Mariage: une incompréhension de la révélation.

Introduction

Lorsque Satan s’adressa à la femme sous la forme d’un serpent beau à regarder, certains ont lancé l’idée que la femme est attirée par ce qui est beau aux yeux. C’est ce qui expliquerait d’ailleurs le goût prononcé de la femme pour les belles choses, comme les bijoux, les vêtements, les décorations et ainsi de suite. Et cela justifierait l’idée de contenir la liberté de la femme par la soumission de celle-ci envers l’homme. Or, comme expliquée dans l’article précédent, la rédaction de ce récit est fortement teintée par les concepts patriarcaux du rédacteur, influencé par son groupe d’appartenance social. La rédaction du récit se fit bien après la chute. Ainsi, le rédacteur rédige selon ses concepts humains, sans pour autant en altérer l’inspiration divine, tant dans sa forme que dans sa formulation. Car voyez-vous, la conséquence attribué par Dieu à la femme s’est perpétuée dans la forme qu’a prit le récit de la création, par son rédacteur. Il est tout à fait impossible que le récit soit entièrement historique et littéral, car la chute en a altéré sa véracité sur le plan des faits, faits que l’on ne peut vérifier historiquement.

 

Il est tout à fait admissible que le récit de la création fut enjolivé à l’avantage de l’homme, puisque le contexte de rédaction s’inscrit dans une culture imprégnée exclusivement du patriarcat manifesté dans les différentes sociétés de cette époque reculée. Nous n’avons donc pas l’heure juste sur les faits, mais seulement sur l’intention à partir de la chute et des conséquences attribuées par Dieu pour l’homme et la femme.

 

Inspiration divine et apport humain: incompatible?

Beaucoup de croyant croient à une forme de dictée mécanique, que l’auteur des écrits est strictement le Saint-Esprit, utilisant la main d’un homme pour rédiger. Croyez-vous que Dieu soit limité, au point que, s’il ne désire pas la participation active de l’homme dans sa révélation, il ne puisse le faire lui-même? Si le Saint-Esprit est le seul dépositaire de la révélation écrite, ne peut-il pas alors se prévaloir seul de la rédaction? Pourquoi utiliserait-il l’homme dans un tel cas? Beaucoup de chrétiens refusent de considérer la participation active de l’homme dans la révélation, sous prétexte que l’homme est imparfait et donc, pécheur. Or, si Jésus est né d’une femme pécheresse, le Saint-Esprit l’a tout de même utilisé pour y mettre au monde le Dieu sauveur incarné. Vous ne pouvez pas avoir plus bel exemple de l’utilisation d’un être humain pécheur dans la révélation de Dieu! Pour demeurer dans la logique de ces chrétiens obscurantistes, Jésus aurait dû apparaître sans aucune participation humaine.

 

Ainsi, Dieu a permit l’influence culturelle et sociale de chacun de ses rédacteurs, sans pour autant en altérer sa révélation et son inspiration. Dans la religion, c’est l’homme qui est appelé à s’adapter à son Dieu, ce qui nous mène tout droit à toutes sortes de dérives les plus folles les unes que les autres. Mais dans les faits, pour celui dont la foi est calibrée et équilibrée, c’est Dieu qui adapte sa révélation au contexte socio-culturel de ceux et celles qui sont visés par la révélation directe. La forme, ce qui enveloppe la révélation, est effectivement teintée des concepts de la culture qui partage la révélation de Dieu. Son langage est aussi l’adaptation et le moyen ultime pour faire comprendre la révélation à un groupe d’individus qui sont visés par cette révélation. La révélation est comme l’eau que l’on reçoit à boire, mais le récipient qui transporte l’eau est construit par l’homme, afin de l’amener sans en échapper la moindre goutte, pour tous ceux et celles qui sont visés par cette eau pure.

