Les femmes, opposées ou complémentaires? Cinquième partie. Explication théologique.

INTRODUCTION

Nous avons observé, préalablement, la nouvelle liberté que l’apôtre Paul offrit aux femmes. Nous constatons aussi les limites à cette liberté nouvelle, en concomitance à l’évolution des mœurs de la société dans laquelle s’inscrivit l’Église. Il y a donc une vérité immuable, celle de la conciliation qui transcende les époques, puis les vérités circonstancielles, comme son nom l’indique, dépend des circonstances, particulier à une époque ou un contexte. En Israël, il n’y eut pas de femme de pouvoir, sauf dans des cas très particuliers. Ces cas très particuliers ont donc transgressé les règles internes de la nation hébraïque, et pourtant, ces transgressions étaient non seulement nécessaires, mais désirées par Dieu lui-même. Il importe donc de faire preuve de discernement dans l’interprétation des écritures pour distinguer ces vérités.

 

CHOIX ARGUMENTAIRE

Citons les versets d’abord:

1Tm.2.12 Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence.
13 Car Adam a été formé le premier, Eve ensuite ;
14 et ce n’est pas Adam qui a été séduit, c’est la femme qui, séduite, s’est rendue coupable de transgression.

Plusieurs chrétiens d’aujourd’hui, dont l’auteur de ces lignes, justifient l’égalité des hommes et des femmes par le passage suivant:

Ga.3.28 Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ.

Or, le problème, c’est qu’il s’agit du même auteur: l’apôtre Paul. Y aurait-il contradiction de ce dernier par hasard? Pas du tout. Tous les versets cités ci-haut sont dans des contextes différents, à des auditoires et des lecteurs différents. Bien que la province de Galatie soit un peu plus au nord d’Éphèse, le sujet n’est pas le même, ni son contexte d’ailleurs. Remettons les passages dans leur juste contexte et ne cherchons pas à justifier nos prises de positions en instrumentalisant des versets choisis pour nos propres fins.

 

Pour la dernière citation, Paul fait référence à nos positions respectives devant Dieu et sur le plan spirituel. En effet, il n’y a plus de distinction de race, de sexe ou de rang social qui tienne en Christ. Toutefois, nous vivons dans une réalité mondaine et nous sommes soumis à l’obligation de se montrer conciliants, sans pour autant dénaturer le message de l’évangile. Dans le cas de la citation de l’apôtre Paul en 1Tm.2, il ne s’agit pas de la place de la femme dans l’Église, mais bien dans la société. Ah oui??? Pourtant, l’apôtre Paul dit que la femme ne peut enseigner les hommes dans l’Église, c’est bien ça qu’il est écrit, non? En effet. Par contre, ne nous leurrons pas: l’Église n’est pas sujette à ériger son propre microcosme, comme si elle se trouvait à l’extérieur de la cité dans laquelle l’Église prend forme. Et entendons-nous sur le terme  »Église »: il s’agit bien de l’Église universelle qui prend forme, là où elle se trouve, dans les différentes cités de l’empire romain. Dans le cas qui nous préoccupe, l’Église pose ses fondations un peu partout, dont à Éphèse.

 

En prenant pour acquis nos traditions ecclésiastiques, nous en venons à croire que chaque cité avait ses églises locales ayant pignon sur rue. C’est faux. Cette pensée n’appartient pas au Nouveau Testament, mais bien à nos traditions religieuses. Il s’agit de l’Église avec un grand  »E », puisque l’église locale est une notion inventée plus tard dans l’histoire de l’Église. Ce ne sont donc pas des églises locales qui s’érigent, mais bien l’Église universelle qui s’érige un peu partout dans l’empire romain, là où l’évangile fut annoncé. De plus, vous constaterez qu’il s’agit de l’Église qui se trouve à Éphèse, et non d’une église ayant pignon sur rue à Éphèse. C’est le corps de Christ qui prend forme, et ce corps ne répand pas ses membres découpés un peu partout dans l’empire. Ce ne sont pas des églises, mais bien l’Église au sens large du terme qui prend forme.

