Le Jésus personnel: l’influence de la psychologie (4ième partie)

Mon pasteur est psychologue

Devant tant de souffrance et de problématiques de toutes sortes, les pasteurs se sentent parfois, et même, très souvent, démunis. Le pasteur des souffrants est souvent leur psychologue, bien plus que le pasteur de leur assemblée. Bien malin qui peut les blâmer. Nous avons assisté d’ailleurs à une nouvelle mode dans le monde évangélique: une recrudescence de psychologues chrétiens qui font de la Bible un livre de psychologie. Ceux et celles qui me connaissent savent que je suis entouré de psychologues, chrétiens et non-chrétiens. Loin de moi l’intention de dénigrer la psychologie et les psychologues. Si cela permet un diagnostique beaucoup plus juste que des « je vais prier pour toi mon frère ou ma sœur », ou encore: « Remet ton sort à l’Éternel et il interviendra avec puissance dans ta vie », il y a néanmoins certains problèmes qui interfèrent dans la vie des croyants et de la bonne marche de la communauté chrétienne.

 

Le pasteur travaille, malgré lui, en collaboration avec des psychologues, souvent, sans même le savoir. Les chrétiens aux prises avec la maladie mentale, la dépression (considérée comme maladie mentale dans le DSM IV) ou un mal de vivre, trouvent leurs solutions palliatives dans les médicaments et la consultation psychologique ou psychiatrique, ce qui influencent leur degré de confiance dans l’intervention de Dieu dans leur vie. Comprenez-moi bien: il ne s’agit aucunement d’évacuer l’aide médicale et psychologique de nos vies. Il s’agit simplement d’observations et de constats, pour le moins alarmant. On ne cessera pas de consulter notre docteur pour une évaluation de notre corps, comme on ne cessera pas de faire examiner notre voiture chez le garagiste. Toutefois, il est étonnant de constater la plus grande confiance des chrétiens envers la médecine qu’envers le Dieu sauveur. C’est plutôt ça qui m’inquiète. Est-ce un non-vote de confiance envers Dieu? Est-ce un désaveu de la vie communautaire de l’église, qui éprouve tant de mal à prendre soin et à aimer?

 

L’amour: solution de biens des maux

Dans les années 50, une sombre et choquante étude fut faite dans des orphelinats américains sur des enfants en bas âge. D’abord, on a offert les besoins primaires à un groupe d’enfants, selon la pyramide de Maslow, sans toutefois leur donner la moindre affection. L’autre groupe reçu la même chose, mais avec l’amour en plus. Et bien, cette étude, bien que révoltante dans sa méthodologie, a démontré que l’amour est certainement le ciment de l’équilibre humain, car le groupe qui a reçu les besoins primaires et essentiels, selon la pyramide de Maslow, qui ne tient pas compte du besoin d’amour, sont tous morts! L’autre groupe n’a subit aucun traumatisme ni problème.

 

Si l’élaboration de la pyramide de Maslow était parfaite, elle aurait placé l’amour au haut de la pyramide, bien avant le besoin de manger, boire, dormir, évacuer les déchets corporels ou se vêtir. L’apôtre Paul a de nombreuses fois miser sur l’amour pour solidifier les fondations de l’évangile, car sans l’amour, nous ne sommes que des airains qui résonnent (1Co.13). Bien que la connaissance et la foi ne soient pas à dédaigner, sans l’amour, la connaissance et la foi résonnent comme des cymbales pour ceux et celles qui ont besoin qu’on leur manifeste concrètement de l’amour bien avant des citations bibliques comme conseils moralisateurs. La psychologie, les médicaments, le garagiste, le docteur, la lecture assidue de la Bible, assister à des réunions cultuelles, l’argent, le matériel, le sexe ou fréquenter un groupe de prières, ne régleront jamais le problème d’amour, essentiel à la vie humaine. Nous avons été créé pour être en relation les uns avec les autres, pas pour être personnellement en Jésus. C’est d’ailleurs un commandement qui se rattache au premier: « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est là le grand et premier commandement. Et le second lui est semblable, Tu aimeras ton prochain comme toi–même » (Mt.22.37-39). D’ailleurs, l’enseignement de l’apôtre Jean, qualifié, avec justesse, d’apôtre de l’amour, a dit ceci: « Si quelqu’un dit : J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur, car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne peut aimer Dieu qu’il ne voit pas » (1Jn.4.20).

