Les femmes, opposées ou complémentaires? Deuxième partie. Explication théologique.

INTRODUCTION

Dans le premier article traitant du sujet, j’évoquais la précision à faire au sujet de la polygamie, dont le N-T semble vouloir éradiquer une fois pour toute. Du moins, en ce qui concerne les hommes appelés au ministère pastoral:

1Tm.3. 1 ¶ Cette parole est certaine : Si quelqu’un aspire à la charge d’évêque, il désire une œuvre excellente.
2 Il faut donc que l’évêque soit irréprochable, mari d’une seule femme, sobre, modéré, réglé dans sa conduite, hospitalier, propre à l’enseignement…

Ici, le texte semble indiquer que la polygamie soit proscrite pour exercer un ministère pastoral. Cette interprétation se défend, dans la mesure où le pasteur ne peut exercer ses fonctions s’il doit s’occuper de plusieurs femmes, ce qui provoquerait certaines complications quant à la charge qui lui incombe:

  • devenir un fardeau financier pour une communauté
  • ne pas avoir le temps requis pour s’occuper adéquatement d’une communauté
  • gestion de crises à l’intérieur de sa propre famille
  • dans cette nouvelle alliance, le retour à la volonté initiale de Dieu concernant la relation homme/femme est nécessaire, car la femme ne doit plus être considérée comme sous le joug sociétal de l’homme, l’Église étant hors de ce monde.

Cependant, le texte grec laisse une certaine latitude quant à l’interprétation, fort probablement par l’absence d’article défini dans  »mari d’une seule femme ». Il faut aussi mentionner que l’article défini n’es pas la force de la linguistique grecque. Néanmoins, je crois qu’il est nécessaire d’élargir, avec justesse, les propos de l’apôtre Paul à Timothée concernant l’appel pastoral:

  • 1- mari d’une seule femme peut signifier un homme qui soit marié qu’à une seule épouse, ce qui signifierait, par le fait même, une élimination naturelle de tous ceux qui sont unis de manière polygame. Même si le polygame présente tous les traits de caractères recherchés pour exercer un tel ministère, il n’en demeure pas moins que ce dernier soit davantage préoccupé par la gestion familiale et donc, moins disponible pour la communauté. La sollicitation de ses membres pourrait donc provoquer plusieurs frustrations légitimes, bien qu’involontaires du pasteur.
  • 2-  ce critère, bien en haut de la liste en ce qui me concerne, peut signifier  »un homme qui n’es pas déconcentré par les charmes féminins ». Mariés ou pas, trop d’hommes ont les femmes comme principale faiblesse et en ce qui me concerne, ça ne passe pas! Un homme à femmes ne peut en aucun cas servir d’exemple, ce que devrait être le pasteur. Pour ma part, être un homme à femmes est totalement inconciliable avec le ministère et même, avec une vie en Christ tout simplement.
  • 3- Divorce: le texte ne suggère en aucun cas l’aspect matrimonial du pasteur, mais bien l’aspect moral. Cela signifie que l’apôtre fait mention du deuxième cas de figure. Toutefois, un homme qui passe d’un mariage à un autre, peut-il vraiment être qualifié? Bien entendu, tous ont droit à l’erreur, sans pour autant être des hommes infaillibles et invulnérables concernant les femmes, mais sérieusement, un homme qui divorce aisément et s’est remarié plusieurs fois, peut-on lui faire confiance sur ce point, non seulement très précis, mais aussi, primordial? Bien entendu, il a le droit de se faire une toute nouvelle vie, mais ici, il ne s’agit pas que de lui, même dans les meilleures dispositions, mais d’une communauté.

 