 

L’exégèse honnête n’a pas de filtre ni de présupposé théologique

Le rédacteur utilise donc son langage, ses concepts propre à son époque et son influence sociale et culturelle dans la rédaction de la révélation qu’il a reçu. Prenez l’apôtre Jean, lorsque ce dernier rédigea les révélations qu’il a reçu de la part de Christ, sur l’île de Patmos, lors de sa captivité par les romains. Il devait décrire des événements à venir, loin dans l’histoire, avec ses repères d’homme du premier siècle. C’est donc avec le langage et les concepts connus de ses contemporains qu’il décrivit les événements dont il a reçu en vision, afin de les faire comprendre à ses contemporains visés par les révélations reçu par l’apôtre Jean. Ce dernier ne devait certainement pas comprendre tout ce qu’il reçu en révélation, mais il devait tenter, au mieux de sa compréhension, décrire ce qu’il a reçu, à l’intention du degré de compréhension et de réceptivité des destinataires visés par la révélation. Le prophète Daniel fut confronté à un problème similaire, mais de moins grande envergure, car l’évolution entre les royaumes de Babylone jusqu’à l’empire romain, fut beaucoup plus lente et moins prononcée que celle de l’apôtre Jean, qui commence dans son époque, pour se terminer plus loin que la nôtre. Tout de même, le prophète Daniel devait aussi adapter la révélation selon les concepts et le langage commun de ceux et celles visés par la révélation, ce qui fut le cas, entre autre, du rêve de Nabuchodonosor, lors de son fameux rêve que Daniel a décrit.

 

Lorsque nous étudions la Parole de Dieu, nous ne pouvons pas nous contenter d’affirmer qu’elle peut être comprise par de jeunes enfants, afin de leur faire gober toutes les inepties que nous croyons par tradition ou religiosité crasse. À l’époque où Jésus s’exprima ainsi, c’était à des enfants contemporains à lui, dans sa culture, avec son langage et ses concepts. Depuis, deux millénaires se sont écoulés depuis ce temps. Or, il y a de multiples barrières à briser pour comprendre les textes comme les enfants de l’époque de Jésus. La barrière de la langue, du temps, de la culture, des concepts et des figures connues de cette époque, de l’histoire et ainsi de suite. Il n’est pas simple de rendre limpide les textes anciens pour nos contemporains. Mais vous serai alors en mesure de comprendre ce que je tente de vous illustrer, puisque les textes vous sont disponibles, avec votre langue à vous, vos mots, vos concepts à vous, votre culture, votre historique, vos traditions et tout ce qui concerne votre contexte à vous. Ainsi, le texte ancien adapte son langage par les traducteurs qui vous permettent d’avoir accès, dans votre compréhension, à la révélation de Dieu pour une époque dont nous ne sommes pas les destinataires directes, mais indirectes.

 

Nous sommes les destinataires indirectes.

Destinataires indirectes, car nous ne sommes jamais les premiers visés par les révélations. Chaque lettre ou livre biblique a son ou ses destinataires directes. C’est ce qui explique le titre de chacun des livres composant la Bible. Si l’apôtre Paul parle aux éphésiens, alors, il ne parle pas aux québécois ni aux français de l’année 2016, mais bien aux éphésiens de l’antiquité, à l’apogée de l’empire romain, durant la Pax Romana, le plus long temps de paix connu à travers l’histoire humaine, soit, sur une période de 200 ans. Éphèse était une cité d’Asie Mineure, la plus importante cité de cette grande région asiatique. Il s’agit, au préalable, d’une cité grecque, conquise par Alexandre Le Grand, au 4ème siècle av. J-C. Ce sont donc les éphésiens, contemporains de l’apôtre Paul, qui sont visés particulièrement et spécifiquement. L’apôtre adapte son langage à la mesure de la compréhension des éphésiens, alors qu’ils ont une culture qui leur est propre, dû à leur géo-politique. Ensuite, ces textes nous sont transmis avec beaucoup d’arrangements, afin de nous les rendre accessible selon notre culture, notre langage, nos concepts et ainsi de suite.

 

Voyez-vous, nous aussi avons besoin que la révélation soit adaptée pour nous-mêmes. Vous êtes donc en mesure de comprendre que Dieu a aussi adapté sa révélation à ses créatures, par des hommes semblables et représentatifs de ceux et celles qui sont visés par la révélation soufflée par Dieu.

 

