, car selon ce que j’ai pu observer et constater depuis les 30 dernières années, c’est que ce sont principalement les ambitieux qui atteignent le pastorat et non les appelés. Je n’élaborerai pas davantage sur ce sujet pour le moment, je me contenterai de mes observations de ce matin.

Contenu

Honnêtement, j’ai été un peu déçu. Je suis demeuré sur ma faim, si je puis m’exprimer ainsi. Bien franchement, il est difficile de savoir quel était l’objectif du prédicateur. Il a évoqué trois thématiques. D’ailleurs, j’en profite pour souligner ma désapprobation de ce style de prédication. La thématique a pour but d’instrumentaliser plusieurs passages de la Bible au profit de son propre message, ce qui, à mon humble avis, est contraire à un véritable enseignement biblique. À moins que les pasteurs qui font dans la thématique affirment ne faire que de l’exhortation. Encore là, j’ai des réserves. La thématique est une technique volontaire ou non de manipulation par les écritures. L’équipe pastorale a une vision pour l’église, avec un programme établit. Les messages vont donc dans la direction que ce sont données les membres de l’équipe pastorale. Ce que je privilégie, c’est l’exposition de texte. Dans cette technique d’enseignement biblique, l’exposition de texte exige un effort intellectuel plus important que celui de la thématique. La thématique n’exige même pas d’exégèse ni d’herméneutique. Or, c’est tout le contraire dans l’exposition textuelle.

Réal Gaudreau évoque au préalable la notion de disciple, en première partie de son message, sans même nous introduire. Monsieur Gaudreau insiste sur l’importance d’être habité par les écritures et que celles-ci sont un cadre de référence. Or, sa prédication ne se fait que très peu sur des passages bibliques, si ce n’est que pour appuyer le thème un peu flou de son message et de plus, il se réfère tout au long de sa prédication sur le livre « THE GREAT OMMISSION », dont il vante les vertus et la sagesse. Par souci d’exemple, j’aurais apprécié que sa prédication se concentre davantage sur les écritures que sur un livre rédigé par quelqu’un. Maintenant, voici une des citation qu’il nous a partagé du livre concernant la notion de disciple:

  • Explication de la notion de disciple (paraphrase). Le disciple n’a pas plein de projets. Un disciple réagit selon les écritures et non les émotions naturelles (toujours en référence au livre qu’il cite). Ce sont les écritures qui nous habitent pour que nous soyons des disciples. Les écritures s’installent dans nos vies et sont un cadre de référence On poursuit la plénitude. Un disciple est habité par Dieu (Éph.). Habités par Dieu, mais habité par la Parole, les écritures?

Dans cette explication ci-haut, l’auteur du livre, appuyé par monsieur Gaudreau, semble indiquer que les émotions sont des éléments de la nature humaine et donc, déchues. Il faudrait donc avoir des réactions scripturaires. Par déduction, on peut considérer que l’auteur fait des écritures un dieu en papier et que nos émotions sont un mal en soi.

C’est là que je considère le danger d’enseigner de manière thématique et non par exposition de texte. On dirige le message de manière faussée et erronée, ce qui, inévitablement, conduit à de mauvaises applications dans la vie des auditeurs. C’est bien souvent ce qui explique le peu de fruit des chrétiens dans leur vie, leur inaction et leur passivité. Il n’est pas possible de réagir scripturairement en délaissant nos émotions.

Tout au long de la prédication de monsieur Gaudreau, nous ne savons pas si le thème principal de son message est:

  • comment être dans la plénitude

– comment être un disciple

  • comment renoncer à soi-même

Il n’y a aucune véritable introduction. Sinon, elle n’a pas été claire. Mais comme il n’y a pas d’interaction permise, le pasteur ne peut donc pas mesurer le degré de compréhension de son auditoire. Une autre faiblesse de l’église actuelle.

Comme dans toutes thématiques présentées devant une assemblée, plusieurs passages bibliques sont évoqués dans le but d’appuyer la thématique choisie par le prédicateur. Voici les passages en question (plus notes personnelles):

  • Application de Galates 5 : On semble prendre ce passage de manière négative, mais Paul serait positif (Monsieur Gaudreau).
  • Cite un philosophe chrétien : 2 sortes de chrétiens. On rend normal le fait que d’être chrétien sans marcher avec Dieu, ce qui serait contraire à la notion de disciple.
  • The great ommission (titre du livre auquel le pasteur parle).
  • Il fait l’apologie des écritures, mais prêche sur l’auteur d’un autre livre que la Bible.
  • Un peu d’humour pour détendre l’atmosphère un peu terne.
  • Jusqu’à maintenant, à 11 :25, aucune matière profonde fondée sur les écritures.
  • Encore de l’humour. J’attends la profondeur des écritures, comme le pasteur est censé être centré. Il appelle Jeff Laurin « pasteur Jeff ».
  • Renoncer à soi-même : ce n’est pas d’être malheureux, mais de renoncer à une vie qui nous rendrait malheureux. Être l’artisan de son propre malheur. Il s’agit encore d’une citation du livre. Beaucoup de citations de la sagesse d’un homme.
  • Ne pas renoncer à soi-même : c’est renoncer à la vie tout court. Nous avons été créés pour Dieu, donc, enrichi par lui. Renoncer à soi-même, c’est adopter la plénitude de Dieu.
  • Galates 6.8 : Celui qui sème pour sa propre chair récoltera la moisson de la chair : la pourriture ; mais celui qui sème pour l’Esprit récoltera la moisson de l’Esprit : la vie éternelle.
  • 16.23 : Mais lui se retourna et dit à Pierre : Va–t’en derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une cause de chute, car tu ne penses pas comme Dieu, mais comme les humains. Ce passage est cité par le pasteur pour appuyer son message à lui. Le texte préciserait ceci :
  • : reprend le texte de Mt.16, avec une nuance : La foule au lieu de disciples
  • 8.33 Mais lui se retourna, regarda ses disciples et rabroua Pierre : Va–t’en derrière moi, Satan ! lui dit–il. Tu ne penses pas comme Dieu, mais comme les humains. Le fait pasteur le lien avec les émotions humaines qu’il dénonçait au début de son message. Il semble y avoir une dénonciation des émotions. Du moins, il ne précise pas clairement.
  • Le renoncement, c’est de chasser nos réactions naturelles. Renoncer à être juge sur nos vies. Le chemin de la croix amène à la mort, la résurrection et à la vie.
  • Le renoncement serait donc le meilleur chemin, le plus productif, si l’on compare à l’autre.
  • Éph.5.17 : Ne soyez donc pas sans intelligence, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur. Ne vous enivrez pas de vin : il mène à la débauche. Au contraire, soyez remplis par l’Esprit ;
  • 19 parlez–vous par des cantiques, des hymnes et des chants spirituels ; chantez et célébrez le Seigneur de tout votre cœur ;
  • 20 rendez toujours grâce pour tout, au nom de notre Seigneur Jésus–Christ, à celui qui est Dieu et Père. Explique le temps de verbe et les règles de français dans ce passage. On suggère que l’Esprit peut arriver tout d’un coup.
  • 12.1-2 : 1 Je vous encourage donc, mes frères, au nom de toute la magnanimité de Dieu, à offrir votre corps comme un sacrifice vivant, saint et agréé de Dieu ; voilà quel sera pour vous le culte conforme à la Parole.
  • 2 Ne vous conformez pas à ce monde–ci, mais soyez transfigurés par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, agréé et parfait.
  • 19 Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers ni des exilés ; mais vous êtes concitoyens des saints, membres de la maison de Dieu.
  • 20 Vous avez été construits sur les fondations constituées par les apôtres et prophètes, Jésus–Christ lui–même étant la pierre de l’angle.
  • 21 C’est en lui que toute construction bien coordonnée s’élève pour être, dans le Seigneur, un sanctuaire saint.

