La suspension de dirigeants de l’AEBEQ réclamée

NDLR: Plusieurs documents pertinents ont été transmis à la journaliste du journal de Québec, des documents qui se doivent de demeurer confidentiels, afin de ne pas nuire à l’enquête, aux victimes, ainsi que d’autres personnes qui sont impliquées directement ou indirectement dans ce dossier.

L’Église de Chauveau demande que la lumière soit faite sur l’affaire Claude Guillot

pasteur tortionnaire

PHOTO LE JOURNAL DE QUÉBEC, SIMON CLARKLes signataires de la lettre demandent à la haute direction de l’AEBEQ de cesser de minimiser le fait que les responsables de l’époque connaissaient le potentiel de violence de Claude Guillot.

Déçus de la façon dont la crise autour du pasteur Claude Guillot a été «gérée», des représentants de l’Église Chauveau exhortent les hauts dirigeants de l’Association d’Églises baptistes évangéliques au Québec (AEBEQ) à se retirer, le temps d’éclaircir leur degré de responsabilité dans cette affaire.

Arrêté le 9 décembre dernier, Claude Guillot, pasteur de l’Église Québec-Est, est accusé d’avoir battu, maltraité et séquestré cinq jeunes garçons.Quatre des victimes alléguées sont des enfants de fidèles, gardés captifs dans son sous-sol dans les années 2000. La cinquième aurait été battue dans une école baptiste de Victoriaville dans les années 80.

Le Journal révélait le jour même qu’au moins trois directeurs de l’AEBEQ — Gilles Lapierre, Michel Habib et Terry Cuthbert — savaient depuis des années que Claude Guillot affichait un comportement «sectaire» et «dictateur». Malgré cela, aucune dénonciation ni sanction n’avait été prise à l’époque. Guillot a quitté de lui-même l’association en 2003.

Dénonciation

Voisine de Québec-Est, l’Église évangélique Chauveau affirme avoir interpellé à différentes reprises la haute direction de l’AEBEQ au sujet de Claude Guillot dans les années 90 et 2000. «Non seulement on n’a pas été écoutés, mais, au bout d’un certain temps, c’était pratiquement nous qui nous retrouvions dans l’eau chaude. On devenait le mouton noir parce qu’on brassait des affaires», dénonce l’actuel pasteur de Chauveau, Bertrand Villomé.

Dans une lettre datée du 21 décembre 2015 et consultée en partie par Le Journal, M. Villomé et ses acolytes demandent que soient suspendus de leurs fonctions Lapierre, Habib et Cuthbert «jusqu’à ce que la lumière soit faite».

Les signataires de la lettre demandent à l’AEBEQ d’agir avec «droiture» et «compassion», de prioriser la «vérité» et de demander pardon aux présumées victimes qui ont eu «à subir les conséquences de ces négligences».

Enquête interne

Affirmant prendre cette missive «très au sérieux», le président du conseil de l’AEBEQ a fixé une rencontre aujourd’hui avec les représentants de Chauveau. Une enquête a aussi été amorcée à l’interne. «C’est quelque chose qui nous préoccupe énormément […] On est en train de faire la séquence des événements, de regarder qui a fait quoi et qui aurait dû faire quoi», avance Normand Charest.

Une récente restructuration touche aussi l’AEBEQ. Le poste de Michel Habib, qui occupait la fonction de directeur pastoral, a été aboli. L’actuel directeur général, Gilles Lapierre, quitte aussi ses fonctions. M. Charest assure que ces modifications n’ont «aucun lien» avec l’affaire Guillot.

CHRONOLOGIE

1984-1990

Directeur d’une école baptiste à Victoriaville, Claude Guillot est congédié pour avoir battu des élèves. Il est accueilli à l’Église de Québec (Chauveau), puis devient en 1990 pasteur de la nouvelle Église Québec-Est.

1993

L’Église de Chauveau informe l’Association d’Églises baptistes évangéliques au Québec (AEBEQ) de l’intransigeance, de l’esprit sectaire et du contrôle excessif du pasteur après avoir entendu les confidences de deux jeunes.

1994

À la suite d’une «enquête», l’AEBEQ se dissocie du comportement de Claude Guillot. L’association ne rencontre toutefois jamais le pasteur pour avoir sa version des faits. L’organisation fait volte-face dans les mois suivants et s’excuse auprès du pasteur.

1999

Le comportement de Guillot n’ayant pas changé, il perd son soutien financier, mais demeure dans l’AEBEQ. Cette dernière entend des rumeurs selon lesquelles il disciplinerait des enfants de manière physique. Le pasteur nie les faits.

2000-2003

Chauveau interpelle à nouveau la direction de l’AEBEQ sur le comportement rigide et fermé du pasteur Guillot. Aucune enquête n’est enclenchée. Le pasteur quitte de lui-même l’AEBEQ en 2003 et poursuit ses activités de façon indépendante.

2015

Claude Guillot est accusé de voies de fait, de voies de fait armées, de voies de fait causant des lésions et de séquestration à l’endroit de cinq victimes, pour des gestes posés entre 1983 et 2014.

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