Ce que nous sommes et ce que nous ne sommes pas.

Dans ce texte, j’emploierai la première personne du singulier, afin d’alléger le texte et non parce que je suis personnellement concerné ou visé. Vous pourrez faire le même exercice quand vous le lierai, car je crois que chacun d’entre nous doit se le personnaliser pour mieux comprendre les propos de ce texte et de les appliquer.

 

Réformateurs

Nous avons tous connus, plus ou moins, l’histoire des réformateurs. Dans nos dénominations respectives, nous employons les icônes de l’époque de la réforme et nous les instrumentalisons comme les pionniers de nos mouvements protestants et évangéliques. Qui n’a pas entendu ou lu les 95 points réformistes de Martin Luther? Si vous ne les avez pas lu ni entendu, ce n’est pas obligatoire de les savoir. Martin Luther n’est pas la référence en matière de foi, ni Calvin, ni De Bèze ni Zwingli ni aucun autre d’ailleurs. La foi n’est pas transmissible, contrairement à ce qui fut véhiculé par les protestants. La foi est le moyen offert par Dieu, dans sa grâce, afin de s’approcher de lui (Éph.2.8-9). La réforme en était une en superficie. On a changé le modèle ecclésiastique et décentralisé le pouvoir pour le redistribuer à plus petite échelle, un peu partout en Europe. Mais encore, le modèle est sensiblement demeuré le même et on navigue encore aujourd’hui sur ces modèles que l’on attribut faussement aux réformateurs. Or, le modèle lui-même n’appartient pas au clergé de l’Église de Rome, il l’a lui-même emprunté au modèle de l’empire romain. Ainsi, l’église telle que nous la concevons aujourd’hui n’a rien de bien réformé en soi. Ce ne sont pas les réformateurs qui sont à l’origine de ce que nous connaissons aujourd’hui en terme de modèle ecclésiastique et je ne m’associe aucunement à ce modèle. La réforme n’a pas non plus distribué la foi en Christ, puisque c’est Dieu lui-même qui en fait don. Je ne suis donc pas un réformateur si j’évoque les problèmes actuels de l’église évangélique. Je ne suis pas un réformateur parce que c’est Dieu qui réforme les coeurs. La réforme dont nous avons toujours eu besoin, et qui s’est opéré au courant de l’histoire de l’Église, c’est la réforme du coeur opéré par Dieu, au moyen de la foi, et dans les deux cas, c’est Dieu qui en est à l’origine.

 

Ce que je ne suis pas

Je ne suis pas votre pasteur, Christ est LE berger. Je ne suis pas le réformateur, Dieu réforme les coeurs. Je ne suis pas l’objet d’adulation ni d’adoration, Dieu est le seul à devoir être loué, adoré et remercié pour sa grâce. Je ne suis pas votre prophète, Christ fut le dernier des prophètes, LE prophète ultime, celui qui a accomplit la loi et les prophètes, qui a mis un terme définitif, par sa venu, son ministère terrestre, sa mort et sa résurrection, à la lignée prophétique, car à la croix, tout fut maintenant accompli. Je ne suis pas votre apôtre, puisque Christ les a déjà choisit parmi ses contemporains, afin qu’ils soient des témoins directes et privilégiés de tout ce qu’il a accomplit, conformément à ce qui fut prophétisé à son sujet. Ce sont ces apôtres, témoins directes de Christ, qui ont posé les fondations de la nouvelle alliance, mais encore là, non pas comme les dépositaires de la foi, mais de ce qu’ils ont été des témoins privilégiés de Dieu fait chair. Je ne suis pas votre docteur, puisque Christ nous a enseigné, qu’il a témoigné de la part du Père, qu’il est lui-même à l’origine de sa parole soufflée, qu’il est lui-même le souffle et à l’origine de la création. Je ne suis pas l’objet de votre adoration, de votre adulation ni de votre dévotion, puisque Dieu est le seul qui soit digne d’être considéré comme tel. N’est-ce pas justement là que Satan a péché? Je ne suis pas la référence, c’est Christ la référence. Je ne suis pas celui qui détient les réponses, ni celui qui peut calmer vos coeurs, car si tel était le cas, pourquoi aurions-nous besoin de Christ? N’est-ce pas là que nous sommes fautifs dans nos assemblées? Christ est largement évacué de nos solutions, mais on l’évoque pour justifier nos organisations. Je ne suis pas votre chef, car il n’y a qu’une seule tête dans le corps. Ainsi, je ne peux me permettre de remplacer Christ dans vos vies. Je ne suis pas celui qui vous conduit en terre promise, ni votre libérateur ni le conducteur par excellence. Agir ainsi reviendrais à dire que vous ne devriez pas suivre Christ, mais moi.

