ÉGLISES: spectacles ou mortuaires

Au Québec, nous avons deux sortes d’églises bien distinctes:
 
Les églises-spectacles: le contenu est vide, beaucoup d’actualisation, aucune profondeur, le pasteur est souvent un fanfaron qui est une bête de scène bien plus qu’un berger. La rhétorique est son meilleur atout. Ces assemblées enseignent un évangile positif de porteurs de lunettes roses, dilué, mais surtout, de prospérité. Un évangile faux, puéril, sans saveur et dénué de repentance. C’est une église faite pour la foule. On veut plaire à la foule. On offre un spectacle d’humour, de musique trop forte, le solennel disparaît, le sérieux aussi. Ce sont des églises de projets et de programmes. Ce sont des églises qui grandissent rapidement, puisqu’elles sont très fortes sur le marketing, l’image, et elles vont chercher tous ceux et celles qui s’ennuient dans leurs églises respectives. C’est une église où le culte est dirigé vers la foule et non vers Dieu. C’est ce qu’on ose appeler des ÉGLISES DYNAMIQUES.
 
Les églises-mortuaires: Le contenu et l’ambiance sont lourds, mais vide. Dans la prédication, on ne s’adresse pas aux gens, on prêche de façon homilétique à la manière de Jean Calvin. On n’enseigne pas, on exhorte et on se contente d’offrir un service cultuel. Nous sommes dans le rituel, dans l’officiel, dans le trop solennel. Aucun dynamisme, car on a peur du dérapage, du manque d’ordre, puisque Dieu est un Dieu d’ordre, clame-t-on. La rigidité et les doctrines essentielles de la réforme sont le plancher de salut de ces assemblées, leurs fondations. Les pasteurs sont des fonctionnaires au service de leurs associations et fédérations, alors que les adhérents et les membres sont des actifs financiers, et des passifs d’assemblées, des spectateurs à qui on offre une alternative similaire au catholicisme traditionnel, les icônes en moins.


Dans les deux cas, leurs similitudes sont:
– le vide de sens
– le cultuel
– l’argent comme moteur de leurs organisations
– des pasteurs au service de leurs associations et fédérations
– la dépersonnalisation des relations entre membres-adhérents
– un clergé qui se distingue de la masse
– un impact inexistant dans la vie des québécois
– le recrutement d’adeptes
– l’évangélisation au point mort


Conclusion
J’aurais pu élaborer bien plus profondément sur le sujet, mais je le ferai de manière concrète en vous présentant, tout au long de l’année 2016, différentes assemblées et cultes du dimanche pour mieux illustrer mon triste constat.


Patrick Galarneau
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