L’affaire Claude Guillot:des blessures encore bien vivaces.

L’affaire Claude Guillot continue de plus belle et ne se terminera pas de sitôt, puisque nous sommes en pleine enquête policière, maintenant dirigée par la SQ. Une nouvelle victime m’a approchée pour que l’on discute de cette affaire, mais s’est finalement rétractée. Pour préserver l’anonymat de la victime, nous l’appellerons Manon.

 

Les conséquences négatives

Voyez-vous, il n’est pas facile de porter plainte contre son agresseur et ce, pour plusieurs raisons. L’une d’elle, c’est de revivre les sévices psychologiques qui marquent à jamais les victimes. Les sévices corporels sont difficiles à supporter sur le coup, mais ils finissent par passer. Toutefois, les marques indélébiles sont bien psychologiques et il est plutôt ardu de s’en défaire, même bien des années après les faits. Que l’on pardonne ou non à notre agresseur, la victime ne peut pas oublier ce qui lui est arrivé et elle vit les séquelles de ce qu’elle a subi. Pour cette simple raison, Guillot doit être placé en détention, et pour longtemps. Les victimes ont tendance à refouler les souvenirs, à chercher à oublier et tenter de s’offrir une nouvelle vie. Il s’agit ni plus ni moins d’un mécanisme de défense, afin de conserver un certain équilibre de vie. Cependant, ce mécanisme de défense ne résout pas les problèmes intimement liés à la cause principale. Les sévices psychologiques ont une incidence sur nos rapports avec les autres, notre manière d’interagir ou de faire confiance aux autres. Que l’on enfouisse loin dans notre mémoire ce qui a été subi dans l’enfance, les symptômes de ces sévices apparaissent inévitablement dans nos comportements, nos attitudes et nos constructions de pensées.

 

Compassion

Bien que cela ne règle pas le problème principal de Manon, je comprend très bien lorsqu’elle affirme ne pas vouloir plonger à nouveau dans ses souvenirs et pour cause! Il est facile de dire à la victime qu’elle n’a qu’à porter plainte et aller jusqu’au bout. Nous ne sommes pas tous constitués de la même manière, et nous ne sommes pas nécessairement tous prêts en même temps pour affronter notre passé. Manon sera peut-être prête dans un an, dans 10 ans… peut-être jamais. Loin de moi l’idée de la condamner ou de lui manquer de considération. C’est une période de sa vie qu’elle préfère oublier et c’est tout à fait compréhensible. Elle n’est pas moins forte pour autant. Ceux et celles qui ont décidé d’aller jusqu’au bout dans cette affaire ont à passer par beaucoup d’obstacles, d’abord face à leur propre colère. Ils ont à apprendre la maîtrise de soi et la patience pour parfaire le chemin qui les mèneront à une victoire judiciaire, oui, mais aussi une victoire sur les douleurs du passé. Ils doivent vivre et revivre les détails, les exposer dans les moindres détails et de plus, que l’on remette en doute leur témoignage. Non, il n’y a rien d’agréable à cela, et ajouter à cela la lenteur de l’enquête, que l’on fait souvent traîner en longueur, comme si ce n’était déjà pas assez difficile de porter plainte au criminel.

 

Responsabilité de l’AEBEQ

Tout ce processus et cette enquête n’auraient probablement pas eu lieu si seulement les ténors de l’AEBEQ avaient pris leurs responsabilités. Si on avait prit les victimes au sérieux, au lieu d’étouffer leur souffrance et leur témoignages des sévices qu’ils ont subi sur une longue période d’années, pour plusieurs, l’AEBEQ ne se serait pas fait montrer du doigt, les victimes auraient été rapidement restaurées et le témoignage de Christ aurait été préservé. Mais au lieu de cela, on a étouffé l’affaire. On a déplacé Guillot ailleurs et on a dit aux victimes qu’il fallait pardonner et oublier. On a manipulé ou tenté de manipuler certaines victimes, selon le témoignage que j’ai reçu de certaines d’entre elles. Un pasteur de Québec a demandé d’ailleurs que la lumière soit faite sur les dirigeants de l’AEBEQ. D’autres ont réclamé la démission des dirigeants. Pour ma part, je connais les personnages principaux de l’AEBEQ, et il y a bel et bien une culture de l’Omerta qui est en place et effective. On ne parle pas, on étouffe, on manipule et même, certains pasteurs, dont un qui a été une victime de Claude Guillot, se serait faite menacer de perdre son financement de l’AEBEQ s’il témoignait. Selon ce que j’ai appris de source sûre, on a aussi demandé à monsieur Gabriel Cotnoir de se taire sur cette affaire, lui qui a mis Guillot à la porte en 1984.

