Église baptiste de Saint-Léonard : Elle a un cruel besoin d’aide!

Église baptiste de Saint-Léonard

Ma visite: 19 juillet 2015

Introduction

Il s’agit ici de ma deuxième visite. La première s’est fait quelque part en mai ou juin 2015 et malheureusement, je n’ai pas eu le temps de rédiger un article sur cette visite, mais je ferai une tentative pour retrouver mes notes.

Cette assemblée se réunit dans le hall d’entrée d’une clinique, au 5601 rue Bélanger Est, à Montréal, un quartier de Saint-Léonard, tout juste en bordure du Nouveau Rosemont. Elle ne peut recevoir plus de 75 personnes. Lors de ma première visite, elle était au nombre de 70 personnes, incluant l’auteur de ces lignes. En ce 19 juillet 2015, en pleine vacances estivales, nous étions au nombre de 30.

Le pasteur principal de cette assemblée est René Frey, qui a quitté son assemblée dans laquelle il était pasteur principal depuis tant d’années, afin de débuter une toute nouvelle assemblée dans le quartier de Saint-Léonard. Malheureusement pour moi, il était absent ce matin et ne sera de retour de vacances qu’en début Août. C’est donc Mario Brochu qui le remplaçait en ce dimanche matin peu occupé.

Culte du dimanche :

10 :30 (débute avec quelques minutes de retard)

Dirigeant de culte : Emmanuel Farjaud

  • Chants organisés et structurés. Pause entre les deux premiers chants pour laisser place à la prière. Les chants sont projetés sur une petite toile installée sur pied dans l’entrée de la clinique. Il y a un claviériste qui accompagne les chants. Il y a un manque de naturel dans les chants. On se concentre davantage sur la direction des chants que sur les chants eux-mêmes.

Prédication : Mario Brochu

Sujet: Lien entre la course à pieds et le message de ce matin (ph.3.12-14)

Trois éléments de la course :

1- Ligne de départ v.12 (ph.3) : parle de la conversion de Paul en Actes.9

  • Notes personnelles: Conversion? Si Paul fut immédiatement baptisé suite à sa conversion, pourquoi ne prend-t-on pas exemple sur le cas de Paul pour baptiser les gens qui en font la demande?
  • Invite les gens à aller à la ligne de départ (conversion). En effet, nous ne savons pas qui est sauvé ou non.

Notes:

  • Conversion: mais quelle est la signification réelle de ce mot? Le prédicateur semble prendre pour acquis que la conversion est systématiquement « être né de nouveau ». Or, il y a une distinction entre « conversion » et « régénération ». Judas lui-même s’est convertis, mais a prit son propre moyen d’expiation. Je peux me convertir au christianisme, mais je ne suis pas pour autant sauvé. Je peux accepter le Seigneur dans ma vie, mais en réalité, c’est Dieu qui appelle et c’est lui qui sauve. Ce n’est pas la conversion qui sauve, mais la grâce de Dieu, par le moyen de la foi et cela ne vient pas de nous, mais de Dieu (Éph.2.8-9)

2- Course : analogie avec la course. Trop d’analogie, pas suffisamment de contenu scripturaire ou d’explication contextuelle. Met l’accent sur la discipline pour s’entraîner, afin de remporter la course comme Paul l’explique dans Phil.3. On se nourrit de toutes paroles de Dieu (Ro.10.17). Maintenant, un texte dans le livre de Josué : médite la parole jour et nuit. Les « il faut » se répètent dans le message. Nous devons être fidèles. Nous devons méditer. Le but de la course, c’est de gagner et de repousser les standards. Donc, l’analogie est de remporter le prix au ciel. V.10 de Phil.3 : connaître Christ et la puissance de sa résurrection et la communion de ses souffrances. Ac.20.24 : accomplir sa course avec joie. Un peu de culpabilité (fait involontairement), à savoir si nous faisons des œuvres auprès des autres (témoigner, parler de Christ, ect…). Pr.4.25-27 : ne pas se détourner pour aller mettre le pied dans ce qui est mal. La persévérance dans la vie chrétienne. Aller à l’église exige des efforts. Ce serait donc un sacrifice. Analogie avec l’église : un bon entraîneur, une bonne équipe, une camaraderie dans l’équipe. D’abord, méditer la bible. 1 P.2.2 : désirer le lait spirituel pour croître dans le salut. La croissance = sanctification. La vie chrétienne est un marathon et non un sprint. La prière pour la course (2Co.13.9) : perfectionnement des croyants. Jn.14.16 : le consolateur (Saint-Esprit), afin qu’il demeure éternellement avec les croyants. Un autre ingrédient : l’exemple de modèles. Modèle de Corinthe (1Co.4.16) : être des imitateurs de Christ. La communion fraternelle : plus à risque pour celui qui demeure seul dans son coin. Beaucoup sur « les uns les autres » (effectivement, c’est l’esprit du disciple). Cite beaucoup de versets qui aborde ce thème. Savoir faire face aux épreuves 1Co.9.26-27. Hé.12.1 : courir avec persévérance. Fait le lien avec l’église locale de Saint-Léonard. Phil.3 : 2 mises en gardes : 1- l’impression d’avoir atteint la perfection (mettre l’accent sur les efforts : où est Dieu?), 1Jn.8 : se séduire soi-même en se croyant sans péché. Se confier en la chair (Phil.3). Le succès du monde versus celui de Christ, n’est pas le même. Se débarrasser ce qui freine notre course. Luc.24.46-47 : Il « faut » demander pardon pour nos péchés; Mt.5.23-24 : présenter son offrande, mais au départ, il « faut » aller se réconcilier avec notre frère. On demande pardon pour nos péchés.

