Le Jésus personnel: l’influence de la psychologie (5ième partie)

Le « Jésus personnel » dans la Bible

Voici quelques passages intéressants:

Est 16:21 (E-21) En effet, Dieu qui règne sur tout ce qui existe, a transformé ce jour en jour de joie et non d’extermination pour le peuple qu‘il a choisi.

Ps 33:12 Bienheureuse la nation qui a l’Eternel pour son Dieu, le peuple qu‘il a choisi pour son héritage !

Ac 15:7 Et une grande discussion ayant eu lieu, Pierre se leva et leur dit, Hommes frères, vous savez vous–mêmes que, dès les jours anciens, Dieu m’a choisi entre vous, afin que par ma bouche les nations ouïssent la parole de l’évangile, et qu’elles crussent.

Ac 1:24 Et priant, ils dirent, Toi, Seigneur, qui connais les coeurs de tous, montre lequel de ces deux tu as choisi,

Jn 15:16 Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais c’est moi qui vous ai choisis et qui vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure ; afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne.

Lu 6:13 Et quand le jour fut venu, il appela ses disciples. Et en ayant choisi douze d’entre eux, lesquels il nomma aussi apôtres,

Ac 22:14 Et il dit, Le Dieu de nos pères t’a choisi d’avance pour connaître sa volonté, et pour voir le Juste, et entendre une voix de sa bouche;

1Co 1:27 Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour couvrir de honte les hommes sages ; et Dieu a choisi les choses faibles du monde pour couvrir de honte les choses fortes ;

 

Conséquences du « Jésus personnel »

Un Jésus à la carte

  • À chacun son interprétation: Il y a autant d’interprétations qu’il y a de chrétiens. Il s’avère une excellente chose que chacun puisse exercer son propre jugement, mais encore faut-il accepter de grandir adéquatement et ce, conformément à ce qui est écrit: LES UNS LES AUTRES. Non, je ne suis pas un partisan de l’église locale et je me suis maintes fois prononcé à ce sujet. Néanmoins, l’impact de gens matures dans la foi en Christ n’est certainement pas nuisible. Oublions les assemblées et les chrétiens toxiques un instant. Sachons reconnaître certains principes. Les cités évangélisés par les apôtres, en l’occurrence, l’apôtre Paul, étaient composées de plusieurs micro-assemblées, sans pour autant être des assemblées locales. Il s’agissait de groupes d’individus, formant l’ensemble des croyants de la cité. Bien qu’en petits groupes, ils se retrouvaient régulièrement tous ensemble, persévérant dans l’enseignement des apôtres (Ac.2.40-47). Non pas dans l’enseignement du pasteur « un tel », mais bien dans l’enseignement des apôtres. Non pas du prophète « un tel », mais bien dans l’enseignement des apôtres. Ce n’était pas un Jésus personnel, mais un Jésus sauveur, qui a pourvu en dons pour l’édification de l’Église. Non, pas des églises locales, mais bien pour l’Église. Voyez-vous, la notion des distinctions ecclésiastiques était inexistante dans la pensée des auteurs du N-T. Avec un Jésus personnel, c’est à chacun son interprétation, selon sa perception, et non selon la pensée de ses auteurs. Le Jésus personnel permet à chacun de tirer ses propres déductions, et on le perçoit très bien dans bien des sermons de plusieurs pasteurs, tout comme on le perçois chez plusieurs chrétiens évangéliques.
  • D’une dénomination à une autre: Oui, chacune d’elles travaillent indépendamment des autres. Elles ont même le culot, dans certains cas, à faire concurrence à une autre association ou fédération d’églises dans un même quartier, parfois en s’installant devant une église d’une fédération « concurrente ». Elles font du recrutement pour leurs organisations au lieu de travailler de concert pour l’évangélisation et le salut des âmes perdues. Elles démontrent ainsi qu’elles travaillent pour leurs propres intérêts.
  • Je choisi l’église qui me convient: Dans ce cas de figure, c’est une forme de Jésus à la carte, mais cette fois, c’est une église à la carte, car on peut s’illusionner que celle-ci sera faite sur mesure pour nous. On cherche des services, un pasteur qui prêchera conformément à notre pensée théologique, car on refuse la remise en question. On changera d’église sous ce prétexte. On affirmera que celui-ci est dans l’erreur et on justifiera le bien-fondé de cette prise de décision. Oui, dans bien des cas, c’est justifié, mais je m’adresse aux motifs du cœur, pas aux raisons valables.