 

L’Église n’est donc pas un microcosme social, comme on le retrouve aujourd’hui dans le schisme chrétien de nos jours, mais bien un corps uni par son dénominateur commun à chaque croyant, qui est Christ. Christ est donc la tête de ce corps unique et il pose les fondations sur le monde connu de l’époque. Comme Jésus, l’Église se soumet aux règles internes de sa société d’accueil, sans pour autant verser dans la compromission. On ne peut pas séparer notre rôle de citoyen à celui d’homme ou de femme appartenant à Dieu. Nous avons cependant à rendre à Dieu ce qui lui appartient, et à César ce qui lui appartient. D’ailleurs, vous remarquerez que l’apôtre Paul exhorte ses lecteurs pour tout ce qui concerne les affaires sociales et étatiques et ce, depuis le verset un de 1Tm.2. Il ne s’agit en aucun cas d’affaires strictement spirituelles, bien que Paul exhorte à la prière pour les rois et les instances qui nous gouvernent, tout comme il l’a fait à l’intention des chrétiens de Rome en Ro.13. Paul poursuit son élocution au sujet des femmes. Ajoutons à cela que l’apôtre Paul dit: JE NE PERMET PAS À LA FEMME… L’apôtre Paul se prononce en son nom et non celui de Christ. Oui, c’est en sa qualité d’apôtre, mais il s’agit d’une intervention personnelle, en son nom à lui. Ainsi, il ne s’agit pas de la position de la femme dans l’Église, mais bien de la femme interpellée à se montrer conciliante, par rapport à ce qui était acceptable à son époque et ce, afin de ne pas être un sujet de scandale, exerçant ainsi une triste diversion sur l’érection de l’Église, encore aux embryons de sa riche histoire.

 

ARGUMENTS DE L’APÔTRE

Car Adam a été formé en premier: c’est du moins ce que nous raconte le chapitre deux de la Genèse, mais pas le premier chapitre. Les versets 26-28 nous dit ceci:

Ge.1.26 ¶ Dieu dit : Faisons les humains à notre image, selon notre ressemblance, pour qu’ils dominent sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre et sur toutes les bestioles qui fourmillent sur la terre.
27 Dieu créa les humains à son image : il les créa à l’image de Dieu ; homme et femme il les créa.
28 Dieu les bénit ; Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez–vous, remplissez la terre et soumettez–la. Dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tous les animaux qui fourmillent sur la terre.

Ici, Dieu s’adresse à l’homme et à la femme, pas seulement à l’homme, pas seulement à la femme, mais bien aux deux. La création fut donnée aux deux et non pas un des deux. L’autorité sur la création fut donnée aux deux et non pas un des deux. Puis, ce fut la fin de ce sixième jour. Le chapitre premier se termine ainsi. Or, c’est couper la suite du texte et influencer sa compréhension du deuxième. La suite, qui se trouve au chapitre deux et qui aurait dû être au chapitre un:

Ge.1.29 ¶ Dieu dit : Je vous donne toute herbe porteuse de semence sur toute la terre, et tout arbre fruitier porteur de semence ; ce sera votre nourriture.
30 A tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel, à tout ce qui fourmille sur la terre et qui a souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture. Il en fut ainsi.
31 ¶ Dieu vit alors tout ce qu’il avait fait : c’était très bon. Il y eut un soir et il y eut un matin : le sixième jour.
Ge.2.1 ¶ Ainsi furent achevés le ciel et la terre, et toute leur armée.
2 Le septième jour, Dieu avait achevé tout le travail qu’il avait fait ; le septième jour, il se reposa de tout le travail qu’il avait fait.
3 Dieu bénit le septième jour et en fit un jour sacré, car en ce jour Dieu se reposa de tout le travail qu’il avait fait en créant.