Notes:

  • le prédicateur n’explique pas comment on fait pour être fidèle, ni comment on doit méditer la parole de Dieu, ni de quelles oeuvres nous devons faire.
  • On ne nous explique pas non plus comment se débarrasser de ce qui freine notre course.
  • Le prédicateur donne des exhortations, mais n’offre aucune solution concrète. Nous sommes dans l’abstrait, ce qui, inévitablement, n’aide pas la cause de la sanctification. Tout ce qui est mentionné pour y arriver, c’est la persévérance.
  • J’aurais aimé que le prédicateur nous explique que ce ne sont pas nos oeuvres, mais bien celles de Dieu dans nos vies, puisque c’est lui qui change notre être intérieur (Ro.12.1-2), plutôt que de mettre l’accent sur les efforts que nous devrions faire. Beaucoup de verbes à la 2ième personne du pluriel, mais aucune solution pragmatique. Si seulement le prédicateur s’était concentré sur un texte qui aborde ce sujet en l’exposant, il aurait pu nous fournir un exemple biblique qui en fait la démonstration.
  • Nous sommes encore dans la mentalité où on demande des efforts aux croyants, comme si être croyants exigeaient des contraintes. Or, si Christ vie en nous, comment expliquer que nous en soyons encore à imposer des fardeaux, ou encore, qu’on puisse encore nous dire que pour être croyant, « il faut » en faire la démonstration?
  • On nous incite à un changement dans nos vies, mais par nos propres efforts. Nous ne constatons pas, d’après cet enseignement, que l’Esprit de Dieu soit à l’oeuvre, mais bien nous.

3- Ligne d’arrivée

Comparaître devant Dieu (2Co.5.10).

Notes :

  • le pasteur explique que tous les humains rencontreront Dieu pour le jugement, d’après ce verset. Or, le chrétien n’est pas soumis au jugement, ce sont les incroyants; Dans ce verset, Paul fait allusion aux chrétiens uniquement, puisque c’est à eux qu’il s’adresse; et enfin, il ne s’agit pas d’un jugement, mais d’une remise de prix. Tout ce que nous faisons, nous le faisons pour obtenir la couronne incorruptible.

Conclusion du message: Hé.12.1-3 : courir avec persévérance. Puis termine avec la prière.

Notes :

  • Ce texte cité de l’épître aux hébreux était à l’intention des croyants hébreux, en particulier à ceux de la diaspora. L’auteur ne parle pas de la persévérance selon l’hommerie, mais bien celle dans les épreuves que les judaïsants leur faisaient subir. D’ailleurs, il serait probable que l’auteur ait fait envoyé cette lettre depuis sa prison romaine (ceux d’Italie les saluent (13.24), et fort possiblement qu’il s’agit de l’apôtre Paul, lors de son 4ième et dernier voyage missionnaire, pour que sa lettre se rende à Jérusalem lors des fêtes annuelles. Toute l’épître fait l’apologie de la foi qui supplante la loi mosaïque. C’est pourquoi l’auteur dénonce les pratiques anciennes et que les croyants doivent persévérer à rejeter les pressions des judaïsants pour ne pas célébrer ces fêtes annuelles. Dans le chapitre 10 de l’épître, nous constatons que les judaïsants, bien que l’évidence leur fut démontrée par l’Esprit de Dieu, ont non seulement rejeté Christ, mais s’y sont farouchement opposés. C’est ce qui explique d’ailleurs les versets 25-29 du ch.10 de l’épître. Nous savons que Paul fut faussement accusé par les judaïsants et qu’il fut arrêté lors de son 4ième voyage, pour y être emprisonné à Césaré, qu’il a exigé de rencontrer l’empereur Néron, et fut emprisonné à Rome dans l’attente de son audience avec l’empereur.
  • Si le prédicateur avait pris ce texte pour l’exposer dans son contexte, il n’aurait pas commis autant de bourdes dans sa thématiques.