Le moment fort de la prédication

Il semble que ce soit le clou final de la prédication, ce qui devrait convaincre l’auditoire.

  • 22  C’est en lui que, vous aussi, vous êtes construits ensemble pour être une habitation de Dieu, dans l’Esprit.

Le pasteur insiste sur ce verset : littéralement, Dieu nous habite. Nous sommes l’église du Dieu vivant. Ce n’est pas extérieur à nous. Le mot « habitation » : dans les faits, sommes-nous habités, car c’est censé produire un effet. Quelque chose est censée se produire. Tout ce que produit Dieu se reflète dans nos vies. Le mot grec de « habitation » : etymologie : oïkos = envoyer un groupe de personnes; maison, habitation, mais ce n’est pas une seule famille, c’est une représentation large, comme le territoire qu’occupait les grecs. Les conquis devenaient des oïkos, même s’ils étaient en périphérie de la Grèce. Ils sont annexés à la culture grecque. Bien que ce soit intéressant, le mot n’est pas soumis par le pasteur au contexte spécifique du passage cité. Le mot prend une place trop grande dans le message du pasteur concernant le texte cité. Ce terme utilisé pour clore le monologue semble prétendre que l’étymologie du mot donne la signification et tisse un lien indéfectible entre les passages cités qui ont eu pour objectif d’appuyer la thématique de monsieur Gaudreau. Or, c’est de la poudre aux yeux, car en plus de ne pas contextualiser les passages cités, on réduit ces passages à cette simple signification étymologique réductrice.

Et c’est encore le symptôme de la faiblesse de l’enseignement par thématique. Le mot est toujours soumis au contexte du passage. Le mot donne de la richesse à la compréhension d’un passage, mais ne lui donne en aucun cas sa signification. C’est le contexte du passage qui donne la signification à un mot. Bien que je sois pour une étude étymologique des mots et des termes employés et non de la définition populiste du mot ou du terme, l’étymologie ne suffit pas à donner une interprétation juste d’un passage. De même, l’utilisation de la langue émettrice d’origine n’est pas suffisante pour donner la signification du passage étudié. Encore une fois, c’est le passage qui donne la signification au mot, pas le contraire. Mais je tiens à souligner mon appréciation de l’honnêteté de monsieur Gaudreau, qui a admis ne pas être à l’aise avec le grec. Cette honnêteté l’honore.

Bref, le message a duré 40 minutes, mais aurait pu se réduire à 15 ou 20 minutes, tout au plus, si on tient compte que le prédicateur a usé davantage d’un auteur chrétien que de contenu scripturaire. La thématique, bien que je la désapprouve, aurait pu être réussie, si seulement elle avait été mieux dirigée en « frappant sur un seul clou », ce qui ne fut pas le cas. Message ennuyeux, sans vouloir vexer son auteur. Et puis, je ne crois pas que c’était suffisamment édifiant comme prédication, la nourriture étant pauvre.

Je n’ai pas mentionné le style homilétique et la rhétorique employés, car c’était plutôt monocorde et peu dynamique. Néanmoins, le prédicateur a tout de même fait preuve d’assurance sur l’estrade, malgré le manque flagrant de maîtrise de certaines notions de l’enseignement. Les pointes d’humour ont été bien choisies, bien placées et n’ont pas été exagérées, comme c’est souvent le cas actuellement dans plusieurs assemblées. J’ai apprécié sa présence sur scène, malgré l’apparente mauvaise critique que je semble lui attribuer.

Assurément, je visiterai à nouveau l’église La Bible Parle, une assemblée tout de même intéressante, afin d’analyser d’autres prédications des différents pasteurs composant cette assemblée.

Maintenant, voici quelques clichés intéressants de l’intérieur de l’église…

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Toutes ces photos ci-haut sont au sous-sol, réservé pour les classe des jeunes de tous âges. Ce sont des tapisseries qui ont été l’oeuvre de jeunes, aidés par les adultes de l’église. J’ai cru intéressant de vous les partager, car c’est très impressionnant!

Je n’obéis pas à Dieu et je ne le ferai jamais!

Ce titre peut choquer la majorité chrétienne, sachant que je me réclame de cette foi en Jésus-Christ. Néanmoins, il est vrai que je n’ai pas envie d’obéir à Dieu, car ce n’est pas dans la nature humaine. Je n’éprouve aucune honte d’ailleurs à ne pas avoir envie de lui obéir. Pourtant, je ne fais rien d’extraordinairement contre Dieu. Je ne suis pas désobéissant non plus. Je ne veux ni commettre de tort à mon prochain ni contre Dieu. Mais je ne lui obéirai pas pour autant. J’ai bonne conscience et je distingue sans problème ce qui est bien de ce qui est mal. Et comme l’a déjà dit l’apôtre Paul : « Je ne fais pas le bien que je voudrais faire, et je fais le mal que je ne veux pas ». Alors, quand bien même je voudrais être obéissant à Dieu, je ne serai jamais à la hauteur, car il est inévitable que je pèche, aussi longtemps que je serai dans ce corps de mort, pour reprendre une autre parole de l’apôtre.

Il est écrit aussi que Dieu aime l’obéissance bien plus que les sacrifices. Mais je ne lui obéirai pas pour autant, car je ne suis pas à la hauteur. J’ai appris avec le temps que je n’y arriverai tout simplement pas. J’ai compris que ma vie chrétienne n’a aucun sens et qu’il est probablement temps de tout abandonner. Je me suis découragé devant mon incapacité à être agréable à Dieu. Je me suis morfondu à réaliser que, chaque fois que j’ai réussi un bon coup dans ma vie chrétienne et que j’en suis fier devant Dieu et les chrétiens de mon église, je retombe de très haut sur ce que je croyais être en mesure de surmonter dans ma vie. Mes faiblesses ne me quittent pas. Elles m’assaillent et m’empêchent d’être le chrétien idéal, celui que tous prendront comme modèle. Au début de cette nouvelle vie, je m’illusionnais en victorieux, ragaillardie de cette nouvelle puissance qui allait me procurer la capacité à déplacer n’importe quelle montagne et obstacle qui allait se dresser sur mon chemin. Si au début j’étais plein de zèle et d’une fébrilité incontrôlable par cette foi et cette espérance nouvelles, le temps, le quotidien et les soucis de la vie ont regagné du terrain. La lune de miel s’est terminée de manière progressive et sans que je m’en rende compte.

À ce moment-là, je me suis dis que pour retrouver cette flamme qui m’animait et embrasait mon cœur, je devais impérativement revenir à mon premier amour. Je me suis mis alors comme défi d’être obéissant. Ma première action était d’abandonner sur-le-champ certains travers de ma vie. Je persévérais en priant et en lisant ma bible le plus longtemps possible. Pendant un certain temps, ça me réussissait et j’en étais fier. Je pouvais enfin regarder les chrétiens de mon église avec le torse bombé de fierté. Enfin, j’étais revenu dans l’élite des forts. Je pouvais imposer ma morale chrétienne à tous ces faibles qui ne réussissent pas à surmonter leurs travers à eux.

