Lire la Bible? Mais pourquoi?

Lorsque j’étais jeune, mes parents me racontaient que les curés défendaient quiconque au Québec de posséder une Bible. La raison? Que ceux qui la lisent vont devenir fous.

Et bien, force est d’admettre que ces curés n’avaient pas complètement tort. En effet, eux-mêmes étaient fous de l’avoir feuilleté un tantinet, par inadvertance je présume. Un moment de oisiveté saupoudré de curiosité et d’un rare moment de lucidité, mais sans en chercher le Dieu qui transpire dans chacune des pages de cette impressionnante bibliothèque. Quoi qu’il en soit, lire la Bible en rend fous sans les éclaircissements de la personne de Dieu se traduisant par son souffle sur quiconque ose s’y aventurer.

 

Si l’on considère tous ces délires religieux qui polluent le net actuellement, il faut donc en déduire que la Bible rend fou. Des pasteurs font manger les cheveux de leurs adeptes au nom du Dieu éternel. D’autres embrassent les fesses de leurs ouailles féminines. Les hommes? Il semble que la moitié de la planète n’a guère besoin de la bénédiction pastorale. Et encore, d’autres se donnent en spectacle à leurs fidèles en tentant de marcher sur l’eau. Résultat? Un pasteur est mort noyé. Il y a tous ces prophètes de malheur qui n’ont de cesse de hurler comme des poupons à la couche pleine et affamés, afin, ne serait-ce, que l’on constate leur existence. Vomissant leur fiel amer, ces misanthropes religieux se sont eux-mêmes investis d’une mission des plus urgentes, afin d’avertir le monde et ce, après avoir pris connaissance des deux témoins de l’apocalypse qui prononceront des malheurs sur les hommes de leur génération. Ou encore, enviant la vie des prophètes, s’illusionnant dans une utopie d’une puissance divinement soudaine et implacable, moyen palliatif à une vie sans saveur et d’un déficit d’estime de soi dont l’écart se creuse et les isole de leurs contemporains, envieux de leur bonheur et leur joie de vivre. Faisant abstraction de leurs carences sociales, psychologique et/ou émotionnelle, ils se créées un personnage fictif qui possèdent tous les atouts du surnaturels et de l’appel du divin.

 

La nature humaine a horreur du vide. Le vide de sens et la multiplication des échecs personnels ont eu raison de leur santé mentale, et par le fait même, de leurs possibilités de s’humilier devant le grand Dieu. Ne désirant plus être encore une fois soumis à une humiliation, surtout devant la fatalité du jugement d’un Dieu qui ne peut avoir tort, mieux vaut s’en éloigner et se forger un dieu imaginaire pour remplacer le Dieu éternel qui pourrait enfoncer le dernier clou de leur humiliation, voyant en lui un Dieu qui ne peut les aimer, puisqu’ils n’ont pas connu l’amour de leurs semblables. Alors, s’ils n’en valent pas la peine pour leurs semblables, qu’en sera-t-il du Dieu éternel? C’est du moins l’illusion à combattre en s’érigeant un faux dieu, une idole que tout faux prophète se construit. Mais au final, il n’est que son propre dieu, s’adorant lui-même par procuration, s’élevant soudainement au-dessus de la mêlée, appelé de manière privilégié, comme Moïse au buisson ardent, une relation exclusive entre l’illusionniste et son dieu fabriqué à partir de sa torsion imaginaire du Dieu de la Bible. Oui, cette relation où l’heureux élu qu’il est, a ce lien étroit et exclusif avec son dieu, qu’il présente comme le Dieu de la Bible à qui il s’est révélé de manière très particulière.

 

Lire la Bible comporte des risques pour tout être humain susceptible à renforcer ses carences, creuser davantage les fossés sociaux qui le séparent à jamais du monde réel, puis lui donner le moyen palliatif par excellence pour lui faire oublier sa médiocrité, lui octroyant instantanément une puissance qui l’élève au-dessus de tous ces bourreaux que représente le genre humain. La Bible est, pour ce type d’individus carencés, comme une mitraillette dans les mains d’un terroriste. Contrairement à la majorité des chrétiens, cet individu peu recommandable et désagréable à côtoyer, lit ardemment la Bible, fait des recherches, s’emballe rapidement sur une trouvaille qui le porte plus haut que le ciel, le poil bien dressé sur tout son corps. Il voit des signes dans tout. Entend des voix qu’il provoque lui-même par la recherche de sensationnalisme. Il se trouvera alors un sens à sa vie par cette construction imaginaire d’un dieu qui colmate les brèches de la médiocrité de sa vie et sentira une puissance qui, contrairement aux drogues dures, le maintiendra dans cet état aussi longtemps que celui-ci persévérera dans son illusion. Il lui est donc encore plus difficile d’en décrocher, faute de quoi, il retrouvera la médiocrité de sa vie qu’il a fuit illusoirement.