 

Un évangile dilué

  • Un Jésus à l’eau-de-rose: Le Jésus personnel amène bien des croyants à croire, à tort, qu’il ne faut pas juger. S’il ne faut pas condamner, il faut certainement juger de tout, car dans ce cas, comment appliquer Mt.18, alors que, dans certains cas, nous avons à dénoncer le comportement mauvais d’un frère en Christ? Et dans ce cas, on ne peut même plus l’appeler « frère ». Nous sommes exhortés au discernement, et non à l’aveuglement. Le Jésus personnel, c’est, « on ne sait pas ce qu’il y a dans sa vie, donc, il ne faut pas juger ». C’est aussi: « Seule Dieu juge ». Vous savez, nous sommes même appelés à condamner, mais il s’agit des œuvres mauvaises. Mais au préalable, il faut avoir discerné, donc, jugé de ces choses. La psychologie moderne nous a influencé à un humanisme crasse où, il est interdit de juger la personne, car il faut la comprendre. La Bible n’est plus la référence, c’est la psychologie moderne et la pensée de ce siècle. Or, à qui nous soumettons-nous? Aux hommes et à la pensée de ce siècle, ou à Dieu? (Ro.12.1-2).
  • Évangile de prospérité: C’est l’évangile qui va opérer des miracles dans ta vie à coups sûrs. Ta vie sera meilleure et tu vas être délivré de tout. Il va te bénir, à un point tel que, dans ta vie professionnelle, tu vas bénéficier d’augmentations, de promotions, ou encore, tu prospérera financièrement. Les gourous ont très bien compris cela! C’est croire que, plus on est nombreux dans une assemblée, plus Dieu nous a béni. Cette pensée est issue du mérite par les efforts, car il s’agit bien de nos oeuvres en tant qu’assemblée, et comme pasteur, que nous avons grandit. Comment doit-on considérer les petites assemblées? Elles sont moins bénies? Elles sont moins dans l’obéissance? Plus l’assemblée est grande, plus elle est diluée en qualité. Cette affirmation s’observe dans TOUTES les mégachurch, et on peut aisément observer le message de l’évangile de prospérité dans TOUTES les mégachurchs, sans exception. Mais la bénédiction n’est pas inhérente au succès. Je plains alors le prophète Jérémie, qui n’a obtenu aucun succès. Il n’en demeure pas moins un des plus grands hommes de Dieu. La bénédiction et la prospérité, c’est la vie en abondance: la vie éternelle. Mais dans le Jésus personnel c’est: « si tu acceptes Jésus dans ton coeur, il accomplira des miracles dans ta vie. tu réussiras dans tes entreprises ».

 

