La Bible n’est pas écrite pour nous!… mais…

Ce titre en fera rager plusieurs. Néanmoins, c’est une vérité implacable que personne ne peut contester, et voici pourquoi:

 

GENTILÉ

Avez-vous remarqué le nom des livres qui composent toute la Bible? Inutile de reprendre chacun des noms en y allant de la Genèse à l’Apocalypse, mais si vous prenez chaque livre du Nouveau Testament, vous remarquerez que chacun d’eux est adressé à une personne ou un groupe d’individus. Que ce soit à Philémon ou aux croyant se réunissant dans la cité d’Éphèse, il y a un auteur qui s’adresse à des contemporains. Une lettre personnelle demeure une lettre personnelle. L’Église de l’antiquité a cru bon compiler ces ouvrages, mais les lettres personnelles, dans un seul livre, un livre qui témoignage des accomplissements de Dieu fait chair, ainsi que des actions des chrétiens avant la chute de Jérusalem.

Les évangiles, quant à eux, portent les noms de ses auteurs, car ceux-ci témoignent de ce qu’ils ont vu, entendu, et accomplis. Ce sont des « rapporteurs d’événements ». Dans l’ancienne alliance, nous retrouvons des noms de livres qui se rapportent à des événements importants, comme l’Exode, ou pour expliquer les origines du péché, du choix de Dieu, ou de sa main créatrice, en l’occurrence, et vous l’avez deviné, la Genèse. Il y a les noms d’Esther ou de Ruth, qui évoquent les personnages principaux dans des moments ciblés de l’histoire d’Israël. Vous avez les livres prophétiques, poétiques ou historiques. Évidemment, le genre littéraire diffère les uns des autres, dépendamment du livre dont il est question. Les Psaumes ne se lisent pas comme le livre des Rois. À tout le moins, ce sont des livres qui concernent principalement Israël et qui racontent, par différents genres littéraires, l’histoire et l’évolution du peuple d’Israël, depuis la confusion des langues jusqu’à la destruction de Jérusalem.

Aucun des livres n’est adressé à des générations futures post-Judée. Les livres prophétiques pointaient en direction du plus grand événement à avoir lieu dans l’histoire d’Israël, certes, mais de l’histoire de l’humanité: le sacrifice de Christ à la croix. Nous avons dans les Psaumes, qui est un recueil de poésie, des images de la personne de Christ à venir. Les auteurs y construisirent des chefs-d’œuvres inégalés de constructions littéraires, comme le Psaume 119 (à lire dans sa langue d’origine absolument pour comprendre les merveilles de sa construction littéraire).

 

LANGUES D’USAGES/TRADUCTIONS

Comme la majorité n’est pas familière avec les langues d’origines, on a cru bon traduire les textes dans les différentes langues pour que chaque peuple puisse recevoir le témoignage des prophètes d’autrefois ainsi que des premiers disciples de Christ. Or, nous avons l’hébreu ancien, le grec antique, ainsi que l’araméen comme langues d’usages dans toute la Bible. En effet, nous retrouvons l’hébreu dans l’Ancien Testament, le grec dans le Nouveau Testament, et l’araméen dans les deux!

Lorsque Jésus s’est adressé à la foule, il l’a parfois fait dans la langue araméenne. Pourquoi: il s’adressait aux hébreux de son époque, alors que la langue hébraïque n’était pas la langue d’usage. Le grec était la langue couramment parlée dans l’empire et en Judée. Plusieurs juifs étaient des hellènes par « adoption ». Or, l’araméen fut la langue utilisée par Jésus dans un contexte bien précis, mais sans entrer dans l’exégèse de ces textes, nous comprenons que Jésus s’adressait à des contemporains et non pour les générations futures. D’ailleurs, il a été d’abord envoyé pour la « maison d’Israël ».

Les juifs comprenaient ce que Jésus disait, car il leur parlait dans une langue qui leur a rappelé le temps de la déportation à Babylone, et dont Dieu les a délivré, conformément à ce qui fut révélé au prophète Daniel, pour qu’ils retournent bâtir Jérusalem et le second Temple qui devait accueillir le Messie.

