Viens tel que tu es.

Débutons par quelques élucubrations religieuses

Les « sans église » sont des chrétiens de deuxième ordre. Ou encore, ils ne sont pas chrétiens et se prétendent l’être. Ce sont des insoumis, des rebelles qui refusent l’autorité ecclésiastique et pire: ils nous ont quitté parce qu’ils préfèrent se faire dire des choses qui leur plaisent. Ainsi, ils se sont donnés une foule de docteurs pour les flatter. Voilà ce que vous êtes, faux frères qui divisez l’Église. Vous vivez dans vos péchés et vous refusez de vous mettre en règle devant Dieu et son Église. Vous avez été éclairés, vous avez goûté à la lumière de la grâce dans nos églises, mais vous vous en êtes détournés, preuve de la fausseté de votre salut. Vous avez rejeté Christ, vous le reniez et vous vous y opposez en refusant de venir à l’église.

 

Et Jésus là-dedans?

Le Jésus que je connais ne se campait pas dans un bâtiment pour y ériger son autorité ecclésiastique. Il est allé annoncer à la synagogue que le Messie était là, présentement. Ensuite, il est allé au-devant des autres, dehors, avec ses disciples. Jésus n’a pas fait construire de bâtiment, ni exigé une infrastructure ni un salaire ni même une organisation pyramidale hiérarchique. Il ne s’est pas allié aux notables religieux à grande réputation, bien au contraire. Il a choqué les religieux en s’assoyant et mangeant avec des pécheurs, tels, les collecteurs d’impôt, les prostituées, les mendiants ou les lépreux. Il a dénoncé vertement et avec dégoût l’hypocrisie crasse des religieux. Il n’a pas demandé aux prostituées d’arrêter de se prostituer, non: la source du problème n’est pas leur prostitution. C’est l’absence du salut.

 

Je suis parfait

Jésus est venu pour les malades, pas pour ceux qui se croyaient parfaits. Il n’a pas imposé de joug ni de fardeau. Il est venu pour guérir, prendre soin, délivrer et sauver les malades, les perdus, les rejetés, les moins bien nantis, les pauvres d’esprits, les ignorés, les prostituées, les méprisés, les adultères, les homosexuels, les idolâtres, les divorcés, les fornicateurs, les ivrognes et tout autre individu infréquentables. Voyez-vous, si je veux réussir à gravir les échelons dans ce monde, et même dans les religions dites chrétiennes, je dois me tenir aux côtés de gens importants et de notoriété. Un lèche-bottes qui va dire « AMEN » à tout ce que le grand manitou religieux chrétien me dira. Je ne me tiendrai pas en compagnie de petites bonnes femmes sans importance et juste assez digne pour faire le ménage des toilettes de l’église locale et à qui je n’adresse même pas la parole, tellement ça ne donnera rien à ma carrière d’ambitieux religieux. Lorsque je serai un apprentis couronné de la royauté ecclésiastique que je vise, je me vêtirai selon le protocole du cravateux et je me rendrai avec condescendance à la résidence de cette pauvre femme qui réclame depuis des lustres une rencontre pastorale. Évidemment, je m’ennuierai à mourir, mais ça fais parti de mon stage de lèche-bottes. Moi, j’ai juste hâte d’aller en compagnie des gens importants de ma religion, afin de leur offrir mes preuves pour qu’ils me remarquent. À quoi bon me faire remarquer chez cette pauvre dame? Je suis mieux qu’elle. Elle le sait, je le sais, et j’ai hâte que mes grands manitous de la chefferie ecclésiastique le sachent.

 

Mais je suis bien heureux, car j’ai eu l’immense privilège d’être invité à une grandiose réunion du comité des couronnés pastoraux de mon association d’églises. Je sers le café à ces messieurs occupés à se dandiner sur leurs chaises et à jouer les hommes importants de leur entreprise religieuse. C’est un honneur de leur servir le café et j’espère faire le meilleur café qui soit afin que, je l’espère, ils me remarqueront. Je ne dois pas prononcer un mot durant cette réunion, car les couronnés sont des hommes sages et ayant atteint un statu d’importance. C’est un grand privilège pour moi d’être en compagnie de si grands hommes de Dieu, eux qui nous ouvrent les écluses des cieux en nous réclamant incessamment de l’argent, par ces prétextes que sont la dîme et l’offrande, pour leur illustre ministère. Ces grands hommes n’ont pas le temps pour la populace crasse qui forment leurs assemblées mortifères dignes de salons funéraires.