L’HOMME, INCOMPATIBLE AVEC CHRIST

Une société, c’est inévitablement liée à la psychologie masculine. Les femmes sont davantage dans l’aspect relationnel et égalitaire. Étrangement, vous remarquerez que la psychologie féminine est plutôt en accord avec la pensée de Christ et son Église, alors que l’homme voit dans l’Église, un organisme à contrôler de manière ordonné et hiérarchique, ce qui n’est plus un organisme inter-relié, mais une organisation structurée de façon ordonnée et hiérarchisée. Ne croyez pas que seule, l’église catholique soit visée. Toute la structure organisée de l’Église  »at large » est touchée, car l’hommerie s’en est mêlée. Vous ne trouverez pas de femmes pasteures au sein de certaines dénominations, qui ont pris le contrôle de l’organisme ecclésiastique. Et même dans les dénominations ouvertes au pastorat féminin, ces pasteures doivent rendre des comptes à des instances ecclésiastiques masculines plus élevées qu’elles, car le modèle hiérarchique ne change pas: il est dominé par les hommes. Les hommes, par désir naturel, conduits par leur nature pécheresse, exige le contrôle absolu de tout ce qui subsiste sur Terre. L’homme a soumis la Terre entière et tout ce qui s’y trouve, la femme inclue. L’homme entre donc la nature pécheresse dans l’Église, afin de la soumettre et mettre Christ en-dehors. C’est d’ailleurs ce qui explique toutes ses impuretés nocives.

 

POLYGAMIE

La polygamie s’inscrivait d’ailleurs dans cette pensée. Il était pourtant impensable qu’une femme soit polygame. En effet, si un homme peut mettre plusieurs femmes enceintes, le contraire n’est pas aussi vrai. Du moins, pas dans des temps aussi rapprochés que peuvent le faire les hommes. De plus, les femmes à la tête d’un clan, ça ne se faisait pas. Même encore de nos jours, c’est le nom du paternel qui est attribué à la progéniture, ce qui fut le cas pour des centaines de générations jusqu’à nos jours. Le roi David pouvait se permettre d’avoir huit femmes, mais ces mêmes femmes pouvaient-elles se permettre d’avoir huit hommes? La réponse est dans la question. Une société bâtit par l’homme peut-elle permettre qu’une femme soit cheffe de clan et de famille? Pouvait-elle posséder plusieurs hommes à son service, tant sur le plan du clan que sexuel? Bien sûr que non. L’apôtre Paul ne parle pas de la femme polygame, mais bien de l’homme polygame. Si Dieu a toléré la polygamie unilatéralement masculine, ce n’est pas par sexisme ni par discrimination. C’est parce que la femme a reçu comme conséquence la soumission envers l’homme. La polygamie n’est qu’un des symptômes de cette malédiction.

 

LA PENSÉE BIBLIQUE

Il devient donc normal pour le simple pasteur évangélique, ou le pasteur en devenir, que sa femme lui soit soumise, comme un chien qui rapporte le journal à son maître. À l’eau-de-rose, mais hypocrite, l’homme du clan évangélique affirmera que lui et son épouse prennent les décisions ensemble, qu’il consulte son épouse, mais qu’au final, c’est lui qui prendra la décision ultime pour son  »clan ». Le pasteur évangélique justifiera toute sa pensée et sa croyance sur le passage d’Éphésiens 5.22-23:

22 Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur ;
23 car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l’Eglise, qui est son corps, et dont il est le Sauveur.

L’apôtre Paul est-il rétrograde? En fait, il est plutôt avant-gardiste, si l’on se fie à ce qui est pratiqué à son époque. Cela signifie-t-il que ce qu’il a dit soit immuable? Bien sûr que non. Non seulement cela, mais ce qu’il a dit fait partie de ce que j’appelle  »les vérités circonstancielles ». En effet, l’apôtre Paul permettait que les femmes puissent avoir un libre-accès à l’enseignement biblique, de la même manière que les hommes, alors que la société grecque, elle, reléguait les femmes, même dans les castes supérieures, dans des quartiers érigées pour elles, sans qu’elles puissent assister, même passivement, aux quartiers réservés pour les hommes. Les femmes grecques étaient donc confinées et restreintes. À cette époque, Paul fit preuve d’avant-gardisme en ce qui concerne le droit des femmes. Plus que cela, cette liberté donnée à la femme chrétienne devenait de la provocation dans ce type de société, bien que ce ne fut pas le but recherché.

Mais Paul rappelle, avec raison, de quoi la femme charnelle s’est rendue coupable. La femme qui fait appel à ses droits le fait de manière légitime. Toutefois, la légitimité n’est pas un argument suffisant ni ce qui prévaut dans le corps de Christ, mais Christ lui-même. Si Dieu nous a fait grâce, il n’a pas légitimement fait justice. Rappelons-nous de ce principe. Légitimement, nous étions soumis à la condamnation et cela était parfaitement juste.