 

Lorsque les apôtres et disciples se mirent à répandre la bonne nouvelle au monde entier, passant de l’Espagne aux Indes, d’Europe du Nord jusqu’en Afrique, ils parlèrent la langue de l’empire. Ils s’adressaient plus particulièrement aux juifs des différentes cités, passant par les synagogues comme porte d’entrée dans les cités visitées. Si l’épître aux hébreux porte ce nom de nos jours, ce n’est pas l’auteur qui en donna le nom. C’est le contexte historique et culturel de l’épître qui obligèrent les chrétiens de générations subséquentes de reconnaître le gentilé de l’épître. En effet, il fut aisé de reconnaître tous les éléments du judaïsme du Lévitique, servant d’analogies, afin de faire l’apologie du sacrifice de Christ par-dessus tous les sacrifices de la loi mosaïque. L’auteur (que je crois être l’apôtre Paul), est un hébreu s’adressant à d’autres hébreux, qui instrumentalise les éléments connus de ses lecteurs auquel il s’adresse, afin de leur illustrer son propos dans sa lettre leur étant adressée.

Pour comprendre le témoignage de ces contemporains de Jésus, il importe d’avoir ce témoignage qui nous soit transmis. Mais le plus gros obstacle demeure sa lecture. Soit nous apprenons les langues d’origines, soit nous avons des traducteurs pour nous rendre ce témoignage accessible. Comme on peut le constater, si nous devons traduire, c’est qu’inévitablement, les textes ne nous étaient pas destinés. La traduction donne accès au plus grand nombre à ce magnifique témoignage.

 

ACTUALISATION DES PRINCIPES UNIVERSELS

Quand bien même que ce chef-d’oeuvre littéraire ne nous était pas destiné, il n’en demeure pas moins que les principes universels s’y retrouvent. Que ce soit le salut en Christ, la confiance que nous avons en ce que Dieu dit et accomplit, que ce soit lorsque nous sommes affligés (comme le roi David dans ses Psaumes) et que nous demandions secours à Dieu, que ce soit parce que nous louons et adorons Dieu, que nous le célébrions et reconnaissons son authenticité, sa véracité, sa main-mise sur toute la création, ce sont tous des principes universels pour quiconque a reçu de Dieu le moyen de la foi pour s’approcher de lui et lui être agréable. Que ce soit dans l’ancienne ou la nouvelle alliance, que ce soit avant ou après la destruction de Jérusalem, les principes universels en Dieu ne changent pas. Le juste vivra par sa foi, que ce soit en Habakuk ou en Romains, mais aussi de toutes les époques, bien avant ou bien après.

 

 

Patrick Galarneau

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Les accomplissements prophétiques de Jésus.

Mt.24.35Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.24.36Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul.

 

Le verset 35 est une expression qui sert à rassurer les disciples sur l’authenticité prophétique des événements à venir que Jésus leur annonce. Il y a plus de chance que la Terre et le ciel cesse d’exister que de ne pas voir les prophéties s’accomplir dans un proche avenir, c’est-à-dire, du jugement qui attend le peuple d’Israël qui allait le faire crucifier deux jours plus tard. Et cela se solde par la destruction du Temple.

Cette expression est choisie par Jésus de manière précise, car en disant cela, il exprime sa souveraineté sur la création. Il insinue de manière à peine voilée qu’il a autorité sur la création, que la Terre et le ciel sont l’ouvrage de sa main, ce qui implique qu’il affirme réellement qu’il est le « chef suprême », l’héritier, le Dieu fait chair, mais qu’il doit s’offrir en sacrifice ultime pour les péchés du monde.

Il annonce son jugement, mais surtout, un décret irrévocable comme seul Dieu peut se permettre de le faire. Ses paroles démontrent un ton d’autorité, de certitude, et que sa crucifixion qui surviendra deux jours après son discours, sonne le coup de grâce au peuple pour son jugement imminent. Ce jour arrivera bientôt et de manière soudaine, mais non sans avoir préparé les événements à venir par de nombreux avertissements par les prophètes du passé, jusqu’à Jean-Baptiste.

