Musulman, Dieu t’appelle.

Voilà déjà quelques semaines que je discute avec des musulmans sur différents groupes de discussions sur Facebook. Les chrétiens et les musulmans s’y rencontrent pour parler de leur foi respective, mais dans bien des cas, fort malheureusement, ce sont soit des dialogues de sourds, ou, soit des monologues où chacun est seul à se trouver intéressant. Le tout, couronné d’insultes bien nourries.

Allah, bien avant la valeur de la vie

À bien des reprises, j’ai assisté à des envolées d’invectives religieuses. Les musulmans traitant les chrétiens de mécréants, les chrétiens traitant les musulmans d’aveugles. En tant que chrétiens, nous devons essuyer plusieurs anathèmes, ainsi qu’un désir bien senti de nous voir en enfer. Mais ce qui a suscité chez moi un certain dégoût, c’est lorsque certains musulmans se sont prononcés en faveur de notre mort par cruauté. En effet, certains affirmèrent que nous devrions être égorgés comme des porcs, car nous sommes de sales mécréants. Quelques-uns parmi eux n’hésiteraient pas, selon leurs dires, à offrir leur vie en sacrifice au nom d’Allah, le très-haut, pour sauver l’honneur de leur prophète, paix sur son âme, disent-ils. C’est le prix, semble-t-il, à payer pour obtenir la faveur d’Allah, dans le contexte où le musulman ne peut laisser impuni celui qui ose critiquer négativement le prophète Muhammad.

La vérité doit être révélée, la lumière doit luire…

Peu m’importe, je ne peux demeurer la bouche fermée. Certes, il y en aurait quelques-uns parmi eux qui se porteraient volontaires pour me faire payer mes propos que l’on dit « injurieux » à leur endroit, car nommer les péchés commis de Muhammad exigent une forte rétribution, soit par ma vie, soit par le terrible jugement d’Allah à mon endroit. Les plus modérés souhaitent que Allah me pardonne mon péché. Ils ne discutent pas sur les faits pourtant avérés de la vie de Muhammad. Ces mêmes musulmans confirment ma prétendue ignorance, mais sans en dévoiler les éléments de cette ignorance crasse qui devrait me caractériser. Il y a un secret bien gardé, faut-il croire, car personne ne me révèle mon ignorance de la personne de Muhammad. Si Muhammad, à titre d’exemple, a commis des actes de pédophilie, il apparaît évident que c’est un tabou chez les musulmans. On ne discute pas du prophète, comme on ne discute pas d’un secret mal gardé. Subitement, on lance des anathèmes, du haut du sous-sol sableux et possiblement bitumineux, d’une autruche qui voit s’approcher son prédateur, espérant que le prédateur fera demi-tour, oubliera sa présence et changera lui-même de sujet. Mais l’amnésie n’est pas un de mes handicaps intellectuels.

Le Coran est rempli de répétitions. En musique, nous savons que le cerveau se conditionne aux répétitions. La musique répètent les refrains, les chanteurs répètent les mêmes paroles. Les publicités misent d’ailleurs beaucoup sur la répétition, afin de conditionner le cerveau à la marque de commerce, influençant ainsi les habitudes de l’acheteur potentiel. Le Coran fait dans l’argument d’autorité. Par exemple, on retrouve souvent de courtes phrases redondantes comme: « paix sur lui », chaque fois que l’on nomme le nom du prophète. Il s’agit de l’une des plus courantes répétitions du Coran. Ou encore, les paroles d’Allah, qui s’accompagnent de : « parce qu’il est écrit ». On ne discute pas, on ne favorise pas le libre-arbitre, la critique textuelle, sauf si c’est pour attester le Coran, qu’importe si l’adhérent n’a d’autres arguments que « Allahou Akbar ».

Ainsi, pendant plusieurs jours, j’ai matraqué les musulmans de la même phrase, parfois avec quelques nuances, parfois en simplifiant, d’autres fois en compliquant la question : « Donnez-moi les preuves de l’inspiration divine du Coran »; ou encore : quels sont les critères d’inspiration plénière, afin d’attester l’inspiration divine du Coran; ou bien : « qui furent témoins du choix de Dieu sur Muhammad, et nommez-moi ces témoins ». J’ai usé de leur méthode apprise dans le Coran. Aucun n’a su me répondre, si ce n’est que par des phrases courtes, des discours appris par des théologiens musulmans, ou des torsions de versets coraniques de concordisme scientifiques qui, en passant, s’avèrent être fausses. Les seules réponses que j’ai reçu était des réponses apprises par coeur. Pour avoir travailler suffisamment longtemps dans le milieux du sectarisme, j’ai reconnu tout de suite leur shems de pensées (constructions de pensées). Que ce soit l’Islam ou une autre religion, le processus d’endoctrinement est le même. Beaucoup de « par coeur », de répétition, des réponses préfabriquées, des versets pris hors-contexte appris par coeur pour telle question posée, des promesses illusoirement alléchantes qui peuvent séduire, un prétexte pour satisfaire un besoin personnel ou collectif… Bref, personne n’a pu satisfaire ma curiosité intellectuelle.

