Je suis chrétien et je ne prie jamais…

Du moins, pas à la manière dont on nous l’enseigne depuis toujours. J’ai remarqué que nous prions sensiblement tous de manière très traditionnelle, dans la même position, avec le même genre d’inepties qui doivent certainement être d’un ennuie mortel pour celui qui nous a fait grâce. Il serait peut-être d’ailleurs plus que temps de lui faire grâce à notre tour, le dispensant de notre religiosité crasse, mais pas nécessairement volontaire. Oui, notre Dieu doit en avoir assez de nos conventions évangéliques où la prière est surtout instrumentalisée pour se donner bonne conscience quand nous sommes en groupe. Ainsi, la prière nous distingue de tous les autres groupes qui se réunissent corporativement.

 

J’ai remarqué que nous sommes trop souvent en mode « demandes », et au pluriel. Mais nous arrive-t-il d’écouter? Bizarrement, nous éjectons Dieu de plusieurs de nos décisions, de nos réunions d’églises, de la manière dont nous nous comportons et réfléchissons… Nous refusons de changer. On ne veut pas que Dieu travaille les points sensibles de notre vie. On ne veut pas que les choses changent quand on a établit nos zones de conforts, mais on le prie en lui demandant un tas de choses, commandant au Seigneur d’agir, puis, un « ainsi soit-il » pour terminer. Le pire, c’est qu’on demande à Dieu de la même manière qu’on demande à un esclave qui est à notre service. Nous lui disons de faire ceci dans nos vies, cela pour telle situation, et on le remercie pour avoir béni quand on a obtenu un emploi… mais même sans Dieu, l’emploi aurait été obtenu quand même.

 

Ce qui est triste de constater, c’est que si les chrétiens n’obtiennent pas ce qu’ils ont demandé, c’est parce que Dieu n’a pas répondu, ou pas entendu, ou encore, parce qu’il est fâché contre eux. Soit ils rendent Dieu coupables ou soit ils se culpabilisent de ne pas être à la hauteur des attentes de Dieu. Bien dommage à dire, mais il s’agit encore d’une des facettes cachées de cet évangile de prospérité. C’est un évangile de prospérité, car on se fait croire que nous obtiendrons tout ce que nous avons demandé, comme l’enfant assis sur les genoux du grand-père retraité déguisé en père Noël au centre d’achats. Ils se culpabilisent, car ils croient ne pas mériter ce qu’ils ont demandé, mais pas reçu. Ils s’irritent contre Dieu, car ils ont cru que Dieu se tenait à leurs côtés avec une baguette magique, afin d’exaucer tous leurs voeux.

 

Je me rappelle, alors que je côtoyais presque exclusivement des pasteurs, nous ne cessions de prier avant chaque rencontre. Position assise, tête penchée vers le bas, les yeux fermés, et un tas d’inepties sans saveur, sans couleur ni odeur qui sortaient de nos bouches, ce qui nous donnait la fausse impression que nous venions d’entrer en pleine présence de Dieu parce que nous avons obéi à une convention évangéliquement acceptable. Puis, avant chaque réunion pastorale, puis après. Avant chaque cours théologique, puis après, Avant et après chaque agapé. Avant et après chaque culte. Avant et après chaque réunion de membres. Avant et après chaque entretient dans mon bureau ou celui d’un autre pasteur. Avant et après chaque enseignement que je donnais. Avant et après chaque décision d’églises ou du conseil pastoral. Avant et après chaque… vous avez compris. La prière dans la religion évangélique est devenue protocolaire et non plus une relation intime avec Dieu. Quelle superficialité!

