Jésus de Nazareth : Essence divine et nature humaine

La position que j’exposerai dans cet article est une variante du kénotisme, qui était une doctrine populaire dans les milieux évangéliques au XIXe siècle et a notamment été défendue par Frédéric Godet (1812-1900), qui était probablement le plus grand exégète évangélique de ce siècle. Cette doctrine est moins connue au XXe siècle, car elle a été rudement combattue par les théologiens calvinistes.

Toutefois, un examen minutieux des textes bibliques m’a conduit à la conviction que cette position kénotiste est bien plus fidèle aux Ecritures que la doctrine affirmée par le concile de Chalcédoine (451) et j’aimerais dans cet article vous exposer cela le plus clairement possible en insistant sur trois moments :

  • Avant l’incarnation
  • L’Incarnation
  • Après l’incarnation

Ainsi, si je devais définir la « nature » de Jésus, je dirais qu’il était d’essence divine mais denature humaine. Contrairement aux partisans de Chalcédoine, qui affirment que Jésus était entièrement homme et entièrement Dieu, je ne mets donc pas sa divinité et son humanité au même niveau.

Je dis qu’il est d’essence divine, car Jésus n’est pas une créature comme nous, mais il est directement issu de Dieu. Toutefois, au moment de son incarnation, tout en conservant son identité divine (qui ne peut pas changer), il s’est dépouillé de tous ses attributs divins. Concrètement, cela signifie que sur Terre, Jésus a vécu pleinement et uniquement comme un homme.

Enfin, je montrerai en conclusion que cette doctrine n’est pas une simple réflexion intellectuelle mais qu’elle est importante pour notre salut et pour notre vie de croyant : si Jésus n’avait pas agi uniquement en tant qu’homme, il ne pourrait pas être notre modèle.

La préexistence divine de Jésus

Jésus n’est pas une créature comme nous, mais il préexistait auprès du Père. Voici quelques versets qui le montrent.

Les versets affirmant sa pré-existence et son origine divine

Le texte le plus connu est bien sûr le prologue de Jean :

« Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle.  »

Mais on peut aussi citer d’autres textes :

« Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, je suis. » Jean 8 : 58

« Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût. » Jean 17 : 5

Nous verrons que les versets affirmant son incarnation confirment aussi ces propos.

Les prophéties de l’Ancien Testament appliquées à Jésus

Une deuxième preuve peut être avancée : l’usage que font les auteurs du Nouveau Testament des prophéties de l’Ancien Testament qu’ils appliquent à Jésus et qui, par conséquent, conduisent à identifier Jésus et YHWH.

Je donnerai pour cela un exemple. Matthieu commente la trahison de Juda, qui vient de vendre Jésus pour trente pièces d’argent, et affirme que cet acte accompli une prophétie de l’Ancien Testament :

« Alors s’accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie le prophète : Ils ont pris les trente pièces d’argent, la valeur de celui qui a été estimé, qu’on a estimé de la part des enfants d’Israël »

Or si on se réfère au texte d’origine, on voit que cette prophétie s’applique à YHWH :

« YHWH me dit: Jette-le au potier, ce prix magnifique auquel ils m’ont estimé! Et je pris les trente sicles d’argent, et je les jetai dans la maison de l’Éternel, pour le potier. »Zacharie 11 : 13

Si les kénotistes (position que je défends) et les chalcédonistes sont d’accord pour affirmer que Jésus est issu de Dieu, leurs avis divergent concernant la définition de l’incarnation et par conséquent ses effets sur la personne de Jésus.

La kénose du Logos

Les chalcédonistes considèrent que l’incarnation a été un ajout, puisque la Parole de Dieu en venant sur Terre a conservé sa nature divine tout en recevant une nature humaine.

Je pense au contraire que l’incarnation a été un dépouillement, puisque le Logos, sans perdre son identité, a renoncé à ses attributs divins. Avant de voir les textes du Nouveau Testament qui affirment explicitement cela, il est toujours intéressant de se demander s’il existe d’autres parallèles dans la Bible, et la réponse est oui.

Le dépouillement de Nabuchadonosor

Il me semble que c’est l’histoire du roi de Babylone, Nabuchadonosor, qui fournit la meilleure analogie avec l’interprétation kénotiste de l’incarnation. Cette histoire nous est rapportée dans le quatrième chapitre du livre de Daniel.