Conclusion

L’union entre l’homme et la femme a subit d’importantes torsions, car la relation entre l’homme et la femme est brisée. Pire: ils sont opposés et adversaires. Ils doivent pourtant composer ensemble et multiplier la race humaine. Cette union a subit son lot de torsion à travers l’histoire, adaptant le modèle parfait pour le rendre impur par la domination de l’homme sur la femme, que l’on a appelé « mariage », dont le préfixe signifie « mâle conquérant », ou « homme qui possède une femme ». Cette torsion s’est perpétuée dans le temps, mais doit prendre fin pour ceux et celles qui sont maintenant en Christ. Il faut sortir des concepts de ce monde afin d’embrasser les concepts de Dieu. Pour cela, nous avons une nouvelle adaptation à faire, celle de revenir au sens initial de l’union voulu par Dieu pour l’homme et la femme. Ce n’est plus celle de la domination de l’homme sur la femme, représentative de la brisure relationnelle entre Dieu et l’homme, puis de l’homme et de la femme, mais celle de la nouvelle alliance, celle du cœur renouvelé. Il faut aussi comprendre que les textes ont subi l’influence patriarcale de ses auteurs et qu’il n’a jamais été dans la volonté de Dieu de faire de la femme, l’objet de la soumission de celle-ci envers l’homme. C’est l’incompréhension de la révélation de Dieu qui est en cause, car on refuse de laisser l’Esprit de Dieu renouveler notre vie. Nous éprouvons de grandes difficultés à se défaire des concepts qui ont bercé nos croyances depuis toujours.

 

 

 

Patrick Galarneau

Mariage: des relations brisées!

Non, il ne s’agit pas du divorce, ni même de querelles dans le couple. Bien entendu, ces deux éléments résultent du sujet que je veux aborder: l’aspect relationnel, imprégné de la nature pécheresse.

 

Imaginez un instant si le premier couple n’avait jamais péché. Oui, imaginez comment aurait été la relation entre l’homme et la femme, si seulement le péché avait été absent. Croyez-vous un seul instant que le récit de la création serait le même? Et pour aller plus loin, le rédacteur n’aurait sans doute pas abordé, un temps soit peu, les notions de soumission; de la femme tirée de la côte d’Adam; de chefferie… il n’y aurait jamais eu de clans, de sociétés, de patriarcat, de mariages forcés, d’alliances entre clans, de guerres, ect… Mais surtout, il n’y aurait jamais eu cette brisure relationnelle entre l’homme et la femme.

 

Légiférer le péché par le péché.

Bien entendu, il y eut au départ, cette brisure irréparable entre Dieu et la race humaine. Dès lors, Adam et Ève ont créé une brisure relationnelle entre Eux et Dieu, puis entre l’homme et la femme, puis les humains entre eux. La guerre entre les deux genres sexués fut entamée. Les querelles sont issues de cette nouvelle nature après la chute, celle du péché. Il devenait alors impossible d’entretenir une relation parfaite. Il devient ardu d’entretenir une relation viable entre hommes et femmes, entre humains, puis dans un même couple. C’est ce qui explique d’ailleurs l’organisation entre humains pour former des clans et des sociétés structurés. En fait, Dieu a confondu les peuples (Ge.10-11), car l’unité dans la rébellion ne peut mener au choix de Dieu pour un peuple qui se distingue par son appartenance au Dieu souverain. Dieu a donc décidé de laisser les humains sans sa glorieuse présence, puisque la rébellion n’admet pas Dieu dans sa structure de pensée. Les humains se sont donc organisés à circuit fermé, c’est-à-dire, en refusant d’entendre la voix de Dieu pour leur bien-être collectif. Puis, vint alors un obscurantisme social et étatique qui résulte de ce manque de lumière que représente la présence de Dieu. Les hommes sont donc plongés de plus en plus progressivement dans l’obscurité spirituelle. Les sociétés sont les représentantes du monde des ténèbres, car c’est le monde, un monde sans Dieu.

 

Les sociétés se reposent sur deux grands fondements:

  • un système de justice: La justice n’a aucune raison d’être si le péché est absent. Il a pour but, non pas d’enrayer le péché, mais de le condamner et au mieux, d’en contenir sa prolifération par des lois liberticides, mais nécessaires pour le bon fonctionnement social. Toutefois, la justice a ses limites: elle ne peut réformer le coeur. Si Dieu a mis sur pied des règles de bienséances, ce n’est pas par sa volonté divine, comme si la loi était parfaite, mais il s’agit bien de conséquences divines, à cause de la nature pécheresse. Les femmes sont particulièrement stigmatisées par un système de justice, car il favorise le patriarcat à leur détriment. Une femme ne peut donc pas décidé de son libre statut.
  • les inégalités: bien que cet élément soit en contradiction avec la première affirmation, une société organisée est inévitablement construite sur des inégalités, puisque tout ce système repose sur le principe de l’imposition d’une autorité supérieure à une autre, par paliers de gouvernances hiérarchique. Ces inégalités favorisent les uns au détriment des autres. Il s’agit encore une fois d’une conséquence divine et non d’une volonté divine. Encore une fois, ce sont surtout les femmes qui en payent le fort prix.