 

Mais que sommes-nous donc devenus? Des fonctionnaires de Dieu? Ou plutôt: des fonctionnaires de l’église évangélique? Lorsque Dieu dit: « ce peuple m’honore des lèvres, mais son coeur est éloigné de moi »… n’est-ce pas ce que nous vivons dans nos églises mortes? Bien entendu, nous sommes chrétiens. Évidemment, on ne veut pas déplaire à Dieu. Mais j’ai bien plus l’impression qu’on ne veut pas se déplaire entre nous et que nous chérissons le culte de notre propre image du bon croyant évangélique et sans tache. N’est-ce pas? Nous prêchons sur la prière, son importance, son impact et même, on la qualifie « d’arme secrète du chrétien ». Mais encore faut-il savoir ce qu’est prier! Même si nous savons ce qu’est prier, encore faut-il avoir un coeur proche de celui de Dieu, car comment pouvons-nous prétendre honorer Dieu, alors que notre coeur s’éloigne? Si la prière est devenue un protocole, ne vivons-nous pas alors de manière superficielle cette vie en Christ.

 

Mais alors, comment faut-il prier? Je vous demande alors ceci: comment parlez-vous à votre femme, ou à votre mari? Et bien voilà, c’est comme cela qu’il vous faut prier. Si vous agissez de manière traditionnelle, comment voulez-vous que Dieu ait le plaisir de vous répondre? Si vous utilisez la prière comme un protocole de conformité à la dynamique engendrée par l’église élargit, comment pensez-vous que Dieu puisse vous répondre? Ce n’est pas parce que vos projets vous réussissent que vous avez reçu la réponse de Dieu. Lorsque je parle à ma femme, je ne fais pas que lui quémander et qui plus est, quand j’en ai besoin. Je parle à ma femme, j’échange avec elle, je passe du temps en sa présence, parfois sans même parler. Je marche avec elle, en parlant ou en silence. Je suis en sa présence et ce, aussi souvent que faire ce peut. Dois-je m’adresser à elle en lui commandant d’agir? Seulement dans les moments où j’en ai besoin? Est-ce que parle avec elle de manière superficielle et sans âme? Suis-je éloigné d’elle alors que j’affirme l’aimer, mais seulement du bout des lèvres? Est-ce que je m’intéresse à elle, ou seulement à moi et mes besoins? Est-ce que je prononce des choses qu’elle désir entendre? Ou cela vient du coeur? Lui dis-je les mêmes âneries jour après jour, à la même heure, de manière protocolaire et sans intérêt? Alors si c’est le cas, elle est en train de préparer lentement mais surement son divorce!

 

Parfois, nos prières sont endormantes, stériles, trop longues, trop courtes, sans coeur et sans âme. Dans un tel cas, je préfère dire à Dieu que je n’ai pas envie de lui parler ni de l’écouter. Soyez chaud ou soyez froid, mais ne soyez pas tiède! J’ai aussi appris à me taire et à écouter Dieu. Ce qui m’étonnera toujours, c’est de constater à quel point on met Dieu dans tous nos projets. NOS PROJETS! Pas les siens! Les associations d’églises, trop souvent, se font des histoires et ils croient à leurs illusions. Du moins, ils tentent d’y croire. Ils se font des plans visionnaires avec des échéanciers et des plans d’avenir pour leurs organisations, mais Dieu n’a absolument rien dirigé. On se fait des plans, puis on demande à Dieu de bénir ce plan. L’homme a bien des projets, mais au final, c’est le plan de Dieu qui se réalisera, car le passage de l’homme est éphémère, mais Dieu est éternel et il a une vision beaucoup plus éloigné dans le temps pour savoir ce qui doit être réalisé ou non. Mais nous nous illusionnons dans nos projets et nous incluons Dieu à la fin, comme si Dieu était un objet. C’est à se demander si nous croyons sincèrement en Dieu.

