Gothique: un mouvement mortifère

Notes de l’auteur

Je n’éprouve pas le besoin de me confier ni de raconter les détails de ma vie. Peut-être que ce serait utile et profitable pour certains, mais je n’ai pas de motivation pour le faire. Néanmoins, je vous partagerai certains éléments de ma vie, puisque ces éléments sont pertinents et en concomitance avec le sujet évoqué. Mais au préalable, je vous parlerai d’histoire et prendrai volontairement de grands détours pour vous ramener au sujet initial. Oui, c’est volontaire, mais ce n’est pas futile.

 

Bref historique

Dans l’article précédent, j’ai évoqué le contexte historique qui nous a mené vers une explosion des moeurs, des tendances et des différents mouvements contestataires. Or, le mouvement gothique n’est pas, au préalable, un mouvement contestataire, mais plutôt mortifère. Chaque mouvance est le reflet de notre société et de la politique en place. La mouvance hippies en était un de masse et très contestataire, alors que son slogan était celui-ci: « Piece and love ». Des manifestations de masses dans les rues du monde entier, dont les plus notables en mai ’68, en France, ont bouleversé le monde. Mais d’abord, la deuxième guerre mondiale n’a pas fait que des dizaines de millions de victimes et des millions de disparus. Elle a changé radicalement la face du monde.

 

Alors que les hommes partaient massivement à la guerre, les femmes entrèrent sur le marché du travail, afin de combler la perte d’ouvriers. Ce fut le début d’une nouvelle ère de revendications et un nouveau précédent pour la cause des femmes, qui a débuté au Royaume-Uni, à la fin du 19ème siècle avec les suffragettes, alors que ce siècle fut certainement le plus machiste et oppressant pour la femme. Le féminisme prenait forme et les deux grandes guerres ont favorisé son éclosion un peu partout dans le monde Occidental. C’est depuis les suffragettes que l’on peut retracer les premières revendications du droit à l’autonomie de son propre corps de femme, et qui allait ensuite conduire vers le droit à l’avortement. Voilà l’un des aspects d’une mouvance mortifère, alors que cette dernière fut érigée pour de nobles causes. Aujourd’hui, on peut constater, seulement en France, approximativement 211 000 avortements en une seule année. En seulement 14 ans (depuis 2002), une population entière de trois millions de personnes n’aura jamais vu le jour. Mais c’est le drame d’une nouvelle ère qui a débuté au 19ème siècle, avec une recrudescence de guerres et de bruits de guerres, ainsi que toutes ces dizaines, voir des centaines de millions de victimes depuis la conquête germanique de l’Alsace-Lorraine en 1871 jusqu’à nos jours. Non seulement ne nous sommes-nous pas contentés de tous ces morts et ces victimes collatérales de ces guerres, mais encore fallut-il inventer des moyens pour y mettre fin avant terme. Voilà où nous en sommes actuellement dans notre conscience collective.

 

Quatre monstres

Le régime totalitaire de l’Allemagne nazie fut le plus gros monstre que le monde moderne ait connu. Le plus sanglant, le plus abjecte, meurtrier, pervers et cruel du monde connu. Ce monstre allait plonger le monde dans l’obscurité pour plusieurs siècles avec leur idéologie suprémaciste et leur utopie de recréer un monde nouveau pour 1 000 ans, selon une interprétation totalement tordue de l’eschatologie biblique du millénium, gracieuseté de Monsieur Darby, entre autre, puis reprise par des philosophes allemands à la solde d’Hitler et du régime nazi.

Au printemps ’45, Benito Mussolini, le Duce d’Italie, un utopiste qui avait pour ambition de recréer l’empire romain de l’antiquité et lui redonner sa gloire, fut pendu après son arrestation. Quelques jours plus tard, le 8 mai ’45, les nazis signent la reddition et s’avouent vaincus. L’empire du Japon abdique quelques mois plus tard et le coup de grâce leur fut porté par les américains à Hiroshima, en août ’45. L’axe du mal a été réduit au silence. La population mondiale fut ambivalente. D’un côté, elle allait célébrer la fin de la guerre la plus meurtrière de l’histoire de l’humanité; de l’autre côté, ses populations allaient chercher dans les zones sinistrées par la guerre, ceux et celles dont ont demeurait encore sans nouvelle. Pour quelques-uns, ce furent des moments de joie, mais pour plusieurs, ce furent les sanglots, la colère et le désespoir. Voilà encore une autre grande mouvance mortifère: une guerre sans merci entre les peuples de la Terre.