 

La société, les clans et le patriarcat sont tous des conséquences divines, et non la volonté divine. Vous saisissez la distinction?

Conséquences divines: parce que la femme a décidé de prendre seule l’autorité, elle fut reléguée à la soumission envers l’homme. Jésus a dit, à juste titre: « celui qui voudra être le premier sera le dernier ». En effet. L’homme et la femme auraient dû être tous les deux devant Satan et demander l’intervention de Dieu. La manière dont le texte s’exprime, c’est que Satan s’est adressé à la femme. L’interprétation du milieu catholique, orthodoxe, protestant et évangélique, c’est que Satan a adressé ses questions à Ève à cause de la faiblesse de la femme. Or, si la femme était parfaite avant la chute, comment pouvait-elle être dans un état de faiblesse? L’autre aspect de l’interprétation, c’est que Satan sème le désordre. Ainsi, selon l’interprétation populaire des quatre grandes branches du christianisme, Satan a nivelé par le bas en s’adressant au plus faible du couple, et le dernier de la hiérarchie: la femme. Ainsi, Satan va dans le sens contraire de l’ordre divin en s’adressant à la femme. Cette interprétation ne tient pas la route et voici pourquoi:

  • 1- Le rédacteur du récit de la création n’est pas un témoin directe de ce qu’il raconte: Le récit est enjolivé et s’inscrit dans un genre littéraire très répandu à l’époque mosaïque et même, antérieur à ce dernier (par exemple, les écrits sumériens, Hammourabi, ect…): poétique. L’égyptologie nous démontre d’ailleurs que depuis la période du haut empire (3 100 à 2 200 av. J-C), les écrits pharaoniques de leurs victoires sont rédigées dans un genre littéraire poétique, et une des figures de styles dans la rhétorique du roi vainqueur: les hyperboles. Les écrits de l’époque d’Hammourabi en sont aussi des exemples. Les sources premières contemporaines aux événements relatés nous apprennent une réalité souvent différente. Les récits de la création peuvent aisément s’inscrire dans ce type de registre, alors que son auteur, qui n’est pas une source première des événements qu’il relate, rédige un récit dont l’essence est inspirée, mais sa formulation est teintée de l’empreinte culturelle de ce patriarcat qui caractérisait cette période de l’histoire, soit, celle de l’Exode (post-égyptien). Tout historien sérieux ne peut admettre l’historicité du récit de la création. Mais l’historien qui est croyant et né de nouveau admet son caractère théopneustique (inspiré de Dieu et mis par écrit). La forme que prend le récit est tout aussi importante. Sa forme peut aussi avoir été inspirée, car Dieu peut très bien vouloir donner seulement ce qui est pertinent, sans avoir à justifier le caractère historique du récit.
  • 2- Le contexte historique, social et culturel du rédacteur de ce récit est celui-ci: a) il rédige dans la période subséquente à la chute. Ainsi, le rédacteur a sa nature pécheresse et le texte qu’il rédige est influencé par les limites de compréhension des concepts divins et spirituels, malgré l’inspiration; b) Le rédacteur est biculturel, soit, égypto-hébraïque: il a connu l’idolâtrie égyptienne, qui a façonné la culture égyptienne; il est issus de la tribu de Benjamin, du peuple de Jacob, avec sa culture naissante qui lui est propre; c) le rédacteur rédige à partir de ses repères à lui: l’inspiration divine adapte son message et ses principes, à la mesure de l’acceptation et de la compréhension de celui ou ceux à qui s’adresse la révélation. La révélation doit toujours être adaptable pour atteindre la compréhension des contemporains, selon leur culture, leurs repères, leurs mœurs, bref, leur contexte spécifiquement à eux.

 

Volonté divine: au départ, la volonté de Dieu était que l’homme et la femme soient les dépositaires de l’autorité sur toute la création. La femme fut faite aussi à l’image de Dieu, un complément de l’homme, et l’homme, un complément de la femme. Dans le péché, le monde dominé par le péché est hostile à la femme, triste conséquence de son désir de prendre à elle-seule l’autorité de la création, sans l’apport de l’homme, lors de la tentation en Éden. N’oublions pas que la forme de rédaction de l’auteur du récit de la création n’est pas un contemporain des événements relatés, et qu’il est normal que l’auteur ait rédigé ceci: « la femme fut tirée de la côte d’Adam », ce qui prouverait la volonté divine au sujet de la soumission de la femme envers l’homme. Mais c’est omettre le contexte historique, social et culturel de son auteur, dont le récit est imprégné de son contexte après la chute. La rédaction du récit est donc fortement influencée, dans sa forme et sa formulation, de la pensée patriacale, sans pour autant altérer son inspiration divine, puisque le désir de Dieu était de prolonger la conséquence attribuée à la femme, jusqu’à ce que celle-ci mette au monde celui qui viendrait la sauver et la délivrer de cette condamnation: Christ.