Des relations superficielles

  • Avec Dieu: Nous affirmons avoir un culte personnel avec Dieu. Quel langage étrange! Lorsque j’ai débuté dans le christianisme, on nous a longuement vanté le culte personnel. Comme si j’avais besoin d’un moment précis où je fais un culte personnel. Sans dénigrer la lecture de la Bible ou le temps de prière, n’est-ce pas nos vies qui se doivent d’être des cultes rendus à Dieu? Car il s’agit bien de cela! Nos vies sont des sacrifices rendus à Dieu. Or, une petite lecture du soir avec une prière avant le repas ou avant le dodo, ce n’est pas ce que j’appelle « un culte à Dieu ». Et cette formule est très rigide sur le plan spirituel. Personnellement, je crois énormément sur la spontanéité et non sur l’organisation cultuelle, qu’elle soit solitaire ou en groupe. Bien souvent, nous agissons comme si nous n’étions que des chrétiens de noms, tellement nos vies sont ternes sur ce plan. Nos vies devraient être des témoignages vivants. Nous devrions être le sel de la Terre, c’est-à-dire, avoir un goût si particulier, au lieu d’être fade et sans goût. Nous devrions aussi être des lumières du monde, et non des chrétiens cloîtrés dans un bâtiment ou dans notre formulation de pensée erroné du Jésus personnel, avec qui j’entretiens une relation religieuse cultuelle. Si vous croyez que cela plaît à Dieu votre culte personnel, vous vous enfoncez un doit dans l’œil jusqu’à l’épaule!
  • Avec les autres: Le Jésus personnel nous est ramené en pleine figure lorsque nous entrons en relation avec les autres. En réalité, nous ne sommes pas incités à développer des relations interpersonnelles, sous le dénominateur commun de cette foi en Christ, mais bien à générer des façades évangéliques, où le patois de Canaan fait figure de langage abstrait qui ne veut rien dévoiler de notre vie personnelle. On se prépare pour « aller à l’église » (je hais profondément cette formulation traditionnelle), puis on arrive dans le parvis du bâtiment, que l’on appelle faussement « église » avec notre sourire évangélique où l’entretient des apparences est primordial. Il ne faudrait surtout pas créer de malaises avec nos soucis, alors, on répond « oui ça va bien, grâce à Dieu »… Mais faut-il blâmer ces chrétiens, alors qu’ils n’ont jamais été encouragé à entrer sincèrement en relation, sauf pour une poignée de mains? Combien de petits groupes se forment dans une assemblée, mais qui ne daignent même pas aller vers les autres? On établit sa petite zone de confort. Allez, faites le test: allez dans une assemblée plusieurs semaines de suite, vous constaterez que les gens s’assoient toujours au même endroit, puis discutent toujours avec les mêmes personnes. Pourquoi? La formule ecclésiastique actuelle qui prévaut dans le christianisme n’est pas conçu pour développer l’aspect relationnel, car nous sommes sous le modèle empirique clérical antique, triste héritage d’un catholicisme moyenâgeux, mieux connu sous sa péjorative appellation: âge des ténèbres. Et avec la prolifération des réseaux sociaux, facebook en tête, si un autre croyant n’est pas d’accord avec nous, on le supprime, comme on jette un déchet à la poubelle. N’est-ce pas merveilleux? Oui, je suis sarcastique 😉
  • En communauté: Je ne connais pas beaucoup d’assemblées où les chrétiens sont incités à être des acteurs plutôt que des spectateurs. On impose le silence des ouailles durant le culte au lieu de les laisser s’exprimer librement. On leur impose un message de 45, voir même, 60 minutes dans certains cas, puis on les remercie de leurs présences, après quoi, on quitte tout bonnement le lieu de culte. On offre un service au lieu de s’édifier les uns les autres. Cette manière de faire s’est cristallisée dans le temps, depuis la forme homilétique de Jean Calvin. Jamais on n’a considéré que l’homélie était une méthode adaptée à un contexte particulier. Ce ne sont pas des messages bibliques, comment tendent à nous faire croire les différents clergés du christianisme, mais bien des thématiques, selon le ressentit du pasteur, qui détient injustement le monopole du droit de parole. Le pasteur ne paît pas les brebis, il donne ses sermons à la manière homilétique de Jean Calvin, célèbre réformateur du 16ième siècle. Où est l’aspect relationnel tant évoqué dans tout le N-T, ainsi que de la notion tout aussi abondante de: « LES UNS LES AUTRES »? Ce ne sont pas des sermons ni des monologues soporifiques dont les gens ont besoin, mais bien d’être en relation les uns les autres. C’est exactement dans cette notion que les chrétiens apprennent à grandir, pas dans les sermons, dont seulement 10% du sermon est retenu dans notre cerveau. Ce que les gens retiennent bien davantage, c’est l’aspect relationnel. C’est ainsi que nous avons été créé, pas pour être des passifs auditifs. Ce qui fait que notre relation communautaire est bien superficielle. Qui peut exprimer son désir de se confier dans un tel somnifère ecclésiastique?

 

Conclusion

Le Jésus personnel a fait bien des dégât, car combien parmi les chrétiens furent déçus de ne pas obtenir ce qu’on leur avait fait miroité, par un message dilué d’un Jésus à L’eau-de-rose? Dans d’autres cas, un Jésus qui allait régler leurs problèmes personnels? Bien que, en effet, Jésus est la solution pour notre salut, nous marchons encore ici-bas avec plusieurs de nos travers et difficultés. Dans un Jésus personnel, on n’évoque rarement les épreuves que l’on va subir durant cette merveilleuse aventure de la vie en Christ. Je dis merveilleuse, car mes épreuves, aussi douloureuses furent-elles, ont contribué à la consolidation de ma foi et de mon espérance en Christ. Le Jésus personnel est la résultante d’une psychologie humaniste où, chacun est face à lui-même, devant ses propres choix d’entrer dans la religion chrétienne ou la refuser. Mais c’est bien Christ qui nous choisi et non le contraire. Nous pouvons avoir l’impression de l’avoir choisi, en effet, mais c’est bien une folie que de refuser la lumière de Dieu qui luit sur nous. La psychologie ne changera aucunement votre nature, mais si seulement les chrétiens manifestaient un véritable amour entre eux, je peux vous garantir que bien des psychologues feraient banqueroute.

 

 

Patrick Galarneau

 

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