 

ACCOMPLISSEMENTS

Jésus utilise cette expression à plusieurs reprises

Mt.8.17 Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la Loi ou les Prophètes ; je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir. 18 Car en vérité, je vous dis : Jusqu’à ce que le ciel et la terre passent, un seul iota1 ou un seul trait de lettre de la Loi ne passera absolument pas avant que tout ne soit arrivé.

La Terre et le ciel ne sont pas passés pourtant. Ils n’ont pas disparus et nous profitons de la vie encore de nos jours. Jésus a accompli la loi et les prophètes. Il l’a annoncé à l’avance à ses disciples. Il y a plus de possibilités de voir la Terre et le ciel disparaître que de ne pas voir se réaliser ce que Jésus a annoncé. On ne peut donc pas prendre littéralement les propos de Jésus en ce qui concerne la Terre et le ciel, mais en ce qui concerne ce qu’il a annoncé, il y a une fermeté, une intangibilité des propos prophétiques qui arriveront de manière assurée et sans le moindre équivoque.

Mais encore une fois, cette expression n’est pas anodine. Si Jésus affirme la certitude de ce qu’il a annoncé, il affirme aussi qu’il est maître de la Terre et des cieux. Il exprime sa divinité, car seul Dieu peut se prévaloir d’une si grande assurance, fermeté et d’une prévision des événements de manière aussi précise qu’autoritaire. Il est en train d’affirmer qu’il est le créateur des cieux et de la Terre, car en disant que tout ce qu’il dit va s’accomplir

 

DE NOUVEAUX CIEUX ET UNE NOUVELLE TERRE

L’exemple de Nicodème

Voir les propos de manière céleste et non terrestre, c’est l’erreur qu’on fait les juifs en questionnant Jésus. Ce fut le cas avec Nicodème:

Jn.3.1  Mais il y eut un homme d’entre les pharisiens, nommé Nicodème, un chef des Juifs, 3.2qui vint, lui, auprès de Jésus, de nuit, et lui dit: Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n’est avec lui.

Maintenant, regardez l’affirmation spirituelle que Jésus donne à Nicodèmde:

  • 3.3Jésus lui répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu.

Constatez la réponse très terrestre et terre-à-terre de Nicodème qui, rappelons-le, est chef religieux d’Israël:

  • 3.4Nicodème lui dit: Comment un homme peut-il naître quand il est vieux? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître?

C’est exactement le genre de propos que les religieux tiennent. Ils ne voient pas les choses spirituelles, ils ne voient que ce qui est devant leurs yeux. Les littéralistes bibliques, qui sont des fondamentalistes religieux, font exactement les mêmes erreurs dans leurs interprétations bibliques, alors qu’ils prennent tout au pied de la lettre (et comme ils sont littéralistes, ils me répondront sans doute que les lettres n’ont pas de pied!). Et dans les cas les moins pires, c’est-à-dire, les chrétiens religieux de nos jours, considèrent les prophéties et les propos de Jésus de manière terrestre. Par exemple, ils croiront que le règne de 1 000 ans évoqué dans le livre de l’Apocalypse est littéral. Ils croiront aussi que la notion de « fin des temps » se rapporte automatiquement à la fin de l’histoire de la vie. Et encore, ils croiront que le ciel et la Terre doivent être détruits physiquement pour avoir une nouvelle Terre et de nouveaux cieux tout aussi physiquement et que nous y vivrons éternellement. Mais c’est omettre grossièrement le langage utilisé par Jésus, mais pire: c’est de croire que les éléments physiques sont voués à une vie éternelle, alors que ces choses sont des éléments matériels et sans vie. Bien entendu, Dieu a donné vie à cette roche informe et vide que l’on appelle « Terre », mais ce n’est pas naturel. Une action surnaturelle était nécessaire pour y semer la vie, mais en soit, la Terre est un élément matériel sans valeur. Notre réalité physique, matérielle et temporelle n’a rien à voir avec les réalités spirituelles qui, elles, sont éternelles.