 

Ainsi, en nouveauté de vie, il n’y a plus ni homme ni femme. Le « Mari-agère (mariage) » devint caduque. Le deuxième Adam (Christ), a réparé la brisure relationnelle insurmontable et irréparable causée par le premier couple. Le terme « mariage » n’a plus sa place, car la femme n’est plus assujettie à la domination de l’homme en nouveauté de vie. Le croyant qui s’unit à une femme le fait comme il aurait dû en être ainsi depuis Adam et Ève, et non selon la torsion relationnelle qu’a pris la notion d’union par la domination du mâle sur la femme, et que nous avons appelé « mariage ».

 

 

Suite au prochain article

 

 

 

Patrick Galarneau

Mariage: domination de l’homme.

Dans l’article précédent (https://lafoisansreligion.com/2016/07/27/mariage-les-differences-entre-letymologie-du-mot-et-de-la-definition-du-meme-mot/), nous avons étudier ce qu’est l’étymologie et ce qu’est une définition. Ensuite, nous avons observé ce qu’est le mariage à partir de l’étymologie, et ensuite, depuis la définition. Nous avons remarqué qu’il y a des différences importantes entre l’étymologie du mariage et la définition du mariage. Même, on peut constater des oppositions.

 

Certains ont tenté de modifier l’étymologie du mot « mariage », afin de le faire correspondre à leur théologie, leur croyance à eux, ou bien, pour des raisons légales. Or, le mariage n’est ni une affaire religieuse ni sociétale. D’abord, ni Dieu ni la Bible ne sont des éléments de religion, malgré l’instrumentalisation qu’en ont fait les trois grandes religions, soit, le judaïsme, le christianisme et l’Islam. Le mot « mariage » prend une signification différente selon:

  • l’influence du péché originel
  • l’influence de la société versus une autre
  • l’influence religieuse, qu’importe comment cette religion se traduit
  • l’influence de la foi en Jésus-Christ
  • l’influence de l’athéisme
  • l’influence de l’évolution des mœurs d’une société par rapport à une autre
  • l’influence de la tradition

 

Ce qui est cependant certain, c’est que dans le mot francisé « mariage », il y a le mot « mari », mais aucune racine latine, grecque ou autre langue pour la femme. Le mot « mari » a le sens de « conquérant »ou « mâle ». La notion de mariage a été pervertit au préalable par le péché, car le « mariage » aurait dû être beaucoup moins compliqué et contraignant qu’il était censé l’être au tout début de l’histoire de l’humanité. La notion de « mariage » a, comme sens originel, l’idée de la domination de l’homme sur la femme, une domination qui nous vient des conséquences attribué par Dieu en Ge.3.16. Au départ, il n’était pas du tout dans le plan divin que la femme soit créée pour être l’objet de soumission de l’homme. La femme et l’homme devait être des compléments, mais au lieu de cela, ils devinrent des opposés, où la femme cherche à prendre seule, la place d’autorité qui incombait tant à l’homme qu’à la femme.

 

L’idée même de soumission est implicite au péché. Sans péché, la soumission n’existe ni dans le mot, ni dans son sens, ni dans une quelconque application à l’un des deux genres sexuels. La conséquence de la femme fut d’être assujettie à un monde dominé par les hommes. C’est ainsi que sont nées les sociétés, organisées de manière hiérarchique, imposant, par extension, la notion de soumission exigée par un monde dominé par les hommes. Les sociétés sont les ancêtres des clans. Chaque clan était dominé par un « mâle ». Ce dernier pouvait exiger une dot plus importante pour donner sa fille à un membre du clan, ou encore, à un clan ami ou rival et ce, afin de créer des alliances pour consolider le pouvoir du chef de clan. La femme était donc un instrument d’ALLIANCE, d’où nous vient le fameux terme « alliance » pour « mariage ».  L’alliance avait un but stratégique, parfois de contrainte par la défaite d’un roi envers un autre et donc, pour épargner le « patrimoine » du clan, la fille d’un membre de la royauté était donnée comme butin de sauvegarde du patrimoine du clan défaitiste. On créait ainsi une « alliance protectionniste ».