 

Maintenant, nous passons au chapitre de l’explication de manière littéraire. Le verset 4 aurait dû être le premier verset de ce chapitre, la division des chapitres et des versets ne s’est fait qu’à partir du treizième siècle, avec l’ecclésiastique anglais Étienne Langton. Bon, il est vrai que les juifs avaient divisé les textes anciens (ancienne alliance) par versets, mais pas par chapitre. Je considère donc que la division de deux premiers chapitres de la Genèse ne sont pas bien faits et en influence la compréhension et l’interprétation des lecteurs. Enfin bref…:

Ge.2.4 ¶ Voilà la généalogie du ciel et de la terre, quand ils furent créés. Au jour où le SEIGNEUR Dieu fit la terre et le ciel,
5 il n’y avait encore aucun arbuste de la campagne sur la terre, et aucune herbe de la campagne ne poussait encore ; car le SEIGNEUR Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait pas d’homme pour la cultiver.

Dans ce chapitre, l’auteur semble y mettre son empreinte personnelle en expliquant la nature de la création, selon le modèle de pensée typiquement sortie de la psychologie bien masculine. Le découpage des chapitres un et deux semblent indiquer que les auteurs de ce découpage cherchaient à influencer la compréhension des lecteurs, dans la mesure où, les trois premiers versets seraient une continuité bien mal construite pour y interpréter une création préalable de l’homme, puis de l’assujettissement de la femme qui aurait été tirée de sa côte. Or, le premier chapitre indique davantage l’empreinte divine dans la création, alors que l’explication au verset 4 du deuxième chapitre est celui du rédacteur. Évidemment, interprété comme je le suggère pose inévitablement le problème de l’autorité des écritures et de son inspiration plénière.

 

INSPIRATION PLÉNIÈRE ET TRAVAIL CONJOINT

Pourtant, l’un n’empêche pas l’autre. Pour la plupart des chrétiens, la rédaction est le fruit unilatéral de Dieu, soufflé par son Saint-Esprit. Or, l’intervention humaine est voulut et fait partie intégrante de la révélation, Dieu utilisant le langage et les concepts des hommes, par son rédacteur choisit, afin de transmettre sa révélation adaptée à des destinataires directes. Encore une fois, pour bien des chrétiens, il s’agirait ici d’une torsion de la révélation, ce qui est totalement faux et biaisé comme perception. Lorsque le Saint-Esprit conçu l’enfant Jésus dans le sein maternel d’une femme ayant tout autant besoin du sauveur, n’a-t-il pas encore une fois employé un être humain pour y mettre au monde le Jésus parfait et sans tache? La révélation fut faite chair, alors que la révélation des écritures de l’ancienne alliance fut consignée de manière rédigée et à l’intention de ses destinataires directes. Jésus n’est pas venu dans toute sa gloire divine, mais bien comme un être humain, à l’image de sa mère, mais à la perfection de son père dans le ciel.

 

L’auteur de la Genèse y met son empreinte personnelle et ce, toujours en accord avec la révélation parfaite de Dieu. Ses concepts, typiques à l’homme patriarcal qu’il est, sont les véhicules accessoires, mais nécessaires, afin de trouver écho dans la compréhension de ses contemporains. C’est à ce niveau qu’intervient la patte humaine dans l’oeuvre de rédaction biblique. Il ne s’agit pas de dictée mécanique, mais bien des concepts et de la linguistique de son rédacteur, afin de transmettre la révélation de Dieu. L’histoire relatée est donc à l’avantage de la pensée, considérée aujourd’hui, comme machiste et très patriarcale. S’agit-il d’une vérité historique? S’agit-il plutôt d’une vérité enjolivée dans l’objectif d’être reçu par le plus grand nombre de contemporains issus de cette société patriarcale, dont les concepts découlent de la malédiction prononcée par Dieu en Ge.3.15-16? Il semble que oui.

 

DANS LA MÊME PENSÉE

L’apôtre Paul ne fait que réaffirmer ces concepts, traditionnellement acceptés par le judaïsme, en plus d’être en accord avec la pensée véhiculée dans la société dans laquelle s’inscrit l’Église. L’apôtre ne discrédite pas la femme dans son énoncé, il évoque son rôle social, mais seulement après avoir évoqué préalablement sa place dans le corps de Christ, l’Église. Sur le plan spirituel, la femme est l’égal de l’homme, mais elle doit encore assumer les conséquences qui lui échoient, au même titre que l’homme né de nouveau travaillera à la sueur de son front pour gagner sa pitance.

