Une stratégie planifiée de l’AEBEQ?

Préambule

Plusieurs personnes concernées auraient dû se trouver à la conférence organisée par les dirigeants de l’AEBEQ (acronyme pour Association d’Églises Baptistes Évangéliques du Québec). Or, il semblerait que plusieurs parmi eux ont soit refusé de s’y présenter, soit ils étaient en vacances.

 

Témoignage

D’entrée de jeu, voici le témoignage d’une personne proche et au coeur des événements entourant l’affaire Claude Guillot (texte intégral sans retouche)

 

« Bonjour Patrick.. Mon commentaire sur la rencontre d’hier, pour les présumés victimes, j’ai été vraiment déçu que les parents des victimes ne se sont pas présenter pour appuyer les victimes… Nous éyions que deux parents , un père accompagnais sa fille,et moi mes trois enfants… Le Pasteur Benoît n’etait même pas présent et aucun membre de l’église,un seul coulpe se sont présenter…Pour moi je suis vraiment désolé.. C’est un GROS MANQUE DE JUGEMENT et D’AMOUR envers les victimes…Il se disent Chrétiens de longue date, mais personne veullent , témoigner du passé Désoler…non fictif Monique Tu peut le partager si tu veut Merci… »

 

Stratégie ou hasard?

Lorsque j’ai appris que la conférence organisée par les dirigeants de l’AEBEQ avait lieu un mardi 19 juillet, j’ai eu la réflexion suivante: le mardi, les gens travaillent. En juillet, les gens sont en vacances. Qui plus est, la très grande majorité des pasteurs de longue date de l’AEBEQ sont aussi en vacances. Je le sais, car j’ai travaillé parmi eux, et ces pasteurs vacanciers sont remplacés par des pasteurs plus ou moins itinérants ou, encore, remplacés par des anciens de leurs églises respectives. En tant que responsables d’églises locales, on loge des appels à différents pasteurs et prédicateurs, afin de s’enquérir de leurs disponibilités durant l’été. Lorsque les réponses sont positives, on planifie l’horaire des dimanche depuis la fin juin jusqu’à la fin du mois d’août. Les dimanche vacants sont palliés par les anciens de l’église si on n’a pas réussi à remplir toutes les cases horaires des dimanche. Les mercredi soir sont gérés par des anciens ou responsables d’églises et non par des pasteurs venus d’ailleurs, sauf dans le cas de conférenciers plus ou moins connus.

 

La planification d’église se fait du mois de septembre au mois de juin, conformément à l’année scolaire. Les réunions annuelles, les conférences, les cours théologiques ou les cours qui se donnent une fin de semaine dans l’année, c’est toujours entre septembre et juin. Rien ne se passe durant le mois de juillet ni les deux premières semaines du mois d’août. Beaucoup de pasteurs, de familles, de jeunes adultes, enfants et adolescents se retrouvent dans des camps chrétiens, comme le Camp des Bouleaux (situé dans les Hautes-Laurentides sur le bord du lac Grier, à Grand-Remous, Québec), ainsi qu’au Camp Patmos (à L’Ascension dans le haut du Lac-Saint- Jean, qui a vu le jour en 1971, au lac des Commissaires dans la région sud du Lac-Saint-Jean, sous la direction de M. Gabriel Cotnoir. Tiens, tiens…). Ou encore, plusieurs quittent la province ou le pays.

D’ailleurs, j’aimerais attirer votre attention sur un élément qui me laisse perplexe: au départ, les victimes avaient eu l’engagement que la reconnaissance se ferait au mois de juin et que la confirmation de la date serait donnée avant le 1er juin 2016 (date de la parution de Claude Guillot en cour). Or, il y a eu des délais et selon ce que j’ai obtenu comme information directement à l’interne, c’est qu’il y aurait eu recul de la part de l’AEBEQ à la dernière minute, prétendument à cause d’un imbroglio à l’interne dont je ne peut mentionner dans cet article. Prétexte pour retarder le tout? C’est possible, mais je n’ai pas de preuve. Étrangement, la parution en cour de Claude Guillot fut reportée pour le mois d’août. Hasard? Y a-t-il un lien? Je n’en ai aucune idée.