La grâce hypocrite de Dieu

Avant que Dieu se saisisse de ma vie, j’ai assisté à plusieurs reprises aux campagnes d’évangélisations organisées dans ma ville. Ce sont de gros événements que les chrétiens ne manquent pas et à qui on exhorte d’amener avec eux des personnes non-croyantes, car c’est bien pour elles au départ que l’on fait ces gros événements. Dans ces prédications, on vous fait l’apologie de la vie en Christ, de son sacrifice à la croix, du pardon du Père, de la résurrection de Jésus, de cet espoir renouvelé et éternel. On met l’accent sur cette grâce infinie de Dieu et cette tonne de brique sur nos frêles épaules, qui représentent notre dette envers Dieu, qui s’effacent subitement lorsque Dieu se saisi de nous. Notre pardon est effectif et les fardeaux ne sont plus. On nous dit aussi que personne ne peut ravir de la main de Dieu, ceux et celles qu’il a racheté par le précieux sang de son fils à la croix et à qui il a accordé le pardon, la foi par la grâce, et la vie éternelle. Cette vie en abondance semble être une merveilleuse aventure et enfin, je peux vivre d’espoir et de joie. L’intention des organisateurs n’est pas en cause. Ils le font pour le Seigneur et dans l’objectif ultime que les élus entendent la voix de celui qui appelle. Mais on ne m’a pas tout dit.

Pour ma part, je connaissais déjà toute la Bible avant même que Dieu change ma vie. Je pouvais citer des versets et des passages par cœur et dans son entièreté. Normal, pour un jeune garçon qui a passé sa jeunesse à l’église évangélique baptiste et qui fut contraint à aller dans les réunions de jeunesse. Bien que je me sois sauvé souvent par la porte d’en arrière durant ces cultes soporifiques orchestrés par des vieillards en complets-cravates, je n’en étais pas moins bien éduqué sur les principes du christianisme que je rejetais avec des haut-le-cœur. Mon père, un zélé qui se comparait admirablement avec l’apôtre Pierre, me sermonnait sans cesse et me questionnait sur ce que j’avais appris durant le culte des jeunes. J’observais tous ces croyants de l’église, qui me paraissaient tous ennuyants, et je ne voulais pas devenir comme eux. Mais c’est plus tard au courant de ma vie que je fis le pas moi-même de répondre à l’appel du Seigneur, sans mon père, sans église et sans pasteur pour tenter de me convaincre. Seul Dieu peut convaincre et il faut que cette vérité soit vraie, car personne n’aurait pu me convaincre, tête de mule oblige.

On m’a dirigé vers ma première église, loin de celle de mon père à laquelle je refusais d’être associé, afin que ce dernier ne soit pas toujours sur mon dos. Rapidement, j’ai monté les échelons, si je puis m’exprimer ainsi, car j’avais déjà une longueur d’avance sur la plupart des gens, même ceux et celles qui avaient plus d’une décennie de vie chrétienne. J’ai appris des versets et des passages par cœur, j’avais déjà lu toute la Bible et j’étais déjà passé à l’université de Montréal en Théologie. Mais je n’en étais pas moins un jeune chrétien quand même, avec ce zèle qui semble caractériser tous les nés de nouveau et une vie passée qui n’était pas disparue comme je l’avais cru. Au début, on vous sourit, on se présente à vous avec un cœur bien disposé et on semble vous accueillir favorablement. Le temps file, les épreuves arrivent en même temps que votre baptême, dont on a repoussé l’échéance pour faire des baptêmes de masse, et à partir du moment où vous êtes baptisés (parfois on exige cela avant de vous baptiser), vous êtes sollicités à changer certaines choses. On vous impose des changements que ces chrétiens veulent observer chez vous. Soudainement, ce n’est plus la grâce, ce sont des lois chrétiennes qui prennent place dans nos vies. Le langage change. On ne parle plus de cette grâce, mais d’obéissance. À observer toutes ces mains levées en l’air lors de la louange, je me dis qu’il faut que je fasse de même, afin de démontrer cette véracité de mon salut en Jésus-Christ. J’adopte aussi le langage évangélique, car je dois aussi répondre favorablement à cette culture interne qui s’impose d’elle-même. Progressivement, je porte un masque de plus en plus épais, à mesure que je progresse dans cette vie chrétienne. Il semble que ce soit de plus en plus de mensonges et de cachotteries qui caractérisent cette vie chrétienne. Suis-je le seul qui soit ainsi? Me questionnais-je, avec raison.

Piégé

Je me mets alors à obéir à certaines conventions chrétiennes de ma religion. Il m’est interdit de faire ou dire certaines choses. Bien que certaines paroles et certains gestes ne soient pas édifiants, ce n’est pas par un cœur transformé que je cesse de dire ou faire, mais bien par une obéissance légaliste que je le fais. Considérant mon succès à obéir, j’impose à mon tour mes propres règles, celles que j’ai perfectionnées à partir de celles qui me furent imposées. Je devins donc pasteur. Mais je n’en ai pas moins des faiblesses personnelles que je n’ai jamais réglé, si ce n’est qu’une obéissance par mes propres forces. En devenant pasteur, je me devais donc d’être irréprochable. Le problème, c’est que mes faiblesses ne disparaissent pas avec le titre. Plus je les repousse, plus elles cognent fort à la porte. Mais la Bible me dis que si je persévère jusqu’à la fin, je serai sauvé (délivré). Alors, je persévère et je m’impose des règles. Sitôt que je chute, je me décourage et j’implore le pardon de Dieu, face contre terre. Je ne me sens pas digne d’être un serviteur et je m’auto-flagelle, afin d’expier ma faute et retrouver une certaine sérénité si je suis sévère avec moi-même. Puis, je m’imagine Dieu en train de me regarder avec découragement et le doigt accusateur qui me pointe, à cause de ma faute que je répète incessamment. Et à chaque fois, je réclame le pardon de Dieu, avec honte, car je suis en train d’user la patience de Dieu. J’ai de plus en plus honte de le prier, car Dieu va finir par m’abandonner.

Continuer ou abandonner

L’idée de tout abandonner me traverse l’esprit, mais je persévère, car je suis un vrai chrétien né de nouveau. Puis, je bénéficie des enseignements de pasteurs le dimanche matin qui, sans le savoir, m’encouragent et me font du bien. Je me dis alors que c’est Dieu qui me parle par ces messages, en utilisant ses serviteurs. Ces messages semblent me viser directement et c’est une véritable grâce du Seigneur. Je suis donc très motivé à persévérer et je me sens vainqueur déjà à l’avance. Cette persévérance est payante pour moi, car mes faiblesses semblent être vaincues. Par cette force que j’ai en moi, je les repousse et je retrouve une fois de plus ma place parmi l’élite des forts en Christ. Je m’aperçois aussi que la plupart des chrétiens que je côtoie sont dans la même situation que moi. Ils tentent aussi d’obéir et perdent des batailles. Ils arrivent à l’église avec un air déconfit, puis un autre dimanche, ou une autre réunion dans la semaine, ils sont joyeux, car ils ont vaincu leurs faiblesses à eux. Ils évoquent la prière, la lecture de la Bible, les mises en applications des messages pastoraux le dimanche matin ou des conférenciers venus discourir sur une thématique en particulier puis repartir avec leur chèque de conférencier. D’autres se sont rendus au CLC pour se procurer un livre de cure-d’âme pour une problématique qui les concerne et cela leur fait le plus grand bien. Ils mettent en pratique les techniques suggérées.

