Mariage: des relations brisées!

Non, il ne s’agit pas du divorce, ni même de querelles dans le couple. Bien entendu, ces deux éléments résultent du sujet que je veux aborder: l’aspect relationnel, imprégné de la nature pécheresse.

 

Imaginez un instant si le premier couple n’avait jamais péché. Oui, imaginez comment aurait été la relation entre l’homme et la femme, si seulement le péché avait été absent. Croyez-vous un seul instant que le récit de la création serait le même? Et pour aller plus loin, le rédacteur n’aurait sans doute pas abordé, un temps soit peu, les notions de soumission; de la femme tirée de la côte d’Adam; de chefferie… il n’y aurait jamais eu de clans, de sociétés, de patriarcat, de mariages forcés, d’alliances entre clans, de guerres, ect… Mais surtout, il n’y aurait jamais eu cette brisure relationnelle entre l’homme et la femme.

 

Légiférer le péché par le péché.

Bien entendu, il y eut au départ, cette brisure irréparable entre Dieu et la race humaine. Dès lors, Adam et Ève ont créé une brisure relationnelle entre Eux et Dieu, puis entre l’homme et la femme, puis les humains entre eux. La guerre entre les deux genres sexués fut entamée. Les querelles sont issues de cette nouvelle nature après la chute, celle du péché. Il devenait alors impossible d’entretenir une relation parfaite. Il devient ardu d’entretenir une relation viable entre hommes et femmes, entre humains, puis dans un même couple. C’est ce qui explique d’ailleurs l’organisation entre humains pour former des clans et des sociétés structurés. En fait, Dieu a confondu les peuples (Ge.10-11), car l’unité dans la rébellion ne peut mener au choix de Dieu pour un peuple qui se distingue par son appartenance au Dieu souverain. Dieu a donc décidé de laisser les humains sans sa glorieuse présence, puisque la rébellion n’admet pas Dieu dans sa structure de pensée. Les humains se sont donc organisés à circuit fermé, c’est-à-dire, en refusant d’entendre la voix de Dieu pour leur bien-être collectif. Puis, vint alors un obscurantisme social et étatique qui résulte de ce manque de lumière que représente la présence de Dieu. Les hommes sont donc plongés de plus en plus progressivement dans l’obscurité spirituelle. Les sociétés sont les représentantes du monde des ténèbres, car c’est le monde, un monde sans Dieu.

 

Les sociétés se reposent sur deux grands fondements:

  • un système de justice: La justice n’a aucune raison d’être si le péché est absent. Il a pour but, non pas d’enrayer le péché, mais de le condamner et au mieux, d’en contenir sa prolifération par des lois liberticides, mais nécessaires pour le bon fonctionnement social. Toutefois, la justice a ses limites: elle ne peut réformer le coeur. Si Dieu a mis sur pied des règles de bienséances, ce n’est pas par sa volonté divine, comme si la loi était parfaite, mais il s’agit bien de conséquences divines, à cause de la nature pécheresse. Les femmes sont particulièrement stigmatisées par un système de justice, car il favorise le patriarcat à leur détriment. Une femme ne peut donc pas décidé de son libre statut.
  • les inégalités: bien que cet élément soit en contradiction avec la première affirmation, une société organisée est inévitablement construite sur des inégalités, puisque tout ce système repose sur le principe de l’imposition d’une autorité supérieure à une autre, par paliers de gouvernances hiérarchique. Ces inégalités favorisent les uns au détriment des autres. Il s’agit encore une fois d’une conséquence divine et non d’une volonté divine. Encore une fois, ce sont surtout les femmes qui en payent le fort prix.

 

La société, les clans et le patriarcat sont tous des conséquences divines, et non la volonté divine. Vous saisissez la distinction?

Conséquences divines: parce que la femme a décidé de prendre seule l’autorité, elle fut reléguée à la soumission envers l’homme. Jésus a dit, à juste titre: « celui qui voudra être le premier sera le dernier ». En effet. L’homme et la femme auraient dû être tous les deux devant Satan et demander l’intervention de Dieu. La manière dont le texte s’exprime, c’est que Satan s’est adressé à la femme. L’interprétation du milieu catholique, orthodoxe, protestant et évangélique, c’est que Satan a adressé ses questions à Ève à cause de la faiblesse de la femme. Or, si la femme était parfaite avant la chute, comment pouvait-elle être dans un état de faiblesse? L’autre aspect de l’interprétation, c’est que Satan sème le désordre. Ainsi, selon l’interprétation populaire des quatre grandes branches du christianisme, Satan a nivelé par le bas en s’adressant au plus faible du couple, et le dernier de la hiérarchie: la femme. Ainsi, Satan va dans le sens contraire de l’ordre divin en s’adressant à la femme. Cette interprétation ne tient pas la route et voici pourquoi:

