Faire face aux injustices

Avant-Propos

Notez bien à quel point la Parole de Dieu est vivante et cohérente avec elle-même. Le message est le même du début à la fin, que l’on soit dans l’ancien ou le nouveau testament. En effet, je vous propose de suivre le texte de Ro.12, particulièrement les versets 14 à 21, pour parallèlement constater l’accomplissement des paroles de l’apôtre, 1 000 ans plus tôt. Pour ma part, je me plaît à mettre en relief des histoires de l’ancien testament par des vérités du nouveau. Comme quoi, c’est le même Dieu et le même message. Je vous invite donc à vérifier par vous-même si ce que j’affirme est exact (Ac.17.11).

 

Introduction au sujet

Qui d’entre nous n’a pas souffert, un jour ou l’autre, d’injustices? Qu’importe la nature de l’injustice, qu’importe qui en fut l’auteur, nous avons tous subi notre part d’injustices et parfois, nous constatons que ceux et celles qui nous ont fait du tort, n’en ont jamais subi les conséquences. Du moins, en apparence, et selon ce que nous en savons. Ces injustices vous ont sans doute fait beaucoup de mal. Peut-être avez-vous ressenti que Dieu ne vous a pas appuyé durant cette épreuve. Vous vous êtes retirés de l’église locale à laquelle vous apparteniez et sans doute, il y en a parmi vous qui n’ont obtenu que peu de support, voir même, pas du tout.

 

La première fois que j’ai prêché dans une église, c’était d’ailleurs sur ce sujet. La dernière fois que j’ai prêché dans une assemblée, ce fut encore sur ce même sujet. J’ai toujours eu à cœur les délaissés, les laissés pour compte, les abusés, les victimes, les désillusionnés et les déçus des assemblées évangéliques. Vous avez peut-être tous reçu comme réponse « il n’y a pas d’église parfaite ». Ou encore, « le chrétien doit pardonner », mais au final, personne n’a écouté vraiment ce que vous aviez sur le cœur. Ou s’ils vous ont écouté, ils n’ont pas compris que vous aviez besoin de support et non de conseils ou de versets bibliques balancés ici et là, dont la plupart ont, comme objectif voilé, de fuir la conversation. Ils fuient car ils se sentent impuissants. Ils fuient car ils demeurent dans l’illusion que le chrétien doit avoir que des paroles de pensées positives et non des plaintes. Quelle tristesse pour tous ceux et celles qui se sentent abusés.

 

L’exemple de David

Vous avez tous entendu parler de la plus grande injustice de l’histoire, et elle concerne Jésus. Cette injustice incomparable a mené le Christ vers la croix, mais ses fruits sont devenus innombrables, puisqu’il a payer pour nous. Mais je vais aborder avec vous un sujet plus adapté et plus près de nous sur le plan humain: David. Celui qui devint roi, par le décret de Dieu.

 

David patienta environ 40 ans avant de devenir roi, selon la promesse que lui a faite l’Éternel, par l’entremise du prophète Samuel. David a conquit le coeur du roi en place, Saül, ainsi que tout Israël, après sa victoire aussi imprévisible qu’inattendue. David jouait de la musique pour le compte du roi Saül qui, faut-il le rappeler, fut rejeté par Dieu après que ce dernier fit preuve, non seulement d’impatience envers Samuel, mais d’un manque flagrant de courage lorsqu’il fit lui-même le sacrifice, alors qu’il devait attendre la venue de Samuel. Or, Samuel tardait, sans pour autant être en retard, mais Saül anticipait la guerre qui fut déclarée contre lui par les philistins. Prit de peur, et voyant que Samuel n’arrivait pas, il fit lui-même le sacrifice. Dieu a donc rejeté Saül, car il n’avait pas de courage ni de confiance en Dieu. C’est très résumé, mais cela suffit pour expliquer la suite.