Nabuchadonosor était un roi très orgueilleux. A cause de cet orgueil, il fut puni par Dieu qui lui ôta la raison humaine. Le roi de Babylone vécut donc, pendant un certain temps, comme un animal. Il est important de souligner que son identité n’avait pas changé et qu’il était toujours le roi de Babylone. Mais durant cette période de dépouillement, il ne possédait plus ses facultés humaines et se comportait seulement comme un animal.

Je pense que c’est exactement ce qu’a connu Jésus. Durant son abaissement, son identité divine n’a pas changé, mais il ne possédait plus ses facultés divines et a dû vivre sur Terre uniquement comme un homme.

L’enseignement de la kénose dans le Nouveau Testament

Le verset qui enseigne le plus explicitement ce dépouillement (kénose) est Philippiens 2 : 5-8 :

« Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé (kénose) lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. »

C’est d’ailleurs de ce passage que vient le terme de « kénotisme », puisque kénose est le verbe grec utilisé par Paul et traduit dans nos version par « dépouillé ».

Nous voyons que ce verset affirme en même temps la préexistence divine de Jésus et son dépouillement au moment de l’incarnation. D’autres passages viennent confirmer cette interprétation :

« Tu l’as abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, tu l’as couronné de gloire et d’honneur, Tu as mis toutes choses sous ses pieds. En effet, en lui soumettant toutes choses, Dieu n’a rien laissé qui ne lui fût soumis. Cependant, nous ne voyons pas encore maintenant que toutes choses lui soient soumises. Mais celui qui a été abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, Jésus, nous le voyons couronné de gloire et d’honneur à cause de la mort qu’il a soufferte, afin que, par la grâce de Dieu, il souffrît la mort pour tous. » Hébreux 2 : 7-9

« Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis. » 2 Corinthiens 8 : 9

Le verset de Corinthiens parle bien d’une perte. Or dans la doctrine chalcédoniste, il n’y a aucune perte, aucun dépouillement. Tout au plus Jésus cache sa gloire. Jésus ne se serait donc pas fait pauvre, mais seulement déguisé en pauvre.

Mais surtout le texte d’Hébreux affirme qu’il a été abaissé au-dessous des anges. Si Jésus avait conservé sa nature divine, comment l’auteur inspiré aurait-il pu affirmer qu’il avait été abaissé au-dessous des anges ? Cela n’aurait aucun sens. Là encore, nous voyons que ce passage appuie nettement l’idée d’un dépouillement : La Parole de Dieu, en venant sur Terre, a renoncé à ses attributs divins.

Jésus Essence Nature 2

Jésus sur Terre : pleinement et uniquement homme

Dans cette dernière partie, nous verrons que tout au long de son ministère et jusqu’à sa mort sur la croix, Jésus a toujours été pleinement et uniquement homme.

Jésus a vécu comme un homme

Jésus a partagé la condition humaine, il a grandi et a ressenti toutes nos émotions humaines, y compris l’angoisse :

« Or, l’enfant croissait et se fortifiait. Il était rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. (…) Et Jésus croissait en sagesse, en stature, et en grâce, devant Dieu et devant les hommes. » Luc 2 : 40-52

« Après être sorti, il alla, selon sa coutume, à la montagne des Oliviers. Ses disciples le suivirent. Lorsqu’il fut arrivé dans ce lieu, il leur dit: Priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation. Puis il s’éloigna d’eux à la distance d’environ un jet de pierre, et, s’étant mis à genoux, il pria, disant: Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne. Alors un ange lui apparut du ciel, pour le fortifier. Étant en agonie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre. » Luc 22 : 39-44

On voit bien que de tels passages sont inapplicables à un Dieu-Homme. Si Jésus avait conservé sa nature divine, il n’aurait jamais pu croître en sagesse, ni ressentir de l’angoisse.

