Ian Curtis, en recherche de Christ, mais annonce son suicide dans une dernière chanson.

INTRODUCTION

Emblème du mouvement gothique depuis 1976, Ian Curtis a influencé énormément de groupes actuels, que ce soit Bono de U2, Moby ou Radio Head. Les chansons de Joy Division ont été reproduites par des centaines de groupes, qu’ils soient alternatifs, punks, gothiques ou black métal et même Pop. Joy Division était même comparé aux Beatles par la puissante BBC. Un film a été produit en 2011 sur la vie du chanteur, Ian Curtis, grâce aux anciens membres du groupe, ainsi que sa femme, Déborah Curtis, écrivaine reconnue.

 

BONO FAIT L’APOLOGIE DE JOY DIVISION ET DE IAN CURTIS

 

BONO DE U2 REPREND MÊME LES CHANSONS DE JOY DIVISION

 

LA MALÉDICTION: SATANISME? POSSESSION?

Ian Curtis fut aux prises avec un grave problème d’épilepsie, et certaines personnalités du monde artistiques affirment qu’il était sous l’emprise d’une possession démoniaque. Les spectacles de Joy Division se terminait souvent par des émeutes ensanglantées, comme en témoigne le film « Control », racontant la vie de Ian Curtis, considéré comme un « poète maudit », comme Rimbaud et Nelligan, car Curtis subissait des attaques spontanées de sa maladie en pleine prestation. Ses problèmes personnels et sa maladie le conduisent vers plusieurs tentatives de suicides.

 

DÉBUT DE L’ÈRE MORTIFÈRE

Alors que Joy Division était davantage dans la musique punk et post-punk, il y eut un changement totalement radical dans l’attitude et l’ambiance générale de la musique produite par Joy Division. De très coloré, Joy Division est tombé dans une noirceur qui laissait présager le pire pour son chanteur et leader. En effet, le timbre de voix devint caverneux, grave et sombre, typique à la mouvance gothique noire, alors qu’auparavant, il était limpide, clair et rapide, typique à la mouvance punk-révolte. C’est ici que la démarcation entre la mouvance punk et du gothique eut lieu. Ce fut le début de l’ère gothique, supplantant le punk et devenant la figure de proue de tout ce qu’il y a de plus marginalisé. C’est celle du découragement, du désespoir, de l’échec et de cette prise de conscience que cette vie n’a, semble-t-il, aucune valeur en soi.

 

LES CARACTÉRISTIQUES DU GOTHISME

Les attaques se poursuivirent. Ian Curtis tente de se suicider. Il produit néanmoins plusieurs pièces, dont certaines sont empreintes de dépression et d’abandon de la vie. Par exemple: The Eternel, qui est sans doute l’une des pièces les plus déprimantes à avoir été produites. Ian Curtis ne sourit pas, n’est pas joyeux, est effacé, sobre, mais disjoncté, noir, repoussant, difficile d’approche, imprévisible. Étrangement, c’est ce que j’étais. C’est ce qu’étaient mes copines. C’est ce qu’étaient plusieurs de mes amis et connaissances, sans pourtant avoir connu Ian Curtis.

 

IAN CURTIS ANNONCE SON SUICIDE

Dans la vidéo ci-bas, une vidéo de Joy Division qui annonce le suicide de Ian Curtis. Cette vidéo n’est pas en studio. Nous verrons plus loin la version studio:

 

LA VERSION STUDIO, D’APRÈS LE FILM « CONTROL »

Lorsque j’avais 17 ans (1989), j’avais remarqué que la version studio de cette pièce présentait une démarcation entre Ian Curtis, et celui qui devait devenir le leader du groupe pop-goth, New Order, succès mondial: Stephen Morris. D’ailleurs, dans la vidéo que vous aller voir, vous remarquerez le changement de voix quand Ian Curtis se passe la corde au cou. Cette construction cinématographique a été réfléchie et voulue, et ce fut habile:

 

GOTHIQUE AU LIEU DE CHRÉTIEN

On se fout de la gueule de Morgan, de Brian Welch, de moi-même (je ne m’en formalise pas), mais on oublie qu’il y a des être humains derrière. Et si des chrétiens avaient été en contact avec Ian Curtis, peut-être parlerions-nous aujourd’hui de son impact comme chrétien au lieu de son impact sur la musique goth. Peut-être serions-nous en train de célébrer la nouveauté de vie de ce dernier, ainsi que des membres actuels de New Order, groupe culte de la mouvance gothique et industriel. Ian Curtis s’est suicidé! Voilà un triste constat. Mais pendant ce temps, des icônes de cette mouvance rencontre Jésus sur leur propre chemin de Damas, et tout ce que l’on trouve à dire, ce sont des jugements à l’emporte-pièces sur leur accoutrement et leur aspect ténébreux.

 

Todd White et Brian Welch, avant un spectacle de Korn, avec des crasseux de la mouvance métal-gothique:

 

CONCLUSION

Combien d’entre vous pouvez les juger?

Je vous laisse avec une vidéo déprimante de Joy Division, dont le chanteur n’a pas connu le même sort heureux, alors qu’il recherchait une solution à sa vie déprimante:

 

 

 

Patrick Galarneau

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Dans la lignée des marginaux chrétiens: Alice Cooper.

Certains affirment que le véritable père du mouvement gothique, serait nul autre que Alice Cooper, à cause de ses goût pour la provocation de type « gore » et très théâtrale, comme nous le constatons avec des groupes gothiques, tel que Skinny Puppy, qui sont devenus les « maîtres de l’horreur » par leurs spectacles ensanglantés et monstrueux. L’auteur de ces lignes n’est pas d’accord avec cette affirmation, mais soit, toute opinion sur le sujet demeurera dans la catégorie de la subjectivité.