 

Dieu choisit donc David, un jeune homme selon le coeur de Dieu. Un jeune homme qui n’a pas eu peur d’affronter Goliath et les philistin. Un jeune homme qui a eu l’arrogance de défier le géant Goliath en lui affirmant qu’aujourd’hui, Dieu livre les philistins entre les mains de Dieu. Son arrogance le poussa même à dire à Goliath, avec toute l’autorité et le courage qui caractérisaient le petit David: « Je te couperai la tête ». Ce qu’il fit, à la grande surprise de tout Israël. David fut à l’emploi de Saül.  Le roi Saül craignait David, car sa renommée dépassait la sienne. Les femmes d’Israël vantait David et diminuait Saül, ce qui suscita sa colère et sa jalousie envers David. Saül envoya donc David en guerre contre les philistins, lui demandant une chose improbable et complètement farfelue: ramener 100 prépuces de philistins. Et bien, David en ramena 200!

 

Saül usa de tous les subterfuges possibles afin d’éliminer David de la surface de la Terre, car il portait ombrage à sa gloire. De plus en plus, Saül ne pouvait plus cacher sa jalousie maladive envers David. À un tel point, que tout son entourage s’en aperçut, particulièrement Jonathan, fils de Saül, et ami inséparable de David, pour qui l’affection dépassait celle qu’il prodiguait à son propre père. C’est ainsi que Saül entra en campagne de salissage contre David, tuant même 85 prêtres de l’Éternel, qui ont pris soin de David durant sa cavale pour fuir la colère et la jalousie du roi. Saül affirma un tas d’inepties sur le compte de David, afin de réduire l’admiration que l’on pouvait avoir pour lui parmi le peuple. Saül partit donc en guerre contre David, accompagné de ses 3 000 meilleurs soldats d’élites de tout Israël, afin de pourchasser David, sous de faux motifs, puis le mettre à mort, sous le radar des yeux du peuple, afin de lui faire porter le fardeau d’un crime que David n’a jamais commis envers la personne de Saül.

 

Fausses accusation et bienveillance de David

Si vous prenez le chapitre 24 de 1 Samuel, vous comprendrez toute l’étendu de la bienveillance de David envers son ennemi, Saül, ou du moins, celui qui s’est déclaré comme ennemi de David. Car oui, comme l’apôtre Paul l’a affirmé en Romains 12, des versets 16 à 21, non seulement David ne répond-t-il pas par la vengeance, mais de plus, il veillera sur la vie de Saül en refusant d’écouter les conseils de ses soldats. En effet, alors que David se cachait de Saül dans une grotte du désert de Ziph, un désert où les falaises contenaient des centaines de grottes pouvant accueillir des centaines d’âmes, Dieu conduisit Saül vers la grotte où se trouvait David et ses 600 soldats. Se sentant pris au piège au fond de la grotte, David et ses soldats attendirent la tombée de la nuit pour en sortir, alors que Saül et ses soldats s’adonnèrent à un besoin naturel, soit, celui de dormir.

 

Ce n’est pas un hasard si Dieu conduisit Saül et sa troupe de 3 000 hommes vers la grotte où se trouvait David et ses 600 hommes. En effet, la seule grotte sur les centaines de disponibles, il fallait que Saül arrive à celle occupée par David et ses hommes. Il y a ici une grande leçon de la puissance et de la justice de Dieu qui se manifestent dans ce passage de l’histoire d’Israël. Plutôt que d’investiguer la grotte où se trouvèrent David et ses hommes, Saül et ses 3 000 hommes d’élites, certainement remplis d’un trop plein de confiance en leurs moyens, s’assoupirent au pied de la grotte occupée par David, qui se trouvait tout au fond avec ses hommes. Même ceux qui devaient monter la garde se sont endormis. N’est-ce pas le propre de ces arrogants qui se croient inatteignables? En effet. Alors que Saül et ses hommes se soient assoupis, David et ses hommes purent regagner l’extérieur de la grotte et ainsi, disposer de Saül comme bon leur semble. Ainsi, les hommes les plus près de David lui suggérèrent alors de supprimer Saül, puisque, selon l’interprétation de ces hommes, Dieu livra Saül entre les mains de David. Ce qui était tout à fait légitime et facile à interpréter de cette manière, puisque Dieu conduisit Saül à cette grotte sur les centaines disponibles. Il était donc tout à fait légitime d’interpréter l’action de Dieu en ces termes, surtout lorsque l’on saisit bien ce que les hommes de David lui chuchotèrent:

