Le vedettariat évangélique.

Lorsque j’étais jeune, dans les années ’80, j’entendais souvent les noms de Jimmy Swaggart, Benny Hinn, Billy Graham et autres grands noms évangéliques d’une époque maintenant révolue. Ces personnalités, dont certaines ont eu une influence directe sur des présidents américains, étaient plus grandes que nature. Elles étaient les figures de proues du mouvement évangélique américain et même, mondial. Pendant ce temps, au Québec, la mouvance évangélique était en plein effervescence et battait son plein. Les églises évangéliques se multipliaient, alors que celles des catholiques se vidaient. Nous n’entendions pas parler de l’Islam, mais beaucoup de groupes se disant chrétiens, comme les mormons ou les témoins de Jehovah, qui eux aussi, se multipliaient au rythme effréné de la mouvance évangélique. Les campagnes d’évangélisations étaient à la mode et le mouvement hippie des années 60′, ’70 et début ’80 s’y est mis lui aussi. D’ailleurs, le mouvement hippie s’inspirait entre autre de Jésus et du mouvement évangélique pour véhiculer ses idées d’extrême gauche.

 

À contrario, beaucoup d’adeptes d’églises locales sont d’anciens hippies ayant rencontré Christ sur le propre chemin de Damas. Ils sont aujourd’hui des grands-parents, tant au sens propre qu’au sens spirituel. Ils sont de la deuxième génération de chrétiens évangéliques au Québec. La première génération a dépassé les 80 ans ou sont décédés. Dans les années ’90, on a eu un certain Rick Warren, qui a débuté une église dans le quartier Orange, en Californie, à l’ombre d’un autre grand évangélique, du nom de Jonh MacArthur, une autre grande paire de soulier évangélique des années ’90. Rick Warren a fait la prière d’investiture de Barack Obama, pour son investiture, en 2008. Il fut l’un de mes mentors, jusqu’en 2003, alors que je rédigeais ma thèse doctorante sur la vision d’église… alors que je n’étais qu’au Bacc! J’ai envoyé ma thèse aux élites de mon association, qui voyait en moi un candidat idéal pour la promotion de leur entreprise religieuse. Or, dans son livre « une passion, une vision », de Rick Warren, j’ai accroché sur un tableau descriptif du culte. Ce dernier affirmait que le culte devait être dirigé vers les gens de la salle de culte. Ce seul élément m’a interpellé et mis en doute toute ma conception du culte et de la mouvance évangélique.

 

En effet, le culte n’est pas dirigé vers les « spectateurs », mais bien vers Dieu. C’est à Dieu que l’on offre un culte. Le culte n’a pas pour vocation de plaire à la foule, pour la divertir, pour la rendre spectatrice, mais bien pour Dieu, et amener les chrétiens dans l’adoration à Dieu. C’est ainsi que j’ai remis en question toute ma théologie, mes conceptions chrétiennes et mon affiliation envers ces associations d’églises. Ce ne fut pas le seul élément, mais l’élément de départ d’une longue réflexion. J’ai compris que mon affiliation avec Rick Warren tenait davantage de ce que j’appelle aujourd’hui le « Evangelical Star System ». Ou si vous préférez: le vedettariat évangélique. J’ai compris que je suivais les grandes pointures du monde évangélique, sans même me questionner sur la validité de leur foi, de leur position évangélique ou de leurs doctrines. Là s’est engagé une série de réflexion sur ce que j’avais adhéré aveuglément. Pourtant, je n’ai jamais été un suiveur. J’ai toujours été en marge de ce que croit la majorité. Le problème, c’est qu’en venant à Christ, j’ai cherché à me conformer, afin de me valoriser et de trouve enfin ma valeur aux yeux de personnes importantes.

