Les femmes doivent se soumettre à leurs maris: ah oui? Sous quel prétexte? La Bible? Ah oui, j’avais oublié…

Introduction

Paul Gosselin est pasteur pentecôtiste, écrivain et paléontologue. Il est très préoccupé par le créationnisme littéral, d’ordre général. J’ai eu plusieurs entretiens avec lui dans les dernières années. Nous avons des points communs et sommes tous les deux non-conformistes. Pas anti-conformistes, mais juste non-conformistes.

Toutefois, je ne partage pas son point de vue sur ce sujet et je ne manquerai pas de le lui faire savoir sous peu. Je vous laisse prendre note de ce qu’il m’a envoyé comme courriel:

 

Bonjour,

Je veux signaler la mise en ligne d’un Ebook par l’évangélique québécois Michel Cournoyer, soitLigne d’autorité instituée par Dieu pour la famille et l’église… Et les incidences du féminisme. Comme d’habitude ce document est téléchargeable (et imprimable) à partir du catalogue d’Ebooks de Samizdat:

http://www.samizdat.qc.ca/Ebooks/

Examiner les répercussions du féminisme dans les églises évangéliques? Ouais, évidemment c’est un sujet de prédication pas très « populaire »… À vrai dire depuis que le féminisme s’est propagé dans les années 60-70, à l’exception de quelques vieux prédicateurs rouspétant un peu contre cette idéologie (et qu’on a assez vite fait taire) en général le leadership évangélique s’est « ajusté » à ce phénomène social. Et chez les évangéliques francophones peut-on trouver un seul « ministère pour dames » qui remet en question de quelque manière l’influence du féminisme? C’est chose possible en milieu anglophone, mais je n’en connais aucun exemple chez les francophones.

Mais il faut préciser que la cible visée par Cournoyer ce sont les rôles de direction et d’enseignement dans l’Église. Ceci dit, si on a les yeux ouverts, inévitablement l’argumentaire (et les versets bibliques cités) comporte des répercussions dans les rapports de couple.

Personnellement je constate que les femmes aiment beaucoup entendre les prédicateurs « responsabiliser » les hommes en évoquant ces versets:

« Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier par la parole, après l’avoir purifiée par le baptême d’eau, afin de faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible. C’est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme s’aime lui-même. Car jamais personne n’a haï sa propre chair; mais il la nourrit et en prend soin, comme Christ le fait pour l’Eglise, » (Eph. 5: 25-29)

Évidemment de tels versets mettent les femmes de bonne humeur et leur feront crier des « Amen » enthousiastes. Mais si on passe aux choses sérieuses, c’est-à-dire les quelques « petits » versets qui précédent, alors les choses se gâtent.

« Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur; car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l’Eglise, qui est son corps, et dont il est le Sauveur. Or, de même que l’Eglise est soumise à Christ, les femmes aussi doivent l’être à leurs maris en toutes choses. » (Eph. 5: 22-24)

Alors là, ce ne sont plus des Amens qui pleuvent, mais les tomates…

Elles répliqueront: « Comment!? Je dois être soumise à LUI?? Je me soumettrez à un homme si vous pouvez en trouver un qui soit digne de confiance! » Et on vous fera étalage d’une liste interminable d’exigences que le mâle doit rencontrer pour être (théoriquement) « digne de confiance ». Mais bon, mesdames, que répondrez-vous à l’homme qui vous dit: « Moi, j’ai de très bonnes raisons à ne PAS faire confiance aux femmes et pourtant j’aime toujours les femmes malgré tout ».

Désolé, mais ces commandements, pour les hommes ou pour les femmes, ne sont PAS conditionnels. Ils sont inconditionnels. Et si la méchanceté des hommes diffère de la méchanceté des femmes, à la fin les risques sont égaux. Et si les femmes sont trop habiles à jouer LA VICTIME, les Écritures parlent sans ambiguïté de la destruction (relationnelle) que peut semer une femme. Et en Occident si la loi peut sanctionner les abus des hommes sur les femmes, règle générale, on ne se soucie pas des abus initiés par les femmes.