– (Sem) (24–5) Les compagnons de David lui chuchotèrent : Voici le moment annoncé par l’Eternel lorsqu’il t’a promis de te livrer ton ennemi pour que tu le traites comme bon te semble. Alors David se leva et alla couper un pan du manteau de Saül sans que celui–ci s’en aperçoive.

 

Or, alors que David pouvait faire une pierre deux coups. C’est-à-dire:

  • éliminer légitimement un ennemi qui en veut à sa vie. Donc, en toute légitime défense, protéger sa propre vie
  • devenir roi, selon la promesse qui lui fut faite par Dieu par l’entremise du prophète Samuel

David est allé au-delà de toute légitimité en épargnant la vie de Saül, refusant d’abord de porter la main sur celui que l’Éternel avait choisi comme roi, et n’ayant pas de regard vers la couronne royale. Il lui coupa donc le pan de son manteau et nous offrit une leçon de vie qui marque l’imaginaire collectif des chrétiens d’aujourd’hui, pour peu que l’on s’en rende compte:

  • (Sem) (24–7) Il dit à ses hommes : Que l’Eternel me garde de jamais faire une chose pareille et de porter la main sur mon seigneur à qui Dieu a conféré l’onction, car c’est de la part de l’Eternel qu’il a été oint.

 

Le lendemain, alors que Saül et sa troupe de 3 000 hommes d’élites se mirent en chemin, David sorti de la grotte et cria à Saül. Et considérez maintenant le grand respect de David: d’abord, il refusa de toucher à l’Oint de l’Éternel, puis il refusa la légitime défense, préférant s’en tenir à la justice de Dieu, s’exposant au risque de sa propre mise à mort par Saül. Qui aurait été assez fou de passer à côté d’une si belle occasion de se faire justice? Mais David exerça la grâce de Dieu, refusant d’y étaler son propre égo et ses propres besoins à lui. Il a refusé d’y voir avec intérêt, la possibilité que Dieu lui aurait offert la mort de Saül. SOn interprétation des événements alla bien au-delà d’une simple interprétation de cause à effet.

 

David cria donc à Saül en se prosternant devant lui, marque de son respect envers le choix de l’Éternel pour la royauté d’Israël, indépendamment de ce qui lui avait été promis par Dieu et par Samuel. Il l’appela « Ô, mon père » (1Sam.24.12), en signe de respect et ce, devant 3 600 hommes, si on tient compte des hommes accompagnant Saül et ses propres hommes à lui. Puis, il reprit: « David dit à Saül : Pourquoi écoutes–tu les propos des gens qui disent : Voici, David cherche ton malheur ? »

 

Saül comprit avec contrition et pleurs, devant tous les 3 600 hommes présents, que David avait un coeur selon Dieu. Il a aussi comprit que, en retour du mal qu’il faisait à David depuis plusieurs années, que celui-ci lui répondait au mal par le bien, conformément aux paroles de l’apôtre Paul, 1 000 ans plus tard, et qui étaient adressées aux chrétiens de Rome (Ro.12.17). La conscience de Saül fut si saisit, qu’il se mit à pleurer et à reconnaître la bienveillance de David, conformément aux exhortations de l’apôtre Paul en Ro.12.17 à 21. Saül cessa de pourchasser David (du moins, pour un temps; voir 1Sam.26), humilié par sa propre conscience devant la bienveillance de Saül. Non seulement cela, mais lorsque Saül périt à la guerre contre les philistins, le coeur de David ne s’en est pas pour autant réjouis.