Je retourne à l’église le dimanche suivant et en prières à voix haute, je loue le Seigneur pour ses accomplissements dans ma vie, pour les serviteurs qu’il a utilisé pour m’aider dans la résolution de mes faiblesses, et les gens de l’assemblée disent « AMEN », secouant la tête d’approbation. Puis, on entend la musique en fond, jouée avec douceur, et assurément, le Seigneur est présent, confirmant la véracité de ses actions dans ma vie. Mais je ne suis pas au bout de mes peines. Me croyant maintenant fort, je retombe dans mes faiblesses, parfois tôt parfois tard, mais j’y retombe. Je me dis alors que je ne peux pas demander à nouveau que l’on prie pour moi pour le même problème, car non seulement je vais lasser la patience des gens, mais aussi celle de Dieu. Je garde pour moi mes faiblesses et j’affiche le masque du chrétien victorieux. Bien entendu, par mon obéissance et ma force de caractère, bien des choses ont changé dans ma vie. Il y a plusieurs pratiques que j’ai abandonnées et dont je n’ai plus envie. Je me dis alors que je ne suis pas si pire. Bien d’autres sont encore aux prises avec les faiblesses que j’avais et que je n’ai plus. Cependant, je me sens toujours honteux et coupable de celles que j’ai actuellement. Qu’importe, je dois composer avec. Je porte donc le masque évangélique et je suis considéré comme une référence spirituelle pour beaucoup. Je me suis pris au piège, la grâce de Dieu n’en est pas une, c’était un leurre pour m’embarquer dans une religion, et j’ai abandonné tout espoir de changement dans ma vie, car Dieu ne tient pas ses promesses, mais ça, je n’ose même pas me dire ça, car Dieu entend mes pensées et il sera fâché contre moi si j’ose croire que ce n’était qu’un mensonge.

Solution

Il n’y a donc aucune issue. Ou je persévère et me fais violence, ou je sors de l’église et je retourne dans le monde, là où je ne subirai plus les jugements des gens et de Dieu. D’un autre côté, je ne peux pas abandonner. Dans mon cœur, je sais que c’est impossible, car j’ai été scellé. Ma vie est éternelle et appartient à Dieu. Personne ne peut lui ravir ma vie de ses mains. Par contre, je peux m’isoler et vivre ma vie comme je l’entends, loin de cette voix forte du Seigneur qui accable ma conscience.

J’ai réalisé que la solution ne réside pas dans la force de l’homme. Ni les prédicateurs, ni le pasteur de mon assemblée, ni les conseils sages des hommes et des femmes qui m’entourent, ni la prière, ni la persévérance, ni la lecture de la Bible, ni aucun autre moyen n’existe pour me parfaire et devenir un homme accompli pour toutes bonnes œuvres. Ce n’est pas non plus ma fidélité à l’église locale, ni mes paroles évangéliques, ni mon ministère, ni mon titre de pasteur, ni mes nombreuses études en théologie et en histoire, ni ma sagesse, ni rien d’autre qui peuvent me venir en aide. Est-ce si surprenant que ni la Bible ni la prière ne peuvent m’aider? En apparence, oui. Ma lecture assidue ne m’a pas transformée. La prière, l’invocation, mes pleurs, mes louanges et mon adoration ne m’ont pas transformé. J’ai eu l’apparence d’être très spirituel, bien plus que les chrétiens matures qui me paraissaient faibles, car ils n’étaient pas aussi fervents que moi dans la méditation et la prière. Or, je m’illusionnais. Toutes ces pratiques religieuses ne m’ont pas délivré. Alors, j’ai abandonné.

Oui, j’ai abandonné ma vie entre les mains du Seigneur. Bien que je sois né de nouveau, j’ai cessé toutes pratiques religieuses et j’ai laissé Dieu diriger ma vie. Concrètement, ça se résume à ne plus m’imposer quelques règles que ce soit. J’ai cessé d’en imposer aussi. J’ai cessé de parler et de toujours demander à Dieu. J’ai cessé de toujours tout diriger vers moi, comme si j’étais la pauvre victime de Satan et de tous les pièges qu’il me tendait. J’ai aussi abandonné l’église et de fait, le titre pastoral. J’ai même cessé de prier et de lire autant. Je me suis laissé tomber. Je me suis abandonné. J’ai cessé de résister à moi-même mais surtout, à Dieu, qui ne demandait pas mieux que de prendre place dans ma vie. L’apôtre Paul, et oui, encore lui, a dit, avec justesse aux chrétiens de Rome :

« 1 Frères et sœurs chrétiens, Dieu est plein de bonté pour nous. Alors, je vous demande ceci : offrez–lui votre personne et votre vie, c’est le sacrifice réservé à Dieu et qui lui plaît. Voilà le vrai culte que vous devez lui rendre.

2 Ne suivez pas les coutumes du monde où nous vivons, mais laissez Dieu vous transformer en vous donnant une intelligence nouvelle. Ainsi, vous pourrez savoir ce qu’il veut : ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait ».

Ma vie nouvelle

J’ai cessé d’obéir à Dieu, je l’ai laissé prendre place dans ma vie. J’ai cessé d’avoir le plein contrôle de ma vie, je lui ai donné ma vie. Voilà ce qui plaît à Dieu, mais que moi, comme beaucoup d’autres aujourd’hui, n’ont pas compris. J’ai cessé de me faire imposer des règles dites « chrétiennes ». J’ai cessé d’y obéir. J’ai cessé d’en imposer aussi. Ma lecture de la Bible est devenue totalement différente. Là où je croyais que Dieu imposait des règles, j’y ai plutôt compris sa grâce. Lorsque je prie, ce n’est plus centré seulement sur ma petite personne, car je sais que Dieu prend soin de moi. Ma relation avec les autres a aussi changé. J’ai davantage de compassion et de miséricorde envers ceux et celles qui éprouvent des difficultés dans leur vie personnelle.

Je n’obéis pas aux règles. Je ne désire pas être voleur, haineux, calomnieux, injurieux, impudique, désinvolte. Mon cœur ne désire pas ces choses. Ce n’est pas par retenu que je refuse de voler ou d’haïr. C’est parce que Dieu a transformer mon coeur. J’entend souvent dire « Il faut aimer ses ennemis, pour être agréable à Dieu ». J’ai entendu cela d’un pasteur dernièrement et moi de lui répondre: « Je n’ai pas envie d’obéir ni d’aimer. J’aime parce que mon coeur a été transformé, pas parce que je dois plaire à Dieu ». L’obéissance n’est pas une action volontaire de notre part, c’est une disposition de coeur dont Dieu opère une transformation progressive. Dans les apparences, je paraît obéissant. Dans les faits, c’est un coeur renouvelé, avec une intelligence renouvelée. Je n’accompli aucune oeuvre, c’est Dieu qui accompli son oeuvre dans mon être intérieur, en le renouvelant par son action, et qui se traduit inévitablement dans mes actions de tous les jours. Mes actions paraissent comme étant des oeuvres de ma part et qui me procureront des récompenses, mais la réalité est tout autre: les oeuvres accomplies ne sont rien d’autres que des manifestations symptomatiques d’un coeur et d’une intelligence renouvelés par l’Esprit de Dieu. Je ne suis nullement responsable de ces actions. La même action ne comporte pas nécessairement le même motif d’un croyant à un autre. Certains le font par obéissance à des règles, afin de paraître chrétien, mais le coeur n’y est pas, si ce n’est que tourné vers soi, dans le but de faire la démonstration de ses actions. Dans d’autres cas, les oeuvres ne sont que le résultat d’un coeur renouvelé qu’on ne peut empêcher d’accomplir la volonté de Dieu, conformément à ce renouvellement opéré par l’Esprit du Seigneur.