 

Vedette évangélique, 3.0

Mais passons aux choses sérieuses, car ce n’est pas de moi dont il s’agit dans cet article, mais bien de ce vedettariat qui a prit une forme bien différente de nos jours, avec les réseaux sociaux. Effectivement, n’importe qui peut devenir une vedette grâce au net et ce, sans même avoir un seul ami véritable dans sa triste vie. Il y en a des bons, mais il y a une panoplie de mauvais éducateurs chrétiens via les réseaux sociaux. Et qui dit réseaux sociaux, on pense tout de suite à Facebook, Youtube ou Twitter. Il y en a bien d’autres, mais ce sont les trois principaux qui véhiculent de bonnes et de moins bonnes choses sur le net.

 

Les vedettes

Dernièrement, j’ai fais une vidéo sur Morgan Priest, un missionnaire évangélique chrétien affilié à aucune église. Cette vidéo a généré un nombre impressionnant de commentaires, de visionnements et de « j’aime » ou « j’aime pas », à tel point que même les plus connus du milieu évangélique n’ont pas eu cette reconnaissance ni cette popularité. Pourtant, loin de moi cet objectif de reconnaissance personnelle, car si je pouvais me déguiser en homme invisible, je le ferais. Dans cette vidéo, j’ai offert mon appui à Morgan, au-delà des critiques à mon endroit. Je me moque complètement de ce que les gens pensent ou qu’ils me méprisent pour mes prises de positions. J’ai la tête la plus dure du monde évangélique (ma femme pourrait vous en parler longuement); je suis imperturbable et je fonce avec conviction dans ce que je crois. Je n’éprouve aucune honte si tout le monde pense le contraire de moi et que je sois le seul à soutenir une position. Je n’ai peur de personne et personne ne peut me faire changer d’avis, sauf si je constate mon erreur.

Morgan demeure quand même l’une des vedettes montantes de la mouvance évangélique. Or, l’église traditionnelle perd des plumes. Elle s’enlise et n’est plus qu’un repère de vieilles personnes. Comprenez bien que j’ai un respect entier envers les personnes du troisième âge, cependant, il faut aussi noter que des étoiles montantes font maintenant parti du paysage de la mouvance évangélique. Cela ne signifie pas que ces personnalités soient en accord avec la vérité. On n’a qu’à penser à Shora Kuetu, Kacou Philippe ou Claude Ignersiki, dont ce dernier a ameuté le monde évangélique avec ses prétendues révélations qui se sont avérées fausses. Kacou Philippe fait croire qu’il est le Christ incarné. Kuetu méprise tout ce qui est évangélique ou pastoral. Certains diront que nous sommes vraiment mal pris avec Morgan, un gothique notoire dont on craint les apparences et donc, on préfère demeurer seuls dans son coin que d’être à la merci des pensées de ce siècle (Ro,12,1-2). Et encore, Brian Welch, anciennement du groupe métal Korn, qui a donné sa vie à Christ. Non mais sérieusement… voyez un peu le portrait… Vous avez un hiomme dans la culture gothique et pour être certain de ne pas faire mieux, vous avez un homme de la culture goth-métal comme figures de proues. Nous sommes loin de Benny Hinn ou de Jimmy Swaggart.

 

Le problème, ce n’est ni Morgan ni Brian Welch, mais bien l’idolâtrie que l’on en fait.

 

 

Suite au prochain article

 

 

 

Patrick Galarneau

 

 

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Rencontre des « sans-églises-institutions », le 30 juillet 2016, Rappel.

 

Référencé sur info-chretienne.com en date du 9 juillet 2016

Il s’agit d’une rencontre informelle entre différentes personnes qui ont tous un point en commun: elles ont quitté le système ecclésiastique, ne s’y retrouvant pas dans cette formule. En réalité, nous recherchons simplement une autre alternative, moins contraignante, basée sur ce principe à deux volets: Tu aimeras Dieu de tout ton être; Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Les « sans-église-institutions » misent davantage sur l’aspect relation et non sur le solennel, car nous avons été créé pour être en relation avec Dieu et avec nos semblables. Maintenant, cette rencontre se veut amicale, sans engagement, et ayant comme objectifs de briser la solitude et partager notre joie d’être en Jésus-Christ.

 

 

Patrick Galarneau

L’église locale: une fausse croyance!

Notes

Il serait trop long de faire une exégèse du chapitre deux d’Apocalypse. Je vais me contenter du sujet de l’Église à travers ce chapitre.