Jésus s’est présenté comme un homme

Jésus lui-même s’est clairement présenté comme un homme, aussi bien à la foule qu’à ses disciples. Aussi bien durant son ministère :

« Mais Jésus leur dit: Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents, et dans sa maison. » Marc 6 : 4

« Jésus lui dit: Pourquoi m’appelles-tu bon? Il n’y a de bon que Dieu seul. » Marc 10 : 18

 Qu’après sa résurrection et juste avant son ascension :

« Jésus lui dit: Ne me touche pas; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Jean 20 : 17

Le parallèle est ici particulièrement fort : mon Père/ votre Père et mon Dieu/votre Dieu. Jésus ne revendique aucun statut particulier par rapport à ceux qu’il appelle ses frères.

« Mais il a dit au Fils: Ton trône, ô Dieu est éternel; le sceptre de ton règne est un sceptre d’équité; tu as aimé la justice, et tu as haï l’iniquité; c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes égaux. » Hébreux 1 : 8-9

Les disciples ont reconnu et annoncé un homme

Jésus s’est présenté comme un homme et c’est comme un homme que ses disciples l’ont perçu. Ainsi, juste après sa résurrection, Jésus rencontre deux de ses disciples, qui ne le reconnaissent pas tout de suite, et qui lui racontent ce qui vient de se produire (la crucifixion de Jésus) :

« L’un des disciples, nommé Cléopas, dit à Jésus (Ndl : Cléopas n’a pas encore reconnu que l’homme à qui il parle est Jésus) : Es-tu le seul qui, séjournant à Jérusalem ne sache pas ce qui y est arrivé ces jours-ci?

– Quoi? Jésus demande-t-il.

-Et ils lui répondirent: Ce qui est arrivé au sujet de Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en oeuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, et comment les principaux sacrificateurs et nos magistrats l’on livré pour le faire condamner à mort et l’ont crucifié. Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël; mais avec tout cela, voici le troisième jour que ces choses se sont passées. Il est vrai que quelques femmes d’entre nous nous ont fort étonnés; s’étant rendues de grand matin au sépulcre et n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire que des anges leurs sont apparus et ont annoncé qu’il est vivant.  Quelques-uns de ceux qui étaient avec nous sont allés au sépulcre, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit; mais lui, ils ne l’ont point vu. » Luc 24 : 18-24

Après l’ascension (la montée de Jésus au ciel), ses disciples commencent à prêcher aux foules. Le premier discours connu est celui de Pierre qui résume l’Evangile ainsi :

« Hommes Israélites, écoutez ces paroles! Jésus de Nazareth, cet homme à qui Dieu a rendu témoignage devant vous par les miracles, les prodiges et les signes qu’Il a opérés par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes; cet homme, livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l’avez crucifié, vous l’avez fait mourir par la main des impies. Dieu l’a ressuscité, en le délivrant des liens de la mort, parce qu’il n’était pas possible qu’il fût retenu par elle. » Actes 2 : 22-24

Là encore, nous constatons que c’est bien Jésus homme qui est prêché. Nulle trace d’un Dieu-Homme ou d’un Homme-Dieu.

C’est en tant qu’homme qu’il a accompli l’œuvre du salut

Si les disciples insistent tant sur l’humanité de Jésus, c’est bien parce que celui-ci a accompli toute l’œuvre du salut en tant qu’homme, et uniquement en tant qu’homme. C’est ce point qui dérange le plus les théologiens calvinistes. Pourtant les propos de l’apôtre Paul, nous fournissent une preuve irréfutable :

« Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils aient à se repentir, parce qu’il a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice, par l’homme qu’Il a désigné, ce dont il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant des morts… » Actes 17 : 30-31

« Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus Christ homme » 1 Timothée 2 : 5

Paul nous dit que c’est en tant qu’homme que Jésus est médiateur et juge. Or ces deux fonctions découlent de son œuvre sur la croix. C’est parce que Jésus est mort pour nous sur la croix, qu’il peut être notre médiateur et notre juge.

Si Jésus avait accompli l’œuvre de la croix en tant que Dieu-Homme, alors c’est Jésus-Christ Dieu-Homme qui serait notre médiateur et notre juge. Mais l’apôtre Paul dit explicitement le contraire. Non seulement, il ne parle jamais du Dieu-Homme, mais il ne dit même pas simplement Jésus-Christ, ce qui laisserait subsister une certaine ambiguïté. Non, il prend soin de préciser Jésus-Christ homme. Pourquoi une telle précision ? Justement pour ne laisser aucun doute possible : c’est uniquement en tant qu’homme que Jésus a accompli l’œuvre du salut.