 

Une bienveillance jusqu’au bout, sans dissimulation

Un jeune homme amalécite rapporta la nouvelle de la mort de Saül à David (2.Sam.1). David demanda donc à l’amalécite de lui raconter les circonstances de la mort de Saül. Croyant entrer dans les bonnes grâce de David qui allait dans ce cas devenir roi, l’amalécite mentit sur sa responsabilité affirmant que c’est lui qui donna la mort à Saül, prétendument à la demande de ce dernier, ce qui est faux (1Sam.31 et comparez 2Sam.1). L’amalécite a sous-estimé la loyauté de David envers le choix de l’Éternel pour son roi, croyant que David le récompenserait puisque cet amalécite allait permettre à David de devenir roi, suite à la mort de Saül. Quel mauvaise stratégie de la part de cet amalécite, qui en payera de sa propre vie, puisque David l’a punit de mort pour avoir osé affirmer qu’il a donné la mort à l’Oint de l’Éternel. Ici, il ne s’agit pas d’une punition pour avoir simplement donné la mort, mais bien pour avoir osé dans son coeur y percevoir un intérêt personnel en osant s’imaginer donner la mort à Saül, ce qui était inacceptable aux yeux de David, qui ne semble pas du tout avoir cru à la version de cet amalécite imprudent.

 

N’entretenir aucun mauvais sentiment, mais de plus, bénir ceux qui nous persécutent (Ro.12.14)

Non seulement cela, mais David composa un hymne en hommage à Saül, lui qui, pourtant, a passé une partie de sa vie à fuir la persécution totalement injustifiée de Saül. La royauté et les intérêts personnels tout comme le sentiment de justice, n’ont pas influencé le coeur de David, qui demeura intègre devant Dieu, sachant pertinemment que c’est Dieu qui rendra justice en son temps (1Sa.24.13 et Ro.12.19). Toute sa vie durant, David fut vainqueur du mal par le bien (Ro.12.21), un mal que lui voulait Saül, répondu par le bien que David lui prodiguait aux yeux de tous (Ro.12.17). Oui, David a tenté de comprendre pourquoi Saül s’en prenait à lui. Oui, David s’en est plaint à Jonathan, à Saül et à Dieu, mais jamais il n’a diffamé Saül, au contraire, il lui a fait le plus grand bien, sachant qu’il était un choix de l’Éternel.

 

Conclusion

Cet article n’a pas comme objectif de vous faire sentir coupable devant vos sentiments de recherche de justice, ou d’entretient d’une amertume jamais complètement disparue, bien au contraire. Il s’agit de vous faire la démonstration que nous pouvons faire une entière confiance en Dieu, car il voit toutes choses, bonnes ou mauvaises, et qu’il fait justice en son temps et non au temps désiré par les hommes. Cette justice a été effective près de 40 ans après la première injustice faite par Saül à l’encontre de David, mais Dieu a son plan et sa propre justice, qui nous échappent. Cette histoire de David et de Saül est un baume pour les coeurs meurtries. Bien que vous réclamiez justice, que vous ayez de l’amertume ou de la colère, laissez celles-ci à Dieu, comme l’apôtre Paul l’a si bien exprimé aux croyants de Rome (Ro.12.17-21). Dieu laisse aussi du temps à la repentance de ceux et celles qui commettent des torts.

 

Mes amis, laissons la colère et la vengeance à Dieu. Il saura juger le moment propice pour la rétribution. Continuons simplement à agir avec bienveillance envers nos ennemis, car Dieu, qui voit toutes choses, nous le rendra bien plus que l’on peut se l’imaginer 😉

 

 

Patrick Galarneau

 

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