 

Introduction

Les défenseurs de ce système affirment trouver des appuis scripturaires pour nous faire avaler le système d’églises locales. Plusieurs instrumentalisent les écrits de l’apôtre Jean, alors que ce dernier aurait rédigé sept lettres aux prétendues sept églises d’Asie Mineure. Pour justifier une telle position, nos défenseurs de l’église locale disent que chaque église locale a son ange qui lui est propre. D’autres affirment que que l’église locale est bien un principe du Nouveau Testament, puisque l’on constate, noir sur blanc, que Dieu s’adresse à l’église de Sardes, à l’église de Smyrne, à l’église d’Éphèse et ainsi de suite.

 

Correctif

Or, pour le chercheur sérieux, il ne se contente pas que de la version traduite en français, dont la majorité francophone est soumise. En effet, nous sommes contraints de se contenter de faire une confiance aveugle envers les traducteurs, puisque la très grande majorité des chrétiens ne connaissent pas le grec, la culture grecque, ses concepts et encore moins l’histoire générale. Après des années d’études en théologie et en histoire universitaires, combinés à mes études autodidactes et mes nombreuses recherches en la matière, force est de constater que les traducteurs ont trahi le sens des originaux pour nous imposer une position théologique en concomitance à la tradition religieuse. Les traducteurs ont opté pour leur position théologique plutôt que le sens des auteurs hébreux, des concepts hébraïques et grecs, ainsi que de l’histoire générale. Les traducteurs et les théologiens ne sont pas des historiens. Pour financer sa traduction, il faut avoir l’accord des grandes entreprises religieuses et ne pas les décevoir dans la manière de traduire. Il faut donc falsifier la source, afin d’y imposer ses doctrines.

Notes:Nos traductions sont tout de même suffisamment fiables pour leur faire confiance. Toutefois, il faut noter qu’il est impossible de traduire sans trahir. De plus, les traducteurs sont aussi soumis à leur propre subjectivité, ce qui peut altérer le sens de certaines notions bibliques à l’occasion.

 

Le vrai sens

Lorsque nous allons dans le chapitre deux d’Apocalypse, nous constatons ceci dans la version Louis Second, version lue par l’ensemble du monde évangélique:

1 ¶ Ecris à l’ange de l’Eglise d’Ephèse: Voici ce que dit celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite, celui qui marche au milieu des sept chandeliers d’or…

Ensuite, la version TOB, qui se rapproche davantage du sens original:

1 ¶ A l’ange de l’Eglise qui est à Ephèse, écris : Ainsi parle celui qui tient les sept étoiles dans sa droite, qui marche au milieu des sept chandeliers d’or :

Vous remarquerez plusieurs choses dans ces deux traductions:

  • La version Louis Second suggère 7 Églises, alors que la TOB affirme une seule Église
  • La version Louis Second suggère qu’il y a 7 anges pour 7 Églises différentes, alors que la TOB affirme un seul ange et une seule Église
  • La version Louis Second suggère que l’auteur (l’apôtre Jean) devait écrire à l’ange qui se trouve à Éphèse. Or, la révélation dans le concept hébraïque est apportée par des anges aux hommes, pas le contraire. Il faut donc conclure qu’il s’agit d’un messager (synonyme biblique pour « ange »); la version TOB peut sembler suggérer la même chose que la Louis Second. N’oublions pas que la TOB est la version française la plus littérale avec Darby, et que celle-ci transcrit mot-à-mot, en conservant le mieux possible le sens de l’auteur, contrairement à Darby, qui se contente d’être très littérale, mais qui doit en altérer le sens. Toutefois, la tournure de phrase dans la TOB n’est pas au sens littéral, mais au sens prophétique, conformément à la vocation du livre d’Apocalypse. Le sens littéral est pratiquement absent du livre. Ainsi, il serait plus juste de comprendre le texte de manière littéraire et prophétique. Il s’agit bien d’un ange, qui est l’ange de l’Église, à qui est adressée une seule lettre pour l’ensemble de l’Église, à travers les époques, instrumentalisant les communautés de l’Église à travers l’Asie Mineure et ce, pour des époques ultérieurement prophétiques à travers l’histoire de l’Église et non ponctuellement pour des églises localisées dans ces cités mentionnées dans Apocalypse.