 

Ainsi donc, suite au péché d’Ève dans le jardin en Éden, une importante brisure a été créée et a changé toute la suite de l’histoire humaine. Mais nous verrons de quoi il s’agit dans le prochain article 😉

 

 

Patrick Galarneau

Mariage: Les différences entre l’étymologie du mot et de la définition du même mot!

Étymologiquement, plusieurs y vont de leurs propres sens et en défont le sens, ce qui trahi l’étymologie du terme. Or, on ne peut absolument pas séparer l’étymologie du contexte dans lequel est utilisé le terme. Je donne un exemple en deux volets:

  • J’ai à cœur de donner aux miséreux
  • Je vais subir une opération au cœur

Dans les deux cas, le mot « coeur » prend un sens différent. Pourtant, l’étymologie demeure la même, mais c’est le contexte du texte qui donne un sens aux mots, pas le contraire. Le mot enrichit le texte, mais il n’en donne pas la signification. Ainsi, on ne peut se contenter que d’expliquer le mot, il nous faut le contexte dans lequel se trouve le mot, afin d’en donner une signification juste. C’est l’erreur que commettent beaucoup de pasteurs qui ont une certaine connaissance des écritures, mais qui trahissent les règles de l’herméneutique.

 

L’étymologie a cependant la prétention légitime de revenir au vrai sens du terme, contrairement à la définition. En effet, il y a une distinction importante entre:

  1. Étymologie: Science qui étudie l’origine des mots.
    • Science qui a pour objet la recherche de l’origine des mots d’une langue donnée, et la reconstitution de l’ascendance de ces mots.
    • L’étymologie est une discipline diachronique (s’intéresse à l’histoire de la langue et étudie ses évolutions) de la linguistique, qui cherche à établir l’origine formelle et sémantique d’une unité lexicale, le plus souvent un mot. Elle s’appuie sur des lois de la phonétique historique et sur l’évolution sémantique des termes envisagés.
  2. Définition: 1- Énonciation des attributs qui distinguent une chose, qui lui appartiennent à l’exclusion de toute autre. 2- Définition d’un mot, explication de son véritable sens. 3- Définition, figure de rhétorique, sorte d’exposition des divers aspects par lesquels on peut considérer une chose et qui la fait connaître au moins en partie.

Notes: dans la définition, le sens le plus juste de ce mot serait: à partir de son étymologie, sens donné à une chose, selon l’évolution sociale, des moeurs, lui donnant une définition populiste, compromettant le véritable sens du mot qui est défini subjectivement selon la mode du moment.

  • Le « mariage » s’inscrit d’ailleurs dans cette torsion étymologique qui nous donne un sens élargit du terme « mariage », alors que des mouvements contestataires, se manifestants en Lobbys LGBT, cherchent à lui subtiliser son étymologie pour le tordre dans une définition populiste qui caractérise nos moeurs sociales actuelles. Ainsi, le « mariage pour tous », qui inclus autre chose qu’un homme et une femme, ne portera plus que le terme « mariage », auquel on attribuera subjectivement le sens où deux ou plusieurs personnes, indépendamment de leurs sexes, décident de s’unir légalement. Voilà un exemple du mot « DÉFINITION », contrairement à « ÉTYMOLOGIE ».

 

Exemples de distinctions du mot « mariage », selon l’étymologie ou si c’est une définition:

Étymologie du mot « mariage »:

  • Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1145 trans. «donner quelqu’un en mariage» (Wace, Conception N. D., éd. W. R. Ashford, 691);
  • Mariage vient des racines « mari » et « agere », de « mas » ou « maris » signifiant mâle »[1] et du latin « agere » signifiant faire, acte, agir [2].
    Ce mot « mari » provient de l’indo européen « `mari » [3] « le héros » et du sanskrit « Marya » le « conquérant », qui donnera le mot Hittite « Maryannu » désignant un « combattant de char ».
  • La source étymologique de mariage est « mari » et non « matri ». La source étymologique bien arrangeante du mot « mariage » depuis le latin « matrimonium », bien que souvent citée est à écarter : « Mariage » vient de la source « mari » (le mâle) et non de « matri » (la mère).
    Aucun source linguistique ne corrobore le passage de « mari » en « matri » !

