Être au service des autres pour Christ, c’est parfois un sentiment d’échec.

INTRODUCTION

Je passe davantage de temps devant les caméras et mes écrans d’ordinateurs que sur le terrain avec les gens, je l’admet. Je suis davantage dans l’étude de la parole de Dieu et l’édification que dans la compassion et l’amour exprimées directement avec les gens, c’est vrai. Il n’en demeure pas moins un cœur sincère et désireux d’être parmi vous et ça me chagrine de ne pouvoir le faire. Sincèrement. C’est le désavantage du net… et de ma gestion de temps.

 

FAIRE FACE À LA RÉALITÉ DE LA VIE

Je me reprend de belle manière avec ma femme et mes enfants. Même chose dans mon travail à l’école primaire avec les enfants à ma charge. Oui, je leur distribue les câlins, mon affection, mes conseils, mon oreille attentive et une grande considération pour chacun de ces petits, que je vois grand comme l’univers entier. J’aime cependant me retrouver dans la plus grande solitude par moments, afin de centrer toute mon attention et mon affection envers celui qui m’a insufflé une seconde vie, celle en abondance et pour l’éternité. Malgré mon horaire très chargé, ces moments de solitudes sont de la plus grande importance. Il m’importe de les considérer pour demeurer dans la proximité de ce Dieu qui m’a tant fait grâce. Pour cela, je dois vous négliger, vous oublier et ne pas considérer vos urgences. De toute manière, si je portes toute mon attention sur vous, je devrai faire le déchirant choix de négliger quelqu’un d’autre, que ce soit mon sauveur, ma femme, mes enfants, mes patrons, les enfants à l’école qui comptent sur moi, bref, ne plus avoir d’efficacité dans l’une ou l’autre des sphères importantes qui composent mes obligations relationnelles, affectives ou professionnelles.

 

S’il n’en tenait qu’à moi, je passerais tout mon temps avec Christ, ma famille, puis avec vous. Mais ma réalité avec laquelle je compose est aux antipodes de mes aspirations. À tout le moins, ne satisfait pas pleinement ce cœur débordant et ce feu qui m’animent pour être pleinement au service du Seigneur, et à votre service à vous. Je dois me démener avec deux emplois, une femme et des enfants qui exigent légitimement ma présence de corps, mais aussi d’esprit. Pour eux, le ministère passe deuxième, et c’est pleinement une légitime vérité. Mais je dois aussi travailler dur, du matin au soir, me rendant à la potence du dur labeur pour gagner notre pitance, provoquant fatigue et difficultés à rendre à terme tous mes projets. Je ne suis ni riche ni prospère. Je ne demande rien à quiconque. Mon attention est souvent centrée sur mes fins de mois, me demandant si je vais parvenir à remplir toutes mes obligations financières. Tout ce que je fais et que j’ai obtenu, c’est à coups de sacrifices et d’efforts soutenus sans relâche. Je n’ai pas cette possibilité de m’investir pleinement à la hauteur de ce que je peux offrir. Je dois m’absenter, faire une croix sur l’enseignement continu, sur l’approfondissement et la consolidation des relations que j’entretiens avec vous, sur la relation d’aide et les problèmes urgents que vous êtes en droit d’obtenir et que j’aimerais vivement vous offrir. Mais je dois aussi répondre à mes obligations comme citoyen, comme père de famille, comme l’homme de sa femme, comme éducateur, comme modèle pour des enfants d’école, comme un collègue exemplaire au travail.

 

PLUS GROS QUE JE NE LE VOULAIS: ÉTALER SON PRÉTENDU SUCCÈS?

Personne ne le sait, mais je passe aussi beaucoup de temps à répondre à toutes sortes de demandes importantes. J’ai eu à agir comme médiateur entre personnalités du monde évangélique et ce, afin que n’éclate pas certains scandales. Des pasteurs et des responsables d’églises me demandent conseils ou que je sois un œil extérieur attentif sur leurs situations. J’ai des entretiens avec des missionnaires, des pasteurs, des évangélistes, parfois via Skype ou au téléphone, que ce soit de chez nous au Québec, ou en France. J’ai d’autres demandes en suspens de la part de personnalités du monde évangéliques auxquelles je n’ai pas encore répondu, tout comme de chrétiens qui passent inaperçus et à qui je désire répondre, mais faute de temps, je n’y parviens pas.

 

Certains sites chrétiens francophones m’ont sollicité pour travailler parmi eux, dont le site Infochrétienne.com. J’ai eu de longues discussions avec Guillaume Anjou, fondateur du site, il y a plusieurs mois à ce sujet. J’ai dû finalement laisser tomber, pas seulement par manque de temps, mais aussi parce que le ministère que j’exerce est à caractère polémique (involontaire) et aurait pu porter ombrage au travail de ce site, car ce dernier n’a pas cette vocation et j’en avais averti son fondateur. On me demande régulièrement ma collaboration pour différents dossiers touchant à l’Église « at large », aux scandales, aux polémiques et ainsi de suite. Je réponds surtout aux urgences, qu’importe le titre ou le degré de notoriété de l’individu. Je ne fais aucune distinction d’individus. Un chrétien inconnu qui demande de l’aide recevra une réponse plus rapide de ma part qu’une personnalité connue qui désire s’entretenir avec moi.

 

SENTIMENT D’ÉCHEC!

