Les attentats de Paris mettent Daech en grande difficulté

Des soldats irakiens brandissent le drapeau de l’État islamique qu'ils viennent de saisir après des combats à Anbar le 26 juillet 2015 | REUTERS/Stringer

Des soldats irakiens brandissent le drapeau de l’État islamique qu’ils viennent de saisir après des combats à Anbar le 26 juillet 2015 | REUTERS/Stringer

Selon un journaliste spécialiste de l’État islamique et de son idéologie, les massacres de vendredi 13 novembre sont le signe d’une perte de contrôle de l’organisation sur ses troupes ou d’un changement de stratégie imbécile.

Le journaliste Graeme Wood avait publié une enquête d’une grande profondeur sur l’idéologie et l’imaginaire de l’État islamique dans The Atlantic il y a quelques mois. Il apris la plume dans Politico le 14 novembre après les attentats de Paris et Saint-Denis. Et, selon ce grand spécialiste du djihadisme et de Daech, ces attaques meurtrières sont, malgré le bilan effroyable et les douleurs engendrées, loin de marquer une victoire de l’EI.

Il présente l’alternative suivante: soit les tueries du 13 novembre montrent que l’état-major de l’État islamique est désormais débordé par certains éléments de sa base, soit l’organisation islamiste a radicalement changé sa stratégie, perdant tout sens des réalités militaires.

Communication artisanale

L’analyse du communiqué signé par l’EI pour revendiquer la paternité des massacres dévoile des éléments soutenant la première hypothèse. Ainsi, aucun des faits retranscrits dans ce texte n’est nouveau à quiconque a suivi les événements. Surtout, l’organisation guerrière n’a pas pour le moment divulgué de vidéos des assaillants évoquant le crime qu’ils s’apprêtaient à commettre, ni de photos de ceux-ci, contrairement à son habitude.

Cette déclaration incendiaire a, de plus, un aspect artisanal qui cadre mal avec le soin que Daech apporte généralement à sa communication. Enfin, Graeme Wood remarque que la présence de Français dans les dernières opérations contredit, au moins partiellement, la propagande habituelle de l’État islamique. Ses publications officielles enjoignent en effet les «croyants» à faire leur «hijrah» (hégire en français, c’est-à-dire un exil) vers «Dar al islam», la terre des musulmans, et à ne prendre les armes dans leurs pays de résidence que s’ils sont dans l’impossibilité de rejoindre l’État islamique. Cette fois-ci, l’EI aurait donc été dépassé par le zèle et l’indiscipline de cellules devenues trop autonomes.

Position intenable

Il n’est cependant pas exclu de penser que la direction de Daech ait changé d’option. Mais si tel est le cas, les dirigeants de l’EI ont mis leur fragile puissance dans une position intenable. Les efforts militaires occidentaux devraient rapidement s’intensifier sur les territoires tenus par la soldatesque salafiste. L’actualité pourrait même voir dans un avenir proche une intervention de grande ampleur se dessiner en Syrie et en Irak.

Or, si l’EI s’est fréquemment vanté de vouloir s’en prendre directement aux «croisés», la réalité est que le califat autoproclamé cherche avant tout à construire un État viable fondé sur la charia. Construction qui résisterait mal à un tel assaut selon toutes vraisemblance, d’autant que les armées de Daech éprouvent déjà les pires difficultés devant les combattants kurdes.

Shadi Hamid, auteur du livre Temptations of Power sur les mouvements islamistes, a donné son avis sur la question dans un tweet le 14 novembre: «La volonté de construire un État et le messianisme apocalyptique ont coexisté à l’intérieur de l’EI dans une tension difficile. Peut-être qu’hier le dernier a éclipsé le premier.»

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Pas d’amalgame: l’hypocrisie

PAS D’AMALGAME:
 
Manuel Valls, ministre français, n’a eu de cesse de répéter ces mots comme slogan unificateur. Le KGB a inventé le terme SIONISTE, afin de mieux intervenir contre Israël, l’ex-URSS soucieuse d’une place de choix dans l’échiquier du Moyen-Orient et de la Méditerranée. Il n’y avait pas encore 10 ans d’écouler après la Shoa que, déjà, les russes cherchaient à stigmatiser l’état hébreu. Ainsi, on a volontairement amalgamé les juifs à des colons qui ont pris de force leur propre terre dont les juifs furent déracinés, d’abord, lors des trois déportations vers Babylone sous le roi Nebuchadnetsar, entre 605 et 586 avant J-C; puis sous l’empire romain en l’an 70 de notre ère, suite aux révoltes juives en l’an 68 contre l’impérialisme romain et qui a vu les juifs être disséminés un peu partout dans le monde romain, jusqu’à leur expulsion d’Europe, non seulement par les nazis, mais par beaucoup d’états antisémites. Les juifs n’ont donc pas volé les terres qui leur appartenaient de plein droit, un héritage patriarcal. Mais on a choisi l’amalgame.
 