 

Pour le commun des chrétiens

Pour la majorité d’entre nous, nous n’en sommes pas là, mais pas du tout. Nous menons tous chacun nos vies, avec plus ou moins de rigueur dans notre lecture biblique. Nous nous sentons ambivalents dans notre vie personnelle, conciliant les responsabilités de la vie et la vie en Christ. Nous lisons parfois à temps perdu, fatigué, on oublie ou saute un jour de lecture. Mais en réalité, est-ce une si bonne chose de lire la Bible? Pourquoi lire? Quel est l’intérêt, et qu’est-ce qu’on en retire au final?

Pas plus tard que la semaine dernière, je disais justement à ma femme, qui se sentait coupable de ne pas être assidue à sa lecture, qu’au fond, ça ne sert à rien de lire la Bible. La Bible n’est pas un journal, ni un roman d’ailleurs. Les deux cas cités s’adressent à nous dans notre quotidien. Mais la Bible? Vieux livre d’une époque lointaine et révolue depuis deux millénaires. L’histoire de la vie va bon train, continuant son chemin sans se soucier de ce qu’elle procurera au fur et à mesure que le temps avance. À quoi bon…

 

Étudier, méditer, mais lire? Pas question

Je vais vous le dire entre vous et moi, et seulement entre vous et moi, parce que je vous aime bien: je ne lis jamais la Bible. Jamais! Je ne suis aucunement intéressé à lire. Paradoxalement, j’écris. J’ai rédigé deux romans de plus de 500 pages. J’ai rédigé des chroniques, des articles et des histoires. Mais lire? De grâce, ne me torturez pas à lire, je n’en ai pas envie.

En fait, si je dois lire, c’est pour me détendre. Le problème, c’est que je suis toujours tendu car je refuse de me détendre. Et si je me détendais, ça ne serait certainement pas en lisant la Bible, mais en prenant une bande dessinée d’Astérix. Là, je me détendrais, mais je me lasserais rapidement, car la lecture m’endors, malgré mon hyperactivité.

Je ne veux pas vous décourager de lire, mais de changer votre approche: étudiez ce que vous lisez. Personnellement, je ne lis pas, je médite les paroles prononcées par Dieu. Je ne lis pas, j’étudie les différents contextes dans lesquels il s’est prononcé via ses prophètes, apôtres et disciples. Pour ma part, lire la Bible ne me rapproche aucunement de Dieu. C’est la méditation incessante, ainsi que l’étude assidue de ces témoignages compilés dans cette impressionnante bibliothèque qui me galvanisent et me tiennent constamment en alerte. Mais ne me demandez pas de me détendre en lisant quelques chapitres par jour de la Bible. Je n’aime pas que l’on m’impose des règles, car je désire demeurer un passionné de toutes paroles que Dieu a prononcé.

 

 

Patrick Galarneau

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2 réflexions sur “Lire la Bible? Mais pourquoi?

  1. Voilà ce que j’aime, moi non plus je ne la lis plus, j’ai été « overdosée » durant plusieurs années chez des ignorants, des incompétents, des prétentieux persuadés d’être des élites des religions.

    Je prends plaisir à visionner des vidéos très enrichissantes de personnes sérieuses comme toi Patrick, respectant Dieu, lire des commentaires de certains, je serai dans l’incapacité de refaire comme autrefois, lire intensément, je me sens bien ainsi.

    Merci.

    Lo Milia de fbx

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  2. @Lo Millia de fbx,
    Je ne suis pas sûr (puis-je me permettre) que Patrick ait voulu cette forme de réponse, mais pourquoi pas…
    Amicalement, et Patrick reprendra à sa guise bien sûr, puisque nous sommes « chez lui », il n’est pas bon de se reposer sur les commentaires des autres…qui deviennent ensuite des commentaires de commentaires…
    Je viens de voir un témoignage internet d’une femme prétendant avoir vu Jésus qui lui a dit qu’il la conduirait…Elle en a déduit que la Bible n’était pas à lire et que cela était vraiment inutile. Warning !
    A mon sens, c’est un piège énorme, car la Foi vient de se que l’on entend et ce que l’on entend de la Parole de Dieu…
    Cette Parole doit être lue et méditée (dévorée…) autant que faire se peut. Si on saute un « repas » ce n’est pas grave…en revanche le « Pain du ciel » on ne peut s’en passer personnellement. Se priver de Jean par exemple, ce serait dommage !
    On voit qu’en suivant des plans de lecture différents, dans des versions différentes, on en aura jamais fait le tour…
    Ne pas avoir envie de s’approcher de la Parole de Dieu est problématique puisque l’objet même de cette Parole (cad Christ lui-même) sera éludé.
    Maintenant, je comprends que vous ayez été « dégoûtée » par certains « érudits » excessifs en tout genre…Mais la relation personnelle à Dieu passe par son Amour et une révélation supplémentaire de sa présence au travers de sa Parole. Christ est présent du début à la fin dans cette « bibliothèque », pour reprendre le mot très juste de Patrick.
    Soyez encouragée.

    Merci, Patrick, pour ces réflexions sur la lecture d’un livre « dangereux » qui peut engendrer des héros de pacotilles ou bien des usurpateurs. Il me semble nécessaire de méditer le Livre avec l’aide du St-Esprit au risque, sinon, d’en rester à la lettre dont elle sait qu’elle tue…
    A bientôt, depuis la France.

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