 

Et bien, imaginez l’honneur: mon coach de futur couronné que je serai, m’invite à faire la prédication dimanche prochain! Je suis si excité que je dois l’annoncer sur facebook et le dire à ma fiancée, dont le couronné qui me sert de coach a donné son approbation pour qu’elle soit ma femme. Bien oui, elle est elle-même fille de couronné. Mon père est un couronné, mon coach est un couronné, et comble de tout, le père de ma fiancée est un couronné. Et les trois couronnés se connaissent bien, alors, j’ai la permission d’aimer ma fiancée, à condition que nos visites soient supervisées. Maintenant que ma fiancée est au courant de cet honneur qui me comble, elle n’en peu plus! Sa libido vient de monter d’un cran, car elle sera l’heureuse femme d’un couronné! Dans mon coeur, je ne suis pas orgueilleux. Je ne fais qu’imaginer les « amens » et les regards d’appréciation de mon coach, le couronné par excellence. J’imagine aussi après ma prédication, les gens de l’assemblée venir à ma rencontre, moi, oui moi! Ils viendront me féliciter et là, ce sera le comble. Ça y est, je suis béni de Dieu. Mais je dois bien prêcher et dire ce qui plaît à la masse, surtout les gens importants qui seront présents, car je joue ma carrière de futur couronné. Ma fiancée sera là à m’écouter avec fierté. Imaginez si je devais me tromper. Je suis nerveux, mais mon coach le couronné par excellence me dit quoi dire, comment le dire, à quel moment mettre l’intonation, la rhétorique, ect… Si je plaît à ces gens importants, je serai donc considéré parfait pour être couronné.

 

Religiosité crasse

Vous croyez que c’est exagéré? Pas du tout. J’ai été un couronné et je sais ce qui se passe dans cette triste réalité. J’ai dû tomber bien bas pour réaliser que j’étais dans une secte religieuse, car bien que Dieu ait tenté de m’éclairer, je ne voulais pas voir. Je préférais mes ambitions. Je ne vous dis que bien peu de choses. Ce texte ci-haut, c’est le vécu de tous les pasteurs que j’ai connu. Un jour, j’en ai eu assez. Je leur ai mis en plein visage leur hypocrite entreprise d’ambitieux de couronnés, car je trahissais ma propre personne, mais aussi celui qui m’a offert un si grand salut.

 

Je suis un pécheur, un faible.

Mais à qui donc devais-je plaire? La réponse: à personne. Je plaisais déjà à Dieu par son salut et son oeuvre dans ma personne, mais je me suis mis à lui résister en cherchant à être celui que je ne devais pas être. Christ est venu à moi, moi qui était un pécheur rebelle, une personne en marge de la société, un rejeté… un malade! Oui, j’étais malade et je le savais. Malade car je reconnaissais ma faiblesse. Jésus est venu pour moi et pour tous les autres malades, c’est-à-dire, toutes les personnes dont la vulnérabilité les rendent conscientes qu’elles ont besoin du docteur par excellence. Cette maladie, c’est le péché, dont je me savais atteint et qui a suscité aussitôt une réelle repentance. Cette repentance est provoquée par Dieu, suscitée par lui, afin de renouveler ce coeur de pierre, ce coeur déchut. Les religieux du temps de Jésus étaient malades eux aussi, mais ils se sont crus parfaits. Ils ne croyaient pas avoir besoin du docteur, car eux, ils étaient les références du peuples, des notables, des gens importants de haut niveaux, ayant eu le savoir de la religion, qui leur procurait l’admiration de la populace crasse. J’ai toujours besoin de ce docteur, car je suis faible, je suis encore malade sans lui, mais heureusement, la guérison qu’il me procure est une fois pour toute, et éternellement.

 

Vous qui êtes malades

Venez tels que vous êtes. Ne cherchez pas à plaire aux hommes, religieux ou non. Vous qui êtes remplis de torts, de defauts de toutes sortes, que votre vie ne soutiennent pas en règle, venez à Christ tel que vous êtes. Ne soyez pas timides avec Christ. Soyez comme cet homme qui se frappait la poitrine et non comme ce pharisien qui faisait sa propre éloge.

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Une réflexion sur “Viens tel que tu es.

  1. Très belles nuances sur le sujet de ce qu’on peut ressentir comme personne faisant partie d’un groupe qui se présente comme ayant quelque chose que les autres n’ont pas!
    J’ai fait les mêmes observations sur moi-même et autour de moi. Finissons-en!

    J'aime

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