 

LE FÉMINISME: L’ÉGLISE N’EN EST PAS LE CHAMP DE BATAILLE

La femme ne devait pas se servir de l’Église comme champ de bataille pour ses griefs, même justifiés. Ni Jésus ni les apôtres ni les disciples n’ont exercé le moindre combat social et/ou politique. Pourtant, la peine de mort, les galères, l’esclavage et le rang des femmes étaient des sujets d’injustices notoires. D’ailleurs, l’apôtre Paul, implicitement, en fit mention à son jeune protégé, Timothée, par ces paroles:

1Tm.2.1 Timothée 2:12 Je ne permets pas à la femme d’enseigner ni de dominer l’homme. Qu’elle se tienne donc en silence.

Ici, il n’est pas question de la femme remplie de l’Esprit, mais bien de celle qui agit charnellement. Par extension, la femme chrétienne devait être soumise à son mari. Lui est-elle inférieure pour autant? Oui et non et je m’explique:

En tant qu’être humain devant Dieu, elle était égale à l’homme. Mais inscrite dans une société perdue, charnelle et soumise à ses conséquences inhérentes à son péché initial, oui. La femme qui agit de manière charnelle, c’est également celle qui se place à nouveau sous sa condamnation initiale, c’est-à-dire, celle qui fut condamnée pour avoir traîné l’humanité dans la chute. La femme chrétienne qui se sert de l’Église comme terrain pour les inégalités hommes/femmes, le fait pour des intérêts autres que celui de Christ et de l’évangile. Mieux vaut souffrir l’injustice que de mettre l’Église sous la loupe de la législation romaine.

 

UNE ÉGLISE EMBRYONNAIRE

Était-il nécessaire à la femme de faire obstacle à la propagation de l’évangile par ses griefs, même justifiés? Combien de fois avons-nous fait obstacle à de bonnes relations, simplement pour nos propres gains personnels? L’Église, en tant que corps de Christ, a bien plus d’importance que les griefs justifiés de la femme. Pourtant, je suis un grand défenseur des droits des femmes et je me battrai jusqu’à la fin de mes jours pour que la femme, chrétienne ou non, soit reconnue comme étant, non seulement égale, mais aussi, comme un complément et non comme un objet de soumission pour le bon plaisir de ces hommes malpropres. Non seulement la femme a-t-elle une valeur égale à celle de l’homme, mais de plus, sa nature correspond davantage au corps de Christ que l’homme. La femme est axée sur l’aspect relationnel, alors que l’homme est plutôt individuel. La femme partage, alors que l’homme cherche à s’arracher le pouvoir. La femme est dans une psychologie égalitaire, alors que l’homme est un conquérant de pouvoir. Alors oui, la femme correspond davantage à la pensée de Christ que l’homme. Néanmoins, dans une Église embryonnaire, la place de la femme est un long processus, mais qui a pour but de lui rendre ce qu’elle a perdu par Ève, lors de la chute de celle-ci.

 

CONCLUSION

L’Église de Christ n’a pas atteint son apogée à l’époque des apôtres, puisque l’Église débutait. Mais déjà, de grands progrès furent réalisés, bien que, d’un point de vue actuel, cela fut bien timide. Ce qui est triste cependant, c’est que, pour beaucoup de chrétiens, les évangiles et les épîtres soient une finalité en soi, comme si l’époque de rédaction en était venue à son apogée. Or, l’Église débutait. La femme n’était pas encore le sujet de cette délivrance, dont Christ en était le principal objet. Parce que la soumission de la femme fut consignée dans certains écrits de la nouvelle alliance, cette soumission devient un principe cristallisé canoniquement et immuablement. La femme demeure donc condamnée à la soumission, comme si elle était encore sous la condamnation, mais étrangement, ça ne concerne pas l’homme né de nouveau. Seulement la femme. Or, Christ est venu pour les hommes, mais de plus, il s’est présenté ressuscité, d’abord aux femmes…

 

 

Patrick Galarneau

 

 

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Les femmes, opposées ou complémentaires? Première partie. Explication théologique.