 

Ce que je suis

Votre frère dans le Seigneur. Je suis un modèle de foi pour certains, le disciple de d’autres. Je suis un compagnon d’oeuvre et je ne compétitionne avec personne. Je suis un conducteur, mais pas votre chef. Je vous convainc, mais ne vous oblige pas. Je vous parle, mais ne vous donne pas d’ordre. Je vous écoute, mais ne vous dit pas quoi faire. Je vous enseigne, mais ne vous contraint pas. Je ne suis qu’un membre du corps et non le corps au complet. Pasteurs, retenez ceci, surtout la dernière phrase.

 

Conclusion

Comprenez que j’emploie la première personne du singulier, que cela s’applique à moi et à chacun d’entre vous.

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La petitesse de Jésus.

Ce matin, je suis allé dans une assemblée de l’AEBEQ, comme prévue, et plus particulièrement à une assemblée que j’ai bien connu, l’église baptiste évangélique de Rosemont. L’église a bien changé depuis la dernière fois que j’y suis allé, il y a une dizaine d’années. René Frey fut longtemps pasteur, mais il a quitté il y a environ deux ans afin d’ériger une toute petite assemblée dans Saint-Léonard, à Montréal, y en amenant quelques personnes de l’église de Rosemont. Ainsi, on nous fait croire à une expansion et on vantera les oeuvres de Dieu dans la vie de l’AEBEQ par cette expansion. Mais nous savons au fond qu’il s’agit des mêmes chrétiens, déplacés d’une église à une autre, tout simplement.

 

Culte

Il n’y avait pas de naturel, ni chez le conducteur de culte ni de la part du prédicateur. Chacun consultait ses notes, l’un pour suivre l’ordre établit du culte, l’autre pour évoquer des commentaires bibliques. La louange était mortifère. Le président de culte en était conscient et l’a même souligné. Pas dans ces termes, mais clairement, il n’y avait aucun entrain. Nous avons eu droit au témoignage d’une jeune femme, mais ce fut pénible à écouter, puisqu’elle lisait un texte. C’était froid, sans émotion et sans saveur. Je ne blâme pas cette jeune femme, car pour certains, se retrouver en avant, ce n’est pas toujours évident. N’en déplaise au clergé de cette assemblée, j’éprouve quand même davantage de joie dans un salon mortuaire que dans cette assemblée, une journée terne et pluvieuse, pour ajouter à mon humeur du moment. Le plus cocasse, c’est lorsque j’ai surpris certaines personnes à s’endormir sur leur chaise, dont l’homme tout juste à mes côtés. Comment le leur reprocher! C’était si insupportable comme ambiance que j’ai pensé remballer mes affaires et quitter. Je souffrais tellement d’ennuie que j’aurais eu moins mal si on m’avait entré des couteaux en-dessous des ongles, plutôt que d’endurer ce triste spectacle.

 

Prédication

Lorsque le pasteur est enfin arrivé sur l’estrade pour prêcher, j’ai lâché un soupir de soulagement, car c’est le moment que j’attendais, le reste n’étant rien d’autre qu’un soporifique préambule dont je crois ne pas avoir été le seul à désirer s’en être passé. Mais ce ne fut guère mieux. L’horloge me déprimait. Ses aiguilles n’avançaient pas assez rapidement à mon goût. Voix monocorde, aucun dynamisme, aucune sollicitation des gens dans la foule, sujet mal abordé et thématique ne respectant pas la pensée de l’auteur, ce triste menu ne m’a pas seulement laissé sur ma faim, mais m’a déprimé, tellement j’eu l’impression de m’être levé pour rien ce matin. Toutefois, le pasteur su garder le meilleur pour la fin. En effet, il a exprimé une énormité sans nom. Je suis donc sorti de ma torpeur et de ma somnolence. À un tel point que, j’ai cru bon vous en faire part dans la vidéo qui suit.

 

 

Patrick Galarneau