Le sénateur Don Meredith, Pasteur pentecôtiste de la région de Toronto, chassé du caucus conservateur

Le sénateur Don Meredith a été expulsé du caucus conservateur, mercredi soir, après que le Toronto Star eut allégué qu’il aurait eu des relations de nature sexuelle avec une mineure. Le cas du pasteur pentecôtiste de la région de Toronto sera étudié par le bureau du conseiller sénatorial en éthique.

« Le sénateur Meredith n’est plus membre du caucus », a fait savoir le porte-parole du bureau du premier ministre Stephen Harper, Stephen Lecce, dans une note envoyée aux médias. Il n’a fourni aucune explication sur les raisons justifiant cette décision.

Don Meredith, 50 ans, est l’objet d’une enquête du Sénat depuis février, en raison de rumeurs d’intimidation et de harcèlement, a révélé CBC la semaine dernière. Le président du Sénat, Leo Housakos, a confirmé que le fort roulement de personnel à son bureau avait entraîné cette « évaluation du milieu de travail ».

Selon CBC, l’enquête s’intéresse à au moins quatre employés qui ont travaillé à son bureau. La jeune femme au centre des nouvelles allégations a dit au Toronto Star qu’elle prenait la parole maintenant de crainte que les enquêteurs ne les croient pas. Elle soutient que le sénateur a mis un terme à leur relation au début de l’année.

Don Meredith n’a pas commenté la nouvelle. Joint par le quotidien torontois une première fois, il a dit être en réunion avant de raccrocher. Les appels subséquents faits par le Star n’ont jamais été retournés.

Le leader du gouvernement au Sénat, Claude Carignan, a annoncé jeudi que le cas du sénateur Meredith sera soumis au bureau du conseiller sénatorial en éthique. Il dit être « très préoccupé » par les « graves » allégations portées contre Don Meredith.

Les sénateurs qui se sont rendus sur la colline du Parlement jeudi matin ont fait part de leur stupéfaction et de leur consternation face aux allégations visant leur collègue.

Un sénateur controversé

Don Meredith est un pasteur pentecôtiste qui a fondé un centre baptisé Praise Centre à Vaughan, au nord de Toronto. Connu pour dénoncer la violence dans la région de Toronto, il a été candidat conservateur dans la circonscription de Toronto-Centre lors d’une élection partielle en mars 2008, mais a été défait.

Il a été nommé au Sénat en 2010 par le premier ministre Harper.

Don Meredith est le quatrième sénateur conservateur à être exclu du caucus en 18 mois, après Patrick Brazeau, Pamela Wallin et Mike Duffy. Pierre Hugues Boisvenu a aussi quitté le caucus la semaine dernière, en raison d’une enquête de la GRC.

Le sénateur Meredith a aussi été dans l’eau chaude l’an dernier, après s’être rendu à Washington pour assister au National Prayer Breakfast, un évènement auquel assistaient 3000 personnes, dont des diplomates et des politiciens, incluant le président américain Barack Obama. Il a dû rembourser 1300 $ qu’il avait réclamé au Sénat.

En février 2014, CBC avait aussi révélé que Don Meredith était l’un des sénateurs qui dépensaient le plus d’argent public. Il avait notamment dépensé 11 000 $ en fonds publics pour des vols en classe affaires entre Ottawa et Toronto. Il avait alors affirmé que ses pratiques étaient légales.

En 2012, Meredith s’est aussi brouillé avec le caucus conservateur après avoir assisté à un évènement culturel organisé par l’ambassade iranienne à l’hôtel de ville d’Ottawa. Le bureau du premier ministre avait fait savoir qu’il ne représentait pas le gouvernement, qui maintient une ligne dure envers Téhéran.

Il a aussi fait les manchettes pour avoir utilisé le terme « docteur », malgré le fait que l’institution qui lui a décerné un doctorat honorifique n’a pas l’autorité requise pour décerner un tel titre.

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Fusillade dans une église de la communauté noire de Charleston, États-Unis

C’est un nouveau coup dur pour la communauté noire aux États-Unis. Même s’il s’agit à Charleston d’un incident de nature très différente, elle avait déjà été très éprouvée depuis l’été dernier par plusieurs homicides commis par des officiers blancs contre des hommes noirs non armés.

La police recherchait toujours jeudi un jeune homme blanc de 21 ans auteur présumé de la fusillade, à caractère raciste, qui a fait neuf morts mercredi soir dans une église de la communauté noire dans le sud des États-Unis.

Il s’agit d’une des pires tueries motivées par la haine raciale.

Le suspect a été identifié comme Dylann Roof, habitant dans les environs de Columbia, la capitale de la Caroline du Sud, située à deux heures de route au nord-ouest de Charleston, où a eu lieu la fusillade, selon le comté de Berkeley.

Un des oncles de Dylann Roof a qualifié le jeune homme de «tranquille». C’est le père du suspect qui lui aurait offert un pistolet de calibre 45 pour son 21e anniversaire.

Les cheveux coupés au bol, il apparaît sur son profil Facebook vêtu d’un blouson noir sur lequel sont accrochés l’ancien drapeau de l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid, symbole du régime ségrégationniste, ainsi celui de l’ex Rhodésie (devenue Zimbabwe). Ces deux régimes sont très admirés aux États-Unis par les suprémacistes, qui promeuvent la suprématie des Blancs.

Le tueur présumé a déjà eu affaire à au moins deux reprises à la police, pour notamment trafic de drogue.

Le suspect, «très dangereux», est «resté pendant près d’une heure avec le groupe» qui étudiait la bible dans l’église avant de tirer, a précisé le chef de la police de Charleston, Gregory Mullen.

Des renforts de la police fédérale (FBI) et d’autres agences fédérales sont déjà impliquées dans l’enquête. «Nous retournerons chaque pierre» pour le retrouver, a promis M. Mullen.

L’enquête fédérale a été ouverte «en parallèle et en coopération» avec celle des autorités locales, a précisé le ministère de la Justice. La désignation de crime raciste permet d’activer des moyens fédéraux supplémentaires.

La dirigeante locale du mouvement de défense des noirs NAACP, Dot Scott, a rapporté sur CNN qu’une victime aurait été épargnée par le tueur pour témoigner. «Sa vie a été épargnée parce que le tueur a dit  »je ne vais pas te tuer (…) parce que je veux que tu puisses leur dire ce qui s’est passé »».

Dylann Roof est de corpulence moyenne, portait un sweatshirt gris et mesure près de 1,80 mètre. Il a quitté le lieu du carnage à bord d’une berline noire. Il «ne doit être approché par personne», a prévenu la police.

Il a tué neuf personnes, trois hommes et six femmes. Parmi eux, le pasteur de la paroisse, Clementa Pinckney, grande figure de la communauté noire locale et élu démocrate du Sénat de l’État.

La fusillade s’est produite vers 21H00 locales (01H00 GMT), a précisé la police, dans l’une des plus vieilles églises noires de la ville, l’Emanuel African Methodist Episcopal Church.

NDLR: doit-on craindre seulement le racisme, ou encore, que les chrétiens soient de nouveau visés, comme c’est le cas un peu partout dans le monde? Les suprémacistes n’ont pas pour habitude de cibler les chrétiens, sauf s’ils sont noirs, bien entendu, mais le jeune homme a tout de même ciblé une communauté religieuse chrétienne…