 

La fin de la deuxième guerre a mise en évidence plusieurs autres monstres qui allaient polariser toute l’attention de la population mondiale. La séparation de Berlin par un mur, marquera l’imaginaire collectif de cette guerre qui s’opérait déjà bien avant la reddition de l’Allemagne nazie. Les américains, les français et le Royaume-Uni allaient, d’un côté, prendre Berlin-Ouest, alors que les russes allaient prendre Berlin-Est. Une nouvelle guerre prit forme: la guerre froide. Elle s’opéra d’abord des deux côtés de Berlin, particulièrement en ce qui concerne le ravitaillement des populations berlinoises. Les russes refusant pour la population de Berlin-Est, un ravitaillement provenant d’alliés américains. Cette guerre d’usure allait conduire au schisme de la Corée, entre ’50 et ’53. La Corée du Nord devint communiste et le sud devint démocrate. Ces deux monstres se sont fait la guerre par états interposés pendant plusieurs décennies et c’est encore le cas aujourd’hui. La chute du communisme sembla établir les américains comme la seule puissance mondiale, mais le gros monstre russe est encore bien présent et plus fort que jamais, malgré la perte de plusieurs territoires devenus maintenant indépendant.

L’autre de ces monstres, c’est Israël. Attention: il ne s’agit pas d’un qualificatif négatif pour dénigrer Israël, mais plutôt pour ce qu’il représente aux yeux des nations et sa polarisation involontaire de sa part. Israël, pour la première fois depuis approximativement 2 500 ans, devint souverain de son territoire, lui qui fut forcé à le quitter sous l’empire babylonien de Nabuchodonosor, entre -605 et -586 (av. J-C), puis voir les empires se succéder sur son territoire et le dominer, jusqu’à ce que les anglais, sous l’égide de la Société des Nations (ancêtre de l’O.N.U.), administre le territoire appartenant de droit à Israël. Depuis 1946, et plus particulièrement depuis 1948, Israël devint la cible de l’autre monstre: l’Islam

Ce monstre a dormi depuis des dizaines d’années et avait perdu toute autorité et légitimité dans le monde. L’Islam ne fut plus qu’une religion marginalisée depuis la chute de l’empire Ottoman (1453-1922). En fait, la deuxième guerre mondiale mit fin aux empires et fit place aux états nationalistes et indépendants, mais j’y reviendrai ultérieurement. Ce fut le début d’un renouveau terroriste. Une autre polarisation fit irruption dans le monde, et c’est celui de l’Islam, contestant la légitimité d’Israël et de son « occupation ». Il faut comprendre que dans l’Islam, un territoire qui a déjà été conquis par des musulmans, ne peut alors appartenir à nouveau aux peuples conquis par la suite, en cas de défaite des musulmans. Qu’à cela ne tienne, les territoires d’Israël ne sont pas que des terres, mais un héritage patriarcal depuis leur ancêtre, Jacob, qui leur distribua prophétiquement les territoires promis, conduit plus tard par Moïse, puis conquit par Israël sous Josué, vers l’an 1380 av. J-C. Cette guerre de l’Islam envers Israël n’est pas récente. En fait, c’est une guerre de bénédictions « abrahamiques ». Abraham a bénit Isaac, mais pas Ismaël, père des arabes. La promesse du Messie devait venir de la tribu de Juda, fils de Jacob, mais les fils d’Ismaël jalousèrent la bénédiction abrahamique, qui était une bénédiction divine. Ils ont donc eut leur prophète: Mahomet. C’est lui qui s’autoproclama prophète et qui mettait fin à la Torah et le N-T, au 7ème siècle. Voilà une autre mouvance mortifère: celle de la renaissance du terrorisme. Elle connut une forte recrudescence au 19ème siècle, mais a connut la plus grande explosion de son histoire au 20ième siècle et cela va en augmentant au 21ième siècle.

 

Conclusion de cette première partie

Mais quel est le rapport avec une simple mode gothique, se demanderont certains? Pourquoi tous ces parcours sinueux pour expliquer cette mouvance, alors qu’on aurait pu faire court en expliquant l’origine de cette mode? Et bien voilà, ce n’est pas une mode. On retrace cette mouvance dans l’histoire récente, particulièrement depuis le 18ème siècle jusqu’à nos jours et ce, dans les arts, l’histoire, la littérature, la politique, les influences de personnages historiques récents et de plus, cette mouvance présente un reflet de nos sociétés et toutes ces prétendues révolutions, avancées et évolutions de l’être humain. Toutefois, jamais il n’y a eut autant de lois permettant la légitimité de propager la mort autour de nous. En effet, nous sommes dans une culture de la mort depuis la deuxième moitié du 19ème siècle et le monde des arts et de la littérature, depuis ce temps, nous reflètent cette culture de la mort par des personnages qui sont des pionniers de la mouvance gothique actuelle. J’en reparlerai dans le prochain article. Tout ce qui a été évoqué dans cet article, sont des influences directes qui ont donné comme conséquences les différents mouvements contestataires, que ce soit le mouvement Hippie puis Punk, ou le féminisme, les LGBT, l’extrême gauche, l’extrême droite (qui se manifestent par différents courants, comme le KKK ou les Skin Heads) Mais retenez au moins un nom: Aleister Crowley

 

 

Patrick Galarneau

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