 

Contradiction ou complément

Comment alors pouvons-nous concilier les textes précédents à l’explication d’un seul ange pour une seule Église:

Apo.1.20 Quant au mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma droite et aux sept chandeliers d’or, voici : les sept étoiles sont les anges des sept Eglises, et les sept chandeliers sont les sept Eglises.

Le terme « Église » est invariable et immuable. Il ne peut être ni au pluriel ni avec une minuscule. Il est soutiré du terme grec « Ekklesia », qui est invariable, tant sur le plan linguistique, conceptuel que dans son sens propre étymologiquement. Les élites évangéliques le savent. C’est pourquoi le mouvement évangélique en a tordu le sens en francisant le terme Ekklesia et lui a donné un sens plus élargit en lui donnant un sens de pluralité pour le soumettre à une Église-mère. C’est ce qui explique la distinction évangélique du terme Ekklesia: « Église »; « églises ». La confusion règne au sein des traducteurs et des théologiens, car certains d’entre eux refusent la minuscule, mais pas la pluralité. Ils ont donc ceci: « Église » et « Églises ». Ce qui est contradictoire si on en revient à son étymologie.

Dans les versets précédents au chapitre deux, il est bien difficile de concilier la notion d’église locale aux paroles prophétiques qui sont sortis de la bouche de Christ, dans sa révélation à l’apôtre Jean. Le verset 19 exprime l’idée ponctuelle, mais aussi à venir, donc, prophétique. Les 7 Églises sont, en réalité, 7 temps historiques et prophétiques qui ne sont pas encore venus au moment où l’apôtre reçoit ces révélations. Les 7 étoiles semblent se distinguer des 7 chandeliers d’or, mais y sont aussi associés. Il semble y avoir un ange pour chacune des 7 époques ecclésiastiques, avec les réprimandes, avertissements et félicitations qui leur sont propres. Christ se révèle et au verset 19, il dit à Jean d’écrire ce qu’il vient de voir, et d’écrire ce qu’il verra ensuite. Dans le cas du moment présent, il s’agit de la révélation des 7 étoiles et des 7 chandeliers. L’explication est donnée à Jean au verset 20. Puisqu’il s’agit de choses à venir, il ne s’agit donc pas d’églises locales, ni même de la notion d’Église au sens littéral du terme, mais de temps à venir dans l’histoire de l’Église. Le terme « Église » est utilisé pour exprimer des époques. Selon les érudits, il n’y a pas eu 7 lettres pour 7 églises, mais bien une seule lettre, avec les 7 temps (ch.2.11). Ensuite, nous constatons qu’il y a un seul ange, et celui-ci se trouvera d’abord à Éphèse, la première cité christianisée et qui fut le « Temple » d’Asie Mineure sur lequel furent érigées les 6 autres communautés d’Asie Mineure et mentionnées dans le livre de l’Apocalypse.

 

Conclusion de cet article (mais pas du sujet)

Il semble de plus en plus évident qu’il y ait un « ange de l’Église », puis 7 anges pour 7 époques distinctes de l’histoire de l’Église. L’ange de l’Église est le messager prophétique pour l’Église, et ces prophéties se concrétisent dans sept périodes historiques distinctes. Les 7 anges pour les 7 sceaux, 7 périodes distinctes de l’histoire générale durant la période de l’Église (ch.5-7)?

Une chose est cependant certaine: la notion d’église locale n’existe ni dans ce livre ni dans aucun autre d’ailleurs. Il s’agit d’une invention du catholicisme du Moyen-Âge, alors que l’Église de Rome et le pouvoir étatique ne faisaient qu’un. Les seigneuries étaient divisées en fiefs, et pour mieux prélever la dîme pour le bénéfice de l’empereur de Rome, on y érigeait des églises locales dans les villages.

 

 

Patrick Galarneau