AVANT-PROPOS

Lorsque le Seigneur conçut Adam, il lui fit une aide semblable. Pas un identique, ni un pareil, mais un semblable. L’idée n’est pas de débattre sur l’historicité du récit de la création des premiers humains, car il est difficile de déterminer la valeur historique, dont les preuves demeurent encore à faire, ce qui n’est pas une mince tâche. À tout le moins, le récit fut enjolivé dans l’objectif de le rendre accessible et compréhensible aux destinataires directes, donc, contemporains au rédacteur du récit, alors que ce même rédacteur ne fut pas un témoin direct de ce qu’il rapporta à ses contemporains.

 

INTRODUCTION

On peut aussi constater que Dieu ne fit pas des femmes pour Adam, mais une seule femme pour ce dernier. Pourtant, nous observons à de nombreuses reprises, particulièrement dans les livres de l’ancienne alliance, des unions polygames, mais surtout dans les castes supérieures. Toutefois, un homme possédant une certaine prospérité financière pouvait posséder plusieurs femmes dont il devenait le propriétaire et le pourvoyeur, remplaçant le père comme figure masculine dominante. Il semble même que Dieu toléra cette situation, puisqu’il ne réprimanda pas les unions polygames de Jacob, David ou Salomon, pour ne nommer que ceux-là. Comment cela peut-il être compatible avec la volonté initiale de Dieu? J’y vais avec une explication qui, certes, ne plaira pas à tous… surtout à toutes.

 

UN RÉCIT TEINTÉ DE SUBJECTIVITÉ CULTURELLE

Les récits de la création nous explique sommairement la chute de l’humanité. Selon la manière dont le récit fut construit, la faute reviendrait donc à Ève, qui consomma le fruit défendu de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Elle en offrit à son mari, qui n’a pas semblé s’y opposer, voir même, a accepté passivement l’objet de la chute dont s’est rendu premièrement coupable la femme placée à ses côtés. Rappelons toutefois que le récit fut raconté par son auteur sans en être un témoin oculaire ni objectif. Ce récit fut raconté et consigné par écrit, bien après les faits relatés dans la Genèse. L’histoire relatée de ce récit est placé de manière historique avant le déluge, chevauchant la période de la parfaite innocence à sa période consciente de la chute et du péché. Toutefois, le récit raconté l’est ultimement pendant la période consciente, c’est-à-dire, celle où les humains sont conscient du bien et du mal, ce qui en influence sa rédaction, avec tous ses présupposés culturels et son arrière-plan historique, culturel, linguistique et conceptuel de son auteur et ses contemporains, destinataires directes, en accord avec le genre littéraire répandu à cette époque. En termes clairs, le récit n’est pas purement historique, mais a plutôt eu, comme prétention, d’énoncer les éléments principaux qui devaient être compris par les destinataires directes, soit, les contemporains de son auteur et non d’une génération ultérieure comportant une meilleure disposition de compréhension, comme c’est notre cas actuellement.

 

INSPIRATION PLÉNIÈRE

Le texte fut donc enjolivé de manière à être compris par les contemporains de l’auteur. De ce point de vue, certains croiront que je met en doute l’inspiration plénière du texte, alors que ce n’est guère le cas. En effet, le moyen employé pour énoncer les grands principes de ce récit est superficiel et périphérique au récit. Le moyen est adapté aux destinataires directes afin d’atteindre leur degré de compréhension, propre aux concepts de ses destinataires directes. N’oublions pas que l’auteur et ses destinataires viennent tout juste de sortir d’Égypte, de l’esclavage, et sont issus d’un patriarcat très présent dans toutes les sphères de leur vie. Ainsi, le texte est adapté de manière à ce que chaque auditeur et lecteurs puissent en comprendre le sens. La femme est donc racontée comme étant la principale coupable de la chute. Il ne faut donc pas s’étonner de la manière dont la femme est considérée et traitée dans une société patriarcale, qui s’est construite à partir de la malédiction de Dieu imposée sur chacun des fautifs lors de la répartition des conséquences en Genèse chapitre trois.

