Témoignage: de la mouvance gothique à la foi en Christ (1ère partie).

Avant-propos

C’est avec dégoût que je rédige cet article. Je dois me remémorer des souvenirs que j’avais enfouis et dont je n’avais guère envie de faire resurgir. Il y a longtemps que je suis passé à autre chose. Cet article vise particulièrement d’autres personnes issues de la mouvance gothique qui ont peut-être eu un parcours similaire, mais sans avoir encore été saisit par la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ. La mouvance gothique et le satanisme ne sont pas à mettre ensemble pour autant, mais pour moi, c’est autre chose…

 

Être chrétien et gothique

Habituez-vous, ça deviendra chose commune. Il y a même un site internet pour les chrétiens gothiques: http://www.christiangoth.com/

Je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai été un précurseur, car je ne le sais pas, mais ce que je sais, c’est que Christ a changé ma vie de manière indescriptible. En effet, j’ai été initié à la mouvance gothique depuis mon très jeune âge, en 1979, alors que je n’avais que 7 ans! Lorsque je suis venu à Christ à 26 ans, mon appartement était encore peint de noir, les fenêtres placardées de carton noir, afin que la lumière du jour n’y entre pas. J’enlevais les luminaires du portique, afin qu’aucune lumière n’y entre. Je vivais de nuit et dormais le jour. Je haïssais le jour et affectionnais la nuit. D’ailleurs, je travaillais de nuit et j’étais un oiseau de nuit. Je ne supportais pas le soleil ni le jour. Quelles douleurs que furent celles de devenir chrétien, car pendant 42 mois bien tapant, j’ai pleuré tous les matins d’une angoisse de la vie d’une transition qui s’est opérée dans la souffrance, tel, un héroïnomane qui entre en cure de désintoxication.

 

Ma jeunesse

Quand j’étais jeune, j’étais le laissé pour compte. Personne ne m’invitais dans les fêtes. Ma présence était une nuisance. Mes cousins et mes cousines n’étaient pas les seuls à me détester et à éprouver des hauts-le-cœurs à l’idée de ma seule présence: moi-même je me détestait et éprouvait un profond dégoût de mon existence, alors que je n’étais même pas encore un adolescent.  Une photo de ma confirmation à l’église catholique était plutôt révélatrice de ma haine de la vie. J’étais obligé de suivre ces traditions stupides, car mes parents y tenaient. Les gens étaient invités à cette grande fête d’une confirmation que je vomissais, tout comme ces imbéciles qui affectionnaient les traditions dont la croyance se résumait à observer les rituels de l’église catholique, tout aussi méprisable que détestable. On me demandait de sourire pour les photos, mais j’en étais incapable. En fait, les traits de mes yeux, tout comme ma bouche, se dirigeaient vers le bas. Être heureux, exprimer de la joie ou faire preuve d’humour, toutes ces choses n’étaient que de la théorie inapplicable dans ma vie.

 

Ma mère me battait en l’absence de cet alcoolique et toxicomane qui me servait de père, toujours absent alors que j’avais besoin de lui, de son aide pour me délivrer de ma mère, qui n’avait de cesse de m’humilier avec plaisir, comme si elle se vengeait sur moi et parfois, à coups de bâton ou de ceinture. Alors que je n’avais que quatre ans, elle m’a battue à coups de bâtons avec des clous. Mon corps en était tuméfié, meurtrie et ensanglanté, tout ça pour quelques tranches de pains que j’avais « volées » dans le garde-mangé. En effet, je mangeais peu et j’étais régulièrement enfermé pendant plusieurs jours dans ma chambre, avec un bol pour faire mes besoins et à consommer une banane pour trois jours. J’entendais ma mère pleurer quand j’étais enfermé. Mon père s’absentait pendant plusieurs jours, parfois retrouvé ivre mort dans un banc de neige ou encore, en prison.  Mais cette soirée où ma mère m’a infligé des marques encore visibles aujourd’hui, à 44 ans, s’est incrustée dans ma mémoire, car ce fut la seule fois où elle a demandé pardon dans toute sa misérable vie. Alors qu’elle s’était assoupit, mon père est entré à la maison après une autre de ses beuveries de merde. Il est entré dans la chambre où j’étais sensé dormir, celle de ma mère, pour lui subtiliser quelques dollars pour continuer la fête avec Dieu sait qui. Il entra, m’a demandé de faire silence, puis, son regard vers moi en fut un des plus stupéfait: il a vu les marques de sang sur mon corps. J’ai vu le visage de mon père se transformer, comme si, subitement, il avait enfin compris son rôle de père. J’ai le souvenir impérissable du visage de mon père: subitement, il avait abandonné l’idée de voler l’argent durement gagner par ma mère à l’usine pour nous faire vivre. Il s’est dirigé vers moi avec horreur, puis, il m’a demandé qui m’avait fait de telles marques de sang. C’est avec la peur au ventre, ainsi que des pleurs qui duraient depuis plusieurs heures que je lui ai dit que « maman m’avait fait bobo ». Étrangement, mon père, toxicomane et alcoolique invétéré, s’est subitement transformé en protecteur. De la chambre, j’entendais mon père engueuler ma mère et l’obliger à demander pardon, faute de quoi, il la dénoncerait à la police illico-presto. Ma mère s’est mise à pleurer à chaude larmes, et a demandé pardon. Ce fut la seule fois de ma vie où je l’ai entendu…

 

 

Suite au prochain article…

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