 

Courte conversation avec Manon

  • Conversation démarrée samedi
  • 2016-03-12 10:38

    Manon

    Bonjour Patrick, j’aimerais savoir s’il serait possible de te rencontrer pour un court entretien dans un café à Montréal prochainement. Merci

  • Patrick Galarneau

    2016-03-12 10:45

    Patrick Galarneau

    Pourrais-je connaître les raisons? Ne serait-ce que pour savoir ce dont il s’agit? Ça pourrait peut-être être possible ensuite

  • 2016-03-12 10:49

    Manon

    En fait j’ai regardé une de tes capsules sur Youtube concernant Claude Guillot. J’ai moi-même fréquenté (dès l’ouverture de l’école la Bonne Semence) cette école et vécu sous le régime de terreur de Guillot pendant toutes les années où il a exercé comme directeur sous la direction de Gabriel Cotnoir à Victoriaville. J’y ai passé 5 année et de mes 7 ans à 18 ans j’ai fréquenté l’église évangélique de Victo. J’aurais eu quelques questions à te demander puisque tu sembles être au courant du dossier….

  • 2016-03-12 10:49

    Manon

    Je ne fréquente plus le milieu évangéliste; mais ma famille est toujours très active dans l’organisation.

  • Patrick Galarneau

    2016-03-12 10:52

    Patrick Galarneau

    C’est pertinent. Oui, on peut planifier un moment pour une rencontre.

  • 2016-03-12 10:53

    Manon

    Bien que je sois très occupée, mes horaires sont flexibles. Donc tu pourras me donner quelques plages horaire qui te convienne et pourront alors trouver un moment pour se rencontrer. Puisque je travail principalement sur la route, je suis très flexible sur l’arrondissement. Donc à ton choix! Merci beaucoup; c’est apprécié.

  • Patrick Galarneau

    2016-03-12 10:54

    Patrick Galarneau

    Je vous reviens cet après-midi.

  • 2016-03-12 10:54

    Manon

    parfait

  • samedi
  • Patrick Galarneau

    2016-03-12 14:49

    Patrick Galarneau

    J’ai du temps entre 8:00 et 10:30 lundi et mardi matin, tout comme vendredi même heure. J’ai aussi du temps entre 13:00 et 14:30, lundi, mardi, jeudi et vendredi.

  • 2016-03-12 17:07

    Manon

    Mardi 13h me convient parfaitement; seulement m’indiquer un café où la rencontre peut avoir lieu. Merci et au plaisir

  • samedi
  • Patrick Galarneau

    2016-03-12 22:12

    Patrick Galarneau

    Ok pour mardi. Je vais vérifier pour l’endroit…

  • Lundi
  • 2016-03-14 11:56

    Manon

    Bonjour Patrick, je vais finalement annuler notre rencontre de demain et laissez la SQ faire son travail….. Revivre ces mauvaises années là n’est pas très bénéfique pour moi et je préfère ne pas trop replonger dans toute cette histoire… Pour moi, c’est un mouvement très sectaire et je ne partage pas les prémisses sur lesquelles les bases de toute l’organisation sont fondées. Merci d’avoir prit le temps de m’écrire et d’avoir accepté de me rencontrer. C’est très apprécié. Bonne continuation dans votre cheminement. Cordialement Manon;)

  • Aujourd’hui
  • Patrick Galarneau
    18:37

    Patrick Galarneau

    Je comprend Manon. C’est dommage, mais je comprend. Il n’est pas toujours facile de plonger à nouveau dans son passé, surtout après ce que vous aviez dû vivre aux mains de cette crapule.

     

    N’hésitez pas si toutefois vous changiez d’idée. Je me rend toujours disponible.

     

 

En conclusion

J’espère de tout coeur le plein rétablissement de Manon, ainsi que des autres victimes. Je sais qu’il n’est pas facile de se remémorer les détails des sévices qu’elle a subi. Elle ne manque pas de courage. Elle a traversé ces épreuves pendant 11 ans de sévices et de terreur, et elle mène malgré tout une vie normale, même si, je le crois, ça ne doit pas être évident par moment. Mais je déplore l’inertie de l’AEBEQ, qui n’a rien faite pour les victimes et même, en a éloigné plus d’un de l’église et de la foi en Christ. Certaines victimes se sont retrouvées en prison, pendant que les napoléons de l’AEBEQ, eux, faisaient belle figure sur les photos des dépliants de l’AEBEQ et des différents ministères qu’ils exerçaient. Or, les squelettes ne demandent plus qu’à sortir du placard.

 

 

Pour me joindre:

la_foi_sans_religion@hotmail.com

ou sur facebook: patrick galarneau

 

 

Patrick Galarneau

 

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3 réflexions sur “L’affaire Claude Guillot:des blessures encore bien vivaces.

  1. Affligeant cette histoire. Je ne comprends pas, entre autres, l’inaction du CA de l’AEBEQ. Qu’attendent – ils pour répondre à la demande des dirigeants de l’église de Chauveau de les retirer de leurs fonctions le temps que toute la lumière soit faite? Désolant. ..

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  2. Pingback: Mardi le 16 mars 2016 – Le Pasteur Baptiste Claude Guillot

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