 

Maintenant, regardons le sens du même mot, mais selon la définition:

Définition du mot « mariage »

  • Acte solennel par lequel un homme et une femme (ou, dans certains pays, deux personnes de même sexe) établissent entre eux une union dont les conditions, les effets et la dissolution sont régis par le Code civil (mariage civil) ou par les lois religieuses (mariage religieux) ; union ainsi établie.
  • Union d’un homme et d’une femme consacrée soit par l’autorité ecclésiastique, soit par l’autorité civile, soit par l’une et l’autre.
  • Le mariage est une union conjugale rituelle et contractuelle, à durée illimitée ou indéterminée, reconnue et encadrée par une institution juridique ou religieuse qui en détermine les modalités. Le terme désigne à la fois la cérémonie rituelle, l’union qui en est issue et l’institution en définissant les règles.

 

Historiquement

Le mariage, tel que nous le concevons actuellement, date du 12ième siècle et ne vient pas du tout de la Bible. En 1155, on a changé le terme « mariage »pour « donner en mariage » ou pour « accoupler ». En 1220, le mot « marier », prend le sens de cérémonie de l’union d’un homme et d’une femme. Le mariage avait pour but, dans le catholicisme, d’établir des alliances étatiques entre différents rois des états européens. L’Église de Rome était la représentante autoproclamée de l’intemporelle sur le temporel. Ainsi, l’Église romaine avait mainmise sur la royauté et sur les familles des états sous sa juridiction. Pour s’unir, il fallait avoir adhéré à l’église romaine et se soumettre à a juridiction, dont celle sur le mariage contracté et légiféré par cette dernière. Cette manière de faire est une torsion du sens original de mot « mariage », car il n’en a jamais été ainsi.

 

 

Ceci n’est qu’une introduction au sujet.

 

 

 

Patrick Galarneau

Le vedettariat évangélique.

Lorsque j’étais jeune, dans les années ’80, j’entendais souvent les noms de Jimmy Swaggart, Benny Hinn, Billy Graham et autres grands noms évangéliques d’une époque maintenant révolue. Ces personnalités, dont certaines ont eu une influence directe sur des présidents américains, étaient plus grandes que nature. Elles étaient les figures de proues du mouvement évangélique américain et même, mondial. Pendant ce temps, au Québec, la mouvance évangélique était en plein effervescence et battait son plein. Les églises évangéliques se multipliaient, alors que celles des catholiques se vidaient. Nous n’entendions pas parler de l’Islam, mais beaucoup de groupes se disant chrétiens, comme les mormons ou les témoins de Jehovah, qui eux aussi, se multipliaient au rythme effréné de la mouvance évangélique. Les campagnes d’évangélisations étaient à la mode et le mouvement hippie des années 60′, ’70 et début ’80 s’y est mis lui aussi. D’ailleurs, le mouvement hippie s’inspirait entre autre de Jésus et du mouvement évangélique pour véhiculer ses idées d’extrême gauche.

 

À contrario, beaucoup d’adeptes d’églises locales sont d’anciens hippies ayant rencontré Christ sur le propre chemin de Damas. Ils sont aujourd’hui des grands-parents, tant au sens propre qu’au sens spirituel. Ils sont de la deuxième génération de chrétiens évangéliques au Québec. La première génération a dépassé les 80 ans ou sont décédés. Dans les années ’90, on a eu un certain Rick Warren, qui a débuté une église dans le quartier Orange, en Californie, à l’ombre d’un autre grand évangélique, du nom de Jonh MacArthur, une autre grande paire de soulier évangélique des années ’90. Rick Warren a fait la prière d’investiture de Barack Obama, pour son investiture, en 2008. Il fut l’un de mes mentors, jusqu’en 2003, alors que je rédigeais ma thèse doctorante sur la vision d’église… alors que je n’étais qu’au Bacc! J’ai envoyé ma thèse aux élites de mon association, qui voyait en moi un candidat idéal pour la promotion de leur entreprise religieuse. Or, dans son livre « une passion, une vision », de Rick Warren, j’ai accroché sur un tableau descriptif du culte. Ce dernier affirmait que le culte devait être dirigé vers les gens de la salle de culte. Ce seul élément m’a interpellé et mis en doute toute ma conception du culte et de la mouvance évangélique.

