Perdre la face avec un peu d’honneur: le mieux que pouvait faire l’AEBEQ.

C’est avec acharnement que les victimes de Claude Guillot ont réussit à faire plier les genoux de toute une association. Humiliation, certes. Honneur sauvegardé? Absolument pas. L’AEBEQ a toujours eu la réputation d’accorder une importance démesurée à son image, qu’elle a jalousement soignée à coups de cachotteries à huit clos et mis à l’écart les récalcitrants au « régime ». Il aura fallu 34 ans pour que des enfants innocents et sans importance à leurs yeux, viennent leur remettre le crachoir dans lequel ces potentats du savoir absolu ont déversé toute leur vomissure qui se traduisit par un mépris crasse.

 

Or, ce temps est révolu maintenant. En effet, devant la pression exercée par des victimes depuis plusieurs années, puis, devant la pression médiatique, ainsi que des parasites comme moi sur les médias sociaux qui fouillent dans les poubelles béantes en plein désert spirituel de leur association, cette dernière n’avait plus trop le choix. Perdre la face avec un peu d’honneur était le mieux qu’elle aurait pu faire. Les journalistes montrant les faces de ces prestidigitateurs erronés berçant d’illusions leurs ouailles à tête d’autruches, ça devenait un tantinet gênant. D’ailleurs, c’est gênant pour toute la communauté chrétienne du Québec que d’admirer un temps soit peu ces faces de faux frères qui ont prêché sur le pardon, la repentance et l’importance d’écouter aveuglément leurs pasteurs, sans omettre au passage, oh combien nombreux furent ces passages, de convaincre les moutons de donner leurs dîmes, au pluriel, en plus des dons et offrandes, et quoi d’autres, tout leur mercantilisme de conférences à la noix, de retraites de camps chrétiens, de livres, de CD, de prédications monnayables, de cours théologiques dans leurs instituts d’obscurantistes religieux et de quémander de l’argent un peu partout pour agrandir leurs succursales religieuses.

 

Mais qu’importe, voici donc pourquoi l’AEBEQ fut considérée comme étant méprisante. Laissons donc parler les victimes:

« Nous ne pouvons également pas nous empêcher de ressentir de la colère lorsque nous pensons à ceux parmi nous qui sommes grandement hypothéqués académiquement, émotionnellement et mentalement. Ceux parmi nous qui ne sommes pas parvenus à compléter leurs études primaires. Ceux parmi nous qui souffrons maintenant de maladies mentales. Ceux parmi nous qui souffrons de stress post-traumatique, de bipolarité, de personnalité limite, de trouble anxieux, de trouble de l’attachement et de dépendance affective. Ceux parmi nous qui avons lutté ou luttons encore avec la dépression, la toxicomanie, les tentatives de suicide et idées suicidaires ».

Question: Où étiez-vous, pasteurs et dirigeants, alors que ces enfants souffraient et qui, comme l’affirment les victimes, vous étiez au courant? Je vais vous le dire où vous étiez: dans vos bâtiments, à vous faire mettre sur un piédestal et à recevoir les « amens », pour votre valorisation personnelle et compter l’offrande après chaque culte.

 

Poursuivons:

« Aujourd’hui, 19 juillet 2016 restera une date significative pour plusieurs d’entres nous, victimes de l’école la Bonne Semence, et ce, même si cette reconnaissance ne réparera pas tout. Également, pour certain d’entre nous ce geste a peu d’importance. Il y a déjà plus de trente ans que plusieurs d’entres nous avons manifesté notre souffrance envers certains dirigeants et pasteurs au sein de l’AEBEQ pour les sévices vécus de 1982 à 1986 à Victoriaville.

Bien que votre compassion, votre reconnaissance et vos excuses d’aujourd’hui soient très significatives, elles sont également accompagnées d’un goût amer pour plusieurs d’entres nous qui avons dû nous battre pour que cette journée se concrétise. Il aura fallu attendre la judiciarisation, la médiatisation de ce dossier, des pressions de certaines églises et une très forte pression de notre part afin que cette reconnaissance ait lieu. »

Question: où sont votre compassion, votre honnêteté, votre transparence et vos vertus chrétiennes, dont vous aimez vous en vanter, comme le font les Paons? Je vais vous le dire: vous attendez de vous faire prendre et que la fuite soit sans issus. Alors, et seulement à ce moment-là, vous vous rendez et encore, vous cherchez à négocier votre « sentence ».