 

 

Patrick Galarneau

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Les femmes, opposées ou complémentaires? Quatrième partie. Explication théologique.

INTRODUCTION

Débutons par une citation de William Barclay:

La femme grecque respectable menait une vie très en retrait, confinée à ses quartiers, auxquels seul son mari avait accès. Elle n’apparaissait pas même aux repas. Elle ne se trouvait jamais seule dans la rue, et n’assistait jamais à aucune assemblée publique (The Letters to Timothy, Titus, and Philemon, Philadelphie : Westminster, 1975, p. 67).

 

LA SOUMISSION DE LA FEMME DANS LA SOCIÉTÉ, PORTE OMBRAGE À SA LIBERTÉ EN CHRIST ET DANS L’ÉGLISE

La femme grecque était confinée dans des quartiers lui étant réservée, à l’abris des regards masculins et de la vie publique en générale. Seul, l’homme avait droit à une vie publique, conformément à la malédiction prononcée par Dieu à l’intention de la femme, en l’occurrence, Ève, pour débuter la chute aux enfers de la soumission envers l’homme. C’est à la suite de sa désinvolture, face au fruit défendu, que la femme a fait transgresser toute l’humanité. L’apôtre Paul intervient à ce sujet:

1Tm.2.9 ¶ Je veux aussi que les femmes, vêtues d’une manière décente, avec pudeur et modestie, ne se parent ni de tresses, ni d’or, ni de perles, ni d’habits somptueux,
10 mais qu’elles se parent de bonnes œuvres, comme il convient à des femmes qui font profession de servir Dieu.
11 Que la femme écoute l’instruction en silence, avec une entière soumission.
12 Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence.
13 Car Adam a été formé le premier, Eve ensuite ;
14 et ce n’est pas Adam qui a été séduit, c’est la femme qui, séduite, s’est rendue coupable de transgression.
15 Elle sera néanmoins sauvée en devenant mère, si elle persévère avec modestie dans la foi, dans la charité, et dans la sainteté.

 

Les chrétiens d’Éphèse s’inscrivaient dans cette pensée concernant la femme en générale, puisque cette cité est grecque de culture. Même ses icônes et ses divinités sont de nature grecques. Dans ce qui est mentionné ci-haut, nous avons l’impression que l’apôtre Paul dénonce la femme et la remet à sa juste place: en silence, dans une entière soumission. Pour beaucoup de croyants, l’apôtre Paul pointe les femmes d’un doigt accusateur. Cette interprétation se défend et n’est pas fausse. Cependant, l’apôtre Paul prend soin d’établir, au préalable, une petite révolution sociale à l’intérieur de l’Église élargit: le droit d’apprentissage des femmes et de devenir elles aussi des disciples, au même titre que les hommes, ce que les rabbins juifs refusaient aux femmes, comme la société grecque refusait aux femmes tous les privilèges donnés aux hommes. Voici un commentaire pertinent de John MacArthur sur le sujet:

Il peut nous sembler évident qu’on doive enseigner aux femmes la Parole de Dieu, puisqu’elles sont spirituellement égales en Christ et que les commandements du Nouveau Testament sont donnés à tous (#1P 2:1, 2). Cependant, cela n’avait rien d’évident pour un judéo-chrétien d’alors, car le judaïsme du Ier siècle ne tenait pas les femmes en haute estime. Bien qu’on ne leur interdisait pas l’accès à la synagogue, on ne les encourageait pas non plus à apprendre. En fait, la plupart des rabbins de l’époque refusaient d’enseigner aux femmes, et certains comparaient même la chose au fait de jeter ses perles aux pourceaux.

