Les croyants me jugent, les non-croyants m’acceptent: je quitte l’église… Vraiment?

Avant-propos

D’entrée de jeu, je ne fais parti d’aucune église locale ni dénomination, fédération ou association d’églises. Je ne me retrouve aucunement dans ce système auquel je ne crois plus depuis plusieurs années. Je pense que ce système est le principal frein à l’émancipation et la maturité des chrétiens nés de nouveau. Demeurer dans ce système, c’est refuser de grandir. On ne grandit pas à travers l’église locale. À tout le moins, le processus de maturation est beaucoup plus lent, n’en déplaise aux promoteurs de la notion d’églises locales. Ce qui ne m’empêche pas de respecter ceux et celles qui aiment cette notion. Puis, cet article n’a pas la prétention d’élaborer sur le bien-fondé des propos ci-haut, mais de faire la lumière sur un des problèmes qui gangrène les églises locales mais aussi, le christianisme en général: les faux motifs.

 

Introduction

Que vous soyez fidèle à une assemblée locale, que vous y adhérez ou pas, que vous soyez des visiteurs intermittents, vous avez tous entendu les insatisfactions des uns et des autres au sujet de leur relation avec l’église locale. J’ai reçu un nombre de commentaires plutôt impressionnant concernant l’hypocrisie qui semble régner au sein des assemblées locales. Il y a certes de l’hypocrisie, mais c’est entretenu par les bonzes de ces assemblées qui plantent leurs graines dans une mauvaise terre, celle de l’image, des apparences et du masque évangélique dont on apprend à se doter lorsque l’on saisi la culture et la dynamique de celui-ci. Mais tous les torts ne reviennent pas uniquement à l’église locale, ses pasteurs ou sa structure hiérarchique.

 

Deux catégories

D’un côté, il y a ces jugements à l’emporte-pièces qui caractérisent ces chrétiens religieux qui n’ont de cesse de pointer du doigt les autres qui ne conviennent pas à leur conception d’une vie chrétienne. Ils ne font que juger et déverser tout leur fiel amer sur ce qui ne correspond pas à leurs attentes, car oui, ces jugeurs ont des attentes envers les autres. Ils exigent rien de moins que la perfection. Pas la leur, mais bien celle des autres. En fait, ils sont eux-mêmes des standards de moralité et de foi. Du moins, c’est ce qu’ils se prétendent à eux-mêmes sans le dévoiler aux autres de manière limpide. Eux aussi ont de mauvais motifs. De l’autre côté, il y a ces moutons noirs qui affirment se sentir jugés par les croyants et qui préfèrent la présence des non-croyants, car, semble-t-il, ils sont moins jugeurs que nos religieux pharisiens des temps modernes. Tout cela est probablement vrai, j’en conviens.

 

Je comprends les moutons noirs de sortir de l’église locale et son système rigide, dont la tête n’est plus Christ, mais des auto-proclamés bien-pensants qui évacuent l’Esprit de Dieu de leur équation. En fait, plusieurs de ces dirigeants sont au service, non pas de la communauté qui leur est assujettis, mais bien des bonzes de leur association ou fédération. Ce sont des fonctionnaires ecclésiastiques qui rendent des comptes à ces élites de leur entreprise religieuse. Christ est devenu une marque de commerce dont il faut profiter et faire fructifier. Il faut multiplier et/ou agrandir les succursales que sont les églises locales et ainsi, mettre en poste de nouveaux fonctionnaires de l’entreprise ecclésiastique de l’association ou fédération. Une structure a été érigé et bien organisée, afin de rentabiliser l’entreprise, mais aussi pour savoir à qui on doit se rapporter en tant que fonctionnaire religieux. Ces fonctionnaires doivent être à la solde des dirigeants du haut de la pyramide hiérarchique de l’association ou fédération. Les enseignements et toute la structure de l’église locale en dépend et la vision est concomitante avec celle imposée par l’association ou fédération. Ainsi, quitter une assemblée locale pour en embrasser une autre, ça revient au même. Ces chrétiens déçus quittent donc le système.

 

Le monde

Ce qui est cependant agaçant à lire ou entendre, c’est que ces chrétiens préfèrent les non-croyants, car ils ne jugent pas. Ah bon??? Et depuis quand??? Si le monde évangélique en déçois plus d’un à cause de cela, que dire des milieux de travail ou communautaire dans notre si merveilleuse société de non-croyants? Comprenez bien que je ne vise personne. Je n’userai pas non plus de condescendance envers le monde évangélique ni celui des non-croyants. Je suis très sensible à l’être humain, croyants ou non. Cependant, soyons juste et réaliste dans nos constats. Oui, nous avons des problèmes d’importance dans notre milieux évangélique et on peut en nommer plusieurs. Mais est-ce que les non-croyants ne font pas exactement l’inverse???