En conclusion

Je ne ressens donc pas le besoin de plaire à Dieu ni de lui obéir. Il y a longtemps maintenant que je n’ai plus ces préoccupations. Il m’est plus facile de discerner et comprendre sa volonté, car justement, j’ai laissé Dieu aux commandes en me tassant du volant ou du gouvernail de ma vie. La réalité, c’est que je voulais demeurer en contrôle de ma vie et ne pas laisser Dieu faire ce qu’il veut de moi. C’est ce qui explique pourquoi je me suis bâtis un dieu selon l’image que j’avais décidé de me faire. Je me suis donné un cadre de règles, afin de pallier à ce refus de voir Dieu opérer dans ma vie et ainsi, me déstabiliser, moi qui refusait de vivre par la foi au lieu de règles humaines. Je voulais ainsi imposer ma façon de concevoir Dieu, de même qu’une interprétation rigide de la Parole de Dieu. Je me faisais l’accusateur de ceux et celles qui n’obéissaient pas selon mes standards. Je condamnais ceux et celles qui vivaient librement leur foi en Jésus-Christ, car je les considérais frivoles, libertins et pas assez rigides. Aujourd’hui, je ne me questionne plus à savoir si je dois obéir aux lois, car je les respecte sans même faire d’effort, Dieu ayant inscrit sa loi dans mon coeur en renouvelant mon intelligence. Je n’ai plus besoin de lire ou prier constamment, ni demander à Dieu sa volonté. Sa Parole devient simple et limpide, je lui parle sans avoir recours à une pratique religieuse pour la prière, puis sa volonté est tout aussi limpide. Si je n’obtiens pas de réponse à ma prière, je ne suis pas en état de panique ni en dépression. Je prend les décisions avec ce que j’ai comme informations, sachant que Dieu m’a aussi donné une sagesse, une intelligence et une liberté d’action.

J’ai acquis cette liberté dans ma foi. Je suis devenu libre lorsque j’ai cessé de régner sur ma vie. C’est à ce moment précis que je peux affirmer avoir obéi à Dieu, car oui, ce fut difficile de laisser Dieu prendre ma place, mais ce fut la meilleure décision.

Patrick Galarneau

Je n’obéis pas à Dieu et je ne le ferai jamais

Ce titre peut choquer la majorité chrétienne, sachant que je me réclame de cette foi en Jésus-Christ. Néanmoins, il est vrai que je n’ai pas envie d’obéir à Dieu, car ce n’est pas dans la nature humaine. Je n’éprouve aucune honte d’ailleurs à ne pas avoir envie de lui obéir. Pourtant, je ne fais rien d’extraordinairement contre Dieu. Je ne suis pas désobéissant non plus. Je ne veux ni commettre de tort à mon prochain ni contre Dieu. Mais je ne lui obéirai pas pour autant. J’ai bonne conscience et je distingue sans problème ce qui est bien de ce qui est mal. Et comme l’a déjà dit l’apôtre Paul : « Je ne fais pas le bien que je voudrais faire, et je fais le mal que je ne veux pas ». Alors, quand bien même je voudrais être obéissant à Dieu, je ne serai jamais à la hauteur, car il est inévitable que je pèche, aussi longtemps que je serai dans ce corps de mort, pour reprendre une autre parole de l’apôtre.

Il est écrit aussi que Dieu aime l’obéissance bien plus que les sacrifices. Mais je ne lui obéirai pas pour autant, car je ne suis pas à la hauteur. J’ai appris avec le temps que je n’y arriverai tout simplement pas. J’ai compris que ma vie chrétienne n’a aucun sens et qu’il est probablement temps de tout abandonner. Je me suis découragé devant mon incapacité à être agréable à Dieu. Je me suis morfondu à réaliser que, chaque fois que j’ai réussi un bon coup dans ma vie chrétienne et que j’en suis fier devant Dieu et les chrétiens de mon église, je retombe de très haut sur ce que je croyais être en mesure de surmonter dans ma vie. Mes faiblesses ne me quittent pas. Elles m’assaillent et m’empêchent d’être le chrétien idéal, celui que tous prendront comme modèle. Au début de cette nouvelle vie, je m’illusionnais en victorieux, ragaillardie de cette nouvelle puissance qui allait me procurer la capacité à déplacer n’importe quelle montagne et obstacle qui allait se dresser sur mon chemin. Si au début j’étais plein de zèle et d’une fébrilité incontrôlable par cette foi et cette espérance nouvelles, le temps, le quotidien et les soucis de la vie ont regagné du terrain. La lune de miel s’est terminée de manière progressive et sans que je m’en rende compte.

À ce moment-là, je me suis dis que pour retrouver cette flamme qui m’animait et embrasait mon cœur, je devais impérativement revenir à mon premier amour. Je me suis mis alors comme défi d’être obéissant. Ma première action était d’abandonner sur-le-champ certains travers de ma vie. Je persévérais en priant et en lisant ma bible le plus longtemps possible. Pendant un certain temps, ça me réussissait et j’en étais fier. Je pouvais enfin regarder les chrétiens de mon église avec le torse bombé de fierté. Enfin, j’étais revenu dans l’élite des forts. Je pouvais imposer ma morale chrétienne à tous ces faibles qui ne réussissent pas à surmonter leurs travers à eux.

La grâce hypocrite de Dieu

Avant que Dieu se saisisse de ma vie, j’ai assisté à plusieurs reprises aux campagnes d’évangélisations organisées dans ma ville. Ce sont de gros événements que les chrétiens ne manquent pas et à qui on exhorte d’amener avec eux des personnes non-croyantes, car c’est bien pour elles au départ que l’on fait ces gros événements. Dans ces prédications, on vous fait l’apologie de la vie en Christ, de son sacrifice à la croix, du pardon du Père, de la résurrection de Jésus, de cet espoir renouvelé et éternel. On met l’accent sur cette grâce infinie de Dieu et cette tonne de brique sur nos frêles épaules, qui représentent notre dette envers Dieu, qui s’effacent subitement lorsque Dieu se saisi de nous. Notre pardon est effectif et les fardeaux ne sont plus. On nous dit aussi que personne ne peut ravir de la main de Dieu, ceux et celles qu’il a racheté par le précieux sang de son fils à la croix et à qui il a accordé le pardon, la foi par la grâce, et la vie éternelle. Cette vie en abondance semble être une merveilleuse aventure et enfin, je peux vivre d’espoir et de joie. L’intention des organisateurs n’est pas en cause. Ils le font pour le Seigneur et dans l’objectif ultime que les élus entendent la voix de celui qui appelle. Mais on ne m’a pas tout dit.

Pour ma part, je connaissais déjà toute la Bible avant même que Dieu change ma vie. Je pouvais citer des versets et des passages par cœur et dans son entièreté. Normal, pour un jeune garçon qui a passé sa jeunesse à l’église évangélique baptiste et qui fut contraint à aller dans les réunions de jeunesse. Bien que je me sois sauvé souvent par la porte d’en arrière durant ces cultes soporifiques orchestrés par des vieillards en complets-cravates, je n’en étais pas moins bien éduqué sur les principes du christianisme que je rejetais avec des haut-le-cœur. Mon père, un zélé qui se comparait admirablement avec l’apôtre Pierre, me sermonnait sans cesse et me questionnait sur ce que j’avais appris durant le culte des jeunes. J’observais tous ces croyants de l’église, qui me paraissaient tous ennuyants, et je ne voulais pas devenir comme eux. Mais c’est plus tard au courant de ma vie que je fis le pas moi-même de répondre à l’appel du Seigneur, sans mon père, sans église et sans pasteur pour tenter de me convaincre. Seul Dieu peut convaincre et il faut que cette vérité soit vraie, car personne n’aurait pu me convaincre, tête de mule oblige.