 

LE FOSSÉ RELATIONNEL

Observons au préalable ce que Dieu dit:

Ge.3.11 ¶ Et l’Eternel Dieu dit : Qui t’a appris que tu es nu ? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ?
12 L’homme répondit : La femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé.
13 Et l’Eternel Dieu dit à la femme: Pourquoi as-tu fait cela ? La femme répondit : Le serpent m’a séduite, et j’en ai mangé.
14 ¶ L’Eternel Dieu dit au serpent: Puisque tu as fait cela, tu seras maudit entre tout le bétail et entre tous les animaux des champs, tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie.
15 Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon.
16 ¶ Il dit à la femme : J’augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi.
17 ¶ Il dit à l’homme : Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l’arbre au sujet duquel je t’avais donné cet ordre : Tu n’en mangeras point ! le sol sera maudit à cause de toi. C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie,
18 il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l’herbe des champs.
19 C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière.

 

Comme vous pouvez le constater, un fossé se creusa entre l’humain et Dieu, entre les hommes, puis entre l’homme et la femme. Ces derniers deviennent des opposés. Au verset 16, la femme portera ses désirs sur la position de l’homme, mais ce dernier dominera sur elle. Le simple fait que la femme ait consommé le fruit défendu et ce, de manière unilatérale, sans l’apport de l’homme, fait en sorte que la femme porte seule sa propre faute et donc, assume seule sa conséquence. Elle est donc la seule responsable de sa chute, mais aussi de l’influence mauvaise qu’elle exerça sur l’homme. En agissant de la sorte, la femme a pris seule les commandes de toute la création. Selon le récit raconté par un auteur qui ne fut pas un témoin directe, la femme s’est imposée comme la seule cheffe en prenant la décision de se laisser séduire, convoiter et enfin, de consommer le fruit défendu et ce, sans consulter l’homme, avec qui elle était co-gestionnaire de la création, si je puis m’exprimer ainsi. Bien entendu, le simple lecteur affirmera que la femme fut prise de la côte d’Adam et donc, qu’elle était initialement soumise à l’homme dès le départ. Or, pour qu’il y ait soumission, il faut impérativement qu’il y ait eu faute au préalable. Et cette faute est relevée seulement dans le chapitre trois de la Genèse et non avant.

 

LES VÉRITÉS DU TEXTE, LES MOYENS DE LES TRANSMETTRE

Il faut donc comprendre que les récits racontés antérieurement au chapitre trois subirent l’influence de son auteur qui, lui, est imbibé de ce patriarcat à posteriori au texte. La construction de ce texte est l’oeuvre d’un auteur qui n’est pas témoin ni un acteur de ce qu’il raconte. L’auteur ne peut pas non plus comprendre avec exactitude ce qu’est être un homme n’ayant jamais connu le péché et donc, la période de la parfaite innocence. L’auteur ne peut donc pas élever son niveau de compréhension plus loin que celle dans laquelle il se trouve contextuellement, soit, celle de la chute uniquement. La compréhension de la période de la parfaite innocence échappe à l’auteur. Il raconte donc à partir de sa compréhension et de ses concepts culturels, ce qui comprend notamment le contexte patriarcal dans lequel baigne son auteur. Le récit en est donc altéré par le manque d’objectivité de son auteur, mais ce qui est relaté est suffisant pour transmettre les vérités immuables de Dieu aux contemporains de l’auteur. Il faut donc être très prudent quant à une conclusion hâtive en faveur de l’historicité des récits, mais prompts à en croire ses vérités, dont le genre littéraire et ses figures de styles ne sont rien d’autre que des moyens périphériques au texte et à la bonne compréhension et la réceptivité de ses destinataires directes.

 

CONCLUSION

Nos sociétés se sont donc érigées à partir des conséquences attribuées par Dieu à l’homme et à la femme. Cette dernière fut reléguée à la soumission envers l’homme, mais il ne devait pas en être ainsi au départ. Or, les récits des deux premiers chapitres semblent, en apparence, indiquer une volonté initiale de Dieu au sujet de la soumission de la femme, mais ce serait omettre de manière tendancieuse que l’homme fut créé supérieur à celle-ci. Dans le contexte de nos sociétés, qui ne sont que le résultat du péché et d’un monde où Dieu est évacué pour donner à l’homme sa suprématie, la femme nous apparaît inférieure, mais il ne s’agit que d’une perception biaisée, en accord avec une construction de pensée et conceptuelle typiquement à l’homme. Ce dernier a donc tendance à percevoir la femme comme un opposée et non un complément. Nous verrons plus en détails dans le prochain article.

 

 

Patrick Galarneau