 

Je peux encore poursuivre, mais je vais laisser au bon jugement de chacun. Voici ce que les victimes avaient à dire au sujet de l’AEBEQ:

« Une pression de notre part, non seulement pour obtenir la reconnaissance d’aujourd’hui mais également afin que des mensonges communiqués publiquement comme par exemple «personne ne nous a dit avoir été battu» soient adressés et réfutés ».

 

Une Omerta

Le 19 juillet restera une date significative puisque celle-ci est un premier pas, une première reconnaissance. Nous espérons qu’un jour, les absents d’aujourd’hui, auront le courage de faire face à leur passé et qu’ils reconnaîtront leurs manquements. Ces absents; nos parents, le personnel de l’école, le conseil ainsi que les autres pasteurs de l’Église Baptiste Évangélique de Victoriaville de l’époque ainsi que certains autres pasteurs et directeurs, tous ces gens qui ont, au cours des trente-quatre (34) dernières années, été soit participants, témoins ou complices de ces gestes et de l’omerta autour de ceux-ci.

 

 

Fin des émissions.

 

 

Patrick Galarneau

 

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AEBEQ: les victimes réagissent par communiqué de presse.

Communiqué de Presse: Réaction d’un groupe d’anciens étudiants face au communiqué de l’AEBEQ.

Pour diffusion immédiate

Victoriaville mardi le 19 juillet 2016 – La médiatisation de l’arrestation et des accusations de Claude Guillot ont fait revivre pour un grand nombre d’entre nous, anciens étudiants, des images enfouies, des souvenirs douloureux et des moments que nous aurions voulu oublier à tout jamais…

Nous ne pouvons pas effacer de nos mémoires l’humiliation, ignorer la douleur physique subie et faire disparaitre de nos cerveaux les abus psychologiques et émotionnels vécus lors des années les plus importantes de nos enfances.

Nous ne pouvons également pas nous empêcher de ressentir de la colère lorsque nous pensons à ceux parmi nous qui sommes grandement hypothéqués académiquement, émotionnellement et mentalement. Ceux parmi nous qui ne sommes pas parvenus à compléter leurs études primaires. Ceux parmi nous qui souffrons maintenant de maladies mentales. Ceux parmi nous qui souffrons de stress post-traumatique, de bipolarité, de personnalité limite, de trouble anxieux, de trouble de l’attachement et de dépendance affective. Ceux parmi nous qui avons lutté ou luttons encore avec la dépression, la toxicomanie, les tentatives de suicide et idées suicidaires.

Aujourd’hui, 19 juillet 2016 restera une date significative pour plusieurs d’entres nous, victimes de l’école la Bonne Semence, et ce, même si cette reconnaissance ne réparera pas tout. Également, pour certain d’entre nous ce geste a peu d’importance. Il y a déjà plus de trente ans que plusieurs d’entres nous avons manifesté notre souffrance envers certains dirigeants et pasteurs au sein de l’AEBEQ pour les sévices vécus de 1982 à 1986 à Victoriaville.

Bien que votre compassion, votre reconnaissance et vos excuses d’aujourd’hui soient très significatives, elles sont également accompagnées d’un goût amer pour plusieurs d’entres nous qui avons dû nous battre pour que cette journée se concrétise. Il aura fallu attendre la judiciarisation, la médiatisation de ce dossier, des pressions de certaines églises et une très forte pression de notre part afin que cette reconnaissance ait lieu.

Une pression de notre part, non seulement pour obtenir la reconnaissance d’aujourd’hui mais également afin que des mensonges communiqués publiquement comme par exemple «personne ne nous a dit avoir été battu» soient adressés et réfutés.

Le 19 juillet restera une date significative puisque celle-ci est un premier pas, une première reconnaissance. Nous espérons qu’un jour, les absents d’aujourd’hui, auront le courage de faire face à leur passé et qu’ils reconnaîtront leurs manquements. Ces absents; nos parents, le personnel de l’école, le conseil ainsi que les autres pasteurs de l’Église Baptiste Évangélique de Victoriaville de l’époque ainsi que certains autres pasteurs et directeurs, tous ces gens qui ont, au cours des trente-quatre (34) dernières années, été soit participants, témoins ou complices de ces gestes et de l’omerta autour de ceux-ci.

