Les femmes, opposées ou complémentaires? Première partie. Explication théologique.

AVANT-PROPOS

Lorsque le Seigneur conçut Adam, il lui fit une aide semblable. Pas un identique, ni un pareil, mais un semblable. L’idée n’est pas de débattre sur l’historicité du récit de la création des premiers humains, car il est difficile de déterminer la valeur historique, dont les preuves demeurent encore à faire, ce qui n’est pas une mince tâche. À tout le moins, le récit fut enjolivé dans l’objectif de le rendre accessible et compréhensible aux destinataires directes, donc, contemporains au rédacteur du récit, alors que ce même rédacteur ne fut pas un témoin direct de ce qu’il rapporta à ses contemporains.

 

INTRODUCTION

On peut aussi constater que Dieu ne fit pas des femmes pour Adam, mais une seule femme pour ce dernier. Pourtant, nous observons à de nombreuses reprises, particulièrement dans les livres de l’ancienne alliance, des unions polygames, mais surtout dans les castes supérieures. Toutefois, un homme possédant une certaine prospérité financière pouvait posséder plusieurs femmes dont il devenait le propriétaire et le pourvoyeur, remplaçant le père comme figure masculine dominante. Il semble même que Dieu toléra cette situation, puisqu’il ne réprimanda pas les unions polygames de Jacob, David ou Salomon, pour ne nommer que ceux-là. Comment cela peut-il être compatible avec la volonté initiale de Dieu? J’y vais avec une explication qui, certes, ne plaira pas à tous… surtout à toutes.

 

UN RÉCIT TEINTÉ DE SUBJECTIVITÉ CULTURELLE

Les récits de la création nous explique sommairement la chute de l’humanité. Selon la manière dont le récit fut construit, la faute reviendrait donc à Ève, qui consomma le fruit défendu de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Elle en offrit à son mari, qui n’a pas semblé s’y opposer, voir même, a accepté passivement l’objet de la chute dont s’est rendu premièrement coupable la femme placée à ses côtés. Rappelons toutefois que le récit fut raconté par son auteur sans en être un témoin oculaire ni objectif. Ce récit fut raconté et consigné par écrit, bien après les faits relatés dans la Genèse. L’histoire relatée de ce récit est placé de manière historique avant le déluge, chevauchant la période de la parfaite innocence à sa période consciente de la chute et du péché. Toutefois, le récit raconté l’est ultimement pendant la période consciente, c’est-à-dire, celle où les humains sont conscient du bien et du mal, ce qui en influence sa rédaction, avec tous ses présupposés culturels et son arrière-plan historique, culturel, linguistique et conceptuel de son auteur et ses contemporains, destinataires directes, en accord avec le genre littéraire répandu à cette époque. En termes clairs, le récit n’est pas purement historique, mais a plutôt eu, comme prétention, d’énoncer les éléments principaux qui devaient être compris par les destinataires directes, soit, les contemporains de son auteur et non d’une génération ultérieure comportant une meilleure disposition de compréhension, comme c’est notre cas actuellement.

 

INSPIRATION PLÉNIÈRE

Le texte fut donc enjolivé de manière à être compris par les contemporains de l’auteur. De ce point de vue, certains croiront que je met en doute l’inspiration plénière du texte, alors que ce n’est guère le cas. En effet, le moyen employé pour énoncer les grands principes de ce récit est superficiel et périphérique au récit. Le moyen est adapté aux destinataires directes afin d’atteindre leur degré de compréhension, propre aux concepts de ses destinataires directes. N’oublions pas que l’auteur et ses destinataires viennent tout juste de sortir d’Égypte, de l’esclavage, et sont issus d’un patriarcat très présent dans toutes les sphères de leur vie. Ainsi, le texte est adapté de manière à ce que chaque auditeur et lecteurs puissent en comprendre le sens. La femme est donc racontée comme étant la principale coupable de la chute. Il ne faut donc pas s’étonner de la manière dont la femme est considérée et traitée dans une société patriarcale, qui s’est construite à partir de la malédiction de Dieu imposée sur chacun des fautifs lors de la répartition des conséquences en Genèse chapitre trois.