 

Un second commentaire du même auteur sur le même sujet:

Précisons d’abord que la perception traditionnelle qu’entretiennent les Juifs de l’époque envers les femmes ne leur vient pas de l’Ancien Testament, qui affirme que les femmes sont spirituellement égales aux hommes. N’est-il pas vrai que la loi mosaïque a été donnée à tout Israël, aux femmes donc comme aux hommes (#De 1:1) ? Que les uns comme les autres devaient l’enseigner à leurs enfants (#De 6:4-7; Pr 6:20) ? Que la Loi protégeait les femmes au même titre que les hommes (voir #Ex 21:28-32) ? Que les femmes avaient des droits d’héritage (#No 36:1-12) ? Qu’hommes et femmes participaient indifféremment aux festins religieux juifs (voir #Ex 12:3; De 16:9-15) ? Que le plus grand vœu spirituel qui soit, savoir celui de naziréat, était possible aux femmes comme aux hommes (#No 6:2) ? Que les femmes prenaient part au culte spirituel (#Ex 38:8; Né 7:67) ? Que Dieu n’a pas hésité à interagir directement avec les femmes (#Ge 3:13; 16:7-13; Jug 13:3) ?

 

CONFRONTATION IDÉOLOGIQUE OU CONCILIATION IDÉOLOGIQUE

La société grecque dans laquelle la cité d’Éphèse s’inscrivait, ne permettait pas aux femmes une vie publique, contrairement à ce que nous observons de nos jours dans nos sociétés occidentales. Or, si l’apôtre Paul peut nous sembler misogyne dans ce texte-ci, il faut tout de même relativiser en tenant compte du contexte de son époque. Le simple fait d’établir de toutes nouvelles règles permissives à l’intention de la femme, était, en soi, une confrontation idéologique. Si les femmes étaient tout aussi méprisées par les chrétiens, il faut alors comprendre que ces chrétiens n’étaient pas sortis des modèles et des canevas de la pensée de ce monde pécheur et déchu. La soumission de la femme n’est pas une volonté divine, mais une conséquence de Dieu, selon ce que la femme a commise comme faute. Et c’est cette faute qui l’a relégué au second rang, derrière l’homme à qui elle a usurpé un pouvoir bilatéralement échu à la femme autant qu’à l’homme.

 

Le problème maintenant qui se pose dans le christianisme, particulièrement à cette époque, et plus encore à Éphèse, c’est la conciliation du rôle de la femme au sein de l’Église et de la société. Si elle ne peut sortir seule en société, qu’elle ne peut être vue dans les quartiers qui ne lui sont pas réservés, on ne peut certainement pas hisser la femme à un rôle supérieur et ecclésiastique sans provoquer le scandale parmi la population de la cité d’Éphèse. Cette provocation aurait-elle été nécessaire? Ou encore, aurait-elle été un obstacle à l’érection des fondations de l’Église en Asie Mineure, dont Éphèse est la principale cité qui fut la porte d’entré du christianisme dans cette région du monde? L’apôtre Paul débute en tout premier lieu par une nouvelle liberté donnée à la femme: écouter l’instruction. Se rajoute à cela: en silence, et qui en fait grincer des dents plus d’une femme de nos jours, avec raison. Mais ne prenons pas ce passage comme si ce dernier était une vérité immuable.

 

VÉRITÉ IMMUABLE, VÉRITÉ CIRCONSTANCIELLE

L’apôtre Paul n’était pas en train de restreindre la femme, au contraire. Il lui offrit la liberté d’écouter l’instruction, de la même manière que les hommes. Il lui offrit la possibilité, dans ce même cas, de devenir disciple de Christ, car sur le plan spirituel, l’homme et la femme sont égaux et la société n’a pas à intervenir d’une quelconque manière dans les affaires de Dieu. Or, la manière dont les chrétiens d’aujourd’hui interprètent ce passage, c’est par la restriction et non la liberté nouvelle offerte à la femme. De prime abord, c’est se placer ans une mauvaise posture exégétique et herméneutique. L’intention de l’auteur n’était pas de restreindre, mais de libérer les femmes en débutant cette libération de manière modeste, mais bien ressentit.

