Le virtuel, y a rien de plus vrai.

Ma femme est très discrète sur les réseaux sociaux, et plus particulièrement sur mon compte facebook. Elle vient à l’occasion épier ce qui se dit à mon sujet et chaque fois, elle est choquée ou blessée par certains commentaires désobligeants sur ma personne. Et à chaque fois, je ris de bon coeur. Je ne ris pas d’elle, mais de la situation. Elle est très douce et sensible. Très humaine et proche de ses émotions. Ce n’est pas mon cas. Je ne suis pas dur, mais je n’arrive pas à éprouver d’émotion devant la critique, aussi négative soit-elle. Heureusement, car je serais en thérapie pour plusieurs années (rires!). Chacun a ses propres réactions devant la critique formulée à leur endroit. Soit ils contre-attaquent, soit ils sont sur la défensive, soit ils se sentent très affectés, leur confiance et leur estime d’eux-même sont remises en question, certains utilisent une attitude condescendante en réponse aux critiques pour s’élever au-dessus de ceux et celles qui les critiquent… enfin bref, tous ne réagissent pas de la même manière.

 

J’ai passé de nombreuses années à observer le comportement humain au travail, à l’école, ainsi qu’à l’église locale. Parfois, et ça vous est probablement arrivé à vous aussi, je pouvais discerner la vraie nature d’une personne uniquement par son langage non-verbal. Je me souviens d’un pasteur qui me reprochait d’être trop analytique et pourtant, je conservais mes observations pour moi-même. En fait, il se sentait analysé car je parlais peu lors de nos rencontres en privé, alors que nous partagions le ministère. Je pouvais discerner ce qui n’allait pas chez lui et même, j’avais la certitude de connaître ses travers. Les manipulateurs savent qui sont les victimes potentielles, mais ils savent aussi qui ne l’est pas et qui est loin d’être dupe. Un autre pasteur que je rencontrais sur une base régulière, environ deux fois par mois, me laissait perplexe par son langage non-verbal. J’avais beaucoup d’affection pour lui, mais je savais que quelque chose clochait. J’avais la certitude qu’il camouflait quelque chose de gros et qu’il présentait l’apparence du bon berger. Résultat: alors qu’il fut pressentit pour diriger notre assemblée, il refusa en admettant qu’il se vautrait dans l’adultère depuis quelques années. J’ai tenté de lui venir en aide, en vain…

 

Reconnaître par le non-verbal

J’aime aller directement sur le terrain. Je vais dans les différentes églises locales, afin de mesurer l’ambiance générale, ressentir cette ambiance, ces regards furtifs, suspicieux, absents, indifférents ou affectifs. C’est important pour moi d’aller me rendre compte par moi-même directement sur le terrain, serrer des mains, voir le regard et la posture des individus. Non pas par suspicion de ma part, mais bien par intérêt pour la nature humaine. Je sais que j’ai affaire à un manipulateur lorsqu’il me fuit, car il le sait lui aussi que je le sais. Le manipulateur a beaucoup de discernement, mais il s’en sert pour le mal. Je sais que c’est moi qui a le rôle du méchant dans l’histoire, car le manipulateur en a séduit plusieurs. Je ne m’en formalise pas, j’assume mon rôle de méchant. Pour ma part, je ne séduis personne. Je ne suis même pas sympathique. Du moins, rien en comparaison avec le manipulateur religieux. Puis, le manipulateur ne se mouille pas. Il va, soit envoyer ses valets à sa place, soit les valets vont prendre l’initiative d’eux-mêmes pour défendre leur gourou. Le gourou ne vient jamais se défendre directement. Dans tout son orgueil qui se manifeste par de la condescendance crasse, qui n’est rien d’autre qu’un leurre pour camoufler sa peur d’être découvert, le gourou n’a pas le temps pour ces futilités et il éprouve de la jouissance d’être défendu comme un agneau que l’on crucifie injustement.

 

Facebook et autres réseaux sociaux.

La situation semble se compliquer cependant lorsque nous sommes sur les réseaux sociaux. Nous n’avons pas le non-verbal et il nous est plus difficile de discerner la disposition de coeur des gens. Toutefois, il est intéressant de constater à quel point les gens sont beaucoup plus loquaces qu’à l’église locale. En effet, ils s’expriment plus librement que dans leur église. Ils se font prendre au piège d’une illusoire immunité lorsqu’ils sont devant leur écran d’ordinateur, distribuant à qui le veut bien, tout leur fiel amer lorsqu’ils ne sont pas d’accord avec l’un ou l’autre des intervenants. Ces mêmes personnes ne sont pas aussi loquaces le dimanche matin à leur assemblée, vous offrant généreusement la poignée de mains accompagnée de paroles angéliques tout droit sortis du Patois de Canaan. Qui plus est: certains pasteurs m’ont tout simplement supprimé de leurs contacts, sous le seul prétexte qu’ils n’étaient pas d’accord avec certains points théologiques secondaires. Ils ont eu le courage de le faire sur Facebook, mais sont des trouillards aux paroles mielleuses quand vous les rencontrez directement, vous envoyant de belles phrases toutes faites lorsque vous leur exprimez les mêmes points de désaccords en personne. Hypocrisie, quand tu nous tiens…

 

Les réseaux sociaux sont faits justement pour que l’on échange par écrit. Ainsi, nous sommes davantage exposés que dans une assemblée locale où chacun y va de son plus beau sourire évangélique et son patois qui l’accompagne. Ma femme me disait justement que ces personnes, qui passent leur temps à émettre leurs critiques acerbes, devraient réfléchir sur leur paroles, à savoir, si ces personnes sont en mesure de dire en personne ce qu’ils disent sur les réseaux sociaux, assis confortablement devant leur écran. Pour ma part, je ne suis pas entièrement d’accord avec ma femme, mais je comprends son point. Je préfère, et de loin, que chacun puisse s’exprimer librement et sans trop de retenu. Ça permet de jauger les personnes et de savoir où elles en sont dans leur cheminement. C’est le genre de choses que l’on ne peut pas observer dans une assemblée locale le dimanche matin ni dans aucune réunion d’église d’ailleurs.

 

Conclusion

Les réseaux sociaux sont une sorte de caricatures des uns et des autres, car certains se mettent à leur avantage par leur maturité, alors que d’autres mettent en évidence un état de coeur plutôt lamentable, mais dont certains exercent des ministères dans leur église locale. C’est alarmant! Pour ma part, il n’y a rien de plus vrai que les réseaux sociaux pour connaître les individus. Ceux qui affirment que l’on apprend à se connaître véritablement dans la vraie vie ont peut-être intérêt à investiguer ce qui se dit sur les réseaux sociaux. Ça leur permettrait de connaître le visage caché de certains…

 

 

Patrick Galarneau

Publicités

3 réflexions sur “Le virtuel, y a rien de plus vrai.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s