  • 1- Le rédacteur du récit de la création n’est pas un témoin directe de ce qu’il raconte: Le récit est enjolivé et s’inscrit dans un genre littéraire très répandu à l’époque mosaïque et même, antérieur à ce dernier (par exemple, les écrits sumériens, Hammourabi, ect…): poétique. L’égyptologie nous démontre d’ailleurs que depuis la période du haut empire (3 100 à 2 200 av. J-C), les écrits pharaoniques de leurs victoires sont rédigées dans un genre littéraire poétique, et une des figures de styles dans la rhétorique du roi vainqueur: les hyperboles. Les écrits de l’époque d’Hammourabi en sont aussi des exemples. Les sources premières contemporaines aux événements relatés nous apprennent une réalité souvent différente. Les récits de la création peuvent aisément s’inscrire dans ce type de registre, alors que son auteur, qui n’est pas une source première des événements qu’il relate, rédige un récit dont l’essence est inspirée, mais sa formulation est teintée de l’empreinte culturelle de ce patriarcat qui caractérisait cette période de l’histoire, soit, celle de l’Exode (post-égyptien). Tout historien sérieux ne peut admettre l’historicité du récit de la création. Mais l’historien qui est croyant et né de nouveau admet son caractère théopneustique (inspiré de Dieu et mis par écrit). La forme que prend le récit est tout aussi importante. Sa forme peut aussi avoir été inspirée, car Dieu peut très bien vouloir donner seulement ce qui est pertinent, sans avoir à justifier le caractère historique du récit.
  • 2- Le contexte historique, social et culturel du rédacteur de ce récit est celui-ci: a) il rédige dans la période subséquente à la chute. Ainsi, le rédacteur a sa nature pécheresse et le texte qu’il rédige est influencé par les limites de compréhension des concepts divins et spirituels, malgré l’inspiration; b) Le rédacteur est biculturel, soit, égypto-hébraïque: il a connu l’idolâtrie égyptienne, qui a façonné la culture égyptienne; il est issus de la tribu de Benjamin, du peuple de Jacob, avec sa culture naissante qui lui est propre; c) le rédacteur rédige à partir de ses repères à lui: l’inspiration divine adapte son message et ses principes, à la mesure de l’acceptation et de la compréhension de celui ou ceux à qui s’adresse la révélation. La révélation doit toujours être adaptable pour atteindre la compréhension des contemporains, selon leur culture, leurs repères, leurs mœurs, bref, leur contexte spécifiquement à eux.

 

Volonté divine: au départ, la volonté de Dieu était que l’homme et la femme soient les dépositaires de l’autorité sur toute la création. La femme fut faite aussi à l’image de Dieu, un complément de l’homme, et l’homme, un complément de la femme. Dans le péché, le monde dominé par le péché est hostile à la femme, triste conséquence de son désir de prendre à elle-seule l’autorité de la création, sans l’apport de l’homme, lors de la tentation en Éden. N’oublions pas que la forme de rédaction de l’auteur du récit de la création n’est pas un contemporain des événements relatés, et qu’il est normal que l’auteur ait rédigé ceci: « la femme fut tirée de la côte d’Adam », ce qui prouverait la volonté divine au sujet de la soumission de la femme envers l’homme. Mais c’est omettre le contexte historique, social et culturel de son auteur, dont le récit est imprégné de son contexte après la chute. La rédaction du récit est donc fortement influencée, dans sa forme et sa formulation, de la pensée patriacale, sans pour autant altérer son inspiration divine, puisque le désir de Dieu était de prolonger la conséquence attribuée à la femme, jusqu’à ce que celle-ci mette au monde celui qui viendrait la sauver et la délivrer de cette condamnation: Christ.

 

Ainsi, en nouveauté de vie, il n’y a plus ni homme ni femme. Le « Mari-agère (mariage) » devint caduque. Le deuxième Adam (Christ), a réparé la brisure relationnelle insurmontable et irréparable causée par le premier couple. Le terme « mariage » n’a plus sa place, car la femme n’est plus assujettie à la domination de l’homme en nouveauté de vie. Le croyant qui s’unit à une femme le fait comme il aurait dû en être ainsi depuis Adam et Ève, et non selon la torsion relationnelle qu’a pris la notion d’union par la domination du mâle sur la femme, et que nous avons appelé « mariage ».

 

 

Suite au prochain article

 

 

 

Patrick Galarneau

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