Cela est d’ailleurs parfaitement logique et cohérent avec le reste de la doctrine. Puisque le péché est survenu à cause d’un homme, et non d’un Dieu-homme, il était nécessaire que ce soit un homme, et non un Dieu-Homme, qui le répare :

«  C’est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché, (…) car, si par l’offense d’un seul il en est beaucoup qui sont morts, à plus forte raison la grâce de Dieu et le don de la grâce venant d’un seul homme, Jésus Christ, ont-ils été abondamment répandus sur beaucoup. » Romains 5 : 12-15

Conclusion : l’importance de cette doctrine dans la vie du croyant

En conclusion, nous pouvons dire que Jésus devait être pleinement et uniquement humain pour nous servir de modèle à nous les hommes :

« En conséquence, il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin qu’il fût un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l’expiation des péchés du peuple; car, ayant été tenté lui-même dans ce qu’il a souffert, il peut secourir ceux qui sont tentés. » Hébreux 2 : 17-18

Si Jésus n’avait pas été uniquement un homme, nous ne pourrions pas lui obéir. Jésus se présente lui-même et est présenté par ses disciples comme notre modèle.

Si Jésus avait agi en tant que Dieu-Homme, comme l’enseignent les chalcédonistes, comment pourrait-il nous servir d’exemple à nous qui ne sommes que des hommes ?

« En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père » Jean 14 : 12

« Et c’est à cela que vous avez été appelés, parce que Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces » 1 Pierre 2 : 21

Sources: http://didascale.com/jesus-de-nazareth-essence-divine-et-nature-humaine/

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États-Unis : en prison pour avoir refusé d’appliquer la loi sur le mariage gay

Une greffière du Kentucky, Kim Davis, refusait de délivrer des certificats de mariage à des personnes de même sexe en raison de ses convictions religieuses.

SOURCE AFP

Publié le 04/09/2015 à 09:13 | Le Point.fr
Kim Davis assure n'avoir "aucune animosité" envers les homosexuels.
Kim Davis assure n’avoir « aucune animosité » envers les homosexuels.Ty Wright/Getty Images/AFP

L’art d’ameuter les chrétiens par la distraction

Pasteur Gérard Charton
Président de la FECE-Internationale
Interpellation du 2 septembre 2015

Septembre 2015
Préparez-vous à un mois exceptionnel… !

Chers amis et lecteurs permettez moi exceptionnellement de vous donner un témoignage personnel car il peut servir à tous ceux qui se posent des questions sur les événements que nous vivons – en ce moment même, – événements qui pourraient-être d’une importance capitale pour plusieurs (et même beaucoup !) d’entre nous.

Il y a un peu plus d’un an, très fatigué je consulte mon médecin qui me fait faire une série d’analyses. Les résultats le troublent, il craint et me le dit très franchement:   cancer de la prostate, le gros mot est lâché ! Une autre série d’analyses confirment ses doutes, puis d’autres examens après quelques semaines contredisent les analyses… au final pas de cancer !

– Première réflexion :

Le médecin se serait-il trompé dans son diagnostic ou,  le Seigneur a -t-il répondu à nos prières ? Il l’a souvent fait dans nos vies, aussi bien pour mon épouse que pour moi et pour tellement d’autres de ses enfants.
La réponse, Lui seul la connait avec certitude. pour nous humains c’est une question de foi.

Evidemment et tout le temps où je me suis senti « cancéreux », j’ai prié le Seigneur plus que jamais. J’étais convaincu d’être « prêt » pour le départ, cela ne me faisait pas peur, sauf que j’allais laisser mon épouse seule et cela m’inquiétait pour elle. Moi, je me sentais prêt. Tant d’années au service du seigneur me donnait une assurance bien solide.
Sauf que … petit à petit, à l’écoute du saint Esprit, je me rendais compte que ma préparation pour le départ n’était pas exactement ce que je m’étais habitué à penser. Rapidement je me suis senti dans la position des vierges folles de la parabole de Jésus : comme elles j’étais « en partie préparé » pour le repas des noces, mais en partie seulement sans réserve d’huile… vous connaissez la suite, malgré leur préparation partielle elles n’entrent pas dans la salle des noces.