Nous saluons le courage du nouveau directeur de l’AEBEQ, Louis Bourque, pour le changement de ton au niveau de la direction de l’Association et le remercions pour son travail colossal afin que de premières reconnaissances puissent enfin se concrétiser.

Nous remercions également les dirigeants de l’Église Baptiste Évangélique de Victoriaville d’avoir finalement accepté que les reconnaissances aient lieu ici, au 101 rue St-Paul où tout a commencé. Nous interprétons ce geste comme une reconnaissance tacite envers les événements survenus ici même de 1982 à 1986.

Merci aussi à Gabriel Cotnoir pour cette reconnaissance et cette prise de responsabilité en tant que premier dirigeant à l’époque. Cela est essentiel pour poursuivre notre cheminement vers la guérison.

En terminant, nous victimes de Victoriaville, sommes solidaires avec les victimes de Québec. Nous sommes désolés que cette situation se soit poursuivie et espérons que vous pourrez également retrouver un sens à vos vies et cheminer vers la guérison.

Affaire Claude Guillot: l’AEBEQ, prêt à reconnaître sa négligeance?

Demain mardi, le 19 juillet 2016 à 14H00 à Victoriaville, il y aura conférence de presse de la part de l’AEBEQ, afin de s’adresse aux victimes de Claude Guillot, via les médias traditionnels. Verrons-nous enfin l’aboutissement de cette affaire? Une chose est certaine, peu importe ce qui se dira demain, l’affaire Guillot ne sera pas terminée. Le gentil monsieur Baptiste évangélique doit revenir en cour au mois d’août prochain. Il semble que l’enquête ne soit pas terminé, selon ce que j’ai appris.

 

L’auteur de ces lignes ne pourra malheureusement être présent, malgré son grand désir d’accompagner les victimes et l’insistance de certaines d’entre elles. Mais j’aurai à tout le moins des yeux qui seront présents à ce moment historique. Oui, c’est historique car c’est la première fois au Québec qu’une organisation religieuse autre que catholique fera amende honorable. Du moins, c’est ce qui devrait se passer. Est-ce que l’AEBEQ cherchera à se défiler et rejeter la responsabilité qui lui incombe? Nous verrons bien. Pour le moment, voici ce que j’ai obtenu la semaine dernière et que j’ai attendu avant de publier:

 

VOICI LE CONTENU DE LA RECONNAISSANCE DE L’AEBEQ COMMUNIQUÉ

Date : Le 19 juillet 2016

Lieu : Indéterminé

 