 

Imposer son agenda

La date du 19 juillet a été donnée par l’AEBEQ aux victimes. Au départ, ça devait se faire en juin. Or, des éléments qu’on ne peut mentionner ici auraient causés des délais pour reporter la conférence organisée par l’AEBEQ, d’une date non-déterminée en juin pour le 19 juillet. Ce qui est discutable, c’est l’accord accepté par les victimes dans ce dossier. En effet, pourquoi les victimes ont-elles acceptées une date où il est assuré que plusieurs principaux acteurs de ce dossier n’y seraient pas? Fort possiblement par l’enthousiasme créé par cet événement et qui est, pour les victimes, un énorme soupir de soulagement. De plus, ce serait l’AEBEQ qui aurait convié les médias de la conférence qui a eu lieu en ce 19 juillet, grâce à leur relationniste. Néanmoins, sur le plan stratégique, il faut donner un avantage à l’AEBEQ, qui a su, encore une fois, s’en tirer avec seulement quelques égratignures au niveau de son image corporative religieuse. Pour les victimes, je considère qu’il s’agit d’une demi-victoire, car lorsque l’on tient compte du contexte de cette conférence, elle a plutôt un goût amer.

 

Travail de relation publiques

L’AEBEQ a ses avocats, ses relationnistes et des gens qui travaillent au niveau des médias. Assurément, les dirigeants de l’AEBEQ auraient pu avoir été conseillés par des professionnels à l’intérieur de leurs rangs, afin d’offrir aux victimes une reconnaissance au moment où les québécois sont en vacances, ont décroché de la programmation habituelle de la télévision et donc, les Nouvelles à heures de grandes écoutes sont à moindre assistance. Lorsque la nouvelle programmation d’automne arrive, on ne se rappelle plus de ce qui s’est passé durant la saison estivale et la conférence de l’AEBEQ passe de manière fluide comme la pluie sur le dos d’un canard. Les dirigeants de l’AEBEQ sont bien au fait que plusieurs de leurs coreligionnaires sont en vacances et qu’ils ne se déplaceront pas de l’extérieur pour assister à une conférence un 19 juillet. D’ailleurs, le journaliste local de Victoriaville, Claude Thibodeau, affecté à cette affaire était lui-même en vacance.

 

Travail de relation interne

Est-il possible que les membres et dirigeants de l’AEBEQ aient été conciliant avec les principaux acteurs? Autrement dit, est-il possible qu’il y ait eu arrangements avec l’ancien directeur général, le pasteur de l’église baptiste évangélique de Victoriaville, l’ancien secrétaire de l’AEBEQ et autres acteurs de cette époque, tous impliqués dans les allégations d’avoir négligé les souffrances des victimes, afin de les aider à se dispenser de leur gênante présence à cette conférence? Il est possible de justifier leur absence, puisque le 19 juillet représente une date plus que plausible pour les vacances des uns et des autres. Bref, cette hypothèse est tout aussi plausible.

 

En conclusion

Il faut tout de même saluer le courage et la détermination des victimes dans ce dossier, alors qu’ils ont lutté de manière acharnée afin que ce jour de reconnaissance publique se produise. Cependant, l’AEBEQ aura eu le dernier mot dans cet épisode, puisqu’elle a réussi à imposer aux victimes son agenda, à travailler l’opinion publique: dans la mesure où personne ne se préoccupe, durant la saison estivale, d’un fait triste, mais qui demeure dans le registre des faits divers régionaux pour la majorité de la population.

Il faut aussi admettre que la bataille engagée par les victimes a tout de même fini par avoir raison des anciens dirigeants, alors que les principaux acteurs se sont vus montrer la sortie sous différents prétextes. Ne serait-ce que pour cela, la bataille en aura valu la peine et l’acharnement.

 

 

Patrick Galarneau

 

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