Que de choses me semblaient alors encore à faire, même et surtout sur le plan de la sanctification, que de choses non réglées…
Je ne sais pas si je vais bien me faire comprendre, il n’y a aucune fanfaronnade dans mon témoignage, mais je bénis le Seigneur d’avoir laissé mon médecin se tromper si c’est le cas, car il m’a rendu le meilleur service qu’il pouvait faire.
Et, si ce n’est le pas le médecin qui s’est trompé mais le Seigneur qui m’a guéri, alors encore une fois : Gloire à Dieu.

Ce que je retiens, c’est que le Seigneur a veillé à me donner le temps de terminer ma préparation, après l’électrochoc  (si tant est qu’on puisse dire que notre préparation soit un jour terminée… alors plus modestement je corrige : Il me permet d’avancer jusqu’où Il juge nécessaire.)

J’arrête ici mon témoignage pour en venir à l’actualité de l’Eglise. Si j’ai apporté ce témoignage personnel c’est parce que je constate qu’il y a un parallèle tout à fait évident avec ce que vit l’Eglise aujourd’hui, je m’explique :

– Deuxième réflexion :

Depuis quelque temps des hommes et femmes de Dieu, qui font office de sentinelles avertissent que l’ennemi de Dieu s’agite de façon tout à fait conforme aux prophéties bibliques, tant parmi les juifs ou des rabbins annoncent et attendent la venue de leur Messie (hélas ils attendent le faux…) tandis que l’Eglise fidèle quant à elle attend l’enlèvement pour bientôt, très bientôt même puisque ce mois de septembre 2015 est mentionné.

Comme dans le point précédent, deux formes de réactions se manifestent, j’oublie celles des indifférents qui s’excluent eux-mêmes, restent donc :

a) D’une part ceux qui s’indignent, citant en ritournelle ce texte « Nul ne connait ni le jour ni l’heure » prononcé par Jésus avant même le début de l’Eglise, mais qui oublient complètement les textes qui concernent la fin du temps de l’Eglise. Par exemple :

– Apocalypse 3.3 : 3 Rappelle-toi donc comment tu as reçu et entendu la parole, et garde-la, et repens-toi. Si donc tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur, et tu ne sauras point à quelle heure je viendrai te surprendre.

– 1 Thessaloniciens 5:4-6 : Mais vous, frères, vous n’êtes point dans les ténèbres, pour que ce jour vous surprenne comme un voleur ;
car vous êtes tous fils de la lumière et fils du jour ; nous ne sommes point de la nuit ni des ténèbres.
Ne dormons donc pas comme les autres, mais veillons et soyons sobres.

b) D’autre part, ceux qui scrutent les événements et analysent les informations au fur et à mesure qu’elle se présentent. Ils ne sont pas des prophètes mais des sentinelles. Leurs analyses évoluent au fur et à mesure des événements. Ce sont pour certains des docteurs, et comme mon médecin dont le diagnostic a évolué dans le temps, ils ont le droit de se tromper et ne méritent pas l’appellation de faux prophètes.

La parole de Dieu encourage cette vigilance, elle est nécessaire car sans elle beaucoup de vierges folles resteraient clouées au sol le jour de l’enlèvement, dans le même état d’autosatisfaction qui était le mien avant que le seigneur ne me mette en face de la réalité.

Qui a raison ?

En septembre, le 13, le 15 ou un autre jour peu importe, nous saurons si les sentinelles ont vu juste ou si elles se sont trompées.

– Si elles se sont trompés finalement ce n’est pas grave.
Sauf pour les railleurs bien entendu. Des moqueurs il y en a toujours eu, comme du temps de Noé en particulier.
Mais, pour les vierges sages, sauf la déception du moment, cela n’aura aucun impact quant à leur foi et à leur salut. Elles seront  déçues bien sûr, elles redoubleront de vigilance et oui c’est évident elles chercheront inlassablement à affiner leur diagnostic. Et dans cette mission qui est la leur, soyez assuré que ces sentinelles feront encore parler d’elles. Gloire à Dieu pour leur persévérance !
Mais, elles se seront préparées, elles auront affiné leur préparation, et ce faisant elles auront fait des progrès.