Je ne souffre d’aucun succès. Je ne suis pas pour autant populaire ni une référence pour le christianisme. Je fais mon travail avec simplicité et sans superflu. Je ne me considère aucunement plus élevé que qui que ce soit. J’éprouve beaucoup de considération d’ailleurs pour les gens simples, qui tombent souvent dans leurs travers et tentent de se relever, pour les bons vivants qui, candidement, laissent leurs faiblesses paraître et ne les cachent pas; pour les incroyants qui désirent en savoir davantage sur Christ et suivent occasionnellement mes activités. Bref, mon cœur repousse les désirs du « star-system évangélique », je n’en éprouve aucun désir ni ambition.

Mais pire: il y a des personnes qui avaient besoin d’aide spirituelle et je n’ai pas été en mesure de leur répondre. J’ai oublié certains parmi vous. Je n’ai pu répondre à des personnes qui me questionnaient sur des problèmes de compréhensions scripturaires, ou qui demandaient de l’aide pour leur situation de cœur ou de dépression ou encore, qui souffraient dans la vie et qui n’ont pas essuyé de refus de ma part, mais qui ont plutôt ressentit de l’indifférence, car n’ayant reçu aucune réponse de ma part. Je ne savais même pas que j’avais une messagerie privée sur ma chaîne youtube, et certaines personnes me demandaient de l’aide. J’ai même reçu un message d’une personne me disant que, finalement, je ne suis pas mieux que tous les pasteurs qu’elle a rencontré et que je me foutais d’elle, n’ayant reçu aucune réponse de ma part.

 

JUSTIFICATION OU EXPLICATION?

Parfois, je dois quitter tôt le matin. Je reviens pour quelques minutes, quelques heures, je repars. Mes activités sont nombreuses. Mes enfants ont des cours ou des activités en-dehors du système scolaire et je les accompagne. Je consacre du temps à ma femme. Mes deux emplois me demandent beaucoup. Je dois réfléchir aux mêmes problèmes qui surviennent à tous les mois: rencontrer mes obligations. Entre deux chiffres de travail, je prépare et publie des enseignements, répond aux messages et interagit avec les différents commentateurs sur facebook, youtube et mon site. Chaque minute compte. Chaque personne compte. Je gère mieux mon temps et je répond davantage aux différentes demandent, mais il y a place à amélioration.

Je ne pensais pas que ça deviendrait si gros. Lorsque j’ai débuté, j’avais quelques dizaines de personnes qui me suivaient sur facebook et sur ma chaîne youtube. Je suis passé d’une vingtaine de personnes à plus de 800 abonnés sur youtube en une année. C’est bien peu, si on compare avec plusieurs autres personnalités du christianisme, mais pour moi, c’est énorme, car ça exige une toute autre gestion qu’à mes débuts. La même chose s’est produite sur facebook: je suis passé de quelques dizaines de personnes à plus de 6,300 (incluant contacts et suiveurs) en l’espace d’une seule année et pourtant, je ne fais aucune demande d’amitié. Sur mon site lafoisansreligion.com, l’audience a augmenté et dépassera d’environ 10 000 visiteurs par rapport à l’année dernière, avec 100 articles en moins, toujours par rapport à l’année dernière!

 

DILEMME

J’ai tout un problème à résoudre: ça commence à devenir trop gros pour que je continue à gérer seul, mais pas assez pour déléguer à d’autres la gestion des commentaires ou des publications. J’ai déjà des personnes qui se sont proposées à m’aider comme modérateurs. J’ai aussi dans ma mire plusieurs personnes qui présentent un profil intéressant pour agir comme tel, hommes et femmes et ils ne le savent pas encore. Mais c’est justement ça le problème: ce « ministère » n’est pas assez gros, à mon avis, pour partager avec d’autres la gestion de mes activités. Et comment déléguer? Dois-je ouvrir une page au lieu de publier directement sur mon profil? Dois-je songer à fermer les commentaires sur mon compte youtube (à vrai dire, je n’y pense pas pour vrai). J’ai peur que ça devienne impersonnel, froid et que ça ne favorise plus de manière adéquate les échanges et les interactions, l’une des forces de ce dit « ministère ».

 

CONCLUSION

Je ne sais pas où tout cela va mener. Je prie le Seigneur de me diriger et de diriger lui-même ce « ministère » (je haïs ce mot, ça fait un peu prétentieux). Il me faut me concentrer sur l’enseignement et les demandes urgentes, déléguant tout le reste à des personnes nées de nouveau avec un certain degré de maturité, un certain degré de connaissance, sans pour autant être un « parvenu » qui se croit au-dessus de tout et des autres. Ces tâches doivent incomber à des personnes avec un minimum non-négligeable de connaissances bibliques, de jugement et discernement, patientes, aimantes et humbles. Sans ces éléments, ou que l’un de ces éléments est manquant, il est difficile d’en laisser la gestion. Ces personnes doivent faire preuve d’un bel équilibre de vie et de constance dans leur humeur. La forme des propos et le ton, ce sont deux autres éléments que je ne peux compromettre. Il ne s’agit pas de personnes parfaites, loin de là, mais de gens qui sont en mesure d’être constants et persévérants dans leur vie personnelle, loin des péchés répréhensibles.

 

N’allez surtout pas croire qu’il s’agisse ici d’une petite crise de diva, ou de quelqu’un qui se prend pour une star ou plus gros qu’il ne l’est, je vous parle avec cœur et étale ma situation dans la plus grande transparence qui soit. Je ne suis ni important, ni meilleur, ni une entreprise. Je suis un faible qui gère plus gros que lui-même, qui n’y parviens pas, et qui est envahi par le sentiment d’échec.

 

 

Patrick Galarneau

 

 

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