Le village des schtroumpfs… évangéliques

Non, ce n’est pas pour dénoncer les évangéliques, au contraire! C’est un simple regard sympathique avec une touche d’humour.

L’église locale est comme un village où chacun apporte sa petite contribution avec ses forces et ses faiblesses bien à lui. Certes, l’église n’est pas parfaite et elle peut même être sujet à des critiques tout à fait justifiées, mais au fond, reconnaissons qu’il y a davantage de forces que de faiblesses, de façon générale, que l’on soit d’accord ou non avec son fonctionnement.

Lorsque je visite une assemblée sur une période plus ou moins longue, et que l’on côtoie plusieurs partis eux, il est drôle de constater le rôle que prend chacun des individu qui la compose. Dans les assemblées baptistes, par exemple, je trouve dommage que, de manière assez générale, nous n’avons que le Grand Schtroumpf comme personnalité en vue. Le Grand Schtroumpf fait tout, dit tout, prend toute la place et il a toujours raison. C’est dans les groupuscules de cette assemblée que l’on observe le type de personnalité de chacun. Les assemblées pentecôtistes me paraissent un peu plus extraverties, par contraste aux baptistes.

Si vous avez le Grand Schtroumpf, qui est le chef du village, vous avez aussi le Schtroumpf coquet qui lui, est un type de chrétien un peu plus superficiel, mondain, mais pas méchant. Il aime se regarder plus que de regarder vers les autres. Il aime attirer l’attention et que nos yeux se fixent sur lui, mais il n’est pas pour autant si narcissique. Il est joyeux sans raison valable, mais au moins, il n’est pas grincheux comme le Schtroumpf grognon. Ce dernier, et ils sont parfois plusieurs dans une même assemblée, aime bien critiquer et regarder seulement aux aspects négatifs qui ne semblent pas lui convenir. Il demeure quand même dans le village malgré tout, et c’est ce qui est assez étrange de sa part. Au fond, il aime critiquer et s’il sortait du village, il s’ennuirait de ne plus pouvoir cibler tout ce qui ne fonctionne pas.

Vous avez aussi le Schtroumpf à lunette, dans toute assemblée qui se respecte. Il énerve par son super spiritualisme et sa magnificence. Si seulement tous étaient comme lui, mais personne ne veut lui ressembler, si ce n’est le Schtroumpf gaffeur, son Rentanplan de service qui n’a aucune idée pourquoi il suit de si près son maître à penser. Le Schtroumpf à lunette, lui, est le lèche-bottes du pasteur, le Grand Schtroumpf. Il veut être comme lui, l’imiter, mais à sa façon bien à lui. Il aimerait prendre sa place, comme le vizir qui aimerait être calife à la place du calife, mais il ne possède ni la sagesse ni les compétences pour un jour le remplacer. Il aime s’écouter parler mais surtout, il aimerait que tous reconnaissent sa magnificence et son savoir. Il a une opinion de lui-même qui est au-dessus de ce qu’il est, et seul le Schtroumpf gaffeur le considère. On a tous un Schtroumpf à lunette quelque part dans notre environnement ecclésiastique, et comme dans la bande dessinée, on doit le remettre régulièrement à sa juste place. Le gaffeur est son seul auditoire.

La Schtroumpfette est celle vers qui tous les regards se tournent, surtout celui du Schtroumpf costaud et du Schtroumpf coquet. Tous veulent lui rendre service, comme si cela procurerait aux autres Schtroumpf la possibilité d’être mieux reconnu que les autres. Le Schtroumpf costaud aime bien se montrer à tous, surtout à la Schtroumpfette, et il est de toutes les missions périlleuses qu’on ne lui a pourtant pas confiée. D’ailleurs, le Grand Schtroumpf met souvent en garde ses ouailles, afin de les prévenir du danger que représente la vie extérieure à la communauté, surtout en ce qui concerne Gargamel, ce méchant Diable avec son acolyte poilu, mais les Schtroumpfs sont parfois tentés par l’aventure en-dehors de la communauté, car le gazon semble si vert ailleurs, les fruits plus mûrs, ainsi que l’ennuie et la oisiveté qui s’emparent d’eux les plongent parfois dans des situations où seul, le Grand Schtroumpf, qui les a pourtant bien avertit, peut les aider à en sortir.

Dès que le berger quitte momentanément le village, certains autoproclamés, comme le Schtroumpf à lunette, cherchent à s’approprier l’autorité ecclésiastique et ils entraînent les autres, plus souvent involontairement que volontairement, dans des situations périlleuses et inattendues. Ils sont prêts à prendre des risques pour avoir un peu de pouvoir. Heureusement, le grand Schtroumpf n’est jamais partis bien loin et il revient toujours à temps pour sauvegarder le troupeau dont quelques membres ont tendance à s’éloigner un peu trop loin.

Finalement, nous constatons que, malgré toutes ses faiblesses, le village démontre sa solidarité envers tous et chacun, surtout dans les situations corsées où il n’est pas question de laisser tomber un des leurs. L’amour, l’amitié et la fraternité sont au coeur des valeurs du village. On pardonne les fautes des uns et des autres, malgré la gravité des fautes. Tout cela fini par une grande fête du village, la nuit tombée, son barde attaché à un arbre… ah non, je me suis trompé de dessins animé dans ce dernier cas de figure (rire).

Bien entendu, la comparaison est très caricaturée et l’église n’est pas exactement ainsi. Mais on peut certainement y constater dans chacune des assemblées, une dynamique qui ressemble au village des Schtroumpfs. 😉

Patrick Galarneau

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