Ce qui est du domaine public et du domaine privé.

Retour sur ma visite d’une église

Je suis allé dans une assemblée de l’AEBEQ dimanche dernier et cette visite a généré des centaines de commentaires, positifs comme négatifs, constructifs comme accusateurs. Ce qui m’est reproché, apparemment, c’est mon désir de vengeance, mon manque d’humilité, mes jugements, ma condamnation, mon refus de rencontrer personnellement et en privé le pasteur fautif et j’en passe. C’est très bien. Voyez-vous, j’applique à moi-même ce que je crois qu’il faut appliquer à chaque personne qui s’expose publiquement, c’est-à-dire, accepter la critique, autant qu’elle soit bonne, constructive, négative ou tout simplement mauvaise. Ça fait partie des risques inhérents à ce type d’exposition.

 

D’abord, mettons les choses au clair.

Je ne connais pas du tout le pasteur qui a prêché dimanche dernier. Je ne l’ai jamais vu, je n’ai jamais même entendu son nom, pas même une seule fois. Autrement dit, je n’avais aucune connaissance de son existence. Ce n’est ni mal ni bien, je ne sais pas qui il est. J’anticipe maintenant déjà les critiques à venir suite à cette déclaration. Dans un tel cas, pourquoi critiquer ce pasteur si je ne le connais pas? La question s’impose, n’est-ce pas? En effet et je me prête volontiers au jeu. Mais avant tout, je précise que je n’en ai pas contre cette assemblée ni son pasteur, ni ses membres. L’église a bien changé et j’ai bien aimé le pasteur précédent, René Frey, qu’importe si je suis d’accord avec lui ou non sur la manière de concevoir l’Église. Je compose très bien avec les désaccords et je crois que, malgré tout, la courtoisie s’impose. Ne serait-ce que par respect pour la dignité de chaque individu, quel qu’il soit.

 

Mais voyez-vous, la majorité de ceux qui ont critiqué mon travail ne se sont pas simplement contenté de cela, mais ils ont fait ce qu’ils dénonçaient chez moi: critiqué négativement ma personne. J’ai même essuyé des insultes véhémentes et c’est peu dire. Néanmoins, je ne ressens pas le besoin de répondre par la même forme, me préoccupant seulement du fond de leurs propos, comme j’ai l’habitude de le faire. D’ailleurs, il serait étonnant que ces personnes aient prit le temps de visionner la vidéo, car en aucun moment il n’y eut de ma part une quelconque attaque personnelle envers ce pasteur. Sa dignité en tant qu’individu est demeuré intacte. Je n’ai même pas eu besoin de faire attention de ne pas m’attaquer à sa personne, car je n’éprouve pas ce genre de mauvais sentiments. Personnellement, je crois que ces personnes ont tout simplement été choqué que je considère leurs cultes comme étant mortifères, sans âme, ennuyants et soporifiques. Que voulez-vous. Au Québec, nos cultes sont morts et ne démontrent aucune passion. Ces gens se sont donc contentés de lire les quelques lignes de l’article dans lequel la vidéo est accompagnée sur mon compte wordpress.

 

En ce qui me concerne, non seulement j’assume ce que je fais, mais je le fais de manière respectueuse et avec une éthique que je considère assez élevée. Ce n’est pas parce que je ne lèche les bottes de personne, ni parce que je ne vous flatte pas dans votre sens préféré que, nécessairement, je sois enclin à exercer une critique tendancieuse et malhonnête. Et je ne fais pas ce genre de critique chaque fois que je visite une assemblée. D’ailleurs, ce n’était pas prévue que je fasse cette critique, mais la situation l’exigeait, car ce qui a été dit, dans la dernière portion de la prédication, était outrageux et choquant, pour quiconque est animé de cette passion pour Christ. Or, c’est cet engourdissement, qui caractérise vos assemblées, qui me rempli de tristesse à votre égard. On vous a si bien rendu dociles, spectateurs, inertes, sans vie, en faisant de vous de bons auditeurs passifs qui se laissent remplir comme des verres toujours vides. Le pasteur ne vous consulte pas. Il ne vous demande pas votre avis. Il sait que vous ne direz rien, que vous allez absorber n’importe quoi qui sort de sa bouche sans broncher. Maintenant, si vous êtes moindrement éveillés, vous allez le questionner sur certains de ses propos. Faites le test pour le plaisir. Critiquez certains points avec lesquels vous n’êtes pas d’accord. Vous allez comprendre qui est le chef et qui doit se taire. C’est la culture du silence qui est imposée et vous adhérez comme des brebis aveugles à leurs besoins insatiables de pouvoir, ce qu’ils n’ont pas réussis à obtenir dans le monde séculier. Brebis aveugles veut dire dirigeants aveugles, car les aveugles ne peuvent conduire que des aveugles. Ceux qui voient ne se laissent pas conduire par des aveugles, de peur de tomber. Mais au lieu de cela, vous accusez ceux qui voient de ne pas être dociles.

 

Ce qui est public de ce qui ne l’est pas

Lorsqu’il s’agit d’un péché, il est scandaleux de le révéler publiquement. Il est de notre devoir de rencontrer la personne en privé et non de le crier sur le net ou dans l’église locale. Lorsque l’on est arrivé au bout de nos ressources (Mt.18), nous devons le dire à qui? À l’Église. Pas l’église locale, mais bien l’Église avec un grand « E ». Toutefois, ce qu’on dit, ce n’est pas le péché dans ses détails, mais on résume très brièvement pourquoi on se dissocie de la personne fautive et non-repentante. On ne va pas non plus crier le péché de la personne fautive et non-repentante. Cela briserait à jamais la relation entre l’Église et le fautif. On doit donner l’occasion au fautif de réfléchir seul et de revenir à de meilleurs sentiments. Dans un tel contexte, la mise à l’écart est publique, mais son péché demeure privé, dans la mesure de ce qui est possible de garder privé.

 

Maintenant qu’on a réglé ce point, passons à ce qui nous préoccupe: la dénonciation de l’hérésie. Quand un pasteur affirme publiquement une hérésie, ce n’est pas en privé qu’on le reprend. Jamais! C’est en public qu’on reprend ce qu’il a dit, car le pasteur s’est exprimé sans droit de réplique de la part de ses auditeurs passifs. Il ne s’agit pas d’un péché à titre personnel, ni une situation délicate qui atteint l’intégrité dans son individualité et sa dignité. Il s’agit de son ministère public. D’ailleurs, je ne m’occupe pas des péchés à titre personnel des gens, mais bien de leur ministère public. C’est une responsabilité du croyant que d’intervenir lorsqu’un membre dérape publiquement. L’apôtre Pierre a d’ailleurs été reprit publiquement par l’apôtre Paul, alors que Pierre se complaisait en compromis. Et bien, cette histoire nous est rapportée et des millions de personnes ont lu ou entendu ce que Pierre a fait. Si Paul avait réglé cela dans le privé, il nous aurait aussi privé d’une leçon cruciale pour notre édification. Car oui, reprendre publiquement quand la situation l’exige, contribue à l’édification de l’Église, et cela permet d’adresser de sérieux avertissements à ceux et celles qui ont tendance à se laisser aller dans un laxisme spirituel.

 

En conclusion

Ce n’est pas qu’à moi qu’il est demandé d’agir ainsi, mais à tous les croyants, car il est si aisé de laisser cette responsabilité uniquement au Seigneur, mais en réalité, en agissant ainsi, nous ne faisons que prouver notre lâcheté. Je ne mange pas de cet évangile. 😉

 

 

 

Patrick Galarneau

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