 

Je m’explique

Tout semble acceptable de nos jours. Plus rien n’est péché. Il n’y a plus de jugement sur ce qui était, autrefois, des péchés et des scandales. Dans nos sociétés occidentales, tout ce qui était péché ne l’est plus. On normalise certains comportements qui étaient répréhensibles il n’y a pas si longtemps. On a appelé ça « le progrès » et « l’ouverture d’esprit ». Alors, si vous vivez dans le péché, les religieux vont vous condamner, et à l’inverse, les non-croyants prendront votre défense. L’humanisme exacerbé de nos sociétés sont, en réalité, une déification du moi, de l’égo surdimensionné et nous devenons nos propres dieux. Cet humanisme se croit au-dessus de toute morale, mettant en avant-plan les caractéristiques de l’émancipation de l’individu sur la collectivité. Il n’y a plus de conformité à la collectivité qui tienne, ni d’adhésion à une certaine moralité, à défaut d’appartenir à Christ. Nous avons rejeté les valeurs d’antan, celles qui codifiaient une bonne conduite et une moralité collective dans le bon fonctionnement d’une société. Aujourd’hui, tout est mis de l’avant pour l’émancipation du moi et le refus systématique de lois divines.

 

Là où les non-croyants deviennent conscient des lois spirituelles sans les nommer ainsi, c’est lorsqu’ils en sont victimes. Si une femme est victime de viol, c’est que l’agresseur a porté atteinte à sa dignité individuelle. Si nous sommes victimes de violence, on a porté atteinte à notre dignité individuelle. Tout cela est vrai, mais le piège réside dans le motif de cette prise de conscience. Il est interdit de contraindre quiconque de ce qu’il ne désire pas, selon la pensée humaniste. Bien entendu, ce principe se retrouve même dans la loi mosaïque. Toutefois, le motif divin n’est pas le même. Dans le cas de la loi divine, il s’agit de la créature de Dieu à son image. Toucher à sa créature c’est le toucher lui. Dans un monde sans Dieu, c’est l’intégrité individuelle et de la déification de l’homme qui sont atteintes. Ainsi, le croyant dissident a l’impression que le non-croyant fait preuve de bonté naturelle, plus que le croyant religieux qu’il a côtoyé et vomi. Mais c’est là que se trouve le piège.

 

Le croyant devient donc solidaire des non-croyants et le fossé se creuse de plus en plus avec les religieux, mais aussi, avec ceux et celles qui partagent le même dénominateur commun que lui: une foi véritable en Christ. Le croyant dissident creuse lui-même l’écart entre lui et ceux et celles qui professent Christ. Du moins, c’est le grand risque qui pointe à l’horizon. Il s’isole de plus en plus, car il ne veut pas être associé à la religion et ceux et celles qui composent ces églises plus ou moins rétrogrades. Ce qui se produit bien souvent, c’est que le croyant dissident devient, plus souvent qu’à son tour, rebelle et fermé à la compassion pour les autres, religieux ou non-croyants. Il prend les mauvais plis des non-croyants et s’éloigne de la vérité qu’il a reçu. C’est aussi un des risques inhérents à sa dissidence. Son coeur se ferme et il se prend lui-même au piège. La vérité, c’est que beaucoup de dissidents quittent l’église pour de mauvaises raisons. Ils en deviennent incapables de composer avec l’injustice à leur égard. Ils quittent en pointant du doigt, eux aussi, ces religieux et parfois, avec condescendance, la même qui caractérise ceux et celles qu’ils dénoncent chez leurs persécuteurs. Et bien souvent, ils ne se remettent pas en question, préférant s’enorgueillir dans leurs fausses conclusions. Ils préfèrent vivre dans leurs travers que de chercher à se mettre en règle ou à avouer leurs travers. Ils ne quittent donc pas l’église à cause de l’hypocrisie, du moins, pour certains des dissidents, mais bien parce qu’ils désirent vivre à leur façon.

 

Conclusion

Loin de moi l’idée de juger ou condamner les dissidents. J’en suis un. Mais j’éprouve de la compassion pour mon prochain et je ne choisis pas ce prochain, religieux ou non-croyants. Je désire plus que tout autre chose m’attacher à ces vérités que j’ai reçu et aider les religieux et les non-croyants à percevoir la lumière qu’est Christ. Rien ne sert d’entretenir l’amertume par ce fiel qui en anime certains. Quelle tristesse pour moi de constater que certains parmi nous entretiennent une amertume ou une colère envers le système ecclésiastique, dont la réponse se traduit par une solidarité malsaine avec les non-croyants. Bien entendu, ne rejetons pas les non-croyants. Soyons emplis de compassion pour eux et soyons des lumières, ainsi que le sel de la Terre pour ces âmes qui se perdent dans leurs raisonnements et surtout, qui s’enlisent sur le chemin de la perdition. Considérons-les et soyons disposés pour eux. Aimons-les comme Christ nous a aimé. Faisons ainsi pour ces religieux jugeurs et condamnateurs. Ne les maudissons pas, mais bénissons-les. Ayons des sentiments nobles à l’égard de tous et demeurons plus que jamais attaché à la personne de Christ et ses vérités 🙂

 

 

Patrick Galarneau

 

 

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