Quoi qu’il en soit, Alice Cooper a toujours semblé tiraillé entre la vie de spectacle qu’il mène depuis les 50 dernières années, puis sa foi en Jésus-Christ.

Il affirme:

  • « Ma foi est distincte de la mise en scène théâtrale de mes spectacles. Si je jouais MacBeth de Shakespeare tout le monde trouverait ça formidable. MacBeth est une pièce bien pire que mes shows en matière d’occultisme, de mort, d’inceste ! »
  • « J’ai grandi dans l’Église, je m’en suis écarté et j’y suis revenu. »

 

Le père d’Alice Cooper était pasteur protestant, sa mère et sa soeur étaient des chrétiennes engagées. Même la femme d’Alice Cooper se rendait à l’église protestante le dimanche. L’un de ces dimanches, elle exhorta fortement Alice à l’accompagner à l’église. Ce dernier en était fort réticent, car de son propre aveu, il avait peur de Dieu et de son jugement envers lui. mais l’accompagna malgré tout. Voici ce qu’il avait à dire à ce sujet:

  • « Je suis devenu chrétien, je pense, par peur. (…) Je ne voulais pas me retrouver un jour devant Dieu, un Dieu en colère. Alors je me suis dit – vaudrait mieux choisir le bon côté… Je préfère avoir Christ comme avocat. Je veux que le jour de ma mort, Christ dise ‘Non, il est à moi celui-là. C’est par la suite que j’ai vraiment compris la foi chrétienne, et que je me suis mis à aimer Christ. »

CHANGEMENT RADICAL

À l’émission de TOUT LE MONDE EN PARLE, version Québec, Alice Cooper fut invité et franchement, je me suis surpris à le trouver fort sympathique, jovial, souriant, affable, et d’une gentillesse à laquelle je ne m’attendais absolument pas. C’est après quelques recherches que j’ai compris: Alice Cooper est chrétien. Dans son entrevue (impossible de la retrouver), il affirme que sa vie publique et sa vie personnelle sont totalement distinctes, que ses spectacles sont du théâtre burlesque (typique à la mouvance gothique, je dois l’admettre), et qu’il s’agit ni plus ni moins d’une forme d’expression liée à l’esthétisme morbide (encore une caractéristique typique à la mouvance goth), sans pour autant être ainsi dans sa vie personnelle.

 

GOTHIQUE ET CHRÉTIEN

Il s’agit ici d’une observation personnelle: beaucoup de convertis au « gothisme » sont des enfants de pasteurs ou issus de familles chrétiennes. Marilyn Manson en est un exemple. Pour ma part, je suis effectivement imbibé de la mouvance évangélique et depuis mon enfance, je fus attiré par le morbide et c’est à pied-joint que je me suis enfoncé dans l’aspect la plus noire de la mouvance gothique. J’ai un ami personnel qui était punk-gothique. Son père fut l’un des pionniers de la mouvance évangélique au Québec. Lorsque l’on prend connaissance de l’histoire d’un tueur fou ayant fait des victimes dans une école, on s’aperçoit que ce dernier était sous l’influence de musiques gothiques, et qu’un ou ses parents sont des chrétiens. Beaucoup d’enfants de chrétiens ont touché à l’occultisme, le spiritisme et la mouvance gothique, sous une forme ou une autre. Simple hasard?

 

RÉVOLTE

Je parle pour moi, mais il est possible que beaucoup s’y retrouvent: mon père était un religieux sévère, contraignant et légaliste. Après être sorti d’une troisième cure de désintoxication, il rencontra Christ. Mais à cela, il devint totalement l’inverse de ce qu’il était. À mon début d’adolescence, il m’obligea de force à devenir chrétien, faute de quoi, il allait me battre, car c’est tout ce que je méritait. Après tout, me faire battre était moins pire que l’enfer. Il m’obligea à l’accompagner à l’église et j’étais pris d’angoisse chaque dimanche matin.

Vers 15 ou 16 ans, bien que je connaissais la mouvance gothique depuis l’âge de sept ans, j’envoyais paître le monde entier, mais surtout, mon horrible père religieux, et je m’auto-mutilais au sens propre, puis imagé. En effet, je devais me faire du mal physiquement pour me sentir en vie. Je devais m’en prendre à moi-même de ne pas avoir tenu tête à mon père. Or, à 18 ans, j’ai envoyé promener ma famille de merde, puis je m’auto-mutilais au sens figuré avec le maquillage, le sang sur les lèvres, le fond de teint blanc dans le visage, les cheveux crêpés, les vêtements noirs, les chaînes, les multiples boucles d’oreilles avec des clous que je me perçais dans le corps et j’avais des idées de meurtres et de suicides. Mes copines étaient toutes dans la mouvance gothique du côté le plus sombre, dont le satanisme.

 

Non, je ne suis pas le seul. Il y en a un tas d’autres qui sont passés par là, dont des enfants de chrétiens. Je suis revenu vers le Seigneur, mais pas à cause de mon père, mais bien par la grâce de Dieu, en Christ. Alice Cooper, Todd White, Brian Welch ou tant d’autres, n’ont pas à subir vos jugements sur leur apparence. Ils avaient besoin de Christ, comme moi, comme un tas d’autres personnes. Gloire à Dieu pour son oeuvre dans nos vies, qui que nous soyons, d’où nous venons.

 

 

Patrick Galarneau