 

Dieu n’est pas une marionnette dont on y insère notre main à l’intérieur pour le faire bouger selon notre volonté. Il est parfaitement souverain et sait ce qui est bon pour nous. Il n’a nul besoin de nos projets grandioses. Ce que Dieu désir, c’est un coeur qui se rapproche du sien, et non de nos projets dont nous instrumentalisons son nom pour le faire passer pour le plan de Dieu. Dans le fin fond de nos coeurs, admettons-le, il y a bien de nos projets, personnels, comme associatifs, qui n’ont en rien la faveur de Dieu, mais bien notre propre volonté que l’on veut se faire croire et faire croire qu’il s’agit de la volonté de Dieu. Cessons donc de nous illusionner et revenons à l’essentiel, la base et la fondation de notre foi, une foi simple et limpide. Ma prière est une relation directe avec Dieu. Je lui parle comme je parle avec ma femme. C’est mon père, mon ami, mon confident, c’est celui qui m’a sauvé la vie. Dieu n’est pas une béquille sur laquelle je m’appuis quand ça ne va pas ou quand j’en ai besoin pour réaliser mes voeux. Dieu est bon, mais pas bonasse. Si je passe pour un fou quand je parle à Dieu les yeux ouverts, alors que je déambule les rues ou le bord de l’eau, je n’en ai que faire, je tente de me maîtriser et de le faire dans mon for intérieur. Mais lorsque je suis seul, alors que je fais les tâches ménagères, ou que je suis en plein coeur de mon projet d’enseignement, je parle à Dieu comme si quelqu’un était physiquement en ma présence.

 

Je ne ressens pas le besoin de parler absolument. Mais je ressens le besoin d’être en relation avec Dieu. Je ne suis pas seulement en train de parler. En fait, je parle beaucoup moins que j’écoute. Je pourrais même dire que je ne parle presque jamais. Autrement dit, je ne prie pas. Je laisse Dieu s’adresser à mon coeur, car mon coeur est disposé à son écoute, bien plus qu’auparavant en tout les cas. Je ne ressens plus autant le besoin de parler à Dieu, car je sais qu’il me comprend, qu’il entend mon coeur, qu’il sait exactement ce dont j’ai véritablement besoin. Certains croient qu’il faut faire de longues prières. Les pharisiens aimaient bien faire de longues prières. Ils croyaient impressionner ceux et celles qui les croisaient en train de prier, mais surtout, ils ont osé croire qu’ils impressionnaient Dieu par leur fausse piété. Or, de très courtes prières sont amplement suffisantes, mais une grande écoute de Dieu ne sera jamais considérée comme exagéré. Prier longuement, c’est souvent le fruit de gens inactifs, peu productifs, peu enclin à agir. Ce sont ceux qui prient le moins mais qui sont le plus à l’écoute qui agissent davantage et pour les bonnes raisons. Avec ma femme, j’écoute davantage que je parle. Être à son écoute, c’est la comprendre davantage, la connaître et savoir qui elle est vraiment. Lui parler sans cesse, lui adresser des demandes continuellement, c’est être centré sur moi-même, contrairement à ce qu’on donne comme image aux autres.

 

Oui, nous agissons comme des pharisiens, à bien des égards, et la prière en est un des symptômes. Aucun chrétien ne m’impressionne par la longueur de sa prière, ni par la profondeur de ses propos. Il m’impressionne par sa transparence et sa pureté dans un coeur qui se révèle de manière authentique, comme ce publicain qui se frappait la poitrine de honte devant le Seigneur, pendant que le pharisien faisait sa propre éloge, dans sa prière adressée à Dieu. Prier, c’est devenu trop souvent centré sur le moi, l’égocentrisme. Ce n’est plus centré sur l’autre, Dieu.

 

Je ne prie plus, je parle à Dieu. Mieux encore, je fais silence pour être à son écoute, en espérant l’avoir bien compris et agir en conséquence.

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3 réflexions sur “Je suis chrétien et je ne prie jamais…