Les moqueurs quant à eux redoubleront de railleries.
Ils resteront bloqués dans leur situation spirituelle présente, ils resteront figés tellement ils sont convaincus de leur bonne théologie qui n’envisage pas l’enlèvement de l’Eglise pour un temps très proche, et ils continueront donc de se croire comme les vierges folles, comme je l’étais aussi c’est à dire prêt pour la rencontre avec je Seigneur, jusqu’à ce qu’Il me montre le contraire grâce peut-être a un faux diagnostic médical qui a ouvert la voie a une réflexion plus profonde et à une meilleures préparation.

Personnellement j’ai vraiment envie que ce soit en septembre et le plus tôt possible, aujourd’hui si Dieu le veut.
Mais, ce n’est pas parce que beaucoup de disciples fidèles le souhaitent que cela arrivera forcément à cette date. Cependant, par leur empressement ils auront grandement amélioré leur propre préparation et celles des autres qui sont vigilants. Gloire à Dieu !

Rappelez-vous de cette déclaration de Paul :
2 Timothée 4 : 7-8
J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. Désormais la couronne de justice m’est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement.

Je ne veux pas juger les moqueurs, mais j’aimerais connaître quand même leurs motivations ou plutôt leur absence de motivation à voir le Seigneur venir chercher maintenant son Eglise fidèle. Seraient-ils, pour certains d’entre eux, tellement bien dans leur situation actuelle, attachés à ce monde,  qu’ils ne sont pas pressés de rencontrer leur Seigneur ? Qu’ils s’examinent eux-mêmes.

Quand je lis les « conseils » qu’adressent ces personnes si peu enthousiasmées de voir le Seigneur venir bientôt et nous « recommander » la repentance d’annoncer les réflexions des sentinelles de Dieu, je me demande comment Christ perçoit la chose… Il lui appartient de juger, pas à nous.

Je vous laisse le soin de prolonger votre propre réflexion sur ce sujet, mais je voudrais ci-dessous vous présenter un résumé d’événements annoncés pour ce mois de septembre 2015. La liste n’est pas exhaustive !

Je me suis permis de reprendre du site de mon frère et ami Gérard Colombat une partie des événements recensés sur son site. Je vous conseille de visiter son site.

Que Dieu vous bénisse

Syrie, les dés sont jetés

Syrie, les dés sont jetés

Nonobstant hésitations et dénégations, la Russie s’embarque bel et bien dans une ambitieuse expansion de sa présence syrienne, qui peut bouleverser les règles du jeu dans le pays en lambeaux. La base navale russe de Tartous, petite, obsolète, servant aux réparations, va être agrandie, tandis que Jablleh, près de Latakia (jadis Laodicée) va devenir la base aérienne russe et une base navale à plein régime en Méditerranée orientale, au-delà des minces détroits du Bosphore. Les multitudes djihadistes qui assiègent Damas vont pouvoir être contraintes à l’obéissance et à la soumission, et le gouvernement du président Assad connaîtra la délivrance, hors de danger. La guerre contre Daesch (ISIS) fournira la couverture pour cette opération. Voici le premier rapport sur ces événements décisifs, sur la base de sources confidentielles russes à Moscou, des sources habituellement fiables.

Le journaliste d’investigation, dissident et bien informé Thierry Meyssan[1] a signalé l’arrivée de nombreux conseillers  russes. Les  Russes ont commencé à partager leurs images par satellite en temps réel avec leurs alliés syriens, ajoutait-il. Un site d’information israélien a ajouté : « la Russie a commencé son intervention militaire en Syrie », et a prédit que « dans les semaines qui viennent des milliers de militaires russes se préparent à atterrir en Syrie »[2]. Les Russes ont promptement démenti.

Le président Bachar Al Assad y a fait allusion[3] il y a quelques jours en exprimant sa pleine confiance dans le soutien russe à Damas. Six premiers jets de combat MIG-31 ont atterri à Damas il y a deux semaines, selon le journal officiel RG[4], et Michael Weiss dans le Daily Beast d’extrême-droite [5] a offert une description saisissante de la pénétration russe en Syrie. Le journal Al-Quds al-Arabi mentionne Jableh comme le lieu de la deuxième base.

