Tu es un chrétien décevant? Alors nous sommes tous décevants!

Tu as un ministère puissant, plein d’impact, ou encore, tu es un père ou une mère de famille et tu as commis une bourde monumentale dont tu espères que personne ne sauras? Ce message est pour toi.

Tu te sens pris au piège de tes propres faiblesses. Tu ne sais plus où jeter ton regard. Tu as des faiblesses, mais tu te présentes le dimanche matin à ton assemblée en revêtant ton habit du parfait évangélique. Tu ressens cette pression de bien paraître, car tu sais à quel point le jugement arrive si vite lorsque tu commets une bévue qui paraît impardonnable. Tu es pasteur et les gens t’admirent, te sollicitent pour un conseil. Ou encore, tu es un simple chrétien sans grande reconnaissance, mais tu sais que si tu commets une bourde, c’est tout ton témoignage qui est remis en cause.

Pourquoi ressens-tu autant de pression? As-tu oublié les paroles de Jésus: « mon fardeau est doux et léger »? Être chrétien signifie-t-il que tu es alors immunisé contre les fautes, aussi graves soient-elles? Tu es un homme et tu as des tentations avec les belles femmes que tu croises? Tu prêche dimanche matin et la veille, tu t’es nourri de sites pornographiques? Tu es une femme dédiée au Seigneur, chante dans la chorale le dimanche, enseigne les femmes ou les enfants à l’école du dimanche, puis, dans ta triste solitude en quittant l’assemblée en ce dimanche, tu vois des couples se tenant par la main en souhaitant la même chose pour toi, qu’importe si l’homme est chrétien ou non? Tu te rends même sur des sites de rencontres, les chrétiens ne te paraissent ni intéressants ou sont trop légalistes? Alors, tu es disposée à faire des compromis en te donnant à un non-croyant? Tu ressens cette lassitude cultuelle et habituelle de ces rituels du dimanche matin qui ne t’apportent plus rien?

Puis, ça y est, de fil en aiguille, tu t’es refroidi, tu t’es éloigné, tu as choisi d’être heureux, selon ta conception du bonheur, selon tes besoins criants du moment. Les gens ne te reconnaissent plus, te jugent, te montrent du doigt et te mettent gentiment de côté, comme si tu ne servais plus à rien pour eux. Cette faute t’isole et tu n’as personne vers qui te tourner. Tu es pris dans l’engrenage de cette faute. Ça y est, tu es décevant. Tu as déçu beaucoup de gens. Ces mêmes gens se parlent entre eux en affirmant qu’ils prieront pour toi, mais aucun ne daigne te voir, sauf pour te ramener à tout prix à la raison, selon les préceptes de l’église dans laquelle tu adhères. Le cas échéant, ils se lavent les mains en prétextant avoir tout fait en leur possible pour te ramener dans le droit chemin.

Tout ceci est un bien triste constat, n’est-ce pas? Tu lis cet article, et tu as l’impression que je te vise tellement tu te reconnais. Tu crois que je suis devin, alors qu’en réalité, je parle par expérience. J’ai vu des gens décevants. J’ai rencontré des pasteurs qui ont trompé leur femme, être reniés par leurs propres enfants et par les chrétiens. J’ai vu et entendu beaucoup de jugements, mais peu d’écoute, peu d’aide, pour ne pas dire, rien du tout. Tu étais aimé et apprécié de tes pairs, mais voilà, tu as commis une faute, et la grâce de Dieu s’arrête ici. Tu étais pardonné de ta vie de péchés, mais sous condition: ne plus jamais pécher. Tu confonds la grâce de Dieu à celle des chrétiens. On t’a souvent dis que nous ne devions pas juger, mais tu t’es aperçu, par cette bourde que tu a commise, que ce n’est pas le cas. On te retire ton ministère, ta crédibilité et ta dignité en tant qu’enfant de Dieu. On t’a délaissé, abandonné et rejeté. Maintenant, tu te retrouves seul, ruminant sur cette belle illusion qu’est la vie en communauté chrétienne. Tu ne t’en rend pas compte sur le coup, mais tu nourris de l’amertume, de la colère et une grande tristesse.