On m’a dirigé vers ma première église, loin de celle de mon père à laquelle je refusais d’être associé, afin que ce dernier ne soit pas toujours sur mon dos. Rapidement, j’ai monté les échelons, si je puis m’exprimer ainsi, car j’avais déjà une longueur d’avance sur la plupart des gens, même ceux et celles qui avaient plus d’une décennie de vie chrétienne. J’ai appris des versets et des passages par cœur, j’avais déjà lu toute la Bible et j’étais déjà passé à l’université de Montréal en Théologie. Mais je n’en étais pas moins un jeune chrétien quand même, avec ce zèle qui semble caractériser tous les nés de nouveau et une vie passée qui n’était pas disparue comme je l’avais cru. Au début, on vous sourit, on se présente à vous avec un cœur bien disposé et on semble vous accueillir favorablement. Le temps file, les épreuves arrivent en même temps que votre baptême, dont on a repoussé l’échéance pour faire des baptêmes de masse, et à partir du moment où vous êtes baptisés (parfois on exige cela avant de vous baptiser), vous êtes sollicités à changer certaines choses. On vous impose des changements que ces chrétiens veulent observer chez vous. Soudainement, ce n’est plus la grâce, ce sont des lois chrétiennes qui prennent place dans nos vies. Le langage change. On ne parle plus de cette grâce, mais d’obéissance. À observer toutes ces mains levées en l’air lors de la louange, je me dis qu’il faut que je fasse de même, afin de démontrer cette véracité de mon salut en Jésus-Christ. J’adopte aussi le langage évangélique, car je dois aussi répondre favorablement à cette culture interne qui s’impose d’elle-même. Progressivement, je porte un masque de plus en plus épais, à mesure que je progresse dans cette vie chrétienne. Il semble que ce soit de plus en plus de mensonges et de cachotteries qui caractérisent cette vie chrétienne. Suis-je le seul qui soit ainsi? Me questionnais-je, avec raison.

Piégé

Je me mets alors à obéir à certaines conventions chrétiennes de ma religion. Il m’est interdit de faire ou dire certaines choses. Bien que certaines paroles et certains gestes ne soient pas édifiants, ce n’est pas par un cœur transformé que je cesse de dire ou faire, mais bien par une obéissance légaliste que je le fais. Considérant mon succès à obéir, j’impose à mon tour mes propres règles, celles que j’ai perfectionnées à partir de celles qui me furent imposées. Je devins donc pasteur. Mais je n’en ai pas moins des faiblesses personnelles que je n’ai jamais réglé, si ce n’est qu’une obéissance par mes propres forces. En devenant pasteur, je me devais donc d’être irréprochable. Le problème, c’est que mes faiblesses ne disparaissent pas avec le titre. Plus je les repousse, plus elles cognent fort à la porte. Mais la Bible me dis que si je persévère jusqu’à la fin, je serai sauvé (délivré). Alors, je persévère et je m’impose des règles. Sitôt que je chute, je me décourage et j’implore le pardon de Dieu, face contre terre. Je ne me sens pas digne d’être un serviteur et je m’auto-flagelle, afin d’expier ma faute et retrouver une certaine sérénité si je suis sévère avec moi-même. Puis, je m’imagine Dieu en train de me regarder avec découragement et le doigt accusateur qui me pointe, à cause de ma faute que je répète incessamment. Et à chaque fois, je réclame le pardon de Dieu, avec honte, car je suis en train d’user la patience de Dieu. J’ai de plus en plus honte de le prier, car Dieu va finir par m’abandonner.

Continuer ou abandonner

L’idée de tout abandonner me traverse l’esprit, mais je persévère, car je suis un vrai chrétien né de nouveau. Puis, je bénéficie des enseignements de pasteurs le dimanche matin qui, sans le savoir, m’encouragent et me font du bien. Je me dis alors que c’est Dieu qui me parle par ces messages, en utilisant ses serviteurs. Ces messages semblent me viser directement et c’est une véritable grâce du Seigneur. Je suis donc très motivé à persévérer et je me sens vainqueur déjà à l’avance. Cette persévérance est payante pour moi, car mes faiblesses semblent être vaincues. Par cette force que j’ai en moi, je les repousse et je retrouve une fois de plus ma place parmi l’élite des forts en Christ. Je m’aperçois aussi que la plupart des chrétiens que je côtoie sont dans la même situation que moi. Ils tentent aussi d’obéir et perdent des batailles. Ils arrivent à l’église avec un air déconfit, puis un autre dimanche, ou une autre réunion dans la semaine, ils sont joyeux, car ils ont vaincu leurs faiblesses à eux. Ils évoquent la prière, la lecture de la Bible, les mises en applications des messages pastoraux le dimanche matin ou des conférenciers venus discourir sur une thématique en particulier puis repartir avec leur chèque de conférencier. D’autres se sont rendus au CLC pour se procurer un livre de cure-d’âme pour une problématique qui les concerne et cela leur fait le plus grand bien. Ils mettent en pratique les techniques suggérées.

Je retourne à l’église le dimanche suivant et en prières à voix haute, je loue le Seigneur pour ses accomplissements dans ma vie, pour les serviteurs qu’il a utilisé pour m’aider dans la résolution de mes faiblesses, et les gens de l’assemblée disent « AMEN », secouant la tête d’approbation. Puis, on entend la musique en fond, jouée avec douceur, et assurément, le Seigneur est présent, confirmant la véracité de ses actions dans ma vie. Mais je ne suis pas au bout de mes peines. Me croyant maintenant fort, je retombe dans mes faiblesses, parfois tôt parfois tard, mais j’y retombe. Je me dis alors que je ne peux pas demander à nouveau que l’on prie pour moi pour le même problème, car non seulement je vais lasser la patience des gens, mais aussi celle de Dieu. Je garde pour moi mes faiblesses et j’affiche le masque du chrétien victorieux. Bien entendu, par mon obéissance et ma force de caractère, bien des choses ont changé dans ma vie. Il y a plusieurs pratiques que j’ai abandonnées et dont je n’ai plus envie. Je me dis alors que je ne suis pas si pire. Bien d’autres sont encore aux prises avec les faiblesses que j’avais et que je n’ai plus. Cependant, je me sens toujours honteux et coupable de celles que j’ai actuellement. Qu’importe, je dois composer avec. Je porte donc le masque évangélique et je suis considéré comme une référence spirituelle pour beaucoup. Je me suis pris au piège, la grâce de Dieu n’en est pas une, c’était un leurre pour m’embarquer dans une religion, et j’ai abandonné tout espoir de changement dans ma vie, car Dieu ne tient pas ses promesses, mais ça, je n’ose même pas me dire ça, car Dieu entend mes pensées et il sera fâché contre moi si j’ose croire que ce n’était qu’un mensonge.

Solution

Il n’y a donc aucune issue. Ou je persévère et me fais violence, ou je sors de l’église et je retourne dans le monde, là où je ne subirai plus les jugements des gens et de Dieu. D’un autre côté, je ne peux pas abandonner. Dans mon cœur, je sais que c’est impossible, car j’ai été scellé. Ma vie est éternelle et appartient à Dieu. Personne ne peut lui ravir ma vie de ses mains. Par contre, je peux m’isoler et vivre ma vie comme je l’entends, loin de cette voix forte du Seigneur qui accable ma conscience.

