L’Église, l’argent et les apôtres de la gratuité!

Contexte

Je dois l’admettre, il y a plusieurs années, j’ai éprouvé beaucoup de malaise avec l’argent des assemblées, la vente de livres de toutes sortes dans les librairies chrétiennes, les présentoirs dans les assemblées où on faisait la promotion de CD ou de livres chrétiens, ou les babioles vendus pour vivre de son ministère. J’éprouve encore beaucoup de malaise avec les pasteurs possédant une grande richesse et je ne pense pas que je vais me débarrasser de ce malaise de mon vivant.

 

Avec le temps, mais surtout, avec une compréhension des choses qui sont, pour moi, nouvelles depuis un bon moment, j’en viens à la conclusion qu’il y a un temps pour la gratuité et un temps pour quémander. Autrement dit, la propagation de l’évangile dois demeurer accessible à tous, sans en exiger un prix, mais que les chrétiens devraient, par motif de conscience, ainsi que par intérêt pour l’avancement du royaume de Dieu, faire ce qu’il leur est possible pour subvenir aux différents ouvriers qui doivent assumer leur subsistance lorsqu’ils sont appelés à exercer leurs dons de manière continue et à plein temps.

 

L’argent: un but ou un moyen

Beaucoup de chrétiens que je rencontre s’opposent contre la vente de livres chrétiens dans les assemblées ou dans les librairies. Or, si l’argent est le motif principal du vendeur ou de l’écrivain, il est certain que ce n’est pas un motif raisonnable, mais plutôt mercantile. Toutefois, si l’argent est le moyen utile pour atteindre le plus de gens possible, le motif est alors sans tache et désintéressé. Il faut bien comprendre qu’il y a des coûts à la production de livre ou de CD ou encore, de campagnes d’évangélisations, ne serait-ce que pour se nourrir et se loger adéquatement lorsque nous sommes à l’extérieur du pays pour annoncer l’évangile. Prenez l’exemple de l’apôtre Paul. Il acceptait volontiers les dons des assemblées, mais il fut dans l’obligation de travailler de ses propres mains pour continuer à pourvoir à sa propre subsistance, car les chrétiens, non pas par manque de liquidité, mais bien par manque de souci de la condition de l’apôtre, n’ont pas assumer une responsabilité importante et nécessaire.

 

Les apôtres de la gratuité

Comme je l’ai toujours dit, l’argent doit être un moyen et non un but. L’argent est nécessaire pour envoyer des missionnaires, pour produire des livres et des CD, pour avoir des ouvriers à plein temps ou pour organiser des campagnes d’évangélisation. Les apôtres de la gratuité voient du mercantilisme dans tout! Comme si produire un livre était nécessairement lié à un désir mercantile et égoïste. C’est une accusation injuste. Et par esprit de contrariété, pour tenter de se démarquer des autres, certains parmi eux ont comme principal motif d’imposer une culpabilité sur les écrivains, les chanteurs et les librairies, en produisant eux-mêmes des ouvrages et exposer ceux-ci avec la mention GRATUIT, tout en dénonçant injustement ceux et celles qui n’ont pas d’autre choix que d’utiliser l’argent comme moyen de production. Mais même ces apôtres de la gratuité ont recours aux moyens financiers pour produire leurs ouvrages. Ils ne nous disent pas combien ni qui les a soutenu, et ensuite, ils arrivent avec le résultat final en tapant du tambour et en claironnant les trompettes le plus fort possible pour que tous les reconnaissent comme des ouvriers hors du commun.

 

Dénoncés par leurs propres motifs

Personnellement, je dis BRAVO si tout devient gratuit, mais la réalité ne se manifeste pas par des baguettes magiques ou par la pensée magique. Ce que Dieu regarde, ce ne sont pas les apparences de piété que nous affichons haut et fort, mais bien le motif du coeur. Et le motif du coeur se manifeste toujours dans les gestes et les attitudes de l’apôtre de la gratuité, qui n’est jamais en mesure de cacher réellement ce qui l’a motivé à s’afficher ainsi et à dénoncer ceux et celles qui ont travaillé honorablement pour le corps de Christ. Ces apôtres de la gratuité aiment tourner en dérision tous ceux et celles qui affichent un prix sur leurs produits et ils claironnent le passage où Jésus dit:  »Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement ». Mais ces apôtres de la gratuité se tirent eux-mêmes dans le pied à grand coups de bazooka et ils ne s’en rendent pas compte. Ce que Jésus disait n’avait rien à voir avec la vente de produits, mais bien avec la révélation que les disciples ont reçu par la seule présence de Dieu fait chair devant eux.

 

L’évangile de prospérité

Je dénonce ce faux évangile, car il y a un prix pour celui-ci. C’est gratuitement que Christ s’est offert pour nous, et plusieurs dans le monde s’enrichissent sur le sacrifice de Christ. Ceux-là, ils répondront devant le créateur et leur jugement sera sévère. Leurs motifs et leur but est mercantile, égoïste et dirigé vers leur porte-feuilles. Ils n’ont de compassion que pour eux-mêmes et pire: ils empêchent le plus de gens possible à connaître Dieu. Ce sont des aveugles qui conduisent d’autres aveugles.

 

Conclusion

Mais de grâce: ne pas confondre ceux et celles qui utilisent l’argent comme moyen et non comme but, de ceux et celles qui voient l’argent et la notoriété comme leurs objectifs principaux. Il y a beaucoup de chrétiens qui font un excellent travail et ils consacrent leur temps, parfois, ils sacrifient une carrière prometteuse pour l’oeuvre de Dieu.

 

 

Patrick Galarneau

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