  1. — Bonjour.
    — Sais-tu que ton article reflète exactement comment je prie moi-même ? On dirait que ce que tu as publié est le reflet de ce qui se passe en ce moment chez moi. J’ai cessé de “parler pour ne rien dire” à Dieu et suis plutôt enclin à L’écouter !
    — Parfois je parle, c’est évident, mais souvent, je Le loue et Le glorifie en Lui disant qu’Il est le Seigneur Tout-Puissant et le Sauveur de mon âme et surtout, qu’il n’y en a pas d’autre que Lui. Parfois, quand j’ai un petit problème, je lui demande de le résoudre, comme si je m’adressais à une personne physique. Et Il m’exauce !
    — C’est ainsi qu’on peut parfaitement parler à Dieu pendant qu’on travaille ou qu’on bricole. Parfois, Il nous guide dans notre bricolage ou notre travail afin qu’on fasse bien ce travail pour Le glorifier !
    „„En fait, je parle beaucoup moins que j’écoute. Je pourrais même dire que je ne parle presque jamais. Autrement dit, je ne prie pas. Je laisse Dieu s’adresser à mon coeur, car mon coeur est disposé à son écoute, bien plus qu’auparavant en tout les cas. Je ne ressens plus autant le besoin de parler à Dieu, car je sais qu’il me comprend, qu’il entend mon coeur, qu’il sait exactement ce dont j’ai véritablement besoin.““
    — Exactement comme moi, frère ! Là, tu as exposé ce que je fais habituellement. Mais tu risques d’être en scandale à beaucoup, en exposant ce genre de prière car beaucoup sont des “radios sans piles” tellement ils parlent ! Pourtant ils n’ont qu’une bouche et deux oreilles. Mais on dirait qu’ils ont deux bouches et une oreille, comme les radios stéréo qui n’ont qu’un micro et deux haut-parleurs…
    — Continue ainsi !
    — Cordialement, au Nom du Seigneur Jésus-Christ !

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  2.  » Yeshua leur dit : Gardez-vous avec soin du levain des pharisiens et des sadducéens. » (Matthieu 16:6). Ce type d’enseignements ne sont que commandements d’hommes et traditions, elles poluent les bâtiments « églises » ou règnent l’hypocrisie, et les habitudes. L’homme est devenu le point « central » de  » l’église  » et non le Seigneur de gloire Yeshua, Roi. Au sein de ces organisations religieuses (charismatique, évangéliques, protestantes, baptistes, adventistes, ADD, apostoliques, pentecôtistes…), Dieu a été exclu de toutes vies, de toutes actions, de tous cœurs des croyants. Ils ont remplacés Esprit de la grâce en Yeshua, par leur propres commandements d’hommes et traditions. Il ne reste plus que spectacles, arts, mîmes, chants, conférences, et traditions humaine, mais SANS ESPRIT-SAINT. Pourquoi ? Parce qu’ils ont RENIÉS le Maître, Yeshua, dans LEURS VIES, LEURS CŒURS (II Pierre 2:1/5). Ces croyants n’ont qu’une forme extérieure de la Foi (Pharisien, hypocrites), mais ont reniés ce qui en fait la force (Puissance du Saint-Esprit). À ceux-là, le Roi leur dira : » Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité  » (Matthieu 7:23). Le Seigneur ordonne en II Corinthien 6:17:  » Sortez du milieu d’eux, séparez vous, dit le Seigneur. Ne touchez pas à ce qui est impur. Et moi, je vous accueillerai. Je serais pour vous, un Père; et vous serez pour moi, des fils et des filles, dit le Seigneur Tout-Puissant » (II Corinthien 6:17). Sortez des bâtiments, car un faux évangile y est prêché. Des ouailles marchent vers la perdition, sans le savoir. La  » sève  » à disparue, elle n’est plus ! Elle s’en est allé ! Dieu n’est plus là. Cette fausse église Laodicee  » morte  » est misérable, aveugle, nue et pauvre (Apocalypse 3:10). Elle est tiède, étouffée par des traditions humaines, des habitudes, des préceptes d’hommes et non sur Christ (VÉRITÉ), hors Christ est ESPRIT (II Corinthiens 3:17  » Or, le Seigneur c’est L’Esprit, et là où est L’Esprit du Seigneur est la liberté « ). Amen. Obéissez à Dieu, mettez le Roi Yeshua en premier dans TOUTE votre vie, soyez fidèles, jusqu’à la mort. Aimez la VÉRITÉ, aimez le Seigneur, aimez le Roi et servez-le de tout votre cœur. Si vous l’abandonnez, il vous abandonnera.

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