L’argent et le ministère

Bonjour à toutes et à tous,

 

Introduction

Depuis longtemps, les chrétiens francophones tergiversent sur cette délicate question et c’est peu dire. L’argent est sale, mal vu et surtout, considéré comme étant le dieu Mammon personnifié. Au Québec, c’est mal vu de parler de son salaire, de son compte en banque, de ses avoirs, de ses biens et ce, même si ce n’est aucunement lié à de la vantardise ou d’idolâtrie. Croyants ou non, les québécois francophones ont la notion de l’argent comme l’un des principaux tabous.

 

Un tabou bien présent et actuel

Étrangement, nous avons démoli de nombreux scrupules, particulièrement en ce qui concerne les mœurs, la religion, la sexualité, mais le tabou de l’argent demeure encore bien solide, dans une francophonie marquée par le misérabilisme enseigné par l’Église Catholique romaine, omniprésente dans toutes les sphères sociales jusqu’à il y a quelques décennies. Il est surtout mal vu qu’un ministre de culte soit rémunéré. Il est mal vu que certains aient besoin de dons pour continuer leur ministère. Il est mal vu que certains puissent posséder suffisamment d’argent pour ne pas avoir peur de leurs fins de mois.

 

Les fausses vertus du misérabilisme

Les États-Unis ont été érigé particulièrement par des protestants. Les huguenots français ont été repoussés du territoire québécois vers New York, il y a quelques siècles, et c’est aux États-Unis qu’ils sont allés prospérer et contribué à l’émancipation américaine. Pendant ce temps, au Québec, on mourrait de faim et l’Église catholique romaine s’enrichissait à nos dépend. Mais pas tous. Du côté anglophone protestant, on s’émancipait et on prospérait. Bien entendu, les francophones devaient se contenter de vivre pour un p’tit pain, ne pas se plaindre mais surtout, ne pas devenir ni protestant ni cadre supérieur. Et encore moins posséder une belle maison et un bon salaire qui se distinguent des promoteurs du misérabilisme hypocrite, car il faut bien le dire: ceux qui n’avaient pas autant de chance, tentaient de se convaincre et convaincre les autres des vertus du misérabilisme, alors que si on leur offrait les mêmes avantages, ils se seraient jetés dans la fosse à Mammon à pieds joints! On écrase celui qui réussit et on vante le plus pauvre d’entre nous comme étant un vrai citoyen, un vrai bon chrétien catholique.

 

Toucher un salaire serait un sacrilège

Sans s’enrichir au nom de l’évangile, il ne semble toujours pas admirable de vivre de l’évangile. Beaucoup de remarques désobligeantes de la part d’une majorité chrétienne francophone concernant l’argent et l’évangile, comme si c’était totalement incompatible. En ce qui me concerne, je ne vis pas de l’évangile. J’ai déjà reçu un salaire pendant plusieurs années pour cela, et j’ai malencontreusement touché un montant dernièrement pour mes enseignements. Sacrilège! Je suis damné! Je suis soudainement devenu un méchant opportuniste en recherche d’argent et maintenant, tout ce que je fais est pour l’argent. Mais tout comme moi, d’autres travaillent d’arraches-pieds pour arrondir leurs fins de mois. Je cumule deux emplois, j’ai une famille à faire vivre et je ne compte sur personne d’autre que moi-même pour nourrir ma famille. D’autres chrétiens enseignent, exercent un ministère, et ils ne savent pas s’ils seront en mesure de tout payer à la fin du prochain mois. De plus, ils doivent essuyer de nombreuses critiques sur l’argent gagné durement au lieu de se faire aider et que l’on prie pour eux.

 

Ne pas soupçonner le mal

Dès que vous commencez à sortir du lot par votre présence et votre persévérance à continuer à enseigner, prendre soin des personnes qui viennent vers vous, on commence aussi à épier vos avoirs, ce que vous faites de votre argent, de si vous gagniez quelque chose au nom de l’évangile. Or, celui ou celle qui aime Christ ne le fait pas pour l’amour de l’argent et n’a aucun but en ce sens. On soupçonne automatiquement le mal chez vous dès que vous avez touché un euro ou un dollar.

 

Conclusion

Non, je ne suis pas en train de me plaindre. Pas pour moi en tout cas, mais bien pour ceux et celles qui persévèrent en Christ dans leur ministère et qui vivent de l’évangile. Je ne vis pas de l’évangile, donc, il ne s’agit pas de moi. Mais de grâce, ne pointez pas du doigt ceux et celles qui travaillent honnêtement et qui cherchent désespérément à joindre les deux bouts. Lorsqu’un croyant vis de l’évangile, je me dis « tant mieux pour lui/elle, je m’en réjouis, rendons gloire au Seigneur et prions pour lui/elle, afin que son ministère aide à l’édification de l’Église ».

 

 

Patrick Galarneau

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