La foi seule, sans les oeuvres

Hé.11.1 La foi est une manière de posséder déjà ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités que l’on ne voit pas.
 
Il est bon de vérifier plusieurs versions, afin que le lecteur moyen puisse se faire une idée générale de ce que l’auteur veut réellement dire.
 
Je suggère au moins une traduction dans chacune des trois grandes catégories de traductions (littérale, dynamique et paraphrasée).
 
La vie éternelle une fois pour toute
Dans la version TOB, la foi se manifeste de manière possessive d’une chose qu’elle a déjà obtenu (le salut, la vie éternelle). Ainsi, les traducteurs ont déduit que le croyant hébreux possède déjà la vie éternelle et que son éternité est à la fois effective et définitive. On ne retourne pas en arrière (10.39), car nous avons déjà obtenu la vie éternelle (11.1), ce qui est cohérent avec l’apôtre Jean qui dit sensiblement ceci: « je vous écris petits enfants pour vous dire que vous avez la vie éternelle », et non: « vous aurez… », ou encore: « vous l’avez, mais à condition de… »
 
Mais la suite du verset un est intéressante. La foi est un moyen de connaître des réalités que l’on ne voit pas. Mais de quelles réalités s’agit-il donc?

Les fameuses œuvres
Avez-vous remarqué, ou encore, prêté attention à ce verset? Des réalités QUE L’ON NE VOIT PAS! Les croyants hébreux avaient tendance à calculer la foi en terme d’œuvres, car leur passé judaïsant en était ainsi. Étrangement, nous faisons la même chose dans le christianisme. Jésus avait justement dénoncé les religieux juifs de mettre des fardeaux sur le dos du peuple. Ces fardeaux consistaient en œuvres à accomplir pour plaire à Dieu. Et même, les religieux juifs imposaient des fardeaux, mais ils refusaient d’accomplir ce qu’ils imposèrent!
L’auteur de l’épître fait subtilement ce rappel lorsqu’il débute son apologie de la foi. Il affirme que les héros de la foi, ces conducteurs du passé glorieux d’Israël, qui ne furent pas justifiés par les œuvres, mais par leur foi. L’auteur rappelle tout au long de ce chapitre à quel point il est impossible d’être trouvé agréable par Dieu si celui-ci n’a pas la foi. Il est impossible de lui plaire par les œuvres.
L’un des problèmes majeurs de la religion, c’est la falsification de la vérité pour la tourner en œuvres à accomplir. Pour les juifs, c’était une tradition et non un acte de foi dans l’espérance de la révélation à venir. C’est ce qui explique d’ailleurs pourquoi les juifs rejetèrent Jésus en grande majorité. C’est le sacrifice de Christ qui a mis en lumière la fausseté de leur foi, puisqu’en refusant Christ comme Messie, ils démontrèrent que leurs cœurs étaient attachés aux traditions et aux œuvres à accomplir, et non une foi débordante qui accueille la révélation enfin accomplie par la personne de Dieu fait chair, Jésus-Christ.

Conclusion
Et comme je l’ai mentionné à maintes reprises dans mes vidéos sur le sujet, la foi de l’ancienne alliance n’est aucunement différente de la foi dans la nouvelle alliance. La foi n’est pas née ni issue de la nouvelle alliance. Le prophète Habakuk a dit « Le juste vivra par sa foi » (Ha.2.4). L’apôtre Paul a cité mot pour mot les propos du prophète. Il n’y a pas de distinction à ce sujet entre les deux alliances. Les judaïsants furent donc mis à nu devant la lumière qu’a représenté Christ lors de son court passage parmi eux.


Patrick Galarneau
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