Nous pouvons maintenant confirmer que, pour autant que nous puissions le savoir, malgré les dénégations (souvenons-nous de la Crimée), la Russie a fait son choix et pris la décision très importante d’entrer en guerre en Syrie. Cette décision peut encore sauver la Syrie de l’effondrement total et par ricochet éviter à l’Europe d’être noyée sous les vagues de réfugiés. L’armée de l’air russe va combattre Daesch ouvertement, mais va probablement aussi bombarder (comme  David Weiss en fait le pari) les alliés des USA de l’opposition al-Nosra (autrefois appelée al-Quaeda) et d’autres extrémistes islamiques pour la simple et bonne raison qu’il n’y a pas moyen de les distinguer de Daesch.

Le ministre russe des Affaires étrangères Serguéï Lavrov a proposé d’organiser une nouvelle coalition contre Daesch incluant l’armée d’Assad, les Saoudiens et certaines forces d’opposition. L’émissaire US en Russie a dit qu’il n’y avait aucune chance que les Saoudiens ou d’autres Etats du Golfe acceptent d’unir leurs forces avec Assad. La Russie continue à projeter de bâtir cette coalition, mais, vu le rejet américain, apparemment le président Poutine a décidé de passer à l’action.

La Russie est très ennuyée par les victoires de Daesch, parce que cette force combat et chasse les chrétiens de Syrie, alors que la Russie se considère comme le protecteur traditionnel de ceux-ci. La Russie redoute aussi que Daesch mette en place des opérations dans les régions musulmanes de Russie, dans le Caucase et sur la Volga. Et la coalition anti-Daesch dirigée par les US n’a pas fait le travail.

US et Turquie combattent ostensiblement Daesch, mais obéissent à leurs propres intérêts, bien différents de ceux des Syriens, des Européens et des Russes. La Turquie combat les Kurdes qui sont des opposants résolus à Daesch. Les US utilisent la guerre contre Daesch comme écran de fumée pour combattre le gouvernement légitime de Bachar al Assad, qui a été récemment ré-élu par une large majorité de Syriens. Daesch ne souffre pas beaucoup des raids US, face à l’armée syrienne. Et surtout, les US ont envoyé des centaines de terroristes entraînés en Syrie après leur avoir fourni une mise à niveau militaire en Jordanie et ailleurs. Récemment, David Petraeus a appelé à armer al Nostra afin qu’il combatte Daesch. Cette idée simplette a bien fait rire [6] mais n’est nullement hors jeu.

Les US et ses alliés ont ravagé la Syrie. Les US sont loin et peuvent  se délecter du spectacle. L’Europe est perdante, déjà éliminée du fait de l’inondation de réfugiés. La Turquie est perdante, directement, puisqu’elle y gagne les réfugiés, mais aussi le terrorisme et le déclin rapide de la popularité pour le président Erdogan, la chute du niveau de vie, et tout cela à cause de ses choix politiques erronés en Syrie.

La Russie vient donc de se charger de la tâche difficile de sauver la situation. Si Erdogan, Obama, Kerry et les Saoudiens avaient pensé que Poutine lâcherait Assad, maintenant ils connaissent un dur réveil. La position russe est assez nuancée. La Russie n’ira pas se battre pour Assad, comme elle ne s’est pas battue pour le président ukrainien Yanoukovitch. La Russie pense que c’est aux Syriens de décider qui doit être leur président. Assad ou quelqu’un d’autre, c’est une affaire interne. D’un autre côté, Obama et ses alliés se battent effectivement contre Assad. Il avait « perdu sa légitimité », disent-ils. Ils ont un problème avec Assad, ils l’admettent. La Russie n’a pas de problème avec Assad. Dans la mesure où il est populaire chez lui, qu’il gouverne donc, disent les Russes. Si certains membres de l’opposition veulent le rejoindre, tant mieux.

La Russie n’essaie pas de combattre l’opposition armée en soi, tant que cette opposition est prête à entrer en négociation de paix et ne demande pas l’impossible (la tête d’Assad). Dans la vie réelle, personne ne peut distinguer entre groupes légitimes et illégitimes, et Daesch. Tous vont sans doute souffrir quand les Russes vont commencer à faire leur travail sérieusement. Ils devraient négocier avec le gouvernement et parvenir à un accord. L’alternative (la destruction de la Syrie, des millions de réfugiés, le déracinement du christianisme au Proche Orient, les attaques djihadistes sur la Russie) est trop horrible à regarder en face.