 

LE FOSSÉ RELATIONNEL

Observons au préalable ce que Dieu dit:

Ge.3.11 ¶ Et l’Eternel Dieu dit : Qui t’a appris que tu es nu ? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ?
12 L’homme répondit : La femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé.
13 Et l’Eternel Dieu dit à la femme: Pourquoi as-tu fait cela ? La femme répondit : Le serpent m’a séduite, et j’en ai mangé.
14 ¶ L’Eternel Dieu dit au serpent: Puisque tu as fait cela, tu seras maudit entre tout le bétail et entre tous les animaux des champs, tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie.
15 Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon.
16 ¶ Il dit à la femme : J’augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi.
17 ¶ Il dit à l’homme : Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l’arbre au sujet duquel je t’avais donné cet ordre : Tu n’en mangeras point ! le sol sera maudit à cause de toi. C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie,
18 il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l’herbe des champs.
19 C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière.

 

Comme vous pouvez le constater, un fossé se creusa entre l’humain et Dieu, entre les hommes, puis entre l’homme et la femme. Ces derniers deviennent des opposés. Au verset 16, la femme portera ses désirs sur la position de l’homme, mais ce dernier dominera sur elle. Le simple fait que la femme ait consommé le fruit défendu et ce, de manière unilatérale, sans l’apport de l’homme, fait en sorte que la femme porte seule sa propre faute et donc, assume seule sa conséquence. Elle est donc la seule responsable de sa chute, mais aussi de l’influence mauvaise qu’elle exerça sur l’homme. En agissant de la sorte, la femme a pris seule les commandes de toute la création. Selon le récit raconté par un auteur qui ne fut pas un témoin directe, la femme s’est imposée comme la seule cheffe en prenant la décision de se laisser séduire, convoiter et enfin, de consommer le fruit défendu et ce, sans consulter l’homme, avec qui elle était co-gestionnaire de la création, si je puis m’exprimer ainsi. Bien entendu, le simple lecteur affirmera que la femme fut prise de la côte d’Adam et donc, qu’elle était initialement soumise à l’homme dès le départ. Or, pour qu’il y ait soumission, il faut impérativement qu’il y ait eu faute au préalable. Et cette faute est relevée seulement dans le chapitre trois de la Genèse et non avant.

 

LES VÉRITÉS DU TEXTE, LES MOYENS DE LES TRANSMETTRE

Il faut donc comprendre que les récits racontés antérieurement au chapitre trois subirent l’influence de son auteur qui, lui, est imbibé de ce patriarcat à posteriori au texte. La construction de ce texte est l’oeuvre d’un auteur qui n’est pas témoin ni un acteur de ce qu’il raconte. L’auteur ne peut pas non plus comprendre avec exactitude ce qu’est être un homme n’ayant jamais connu le péché et donc, la période de la parfaite innocence. L’auteur ne peut donc pas élever son niveau de compréhension plus loin que celle dans laquelle il se trouve contextuellement, soit, celle de la chute uniquement. La compréhension de la période de la parfaite innocence échappe à l’auteur. Il raconte donc à partir de sa compréhension et de ses concepts culturels, ce qui comprend notamment le contexte patriarcal dans lequel baigne son auteur. Le récit en est donc altéré par le manque d’objectivité de son auteur, mais ce qui est relaté est suffisant pour transmettre les vérités immuables de Dieu aux contemporains de l’auteur. Il faut donc être très prudent quant à une conclusion hâtive en faveur de l’historicité des récits, mais prompts à en croire ses vérités, dont le genre littéraire et ses figures de styles ne sont rien d’autre que des moyens périphériques au texte et à la bonne compréhension et la réceptivité de ses destinataires directes.

 

CONCLUSION

Nos sociétés se sont donc érigées à partir des conséquences attribuées par Dieu à l’homme et à la femme. Cette dernière fut reléguée à la soumission envers l’homme, mais il ne devait pas en être ainsi au départ. Or, les récits des deux premiers chapitres semblent, en apparence, indiquer une volonté initiale de Dieu au sujet de la soumission de la femme, mais ce serait omettre de manière tendancieuse que l’homme fut créé supérieur à celle-ci. Dans le contexte de nos sociétés, qui ne sont que le résultat du péché et d’un monde où Dieu est évacué pour donner à l’homme sa suprématie, la femme nous apparaît inférieure, mais il ne s’agit que d’une perception biaisée, en accord avec une construction de pensée et conceptuelle typiquement à l’homme. Ce dernier a donc tendance à percevoir la femme comme un opposée et non un complément. Nous verrons plus en détails dans le prochain article.

 

 

Patrick Galarneau

 

 

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