L’AEBEQ savait, mais n’a rien fait pour les victimes.

Des gestes connus depuis les années 1980

La haute direction des églises baptistes était au courant des « corrections » de Claude Guillot

pasteur tortionnaire

PHOTO LE JOURNAL DE QUÉBEC, SIMON CLARK   Claude Guillot est accusé d’avoir maltraité, séquestré, privé d’eau et de nourriture des jeunes.

L’Association des églises baptistes savait que Claude Guillot, ce pasteur accusé d’avoir battu et séquestré de jeunes fidèles, frappait à coups de palette de bois des écoliers baptistes de Victoriaville dans les années 1980, confirme le président de l’époque, Gabriel Cotnoir.

Au bout du fil, l’ancien pasteur de Victoriaville qui a été président de l’Association d’églises baptistes évangéliques au Québec (AEBEQ) dans les années 1970 et 1980 a les idées claires du haut de ses 80 ans. Il se souvient très bien de Claude Guillot, qu’il a lui-même congédié de l’école La Bonne Semence, à Victoriaville, en 1984.

«J’ai eu connaissance de deux ou trois corrections qu’il a faites, ça dépassait les bornes. Il laissait des marques sur les fesses. Je lui ai dit qu’il ne pouvait pas continuer. […] Il voulait qu’ils lui obéissent absolument. C’était lui le boss. C’est pourquoi je lui avais dit que c’était fini. C’était trop», se rappelle-t-il, estimant que Guillot avait fait de six à dix victimes.

Aucune dénonciation

M. Cotnoir n’a jamais jugé bon de dénoncer ces gestes. «Il n’y a personne qui a soulevé la question nulle part. C’était au début de l’Association. Je ne voyais pas ça comme une des responsabilités de l’Association. Moi, je l’avais corrigé […] Ce n’était pas nécessaire que ça aille ailleurs», explique-t-il.

Guillot s’est alors rendu à l’église baptiste de Québec (Chauveau). M. Cotnoir affirme n’avoir parlé «directement» de la situation à personne. Pas même à ceux dont il se dit «très proche», parmi lesquels son neveu le pasteur Terry Cuthbert, qui a accueilli Guillot dans la capitale, son ami Michel Habib, directeur général de l’époque, ou son beau-frère Gilles Lapierre, impliqué alors au conseil de l’AEBEQ. Le trio forme l’actuelle haute direction de l’AEBEQ.

«Ils étaient au courant quand même. On ne m’a pas posé de questions, je n’ai pas répondu. […] Mais M. Habib était au courant. M. Cuthbert était au courant. Ils savaient pourquoi [Claude Guillot] était parti de chez nous. Je n’avais pas besoin de commérer», soutient M. Cotnoir.

En 1990, l’accusé a pris les rênes de la nouvelle église Québec-Est. C’est au sein de cette organisation qu’il aurait maltraité, séquestré dans son sous-sol et privé d’eau ou de nourriture de jeunes fidèles.

MALTRAITANCE: UNE AUTRE VICTIME BLÂME L’AEBEQ

Tout comme Adrien (nom fictif), qui accusait jeudi dans nos pages l’AEBEQ d’avoir fermé les yeux sur les agissements de Claude Guillot, une autre présumée victime, Arnaud (nom fictif), blâme la haute direction des églises baptistes pour son inaction.

«Si l’AEBEQ avait pris ses responsabilités et n’avait pas voulu étouffer cette histoire, le drame de Québec aurait pu être évité», plaide celui à qui Guillot a infligé des sévices à Victoriaville  dans les années 1980. «Jamais la police n’est intervenue à l’école, alors qu’il y avait des victimes. Pourquoi l’association n’a pas dénoncé l’agresseur?» demande-t-il.

 

source: http://www.journaldequebec.com/2015/12/10/des-gestes-connus-depuis-les-annees-1980

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