 

Pour plusieurs, le simple rajout de  »en silence », semble complètement effacer tout ce que Paul tente de dire au sujet de la femme. Ce silence, dont doivent faire preuve les femmes de cette époque, devient une vérité immuable, donc, qui transcende les époques et les contextes géo-socio-historico-culturels. Or, ce silence ajouté est circonstanciel et temporel, car la société grecque de cette époque ne pouvait suivre une évolution des mœurs de manière aussi drastique. C’est ici là, le principe immuable de la conciliation en concomitance avec l’évolution de nos sociétés. Dans un contexte socio-culturel différent, l’application des vérités immuables se fait tout aussi différemment et s’ajuste à sa société dans laquelle l’Église s’inscrit. Une vérité énoncée dans un contexte donné, n’est plus une vérité dans un autre contexte, si ce dernier lui est totalement différent. Cette vérité est circonstancielle et non immuable.

 

CONCLUSION

Dans l’article précédent, je voulais revenir dans ce présent article sur les chapitre un et deux de Genèse, son découpage laborieux et son impact sur notre compréhension, mais j’ai pris la décision d’y revenir ultérieurement. Je continuerai donc au prochain article, sur l’argumentation de l’apôtre Paul, soit, ses choix d’arguments au sujet de la chute d’Adam et Ève. Suite à venir.

 

 

Patrick Galarneau

 

 

La belle image évangélique

Dans la belle famille élargie de la mouvance évangélique, les conducteurs se font eux-mêmes les porte-paroles de ce que devrait être un chrétien et l’image de sa famille. Voici ce que l’on veut véhiculer et qui ne doit pas sortir du cadre de la propreté extérieure de ce qu’on s’imagine comme chrétien:

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Voilà une belle photo de profil pour passer partout dans toutes les églises, dans tous les réseaux sociaux chrétiens, sur le TopC et tous les sites gna-gna à lunettes roses d’un évangélisme qui pue l’hypocrisie du culte de l’image.

 

Maintenant, laissez-moi vous présenter trois crasseux du merveilleux monde évangélique, dont moi, et je vous ferai faire un petit test par la suite:

1er crasseux:

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Brian Welch est le cofondateur du groupe métal, Korn. Ce dernier a des problèmes personnels, se sépare de sa femme, s’enfonce dans les drogues dures, puis en 2005, il rencontre Christ. Sa vie en est transformée, mais le christianisme puritain et idolâtre de la propreté de l’image, voit en Brian Welch un faux chrétien, car il est tatoué et continue dans la musique métal, mais version « louange à Christ ».

 

2ième crasseux

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Figure gothique du christianisme en France, récipiendaire du festival de Cannes, Morgan Priest fait parler de lui et ne laisse personne indifférent. Il enseigne la Bible, produit des capsules vidéos, tant humoristiques que bibliques. Il fut même rejeté de la fête chrétienne pour l’évangile en juillet 2016, car on ne veut pas être associé à un tel crasseux. Le prétexte étant que Morgan distribuait des « flyers » pour le compte de son site. Big deal!

 

3ième crasseux

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Voilà un autre malpropre issus de la mouvance gothique et qui enseigne lui aussi la Bible de manière contextuelle. C’est dans sa forme la plus noire de la mouvance gothique qu’il rencontra Jésus et qui transforma sa vie, à un tel point qu’il est difficile de l’imaginer dans son ancienne vie. Ce personnage ne fait pas non plus l’unanimité au sein de la mouvance évangélique, particulièrement pour son ton parfois incendiaire sur l’esprit sectaire de nos milieux.

 

Notes: des crasseux dans le monde évangélique, il y en a de plus en plus. Beaucoup de chrétiens commencent à en avoir marre de cette fausseté d’image que l’on veut projeter, surtout pour le « paraître chrétien ».

 

TEST

Maintenant, imaginez-vous devant l’un de ces trois crasseux, et demandez-vous ceci:

  • serais-je capable de les écouter enseigner?
  • suis-je capable de les considérer de la même manière que les autres?
  • Suis-je dérangé par l’image qu’ils projettent?
  • pourrais-je lui faire minimalement confiance?
  • si l’église se faisait voler de l’argent, aurais-je un des trois crasseux comme image dans ma tête, comme potentiel voleur?