Aujourd’hui, plusieurs dirigeants occidentaux aiment s’afficher aux côtés des musulmans avec les solgans tels: PAS EN MON NOM. Ou encore: CE N’EST PAS L’ISLAM. Et finalement: PAS D’AMALGAME.
 
Les Mosquées poussent comme des champignons en France, et dans bien d’autres régions d’Europe, puis l’on feint s’étonner du terrorisme. Ensuite, on crie avec les musulmans pour signifier que ce n’est pas l’Islam. Volontairement, on refuse l’amalgame du musulman, mais on accepte volontier l’amalgame du juif, une haine qui, d’ailleurs, n’est jamais disparu d’Europe.
 
Combien de fois lisons-nous ou entendons-nous que quelqu’un quelque part connais des musulmans gentils et pacifiques? Qu’ils ne sont pas tous des terroristes? En effet, voyons les choses en face: le terrorisme islamique est surtout l’oeuvre des sunnites et des salafistes, commandité par le wahhabisme de la péninsule arabique et le Qatar. La communauté musulmane de France est composée essentiellement de sunnite, comme un peu partout dans le monde occidental. Les états saoudiens et qataris sont des rigoristes de la charia et l’applique selon les principes du Coran. Les chiites font figure d’enfants pauvre de l’Islam, voir même, des apostats et de faux musulmans. D’ailleurs, lorsque des musulmans meurent par le terrorisme, ce sont les chiites et non les sunnites. Or, nos états occidentaux sont remplis de sunnites, ces mêmes sunnites qui ont pris de force le pouvoir étatique par un coup d’état en Irak, sous la férule de Saddam Hussein, en 1979, expulsant au passage la majorité chiite et exerçant des exactions contre eux, provoquant plus de 2 millions de morts chiites, de 1979 à 2003. Qui plus est: sous Saddam Hussein, les irakiens ont provoqué et engagé le combat pendant huit ans contre leurs voisins chiites immédiat: l’Iran, un ennemi de toujours des wahhabites et des sunnites. Saddam Hussein a tenté de voler le pétrole et les terres koweïtiennes, un peu plus d’une décennie plus tard. Suite à l’invasion américaine, les sunnites ont crié vengeance. Et nonobstant toutes les théories plus ou moins fausses de l’implication américaine dans la formation des terroristes sunnites dans le golf, il n’en demeure pas moins que ce résidu de fidèles à Saddam Hussein est devenu l’État Islamique, représentant des sunnites de partout dans le monde.
 
Va-t-on réellement nous faire croire au PAS D’AMALGAME? C’est nous prendre pour des imbéciles, surtout que de plus en plus d’éléments pointent vers l’Arabie Saoudite et le Qatar comme commanditaires du terrorisme islamique depuis le 11 septembre 2001, et nous savons que la France et les États-Unis, deux alliés, sont aussi alliés de près à ces deux états du Moyen-Orient. Ceux-ci, étrangement, ne sont jamais touchés par des attentats ou des bombes de la coalition internationale. On préfère encore provoquer des révoltes partout dans le monde arabe (le printemps arabe), afin d’y placer et instaurer des pantins et des marionnettes comme chef d’états. Les dirigeants français sont responsables, en partie, du malheur qui touche leur population, tout comme les américains ont aussi été touchés.
 
Ben Laden est un produit américain, pour la lutte de l’Afghanistan, devenu islamique dans les années 70, contre l’ex-URSS. Les grandes puissances occidentales ont instrumentalisé l’Islam et les sunnites pour leur guerre froide et la lutte de pouvoir dans les endroits stratégiques de la géo-politique. Dans chaque cas, cette instrumentalisation s’est retournée contre eux, car ils ont créé des monstres pour leurs intérêts.
Lorsque je vois des politiciens comme Manuel Valls claironner à qui veut bien l’écouter, son slogan ridicule du PAS D’AMALGAME, mais que nous savons que la communauté musulmane est essentiellement composée de sunnites, le terrorisme et la construction de Mosquées financés par l’Arabie Saoudite et le Qatar, l’amalgame n’est pas xénophobe ni raciste, il est évident!
Patrick Galarneau