Être rempli de l’Esprit: une utopie?

Sur l’une de mes publications facebook, j’ai affirmé qu’aucune assemblée locale n’est remplie de l’Esprit. Pour l’art de susciter la polémique, c’était réussi.

 

CONTEXTE

Un bon ami, qui est pasteur et dirige une assemblée locale, s’est soudainement enflammé lorsqu’il a pris connaissance de ma publication. Selon lui, c’est un tissu de conneries ce que je raconte. Il a ensuite réitéré ses propos lorsqu’il est venu chez moi pour une rencontre planifiée concernant une vidéo que nous tournerons ensemble. Je suis à l’aise avec ça. Parfaitement à l’aise que mon ami me dise en plein visage ce qu’il pense de mes propos. Bien entendu, j’ai un coefficient de susceptibilité qui varie entre faible à nul. En fait, cet ami ne manifestait aucune colère ni animosité. Sa transparence et son intégrité font en sorte qu’il dit ce qu’il pense sans cachette aucune. Voilà. Tout aussi déficient que moi en terme de susceptibilité, il a pris en riant lorsque je lui ai affublé le joli sobriquet «d’innocent» d’être tombé dans le piège de la polémique aussi facilement.

 

ACCEPTER LES DÉSACCORDS – RELATIONS HARMONIEUSES

Deux amis peuvent avoir des projets ensemble, tout en étant en désaccord sur différents points. Ce que j’apprécie de cette relation, c’est qu’on peut se dire les vraies choses sans cachette, sans «non-dit». Et puis après? Est-il nécessaire de toujours être d’accord sur tout pour être en relation les uns avec les autres? N’est-ce pas justement à ce niveau que les foutues dénominations ont pris forme? C’est un des points majeur en tous les cas! Cet ami a l’habitude de susciter la réflexion de ses «followers» en posant des questions. Pour ma part, je fais le contraire. Je réponds aux questions avant qu’elles ne soient posées! J’y vais avec des affirmations chocs, afin de susciter des réactions qui mènent vers le débat. Les deux formules sont bonnes. Je préfère l’une plutôt que l’autre. C’est tout.

 

MEA CULPA, MAIS…

Son raisonnement est que, je ne peux affirmer une telle chose, puisque je n’ai pu visiter toutes les églises locales du monde entier. Vrai. Je vois des cultes de partout dans le monde, car les assemblées ont toute prise cette fâcheuse habitude de se filmer. Sérieusement, quel est l’intérêt? Même mon ami, à qui j’ai posé la question, ne le sais pas. Pourtant, il est pasteur de son assemblée. Il a même insisté plusieurs mois auprès des anciens de son assemblée pour que l’on filme le culte. Mais quel est l’intérêt, lui demandais-je? Niet. Mais selon lui, il est impossible d’expérimenter la chaleur de la communion fraternelle en visionnant un culte sur internet et de juger par cela que l’assemblée n’est pas remplie de l’Esprit. Ok. Cependant, le fonctionnement d’une assemblée locale est le même, peu importe la région du monde. Les gens assistent à un culte. Ils ne sont pas de vrais participants, mais des auditeurs passifs. Ça, c’est de la religion. Comment puis-je être d’accord avec des pratiques religieuses que je dénonce? Mais bon. Je lui donne raison sur ce point: je ne peux vérifier. C’est vrai. Très vrai même. Or, il n’en demeure pas moins que je crois ce que j’affirme. Je suis têtu. Ça aussi c’est vrai, mais c’est moi qui l’affirme, pas mon ami.

 

QUESTIONS

Mais comment peut-on affirmer, à l’inverse, qu’une assemblée locale puisse être remplie de l’Esprit? Comment mesure-t-on cela? Aux émotions ressenties? Sous le seul prétexte qu’on est réuni ensemble? Parce que l’on croit que le bâtiment est la maison de Dieu? Quels sont les critères permettant d’affirmer qu’il y ait des assemblées remplies de l’Esprit de Dieu? Que font-elles qui démontrent qu’elles sont remplies de l’Esprit de Dieu? Ces questions sont tout de même légitimes, non? Et elles le sont davantage, puisque mon ami, comme bien d’autres croyants d’ailleurs, affirment de telles choses.

 

DÉBAT À PRÉVOIR?

C’est purement spéculatif. C’est utopique. C’est illogique. Combien de croyants arrivent le dimanche matin, les mains et le coeurs remplis de péchés, d’orgueil, d’amertume, de colère, de médisance, de querelles avec un proche ou le voisin? Combien arrivent disposés de telle sorte? Loin de moi l’idée de porter un quelconque jugement sur la disposition des uns et des autres, mais de plutôt se dire les vraies affaires! Et honnêtement, la communion fraternelle se limite à chanter ensemble des chants programmés par celui qui préside le culte, puis à être tassé dans une salle à écouter un sermon. Après trois décennies de vie d’église, je dois bien avoir un tantinet d’expérience du milieux, d’autant plus que j’ai exercé le ministère pastoral pendant un certain nombre d’années. Mais bon… mon ami aussi a une belle expérience pastorale. Il a lui aussi son mot à dire sur le sujet.

 

CONCLUSION

Je vais donc déroger à mes bonnes vieilles habitudes, en mettant de côté mes affirmations, pour prendre la méthode de mon ami: comment évaluez-vous ou mesurez-vous l’Esprit de Dieu dans vos assemblées? J’accepte volontiers d’avoir exprimé un tissu de conneries. J’apprécie grandement la franchise de cet ami pour qui j’ai le plus grand respect et avec qui j’ai le vif désir de travailler. Nous avons beaucoup de plaisir à discuter et nous aurons certes, beaucoup de plaisir à débattre sur différents sujets que nous vous proposerons en vidéo sur le net.

 

Mais était-il rempli de l’Esprit quand il m’a dit tout ça? Va falloir que je lui pose la question 😉

 

Merci à mon cher ami d’être… mon ami! Je t’apprécie énormément et je suis heureux de travailler avec toi sur ce magnifique projet!  🙂

 

 

Patrick Galarneau

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