 

En effet, le culte n’est pas dirigé vers les « spectateurs », mais bien vers Dieu. C’est à Dieu que l’on offre un culte. Le culte n’a pas pour vocation de plaire à la foule, pour la divertir, pour la rendre spectatrice, mais bien pour Dieu, et amener les chrétiens dans l’adoration à Dieu. C’est ainsi que j’ai remis en question toute ma théologie, mes conceptions chrétiennes et mon affiliation envers ces associations d’églises. Ce ne fut pas le seul élément, mais l’élément de départ d’une longue réflexion. J’ai compris que mon affiliation avec Rick Warren tenait davantage de ce que j’appelle aujourd’hui le « Evangelical Star System ». Ou si vous préférez: le vedettariat évangélique. J’ai compris que je suivais les grandes pointures du monde évangélique, sans même me questionner sur la validité de leur foi, de leur position évangélique ou de leurs doctrines. Là s’est engagé une série de réflexion sur ce que j’avais adhéré aveuglément. Pourtant, je n’ai jamais été un suiveur. J’ai toujours été en marge de ce que croit la majorité. Le problème, c’est qu’en venant à Christ, j’ai cherché à me conformer, afin de me valoriser et de trouve enfin ma valeur aux yeux de personnes importantes.

 

Vedette évangélique, 3.0

Mais passons aux choses sérieuses, car ce n’est pas de moi dont il s’agit dans cet article, mais bien de ce vedettariat qui a prit une forme bien différente de nos jours, avec les réseaux sociaux. Effectivement, n’importe qui peut devenir une vedette grâce au net et ce, sans même avoir un seul ami véritable dans sa triste vie. Il y en a des bons, mais il y a une panoplie de mauvais éducateurs chrétiens via les réseaux sociaux. Et qui dit réseaux sociaux, on pense tout de suite à Facebook, Youtube ou Twitter. Il y en a bien d’autres, mais ce sont les trois principaux qui véhiculent de bonnes et de moins bonnes choses sur le net.

 

Les vedettes

Dernièrement, j’ai fais une vidéo sur Morgan Priest, un missionnaire évangélique chrétien affilié à aucune église. Cette vidéo a généré un nombre impressionnant de commentaires, de visionnements et de « j’aime » ou « j’aime pas », à tel point que même les plus connus du milieu évangélique n’ont pas eu cette reconnaissance ni cette popularité. Pourtant, loin de moi cet objectif de reconnaissance personnelle, car si je pouvais me déguiser en homme invisible, je le ferais. Dans cette vidéo, j’ai offert mon appui à Morgan, au-delà des critiques à mon endroit. Je me moque complètement de ce que les gens pensent ou qu’ils me méprisent pour mes prises de positions. J’ai la tête la plus dure du monde évangélique (ma femme pourrait vous en parler longuement); je suis imperturbable et je fonce avec conviction dans ce que je crois. Je n’éprouve aucune honte si tout le monde pense le contraire de moi et que je sois le seul à soutenir une position. Je n’ai peur de personne et personne ne peut me faire changer d’avis, sauf si je constate mon erreur.

Morgan demeure quand même l’une des vedettes montantes de la mouvance évangélique. Or, l’église traditionnelle perd des plumes. Elle s’enlise et n’est plus qu’un repère de vieilles personnes. Comprenez bien que j’ai un respect entier envers les personnes du troisième âge, cependant, il faut aussi noter que des étoiles montantes font maintenant parti du paysage de la mouvance évangélique. Cela ne signifie pas que ces personnalités soient en accord avec la vérité. On n’a qu’à penser à Shora Kuetu, Kacou Philippe ou Claude Ignersiki, dont ce dernier a ameuté le monde évangélique avec ses prétendues révélations qui se sont avérées fausses. Kacou Philippe fait croire qu’il est le Christ incarné. Kuetu méprise tout ce qui est évangélique ou pastoral. Certains diront que nous sommes vraiment mal pris avec Morgan, un gothique notoire dont on craint les apparences et donc, on préfère demeurer seuls dans son coin que d’être à la merci des pensées de ce siècle (Ro,12,1-2). Et encore, Brian Welch, anciennement du groupe métal Korn, qui a donné sa vie à Christ. Non mais sérieusement… voyez un peu le portrait… Vous avez un hiomme dans la culture gothique et pour être certain de ne pas faire mieux, vous avez un homme de la culture goth-métal comme figures de proues. Nous sommes loin de Benny Hinn ou de Jimmy Swaggart.

 

Le problème, ce n’est ni Morgan ni Brian Welch, mais bien l’idolâtrie que l’on en fait.

 

 

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Patrick Galarneau