Conclusion

On sent des hésitations dans la prédication. Un manque de profondeur dans le message. Ne semble pas maîtriser suffisamment son message. Cet homme est définitivement quelqu’un de sympathique et a surement un don pastoral, mais pas celui d’enseignant. Le message aurait pu être une simple discussion entre les gens de l’assemblée autour d’une table, afin de s’exhorter sans que ce soit une discussion formelle. Beaucoup de passages afin de soutenir le message thématique. En ce qui me concerne, le message pourrait ne durer que 15 ou 20 minutes. A rédigé sa prédication et consulte beaucoup ses notes, fort possiblement pour ne pas se perdre. Il y a un manque de dynamisme dans le message. Le message n’atteint pas les gens, mais il pourrait aider dans le cadre de relation d’aide pastorale.

Remarques:

  • Le prédicateur affirme ceci: « Paul, un des plus grands apôtres ». Ce que j’aimerais lui demander, c’est sur quelles bases il fait une telle affirmation.
  • Le prédicateur affirma ceci: « Nous sommes dans le péché, ou le péché est en nous (1Jn.1.8) ». Le passage est mal interprété. En réalité, c’est la vérité qui nous habite, à condition de reconnaître notre péché.

Définitivement, il y a trop de citations de passages. Dans l’enseignement biblique, on ne peut pas soutenir son message par de nombreuses citations. C’est ce qui explique le peu d’assurance du prédicateur dans son message.

Le conseil que je donne est celui-ci: prenez un texte qui aborde le sujet; exposez le texte dans son contexte; faites un peu d’actualisation (analogies entre les enseignements du texte et ce qui correspond aux images de nos contemporains à nous); citez 1 ou 2 passages, maximum et expliquez brièvement ces citations dans leur contexte.

Et en tout dernier lieu

Comprenez bien que mon objectif n’est pas de planter le prédicateur ni de décourager cette petite assemblée qui débute, au contraire! Il s’agit plutôt d’une critique constructive, qui a pour but d’aider à l’édification du corps de Christ. Concrètement, je crois que cette assemblée a besoin d’un sérieux coup de main de la part de gens ayant une maturité spirituelle qui a fait ses preuves, afin de soutenir cette assemblée, non pas par des dons en argent, bien que cela ne peut pas être de refus, mais bien une aide concrète sur le terrain, par des enseignants qui aideront à la croissance des gens de cette assemblée.

Je crois aussi que cette assemblée se fait du tort à elle-même en désirant mettre sur pied une assemblée sous l’égide de l’association d’église baptistes du Québec. Je déplore le fait que chaque branche dénominationnelle prêche encore pour sa fédération ou son association. Sommes-nous de Christ d’abord? Ou bien, nous sommes d’allégeance dénominationnelle? Il faut cesser à tout prix ces divisions qui nous rendent stériles et apprendre le « vivre ensemble », au lieu de se diviser sur des question théologiques secondaires. Je propose que cette assemblée se lie avec d’autres petites assemblées de la région, dont certaines se trouvent sur la même rue. Pour moi, il est incompréhensible que nous en soyons encore à mettre sur pied sa propre « entreprise évangélique » chacune de son côté, plutôt que de chercher à se réseauter.

J’ai eu l’occasion de discuter avec monsieur René Frey et il m’a expliqué chercher un local pour son assemblée. Je lui ai dit que si j’avais des nouvelles, je le contacterai, le cas échéant. Néanmoins, je crois que la meilleure solution réside dans l’union avec une autre assemblée.

Bonne journée à toutes et à tous 😉

Patrick Galarneau

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9 réflexions sur “Église baptiste de Saint-Léonard : Elle a un cruel besoin d’aide!

  1. Hmmm…

    Il me semble que la Parole nous dit ceci: « Qui es-tu, toi qui juges le serviteur d’un Autre?… »

    Mais bon! Je comprends la démarche, la critique et le point bien pesé pour un fondement biblique solide…mais le but de rendre ça publique me rend inconfortable.

    Ma question est celle-ci: pourquoi ne pas offrir ton aide/soutient/conseils à cette assemblée?