Mais bon, pour revenir à la thèse de Cournoyer, en fouillant ma bibliothèque un peu au hasard, je suis tombé sur un texte de CS Lewis qui aborde directement le sujet de Cournoyer dans Ligne d’autorité. Il s’agit d’un court article de 4 pages publié dans God in the Dock. L’article porte le titre “Priestesses in the Church”. Lewis est donc un des rares “grands chrétiens” du 20e siècle qui appuie directement ton point de vue. Je me demande si on peut trouver même UN seul grand théologien évangélique actuel qui prend position clair sur cette question… Je suis chrétien né de nouveau depuis plus de 40 ans et je lis BEAUCOUP et je n’en ai pas entendu parler. Si ça existe, c’est un secret bien gardé…

Il va sans dire que Lewis approche la question autrement que Cournoyer et commence avec un argument littéraire, mais abouti à un argument théologique, c’est-à-dire que si le prêtre doit représenter Dieu si une femme tente de jouer ce rôle alors quel Dieu peut-ELLE représenter? On se retrouve alors inévitablement avec une déesse, et à la fin une religion autre que le Christianisme… Évidemment Lewis était Anglican et les Évangéliques sont d’avis que Christ a aboli la fonction spécifique du prêtre.

Certains vont répliquer (au Québec du moins) que la question des femmes en fonction de direction et d’enseignement dans les églises évangéliques ne se pose même pas, car de toute manière se sont les hommes qui assument presqu’exclusivement ces rôles dans les Églises évangéliques.

Mais c’est une demi-vérité, car les collèges bibliques ont souvent plus de 50% de leurs bancs qui sont occupés par des femmes. Et avec toutes ces femmes qui font leurs études bibliques et qui après avoir terminé se cherchent des “places”, on n’a pas le choix de penser à la question de la femme qui prend des rôles d’autorité dans l’Église.

Je me souviens de commentaires TRES amers d’une chrétienne qui a fait son collège biblique il y plusieurs années et qui trouvait hypocrite que la direction de sa dénomination acceptaient à bras ouverts les femmes dans les cours de pasteurs, mais lorsque venait le temps de se trouver “une place” comme pasteure, elles tombaient partout entre deux chaises, car personne n’en voulait… On forme ces femmes dans nos collèges bibliques et on s’attend qu’elles vont toutes devenir “femmes de pasteur”??

Ce genre d’attitude est de la MAUDITE hypocrisie en ce qui me concerne (mais vraisemblablement motivé par le désire de ‘rentabiliser’ ces collèges bibliques dont la situation financière et toujours précaire).

On me dit qu’en Europe francophone, il y a des dénominations où les femmes pasteurs et qui enseignent sont déjà aussi nombreuses que les hommes. Il y a même en France des collèges bibliques où les femmes qui enseignent sont plus nombreuses que les hommes. D’ici quelques années, ce sera la même chose au Québec.

Non, ce ne sont pas des « questions théoriques ». Il faut y faire face et y réfléchir.

Aux Évangéliques de cette génération, n’est-ce pas notre responsabilité de dire ce qui est VRAI, ce que la Bible dit, même si ça ne « cadre » pas avec les idéologies dominantes de notre génération?? Aurions-nous ce courage? Et si c’était à nous de nous ajuster à ce que dit la Bible plutôt qu’ajuster la Bible à notre époque? Et si c’était pour notre bien, hommes ET femmes, que Dieu nous demande de le faire ?

porte toi bien

Paul Gosselin

 

Conclusion

Ce que je n’aime pas avec cet article, c’est que Paul Gosselin semble croire qu’il y a une hiérarchie au sein de l’Église de Dieu. C’est typiquement masculin comme construction de pensée et c’est très triste. La contextualisation semble absente de ce discours, mais pas quand il s’agit de défendre des points de vue créationnistes d’ordre scientifiques. Là, soudainement, le contexte vient défendre ses idées.

Enfin bref, je crois que l’Église est, au sens imagé, bien entendu, l’épouse de Christ et que, son chef, c’est Christ. Il n’y a plus ni homme ni femme en Christ. Nous ne sommes ni subalternes ni dans des positions d’ordre hiérarchique. Nous ne sommes pas non plus des opposés, mais bien des complémentaires.

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