Mariage: une incompréhension de la révélation.

Introduction

Lorsque Satan s’adressa à la femme sous la forme d’un serpent beau à regarder, certains ont lancé l’idée que la femme est attirée par ce qui est beau aux yeux. C’est ce qui expliquerait d’ailleurs le goût prononcé de la femme pour les belles choses, comme les bijoux, les vêtements, les décorations et ainsi de suite. Et cela justifierait l’idée de contenir la liberté de la femme par la soumission de celle-ci envers l’homme. Or, comme expliquée dans l’article précédent, la rédaction de ce récit est fortement teintée par les concepts patriarcaux du rédacteur, influencé par son groupe d’appartenance social. La rédaction du récit se fit bien après la chute. Ainsi, le rédacteur rédige selon ses concepts humains, sans pour autant en altérer l’inspiration divine, tant dans sa forme que dans sa formulation. Car voyez-vous, la conséquence attribué par Dieu à la femme s’est perpétuée dans la forme qu’a prit le récit de la création, par son rédacteur. Il est tout à fait impossible que le récit soit entièrement historique et littéral, car la chute en a altéré sa véracité sur le plan des faits, faits que l’on ne peut vérifier historiquement.

 

Il est tout à fait admissible que le récit de la création fut enjolivé à l’avantage de l’homme, puisque le contexte de rédaction s’inscrit dans une culture imprégnée exclusivement du patriarcat manifesté dans les différentes sociétés de cette époque reculée. Nous n’avons donc pas l’heure juste sur les faits, mais seulement sur l’intention à partir de la chute et des conséquences attribuées par Dieu pour l’homme et la femme.

 

Inspiration divine et apport humain: incompatible?

Beaucoup de croyant croient à une forme de dictée mécanique, que l’auteur des écrits est strictement le Saint-Esprit, utilisant la main d’un homme pour rédiger. Croyez-vous que Dieu soit limité, au point que, s’il ne désire pas la participation active de l’homme dans sa révélation, il ne puisse le faire lui-même? Si le Saint-Esprit est le seul dépositaire de la révélation écrite, ne peut-il pas alors se prévaloir seul de la rédaction? Pourquoi utiliserait-il l’homme dans un tel cas? Beaucoup de chrétiens refusent de considérer la participation active de l’homme dans la révélation, sous prétexte que l’homme est imparfait et donc, pécheur. Or, si Jésus est né d’une femme pécheresse, le Saint-Esprit l’a tout de même utilisé pour y mettre au monde le Dieu sauveur incarné. Vous ne pouvez pas avoir plus bel exemple de l’utilisation d’un être humain pécheur dans la révélation de Dieu! Pour demeurer dans la logique de ces chrétiens obscurantistes, Jésus aurait dû apparaître sans aucune participation humaine.

 

Ainsi, Dieu a permit l’influence culturelle et sociale de chacun de ses rédacteurs, sans pour autant en altérer sa révélation et son inspiration. Dans la religion, c’est l’homme qui est appelé à s’adapter à son Dieu, ce qui nous mène tout droit à toutes sortes de dérives les plus folles les unes que les autres. Mais dans les faits, pour celui dont la foi est calibrée et équilibrée, c’est Dieu qui adapte sa révélation au contexte socio-culturel de ceux et celles qui sont visés par la révélation directe. La forme, ce qui enveloppe la révélation, est effectivement teintée des concepts de la culture qui partage la révélation de Dieu. Son langage est aussi l’adaptation et le moyen ultime pour faire comprendre la révélation à un groupe d’individus qui sont visés par cette révélation. La révélation est comme l’eau que l’on reçoit à boire, mais le récipient qui transporte l’eau est construit par l’homme, afin de l’amener sans en échapper la moindre goutte, pour tous ceux et celles qui sont visés par cette eau pure.

 

L’exégèse honnête n’a pas de filtre ni de présupposé théologique

Le rédacteur utilise donc son langage, ses concepts propre à son époque et son influence sociale et culturelle dans la rédaction de la révélation qu’il a reçu. Prenez l’apôtre Jean, lorsque ce dernier rédigea les révélations qu’il a reçu de la part de Christ, sur l’île de Patmos, lors de sa captivité par les romains. Il devait décrire des événements à venir, loin dans l’histoire, avec ses repères d’homme du premier siècle. C’est donc avec le langage et les concepts connus de ses contemporains qu’il décrivit les événements dont il a reçu en vision, afin de les faire comprendre à ses contemporains visés par les révélations reçu par l’apôtre Jean. Ce dernier ne devait certainement pas comprendre tout ce qu’il reçu en révélation, mais il devait tenter, au mieux de sa compréhension, décrire ce qu’il a reçu, à l’intention du degré de compréhension et de réceptivité des destinataires visés par la révélation. Le prophète Daniel fut confronté à un problème similaire, mais de moins grande envergure, car l’évolution entre les royaumes de Babylone jusqu’à l’empire romain, fut beaucoup plus lente et moins prononcée que celle de l’apôtre Jean, qui commence dans son époque, pour se terminer plus loin que la nôtre. Tout de même, le prophète Daniel devait aussi adapter la révélation selon les concepts et le langage commun de ceux et celles visés par la révélation, ce qui fut le cas, entre autre, du rêve de Nabuchodonosor, lors de son fameux rêve que Daniel a décrit.