Le pardon est devenu une notion abstraite pour toi, car tu n’as pas constaté chez tes pairs ce pardon qui, pourtant, nous a été gracieusement offert gratuitement. Est-il possible que le chrétien décevant, ce sont ceux et celles qui ne te sont pas venus en aide? Pour ma part, tu ne peux pas être décevant. Je sais déjà que tu es faillible. Je sais que tu n’es qu’un homme, ou une femme, et qu’il est impossible de t’exiger des standards de perfection. Je sais que tu peux tomber. Mais je sais aussi que tu peux te relever. Ce n’est certainement pas en t’abandonnant à ton triste sort que je vais t’aider. Ta faute est peut-être inexcusable, c’est possible. Mais elle n’est jamais impardonnable. Tu avais un grand ministère d’impact? Tu peux certainement avoir un plus grand impact en étant plus que vainqueur sur ton péché. Je n’admire pas ceux et celles qui se présentent avec une vie, en apparence, parfaite. J’admire tous ceux et celles qui se relèvent après avoir admis leurs faiblesses.

Je ne sais pas quel péché tu camoufle aux autres, car tu as sans doute peur des conséquences sur ton témoignage et ta crédibilité. Mais je sais qu’en les camouflant, tu ne feras qu’empirer ta situation. Malgré les jugements et les condamnations, c’est de ta relation avec Dieu qui importe, pas les jugements puérils de ces colporteurs de mauvaises nouvelles. Laisse-moi te raconter une petite histoire, bien rapide, avant de terminer cet article:

J’ai connu un homme que tous aimaient et admiraient. Les autres? Ils en étaient jaloux. Il a acquis une grande notoriété, Dieu l’ayant béni plus que tout autre. Mais un jour, il est parti avec la femme de son ami. Pire: il a même mandaté un autre homme de Dieu pour le faire tuer. Pourtant, il avait un coeur selon Dieu. Après que nous ayons découvert cette terrible faute que cet homme valeureux a fait, tous étaient consternés, prêts à lapider sur la place public cet homme. Nos jugements fusaient de partout, mais nous le gardions tous secrètement pour nous, car on ne pouvait pas le faire, à cause du rang de cet homme. Mais qui est cet homme? C’était un certain roi d’Israël, choisi par Dieu, et par qui devait faire voir le jour au Messie. Oui, le roi David. Ce dernier s’est fait montrer sa faute terrible et honteuse. Ses dignitaires lui ont même proposé de camoufler cette faute. Le roi David refusa et a admis sa faute devant tout le peuple, car il refusa de cacher sa faute, au risque de décevoir le peuple. Pour le roi David, le plus important, c’était ce que Dieu pensait de lui.

Vous connaissez la fin de l’histoire. On a reconnu le roi David comme d’un homme ayant un coeur selon Dieu. Et c’est Dieu lui-même qui l’a affirmé, malgré les horribles fautes de ce dernier. Qui peut donc contester Dieu? Qui peut déclarer impur ce que Dieu déclare pur? Qui peut bien lancer des anathèmes à son prochain?

Ne te décourages donc pas. Laisse tomber l’image que les autres ont de toi. Tu es faillible, je le suis, tous le sont, qu’importe l’image qu’ils cherchent à projeter. Ce qui compte réellement, c’est ce que Dieu pense de toi. Et non, il ne pense pas que tu n’en vaux pas la peine, au contraire! S’il t’a fais grâce, c’est parce qu’il savait qu’il t’es impossible de te racheter par toi-même. Tu as du prix à ses yeux. Cesse de te considérer comme un moins que rien. L’ennemi cherche à te faire croire que tu ne vaux plus la peine aux yeux de Dieu, mais c’est faux. tu as tellement de prix à ses yeux, que tu as été remplacé à la croix afin que tu ne subisses pas le châtiment. Tu as été racheté à grand prix. Personne ne peux plus te ravir de sa main. C’est avec douceur qu’il t’appelle à revenir vers lui et ce, tel que tu es, dans l’état que tu es. 😉

Patrick Galarneau

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