    Je crois que tu seras d’accord avec moi que cela leur serait beaucoup plus bénéfique que de faire une analyse de l’un de leur rassemblement…

    Qu’en penses-tu?

    Chris

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    • Bonjour Chris

      D’abord, le culte se fait en public et dans un endroit accessible à tous. Même que plusieurs assemblées se filment et rendent disponible leurs cultes sur les réseaux sociaux.

      Il est rare que l’on projette aux assemblées ce qu’ils font de bien ou de moins bien. Trop longtemps, les pasteurs d’assemblées se sont crus immunisés contre la critique, qu’elle soit négative ou constructive.

      Maintenant, ils sont dans l’obligation d’y faire face, bien que mon objectif n’est pas la confrontation, mais l’édification.

      Puis-je aider une assemblée? Possible. J’y ai pensé. Toutefois, mon appel ne réside pas à me limiter à une communauté bien localisée, mais plutôt d’agir de manière plus élargie.

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    • Je ne sais pas qui est cet homme. Je ne sais pas non plus si cet homme me connaît. Mais si un prédicateur est intimidé par ma présence, c’est qu’il n’est déjà pas certain de ses capacités. Personnellement, je ne suis pas de ceux qui cherchent à détruire, mais à construire.

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  2. Le christianisme est une forme mécanique religieuse qui ne peut nous révéler ‘LE FILS DE L’HOMME ASSIS À LA DROITE DE DIEU’.
    Cette révélation est réservée à ceux qui le connaissent et qui sont connus de Lui.
    Alors, que ce soit en public ou en privé, dans un ‘sermon’ ou une conversation, ‘LA BOUCHE PARLE DE L’ABONDANCE DU COEUR’, qu’on le veuille ou non!
    Dieu te bénisse frère!
    Guy St-Pierre

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  3. Réponse à Chris au sujet de juger le serviteur en Romains 14:
    le contexte est relatif aux viandes sacrifiées aux idoles, donc à des choses courantes dans la vie de tous les jours, en évitant de scandaliser le faible dans la foi ‘LE PLUS PETIT D’ENTRE MES FRÈRES’.
    Alors que dans 1 Cor. Pour ce qui est des prophètes, que deux ou trois parlent, et que les autres jugent;

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  4. J’ai lu votre critique au complet et elle me semble d’une pertinence très limitée (surtout concernant l’enseignement). En fait, vous essayez de dresser un tableau des manquements alors que vous auriez plutôt dû essayer de vous focaliser sur la manière et le format dont le message a été fait. En effet, si vous vous relisez, vous conviendrez que pour s’étendre sur tous les manquements que vous avez soulevé, il faudrait écrire un bon livre de 250 pages pour y arriver! 😉 Une prédication n’est pas un livre… Il est très normal que quelques affirmations soient coupées court sans beaucoup d’explication; à trop s’attarder aux détails, on fini par en perdre l’essentiel du message. Un bon message (oral) selon moi, c’est un message qui restera simple, clair et court; et dont le contenu pourra donner quelque chose de solide qui gardera une certaine pérennité sur le long terme (pour l’auditoire). Tu peux faire un très beau message, très précis et qui explique bien tous les détails avec leur contexte respectif et tout, mais si personne ne comprend et que tout est trop dense et complexe, on est pas plus avancé…

    C’était ma critique de la critique.
    Que le Seigneur vous aide dans votre service. 🙂

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    • Bonjour Jonathan.

      Merci de votre commentaire.

      Vous évoquez deux grands thèmes: le contenu et la forme. Lors de mes premiers articles sur mes observations d’églises, j’utilisais cette formule. Je donnais le sous-titre « contenu » et un autre pour la « forme ».

      Ces deux thèmes s’y retrouvent de manière implicite dans mon texte. D’abord, une longue élaboration du contenu. Et cela n’est pas de mon ressort, car le prédicateur avait tellement de citations, que le contenu, bien qu’en superficie du message biblique, était lourd par son nombre et non sa qualité.

      Dans la forme, je propose à ce prédicateur d’utiliser l’exposition de texte et non une thématique, afin de demeurer contextuel et ne pas avoir à se perdre dans une multitude de passages qui lui fait perdre le fil de sa prédication (et nous fait perdre le fil). Je suggère l’emploi de peu de passage, mais de bien les expliquer.

      Dans un message de 45 minutes, il faut être à la fois succinct et précis. Il faut donc se concentrer sur un seul texte, qu’on approfondie et qu’on expose. Le danger de la thématique dans la prédication fut bien illustrée en ce dimanche matin: on finit par se perdre dans nos passages et on oublie souvent l’essentiel.

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