 

CONCLUSION

Dans un évangélisme à l’eau-de-rose, on préfère ce qui est bien soigné, rangé, ordonné, que rien ne dépasse, rien ne se distingue. On veut du monocorde, du monochrome, de l’effacement total, du brun, du beige, du beige pâle, un costard sobre, une coupe de cheveux qui passe inaperçu. Ainsi, comme de bon lèche-culs, ils se procureront un job de pasteur et une position de choix dans une élite auto-proclamée.

 

Mais n’oublions pas que Dieu s’est choisis des choses folles de ce monde, les inconsidérés, les déchets sociaux, les méprisés et des crasseux. Pas seulement les tout propre et les tout gentil avec de belles lunettes roses.

 

 

Patrick Galarneau

Les femmes, opposées ou complémentaires? Troisième partie. Explication théologique.

ADAM, LE NOM GÉNÉRIQUE

La création de l’homme nous est racontée sommairement au chapitre un de Genèse:

Ge.1.26 ¶ Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre.

Comme vous pouvez le constater, j’ai mis l’homme en gras et souligné. Dans plusieurs autres versions, on y traduit par « les êtres humains » au lieu de « l’homme« , car ici, dans ce contexte, l’homme est au sens générique du terme. En fait, le nom « Adam » est un générique pour désigner l’être humain au sens large.

 

LE PROJET INITIAL DE DIEU POUR LES HUMAINS

Indépendamment de leurs genres sexués, l’homme et la femme sont placés de manière égale et sans distinction devant Dieu et ses projets pour eux. Le verset 26 du premier chapitre de Genèse. L’être humain fut créé à l’image de Dieu et non pas seulement le genre sexué représenté par l’homme. Le verset 27 va comme suit:

Ge.1.27 Alors Dieu crée les humains à son image, et ils sont vraiment à l’image de Dieu. Il les crée homme et femme.

Ainsi, c’est bien l’homme et la femme qui furent créés à l’image de Dieu et non seulement l’un des deux genres sexués. L’homme et la femme représentent ce que Dieu projette comme image, donc, dans la mesure où la chute n’est pas encore survenue pour emporter l’humanité dans les ténèbres.

Dans le verset précédent, Dieu dit « faisons les être humains à notre image ». Il ajoute quelque chose qu’il ne dit pas au sujet du reste de sa création:

  • qu’ils dominent sur toute la création

L’homme et la femme devaient conjointement dominer sur toute la création. Ainsi, l’idée de soumission de la femme était inexistante dans la volonté initiale de Dieu. Puis, Dieu termine son plan initial pour l’homme et la femme par ce qui suit au verset 28:

Ge.1.28 Puis il les bénit en disant : « Ayez des enfants, devenez nombreux. Remplissez la terre et dominez–la. Commandez aux poissons dans la mer, aux oiseaux dans le ciel et à tous les animaux qui se déplacent sur la terre. »

Reprenons chaque éléments séparément:

  • ayez des enfants
  • devenez nombreux
  • remplissez la Terre
  • et dominez-la: commandez aux poissons dans la mer; aux oiseaux dans le ciel; et à tous les animaux qui se déplacent sur la Terre

Encore une fois, autant la femme que l’homme est concernée et impliquée, sans aucune distinction liée à son genre sexué. La femme n’est pas considérée autrement que l’homme. Aucune mention de subordination d’un genre sexué à un autre, pas même une insinuation. Il est donné à la femme autant qu’à l’homme, l’autorité de soumettre toute la création.

 

CONCLUSION

Dans le prochain article, nous observerons le changement de ton radical de l’auteur au chapitre deux qui, en ce qui me concerne, débute seulement au verset quatre. Autrement dit, le chapitre un aurait dû se terminer par 34 versets et non 31. Les trois premiers versets du chapitre deux n’ont pas été découpés au bon endroit. Il aurait fallut les inclure au chapitre un, pour leur donner l’ordre 32-33 et 34 du premier chapitre, et non le verset 1-2 et 3 du chapitre deux. Et le verset quatre marque un changement de ton, de genre littéraire et de figures de styles.

 

 

Patrick Galarneau