J’ai réalisé que la solution ne réside pas dans la force de l’homme. Ni les prédicateurs, ni le pasteur de mon assemblée, ni les conseils sages des hommes et des femmes qui m’entourent, ni la prière, ni la persévérance, ni la lecture de la Bible, ni aucun autre moyen n’existe pour me parfaire et devenir un homme accompli pour toutes bonnes œuvres. Ce n’est pas non plus ma fidélité à l’église locale, ni mes paroles évangéliques, ni mon ministère, ni mon titre de pasteur, ni mes nombreuses études en théologie et en histoire, ni ma sagesse, ni rien d’autre qui peuvent me venir en aide. Est-ce si surprenant que ni la Bible ni la prière ne peuvent m’aider? En apparence, oui. Ma lecture assidue ne m’a pas transformée. La prière, l’invocation, mes pleurs, mes louanges et mon adoration ne m’ont pas transformé. J’ai eu l’apparence d’être très spirituel, bien plus que les chrétiens matures qui me paraissaient faibles, car ils n’étaient pas aussi fervents que moi dans la méditation et la prière. Or, je m’illusionnais. Toutes ces pratiques religieuses ne m’ont pas délivré. Alors, j’ai abandonné.

Oui, j’ai abandonné ma vie entre les mains du Seigneur. Bien que je sois né de nouveau, j’ai cessé toutes pratiques religieuses et j’ai laissé Dieu diriger ma vie. Concrètement, ça se résume à ne plus m’imposer quelques règles que ce soit. J’ai cessé d’en imposer aussi. J’ai cessé de parler et de toujours demander à Dieu. J’ai cessé de toujours tout diriger vers moi, comme si j’étais la pauvre victime de Satan et de tous les pièges qu’il me tendait. J’ai aussi abandonné l’église et de fait, le titre pastoral. J’ai même cessé de prier et de lire autant. Je me suis laissé tomber. Je me suis abandonné. J’ai cessé de résister à moi-même mais surtout, à Dieu, qui ne demandait pas mieux que de prendre place dans ma vie. L’apôtre Paul, et oui, encore lui, a dit, avec justesse aux chrétiens de Rome :

« 1  Frères et sœurs chrétiens, Dieu est plein de bonté pour nous. Alors, je vous demande ceci : offrez–lui votre personne et votre vie, c’est le sacrifice réservé à Dieu et qui lui plaît. Voilà le vrai culte que vous devez lui rendre.

2  Ne suivez pas les coutumes du monde où nous vivons, mais laissez Dieu vous transformer en vous donnant une intelligence nouvelle. Ainsi, vous pourrez savoir ce qu’il veut : ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait ».

 

Ma vie nouvelle

J’ai cessé d’obéir à Dieu, je l’ai laissé prendre place dans ma vie. J’ai cessé d’avoir le plein contrôle de ma vie, je lui ai donné ma vie. Voilà ce qui plaît à Dieu, mais que moi, comme beaucoup d’autres aujourd’hui, n’ont pas compris. J’ai cessé de me faire imposer des règles dites « chrétiennes ». J’ai cessé d’y obéir. J’ai cessé d’en imposer aussi. Ma lecture de la Bible est devenue totalement différente. Là où je croyais que Dieu imposait des règles, j’y ai plutôt compris sa grâce. Lorsque je prie, ce n’est plus centré seulement sur ma petite personne, car je sais que Dieu prend soin de moi. Ma relation avec les autres a aussi changé. J’ai davantage de compassion et de miséricorde envers ceux et celles qui éprouvent des difficultés dans leur vie personnelle.

Je n’obéis pas aux règles. Je ne désire pas être voleur, haineux, calomnieux, injurieux, impudique, désinvolte. Mon cœur ne désire pas ces choses. Ce n’est pas par retenu que je refuse de voler ou d’haïr. C’est parce que Dieu a transformer mon coeur. J’entend souvent dire « Il faut aimer ses ennemis, pour être agréable à Dieu ». J’ai entendu cela d’un pasteur dernièrement et moi de lui répondre: « Je n’ai pas envie d’obéir ni d’aimer. J’aime parce que mon coeur a été transformé, pas parce que je dois plaire à Dieu ». L’obéissance n’est pas une action volontaire de notre part, c’est une disposition de coeur dont Dieu opère une transformation progressive. Dans les apparences, je paraît obéissant. Dans les faits, c’est un coeur renouvelé, avec une intelligence renouvelée. Je n’accompli aucune oeuvre, c’est Dieu qui accompli son oeuvre dans mon être intérieur, en le renouvelant par son action, et qui se traduit inévitablement dans mes actions de tous les jours. Mes actions paraissent comme étant des oeuvres de ma part et qui me procureront des récompenses, mais la réalité est tout autre: les oeuvres accomplies ne sont rien d’autres que des manifestations symptomatiques d’un coeur et d’une intelligence renouvelés par l’Esprit de Dieu. Je ne suis nullement responsable de ces actions. La même action ne comporte pas nécessairement le même motif d’un croyant à un autre. Certains le font par obéissance à des règles, afin de paraître chrétien, mais le coeur n’y est pas, si ce n’est que tourné vers soi, dans le but de faire la démonstration de ses actions. Dans d’autres cas, les oeuvres ne sont que le résultat d’un coeur renouvelé qu’on ne peut empêcher d’accomplir la volonté de Dieu, conformément à ce renouvellement opéré par l’Esprit du Seigneur.

En conclusion

Je ne ressens donc pas le besoin de plaire à Dieu ni de lui obéir. Il y a longtemps maintenant que je n’ai plus ces préoccupations. Il m’est plus facile de discerner et comprendre sa volonté, car justement, j’ai laissé Dieu aux commandes en me tassant du volant ou du gouvernail de ma vie. La réalité, c’est que je voulais demeurer en contrôle de ma vie et ne pas laisser Dieu faire ce qu’il veut de moi. C’est ce qui explique pourquoi je me suis bâtis un dieu selon l’image que j’avais décidé de me faire. Je me suis donné un cadre de règles, afin de pallier à ce refus de voir Dieu opérer dans ma vie et ainsi, me déstabiliser, moi qui refusait de vivre par la foi au lieu de règles humaines. Je voulais ainsi imposer ma façon de concevoir Dieu, de même qu’une interprétation rigide de la Parole de Dieu. Je me faisais l’accusateur de ceux et celles qui n’obéissaient pas selon mes standards. Je condamnais ceux et celles qui vivaient librement leur foi en Jésus-Christ, car je les considérais frivoles, libertins et pas assez rigides. Aujourd’hui, je ne me questionne plus à savoir si je dois obéir aux lois, car je les respecte sans même faire d’effort, Dieu ayant inscrit sa loi dans mon coeur en renouvelant mon intelligence. Je n’ai plus besoin de lire ou prier constamment, ni demander à Dieu sa volonté. Sa Parole devient simple et limpide, je lui parle sans avoir recours à une pratique religieuse pour la prière, puis sa volonté est tout aussi limpide. Si je n’obtiens pas de réponse à ma prière, je ne suis pas en état de panique ni en dépression. Je prend les décisions avec ce que j’ai comme informations, sachant que Dieu m’a aussi donné une sagesse, une intelligence et une liberté d’action.

J’ai acquis cette liberté dans ma foi. Je suis devenu libre lorsque j’ai cessé de régner sur ma vie. C’est à ce moment précis que je peux affirmer avoir obéi à Dieu, car oui, ce fut difficile de laisser Dieu prendre ma place, mais ce fut la meilleure décision.