La vérité, oui, mais avec amour

Tous les musulmans ne sont pas comme je vous ai décrits ci-haut. Certains ont agi dans le respect. Sans me lier d’amitié, certaines conversations avec des musulmans se sont faits dans un très grand respect, avec dignité et honneur. Qu’ils soient agressifs, sectaires, gentils, respectueux, insultants, nobles ou simplement curieux, les musulmans se doivent d’être traités avec dignité et honneur. Qu’importe la considération qu’ils ont à notre endroit, ne sommes-nous pas le sel de la Terre? Les lumière de ce monde? Combien de chrétiens et de musulmans se permettent une condescendance crasse envers celui ou celle qui lui est différent, et qui se déshonorent eux-mêmes par de tels agissements? Être d’accord n’est pas un prérequis pour le respect de l’autre. On reconnaît le caractère d’un noble par sa droiture dans l’adversité. Les pluies d’insultes rendent réfractaires, alors qu’une parole douce et appropriée apaise la colère. Telle est ma devise.

Témoigner, et non juger

J’ai rencontré certains musulmans qui connaissent mieux la Bible que bien des chrétiens. Il y en a un d’ailleurs avec qui j’ai eu de bonnes discussions sur l’histoire biblique, la généalogie des peuples selon la Genèse, Mathieu ou Luc. Ou encore, qui me citait des passages de l’Ancien Testament pour expliquer l’historicité de la généalogie de Jésus et qui exigent une bonne connaissance des écritures. Cet homme, un afro-musulman, est un homme d’une grande culture biblique et générale. J’ai été agréablement surpris. Ce que j’ai trouvé triste chez cet homme, c’est sa colère et son amertume contre les blancs, les européens et les occidentaux en général. Il aime sa religion islamique, mais il m’apparaît davantage comme d’un choix logique comme exutoire pour manifester cette colère et cette amertume. Plutôt que de juger ses dires, j’ai pris soin de l’écouter longuement, et quelque chose me dit qu’il avait besoin de sortir tout son fiel amer à quelqu’un disponible pour l’entendre. En fait, il me fait penser à Saul de Tarse, qui est devenu l’apôtre Paul. Saul de Tarse était un enragé. Un ennemi des chrétiens et de la foi en Jésus-Christ. Nous connaissons la suite. Je lui ai même fait savoir, tout comme je lui ai mentionné que Dieu avait certainement un plan pour lui. Je suis persuadé que cette homme est appelé par le Seigneur et qu’il aura un ministère d’impact auprès des siens. Il est mon sujet de prière.

J’en ai d’autres, qui m’ont contacté par message privé, ou directement sur facebook, afin d’en connaître davantage sur la foi en Jésus-Christ. Mais encore faut-il avoir soin de les prendre là où ils sont dans leur cheminement et de les recevoir avec dignité, car leurs vies ont un prix inestimable aux yeux de Dieu. Ce ne sont pas que des musulmans, ce sont des êtres humains créés à l’image de Dieu. Une image sans doute tordue, mais qui sommes-nous pour les considérer de manière tordu, puisque nous-mêmes avons été rescapés de la torsion de nos vies? Christ n’est pas mort en vain. Il est mort pour tous, même si tous ne seront pas sauvés, malheureusement. Jésus est venu pour ceux et celles que Dieu lui a confié. Les élus se trouvent aussi parmi l’Islam, les athées, les pires criminels, les despotes, les violeurs, les tueurs en série, les religieux qui portent le nom de « chrétiens », ou les gens qui se disent mener une bonne vie. Oui, tous sont appelés, mais tous sont sous la colère de Dieu, aussi longtemps qu’ils ne sont pas dans la famille de Christ.

Le musulman peut refuser longtemps son sauveur qui l’appelle. Mais tôt ou tard, si Dieu se révèle à lui, le musulman ne peut lui résister, comme Saul de Tarse, ardent défenseur de la loi mosaïque, pourchasseur de chrétiens, et docteur de la loi, n’a su résister à l’appel direct du Seigneur, alors qu’il était sur le chemin de Damas, dans le seul but de détruire les chrétiens. On ne résiste plus quand notre heure est arrivée, et que Dieu se révèle à nous de manière personnelle et sans équivoque.

Le but

Tout est dans le titre. Titre d’ailleurs qui sert de groupe de discussions entre chrétiens et musulmans. Oui, Dieu les appelle. Le discours de certains chrétiens laissent à désirer, j’en conviens, et j’en suis franchement désolé pour les musulmans, car ces discours ne reflètent pas ce qu’est vivre par la foi en Jésus-Christ et surtout, par l’amour qui distingue le disciple de Christ de toutes formes de religiosités. L’objectif n’est ni de convertir ni de gonfler les statistiques en faveur du christianisme, loin de là. J’ai même affirmé haut et fort que je ne suis pas venu convertir, mais bien pour témoigner. C’est Dieu qui attire les âmes. C’est Dieu qui appelle. C’est encore Dieu qui transforme les coeurs. Si le musulman cherche à plaire à Dieu, c’est qu’il croit que ce sont les apparences extérieures qui plaît à Allah, aussi sincère soit le musulman. Mais ce qui plaît réellement à Dieu, c’est l’obéissance par la foi et non l’obéissance par des règles religieuses. Or, c’est Dieu qui fait don de la foi, dans sa grâce. Si le musulman est prêt à mourir pour Allah, et bien, je désir qu’il sache, avant de commettre l’irréparable, que Dieu s’est fait chair, est mort pour nous, pour nos péchés, afin de prendre notre condamnation et nous réconcilier avec lui. C’est ce que je désir pour le musulman, comme je le souhaite pour quiconque croise ma route.

Mon désir n’est pas anodin, il est divin.

Patrick Galarneau

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