 

Ce sont donc ceux qui manifestent un amour véritable pour Dieu qui auront un impact très considérable sur les souffrants de l’église, car leur véritable amour pour Dieu se manifeste sans contredit sur les brebis du Seigneur. Cet amour peut effectivement guérir bien des maux. Et le simple fait que nous ayons autant de chrétiens souffrants dans les bureaux de consultations de psychologues est, à mon humble avis, un symptôme manifeste et éloquent que quelque chose cloche dans notre merveilleux christianisme.

 

Un pasteur trop occupé

Combien de pasteurs connaissent chacun des membres ou adhérents par leur nom? Combien parmi eux connaissent ou cherchent à connaître chacun d’entre eux? Plusieurs pasteurs me trouveront injustes de tenir de tels propos accusateurs, qui insinuent, à mots à peine voilés, leur désinvolture face à tant d’indifférence de leur part. Comme je l’ai mentionné, j’ai un grand respect pour mes amis pasteurs et je ne m’oppose pas à l’appel de Dieu et du don qu’il a fait à plusieurs d’entre eux. Certains pasteurs se sont éloignés de la vocation inhérente à leur don, alors que d’autres furent élus par des hommes et des femmes mal affermis et ont fait preuve d’opportunisme dans leur « carrière » ecclésiastique. Quelle tristesse! Il y a de bons bergers, mais parfois, dans certains cas, ils se sont éloignés de leur mission première, soit, celle de paître les brebis. Lorsqu’on tente de les rencontrer, ils sont soit occupé à leur préparation de la prédication, soit en réunion, soit dans une convention pastorale, soit dans un plan de marketing évangélique ou sont appelés comme conférenciers un peu partout. Tout cela n’est pas un mal en soit, mais est-ce là leur appel? Si c’est le cas, qu’ils cessent leur pastorat et se concentre là où Dieu les appelle véritablement. Dans le cas contraire, qu’ils cessent de se laisser imposer un agenda et reviennent à la maison pour paître ceux et celles que Dieu a mis à leur disposition.

 

Mais ce que beaucoup reçoivent comme réponse, c’est que dans une si grande gestion ecclésiastique de style « entreprise », on a des anciens pour faire ce travail. Et encore là, bonne chance pour obtenir un rendez-vous. Après tout, ces anciens ne sont pas nécessairement des salariés de l’église pour se permettre de répondre aux besoins dans de brefs délais. Ils ont des obligations professionnelles et familiales, et on ne peut leur imposer davantage. Ainsi, celui qui est pasteur est un ouvrier qui, somme toute, est sensé mériter son salaire. Mais que l’on croit que ce soit en argent ou non, ce salaire est indubitablement lié à son don. S’il a un double honneur, et s’il est supposé obtenir le respect de ses ouailles, n’est-ce pas encore une fois inhérent à son don? Qui est le dépositaire de son don? Le pasteur ou Dieu? Qui l’a établit? Lui-même, les hommes, ou Dieu? À qui est-il sensé obéir? À un agenda imposé ou à Dieu, qui est le tributaire du don qui lui a été octroyé?

 

Bien que l’on aime affirmer que l’on ne suit pas un homme mais Dieu seulement, l’amour du berger est aussi important. Suivre Christ seulement, tout à fait! Mais cela ne se fait pas aussi facilement seul que bien accompagné par un homme qui est placé comme un berger, afin d’aider les croyants, particulièrement les néophytes, à progresser vers la maturité et la stature parfaite de Christ. Ce don n’a pas été donné à l’Église sans raison.

 

Si seulement les bergers étaient bergers, bien des maux ne se retrouveraient pas sur le divan d’un psychologue.

 

 

Suite au prochain et, espérons-le, dernier article 😉

 

 

Patrick Galarneau

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