Patrick Galarneau

Je ne peux plus m’assoir en compagnie de Dieu

Paul Ohlott / Je ne peux plus m’asseoir en compagnie de Dieu !
PAR RÉDACTION le 18 NOVEMBRE 2014 • ( 161 )
« La moquerie, ce n’est pas de Dieu ! »… Voilà une phrase que j’ai dû entendre des milliers de fois. Malheur à moi qui essaie de dire certaines vérités avec une causticité parfois saupoudrée d’une légère onction d’ironie.
J’ai découvert il y a peu la raison de cette causticité incontrôlable lorsque je cherche à faire un peu de nettoyage dans les délires spirituels, toujours aussi florissants… En effet, il paraît que « les savons sont généralement caustiques ». Bref, je ne vais pas entrer dans les détails du processus de saponification, mais visiblement, il faut un peu de causticité pour nettoyer efficacement.

Lorsque les chrétiens s’indignent de ce qu’ils perçoivent chez moi comme étant de l’infâme moquerie, ils me citent toujours le psaume 1, où il est écrit : « Heureux qui ne suit pas les conseils des gens sans foi ni loi, qui ne s’arrête pas sur le chemin de ceux qui se détournent de Dieu, et qui ne s’assied pas avec ceux qui se moquent de tout ! ». Il y a un détail intéressant dans ce passage, mais avant de m’y pencher, j’ai poursuivi la lecture des psaumes jusqu’à tomber sur le psaume 59 v 9, où nous lisons cette parole qui semble réjouir le coeur du psalmiste : « Mais toi, Eternel, tu te ris d’eux, tu te moques de toutes les nations ».

Et là, je me suis interrogé… vais-je pouvoir encore m’asseoir en compagnie de Dieu, vu qu’il semble lui aussi être un moqueur patenté. Plus encore, vais-je pouvoir encore lire les psaumes, puisque le psalmiste se montre complice de Dieu en se réjouissant d’assister à la moquerie divine…

Et c’est alors que j’ai décidé d’éteindre mes a priori évangéliques et d’allumer mon cerveau. Un flot de questions survint instantanément : existerait-il différents types de moqueries ou différents degrés dans la moquerie ? Et si tel est le cas, ne faut-il pas dépasser l’apparence (le propos moqueur) pour aller voir en profondeur l’état d’esprit et la légitimité d’user de moquerie (ce qui est complexe sur internet, car on perçoit difficilement le véritable ton employé par la personne qui écrit un commentaire et Dieu sait que la tonalité a toute son importance dans un échange entre deux personnes) ? Est-ce que l’intention (disposition de coeur et objectif visé) qui se cache derrière le propos perçu comme moqueur, ne serait pas in fine plus importante que la moquerie en tant que telle ?…

Submergé par toutes ces questions, un détail du psaumes 1 m’interpelle… Le passage nous donne un élément de réponse édifiant. Ce verset condamne un type de moqueur bien particulier : « celui qui se moque de tout ». Le psaume 1 n’interdit pas la moquerie en soi, mais le moqueur qui « se moque de tout » et notamment de Dieu, puisque le contexte du psaume 1 parle des gens « sans foi ni loi » qui « détournent de Dieu » ! Et effectivement, Galates 6v7 rappelle bien la condamnation de cette moquerie dénoncée dans le psaume 1 : « Ne vous y trompez pas: on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi ».

Me voilà rassuré ! En effet, ma moquerie n’est jamais tournée contre Dieu (la crainte de Dieu étant le commencement de la sagesse…) et elle ne détourne aucunement les gens de Dieu, du moins dans l’intention (nul n’est parfait et on peut tous commettre des erreurs). Bien au contraire, cette moquerie ou cette causticité que je revendique, s’en prend aux ennemis de Dieu : la religiosité hypocrite, les fausses croyances, les sectes, les loups, les faux ministères, les comportements délirants (y compris chez mes frères et soeurs évangéliques…)…etc.

Ceux qui sont restés en mode évangélique primaire (oups, un peu caustique cette expression), vont me rétorquer que je cherche à me justifier en jouant sur les mots, alors que la PAROLE DE DIEU EST LIMPIDE ET QUE LA MOQUERIE VIENT DU DIABLE. Bon… si toutes sortes de moqueries viennent du diable, Dieu a besoin de délivrance, mais en outre, s’il faut comprendre toute la Bible de manière littérale sans allumer son cerveau (alors que la Parole nous demande d’avoir une intelligence renouvelée dans l’Esprit et que Dieu nous a aussi créé avec un cerveau), cela signifie que l’Apôtre Paul est actuellement en enfer (ce qui, accessoirement, pose divers autres problèmes…). Eh oui ! Il ne vous a pas échappé, grands lecteurs de la Bible que vous êtes, que l’Apôtre Paul a traité ses frères de Galatie d’insensés et l’Apôtre Pierre d’hypocrite (en le moquant légèrement en public), alors que Jésus a été très clair : « Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d’être puni par les juges; que celui qui dira à son frère: Raca! mérite d’être puni par le sanhédrin; et que celui qui lui dira: Insensé! mérite d’être puni par le feu de la géhenne » (Matthieu 5 v 22)… Wow… chaud time pour l’Apôtre Paul !

Pour ceux qui veulent vérifier mes propos concernant l’Apôtre Paul, en voici les références : «O Galates insensés ! Qui vous a ensorcelés ? Pourtant, c’est une claire vision de Jésus-Christ mort sur la croix qui vous a été présentée» (Galates 3v1) ; «Comment pouvez-vous être aussi insensés ? Ce que vous avez commencé par l’Esprit de Dieu, voulez-vous l’achever maintenant par vos propres forces ? Avez-vous fait de telles expériences pour rien ? Il n’est pas possible que ce soit pour rien» (Galates 3v3) ; «quand Pierre vint à Antioche, je me suis opposé à lui ouvertement, parce qu’il avait tort. En effet, avant l’arrivée de quelques personnes envoyées par Jacques, il mangeait avec les frères non juifs. Mais après leur arrivée, il prit ses distances et cessa de manger avec les non-Juifs par peur des partisans de la circoncision. Les autres frères juifs se comportèrent aussi lâchement que Pierre, et Barnabas lui-même se laissa entraîner par leur hypocrisie. Quand j’ai vu qu’ils ne se conduisaient pas d’une façon droite, conforme à la vérité de la Bonne Nouvelle, j’ai dit à Pierre devant tout le monde : « Toi qui es Juif, tu as vécu ici à la manière de ceux qui ne le sont pas, et non selon la loi juive. Comment peux-tu donc vouloir forcer les non-Juifs à vivre à la manière des Juifs ?» (Galates 2 v 11-14)

Diantre !!! Il y a pire… bien pire… Jésus lui même a utilisé le mot « insensé » ! « Insensés que vous êtes ! Dieu qui a fait l’extérieur n’a-t-il pas aussi fait l’intérieur ? » (Luc 11 v 40). Pour sa défense, on peut arguer que ce sont pas vraiment ses frères étant donné qu’il s’adresse à des religieux… Mais est-ce vraiment recevable, étant donné qu’il est à noter que dans sa déclaration de Matthieu 5v22, il accorde du crédit au Sanhédrin (« celui qui dira à son frère: Raca! mérite d’être puni par le sanhédrin »). Alors Jésus va-t-il lui aussi se retrouver en enfer ?…

Que ceux qui veulent entendre, entendent… Pour les autres, ils peuvent toujours s’asseoir loin de moi, sur un autre banc… Mais pour ma part, je garde la compagnie de Dieu 🙂

Paul OHLOTT