La guerre en Syrie est dangereuse pour la Russie : c’est pourquoi Poutine a freiné avant de s’engager, depuis 2011. L’adversaire est bien armé, et a quelque soutien sur le terrain, sans compter la richesse des Etats du Golfe et des combattants fanatiques qui ont bien envie de déclencher une vague d’attaques terroristes en Russie. La position US est ambigüe : Obama et son équipe ne réagissent pas, sur l’engagement croissant de la Russie. Thierry Meyssan pense qu’Obama et Poutine sont parvenus à un accord sur la nécessité d’en finir avec Daesch. A son avis, certains officiers et généraux américains (Petraeus, Allen) aimeraient saper cette entente, ainsi que les républicains et les néoconservateurs.

Certains officiers russes s’inquiètent. Peut-être qu’Obama reste muet afin de laisser Poutine s’embarquer dans la guerre de Syrie. Souvenons-nous que les US avaient incité Saddam Hussein à envahir le Koweit. Les avions russes et américains au-dessus de la Syrie pourraient avoir à s’affronter. D’autres disent : la Russie n’aurait-elle pas dû s’engager en Ukraine, plutôt qu’en Syrie ? Mais la décision que Poutine semble bien avoir prise fait sens.

Une guerre loin de chez soi comporte des défis logistiques, comme les US en ont fait l’expérience au Viet Nam et en Afghanistan, mais il y a beaucoup moins de danger que la guerre déborde en Russie proprement dite. Sur un théâtre de guerre distant, l’armée de terre, la flotte et l’armée de l’air russes pourront montrer leur détermination.

S’ils gagnent, la Syrie retrouvera la paix, les réfugiés rentreront chez eux, et la Russie restera implantée à jamais en Méditerranée orientale. La victoire russe calmera les va-t-en-guerre de Washington, de Kiev, de Bruxelles. Cependant, s’ils perdent l’Otan pensera que la Russie est mûre pour la moisson et tentera de porter la guerre dans son flanc.

Nous pouvons comparer la situation avec les campagnes militaires des années 1930. Les Russes, sous les ordres du brillant maréchal Joukov, avait écrasé les Japonais à Khalkyn Gol en 1939, et les Japonais ont signé un pacte de neutralité avec les Russes, puis se sont abstenus d’attaquer la Russie pendant la guerre entre Allemands et Soviétiques. Mais l’Armée rouge s’est mal débrouillée face au maréchal Mannerheim en Finlande en 1940, et cela a encouragé Hitler à entrer en guerre.

Cette fois-ci, la Russie va agir dans le cadre de la loi internationale, à la différence de Saddam Hussein dans son aventure koweitienne, Turquie et US bombardent et mitraillent la Syrie à volonté, sans le moindre égard pour le gouvernement légitime. Il y a un traité d’assistance mutuelle entre la Russie et la Syrie. Le gouvernement syrien a offert aux Russes ses ports, aéroports et commodités pour la défense.

Les églises chrétiennes du Proche Orient applaudissent la Russie et demandent son assistance face au carnage djihadiste. L’ancienne église orthodoxe d’Antioche et celle de Jérusalem sont de tout cœur avec la Russie. L’archevêque Théodose Atallah Hanna, patriarche palestinien du plus haut rang et politiquement actif, a formulé son espoir que les Russes apportent la paix en Syrie et que les réfugiés puissent rentrer chez eux.

Pour les Européens, c’est l’occasion d’en finir avec leur soutien aveugle à la politique US, et de ramener des millions de réfugiés chez eux, loin des gares et campements européens.

Si cela marche, l’initiative de Poutine en Syrie sera l’une de ses plus grandes réussites. Il ne dévoile rien de son jeu, et ce rapport est le premier qui provienne de son entourage.

Israël Adam Shamir

Israel Shamir est à Moscou, et peut être joint sur  adam@israelshamir.net

Traduction : Maria Poumier. Publication originale : Unz Review

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