 

Lorsque nous étudions la Parole de Dieu, nous ne pouvons pas nous contenter d’affirmer qu’elle peut être comprise par de jeunes enfants, afin de leur faire gober toutes les inepties que nous croyons par tradition ou religiosité crasse. À l’époque où Jésus s’exprima ainsi, c’était à des enfants contemporains à lui, dans sa culture, avec son langage et ses concepts. Depuis, deux millénaires se sont écoulés depuis ce temps. Or, il y a de multiples barrières à briser pour comprendre les textes comme les enfants de l’époque de Jésus. La barrière de la langue, du temps, de la culture, des concepts et des figures connues de cette époque, de l’histoire et ainsi de suite. Il n’est pas simple de rendre limpide les textes anciens pour nos contemporains. Mais vous serai alors en mesure de comprendre ce que je tente de vous illustrer, puisque les textes vous sont disponibles, avec votre langue à vous, vos mots, vos concepts à vous, votre culture, votre historique, vos traditions et tout ce qui concerne votre contexte à vous. Ainsi, le texte ancien adapte son langage par les traducteurs qui vous permettent d’avoir accès, dans votre compréhension, à la révélation de Dieu pour une époque dont nous ne sommes pas les destinataires directes, mais indirectes.

 

Nous sommes les destinataires indirectes.

Destinataires indirectes, car nous ne sommes jamais les premiers visés par les révélations. Chaque lettre ou livre biblique a son ou ses destinataires directes. C’est ce qui explique le titre de chacun des livres composant la Bible. Si l’apôtre Paul parle aux éphésiens, alors, il ne parle pas aux québécois ni aux français de l’année 2016, mais bien aux éphésiens de l’antiquité, à l’apogée de l’empire romain, durant la Pax Romana, le plus long temps de paix connu à travers l’histoire humaine, soit, sur une période de 200 ans. Éphèse était une cité d’Asie Mineure, la plus importante cité de cette grande région asiatique. Il s’agit, au préalable, d’une cité grecque, conquise par Alexandre Le Grand, au 4ème siècle av. J-C. Ce sont donc les éphésiens, contemporains de l’apôtre Paul, qui sont visés particulièrement et spécifiquement. L’apôtre adapte son langage à la mesure de la compréhension des éphésiens, alors qu’ils ont une culture qui leur est propre, dû à leur géo-politique. Ensuite, ces textes nous sont transmis avec beaucoup d’arrangements, afin de nous les rendre accessible selon notre culture, notre langage, nos concepts et ainsi de suite.

 

Voyez-vous, nous aussi avons besoin que la révélation soit adaptée pour nous-mêmes. Vous êtes donc en mesure de comprendre que Dieu a aussi adapté sa révélation à ses créatures, par des hommes semblables et représentatifs de ceux et celles qui sont visés par la révélation soufflée par Dieu.

 

Conclusion

L’union entre l’homme et la femme a subit d’importantes torsions, car la relation entre l’homme et la femme est brisée. Pire: ils sont opposés et adversaires. Ils doivent pourtant composer ensemble et multiplier la race humaine. Cette union a subit son lot de torsion à travers l’histoire, adaptant le modèle parfait pour le rendre impur par la domination de l’homme sur la femme, que l’on a appelé « mariage », dont le préfixe signifie « mâle conquérant », ou « homme qui possède une femme ». Cette torsion s’est perpétuée dans le temps, mais doit prendre fin pour ceux et celles qui sont maintenant en Christ. Il faut sortir des concepts de ce monde afin d’embrasser les concepts de Dieu. Pour cela, nous avons une nouvelle adaptation à faire, celle de revenir au sens initial de l’union voulu par Dieu pour l’homme et la femme. Ce n’est plus celle de la domination de l’homme sur la femme, représentative de la brisure relationnelle entre Dieu et l’homme, puis de l’homme et de la femme, mais celle de la nouvelle alliance, celle du cœur renouvelé. Il faut aussi comprendre que les textes ont subi l’influence patriarcale de ses auteurs et qu’il n’a jamais été dans la volonté de Dieu de faire de la femme, l’objet de la soumission de celle-ci envers l’homme. C’est l’incompréhension de la révélation de Dieu qui est en cause, car on refuse de laisser l’Esprit de Dieu renouveler notre vie. Nous éprouvons de grandes difficultés à se défaire des concepts qui ont bercé nos croyances depuis toujours.

 

 

 

Patrick Galarneau

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s