Aux victimes présumées par Claude Guillot Bonjour à tous, merci de vous être déplacés ! Permettez-moi de vous présenter les personnes présentes : • Normand Charest, Président du Conseil d’administration de l’Association d’Églises Baptistes Évangéliques au Québec • Gabriel Cotnoir, actuellement retraité, fut le pasteur principal de l’Église Baptiste Évangélique de Victoriaville de 1980 à 1986. • Et moi-même, Louis Bourque, directeur général de l’Association d’Églises Baptistes Évangéliques au Québec, nouvellement en fonction depuis le 1er mars 2016. Introduction L’Association d’Églises Baptistes Évangélique au Québec existe depuis plus de 40 ans. Elle compte 85 Églises membres et associées qui représentent plus de 10,000 membres. Chaque Église est autonome et indépendante et elle s’unit à l’AEBEQ librement afin de mieux propager le message de Jésus aux Québécois. Nous comprenons que la médiatisation à l’automne 2015 de l’arrestation et de l’accusation pour sévices sur cinq (5) victimes présumées de Claude Guillot, qui fut effectivement par le passé un pasteur affilié de notre regroupement d’Églises, furent un choc pour plusieurs. Premièrement, aujourd’hui, nos pensées et nos prières se tournent vers les personnes qui ont souffert et leurs familles proches dans cette affaire. Nous voulons leur exprimer avec sincérité la tristesse que nous ressentons et notre souhait est qu’ils puissent tous cheminer vers la restauration. C’est dans cette perspective que nous faisons cette reconnaissance publique. Depuis les débuts de cette affaire, les pasteurs et les autorités de nos Églises ont donné une pleine collaboration aux autorités du Département de la Protection de la Jeunesse et des Services Policiers dans le processus judiciaire actuel. Malgré cela, nous, en tant qu’Association au centre de cette histoire qui nous semble des plus troublantes, nous avons pris la responsabilité au début de l’année de mettre sur pied un processus d’enquête interne. Nous voulons vous assurer que nous prenons cette situation très au sérieux afin de déterminer avec précision quels sont nos manquements et quelle est notre part de responsabilité. Notre désir est de nous assurer que premièrement la lumière complète soit faite et qu’en bout de parcours, nous mettrons tout en œuvre afin de s’assurer que de tels événements ne se reproduisent pas. C’est pour cela que pendant tout le processus judiciaire nous demeurerons à l’écoute, en collaborateurs et désireux de faire nos devoirs. Nous remercions la personne surnommée « Adrien » par les médias pour sa précieuse collaboration qui nous a aidés dans les derniers mois à mieux comprendre la situation. Comme Association, nous voulons aussi lui demander pardon de ne pas avoir saisi clairement le message qu’il tentait de communiquer depuis plusieurs années. Nous regrettons sincèrement que toutes les démarches que nous avons accomplies suite aux requêtes de l’Église Baptiste Évangélique de Chauveau à Québec n’aient pas été suffisantes pour faire la lumière sur cette affaire. Nous reconnaissons et déplorons que des enfants aient souffert des sévices corporels et psychologiques qui ont eu des conséquences à long terme par un mauvais usage de la discipline. Nous reconnaissons que cela a eu pour résultat de placer plusieurs enfants en situation de vulnérabilité. Nous reconnaissons que cela a eu des conséquences lourdes pour plusieurs de ces enfants dans leurs relations avec leurs parents. Nous voulons exprimer à tous ceux qui ont souffert et à leurs familles nos sincères regrets et notre profonde tristesse. Nous reconnaissons que l’Association d’Églises Baptistes Évangéliques au Québec a eu des manquements de communication publique depuis la médiatisation de cette affaire jusqu’à ce jour, et nous en sommes désolés. Nous comprenons que cela peut avoir donné l’impression que nous voulions cacher des choses, surtout aux victimes présumées, que nous n’avions pas de compassion à leur égard et nous comprenons que cela a ajouté à leurs souffrances. Nous vous demandons pardon ! Conclusion En tant que chrétiens, nous croyons aux enseignements de Jésus et en notre devoir face à la reconnaissance de la vérité. C’est pour cela qu’aujourd’hui nous faisons cette déclaration, car, par amour pour ces gens et pour honorer Dieu, il est de notre devoir de reconnaître la vérité et d’avouer nos fautes s’il y a lieu. De plus, nous croyons de tout notre cœur que s’il y a un endroit où les enfants doivent être en sécurité, c’est dans une Église. Jésus a dit : « Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu’on le jetât au fond de la mer. » Nous sommes déçus que les actions de certains humains aient pu donner une mauvaise image et perception du christianisme et de la bonne nouvelle de Jésu

 

AVIS OFFICIEL ENVOYÉ AUX MÉDIAS

L’Association d’Églises Baptistes-Évangéliques au Québec exprimera ses regrets à des présumées victimes de l’école La Bonne semence VICTORIAVILLE – Le mardi 19 juillet 2016 / L’Association d’Églises Baptistes Évangéliques au Québec (AEBEQ) exprimera ses regrets et sa tristesse à l’égard des personnes qui aurait été victimes d’abus dans une cause survenue dans les années 80. Louis Bourque, le nouveau directeur-général de l’AEBEQ et le pasteur Gabriel Cotnoir s’exprimeront publiquement pour exprimer leur compassion et leur regret. Les médias sont invités le 19 juillet, à 14h, à assister à cette allocution dans les locaux de l’Église Baptiste Évangélique de Victoriaville, située au 101, rue St-Paul à Victoriaville. Renseignements : Normand Charest, président du Conseil d’administration de l’Association d’Églises Baptistes Évangéliques au Québec; 450.558-3020

 

 

Patrick Galarneau