 

CONCLUSION

Alors, lorsque Jésus évoque dans son expression les éléments « ciel et Terre », il exprime l’idée que les choses physiques passeront certainement, et cela ne signifie pas du tout que le créateur va opérer une nouvelle création matérielle, mais surtout, c’est que ses paroles sont un décret affirmatif, sans point de retour et qui arriveront assurément sans le moindre doute. Il affirme ici de lui-même qu’il est le dépositaire de la création, puisqu’il utilise le « ciel et la Terre » pour rehausser la valeur de ses prophéties, reléguant ainsi les éléments de la création en second plan derrière « sa parole ». Jésus affirme ce qui serait considérer comme une énormité sans nom… et sans précédent! Il faut, sois avoir du culot pour faire une telle affirmation, soit il s’agit du décret de ce Dieu éternel fait chair. Rien de moins. Jésus ne dit donc pas que les choses terrestres doivent passer au sens littéral. Il exprime plusieurs éléments importants dans cette courte phrase.

 

 

Patrick Galarneau

Le comble du péché de Jésus!

Une réflexion au sujet des paroles de Jésus qui, certainement, devaient être considérées comme un véritable blasphème aux yeux des juifs. Mais la réponse de Jésus est magnifique. Elle place ses nombreux auditeurs, qu’ils soient partisans ou détracteurs, dans un état d’étonnement, tellement personne ne s’attendait à cette réponse, qui frappa l’imaginaire collectif.

Qui ne se souvient pas des paroles prononcées par Jésus au peuple, répondant aux chefs religieux juifs du Sanhédrin:

Mt.22.15 Alors les pharisiens allèrent tenir conseil pour l’enlacer (le piéger par ses propres paroles) dans [ses] paroles. 16 Et ils lui envoient leurs disciples avec les hérodiens, en disant : Maître, nous savons que tu es vrai, et que tu enseignes la voie de Dieu en vérité, et que tu ne t’embarrasses de personne, car tu ne regardes pas à l’apparence des hommes. 17 Dis-nous donc ce que tu en penses : Est-il permis, ou non, de payer le tribut à César ? 18 Mais Jésus, connaissant leur méchanceté, dit : Pourquoi me tentez-vous, hypocrites ? 19 Montrez-moi la monnaie du tribut. Et ils lui apportèrent un denier. 20 Et il leur dit : De qui sont cette image et cette inscription ? 21 Ils lui disent : De César. Alors il leur dit : Rendez donc les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu. 22 Et l’ayant entendu, ils furent étonnés ; et le laissant, ils s’en allèrent.

Les religieux juifs tentent d’amadouer Jésus en lui reconnaissant comme docteur d’Israël par ses mots « Rabbi » ou « Maître ». Ils lui reconnaissent aussi des qualités humanistes tout au long du verset 16, pour ensuite espérer le piéger par la question posée au verset 17.

Étrangement, Jésus les traite d’hypocrite et ce, après que les pharisiens soient arrivés en toute douceur dans leurs paroles. Jésus n’est pas dupe. D’abord, il sait très bien que le Sanhédrin offre des sacrifices à l’empereur, qu’une partie des impôts est prélevé à même les offrandes du Temple et que les pharisiens, non seulement n’en sont-ils pas outrés, mais sont de connivence avec les autorités romaines et ce, afin de ne pas être eux-mêmes prélevés, mais d’incomber ce fardeau aux petites gens du peuple. D’ailleurs, ce n’est pas sans raison que Jésus s’est mis dans une sainte colère contre les marchands du Temple, car habituellement, il y avait un endroit prévue autre que le Temple pour y marchander. Mais en demandant aux marchands d’y vendre au Temple, non seulement les chefs religieux percevaient une redevance sur les profits de la marchandise mais de plus, ils falsifiaient les poids et mesures des achats qui servaient pour les gens du peuple pour offrir en sacrifice à Dieu!

Et ces religieux osent questionner Jésus à ce sujet! Ça, c’est la première des hypocrisie!

Mais la seconde hypocrisie, c’est de tenter de placer Jésus dans une situation encombrante où il a à choisir entre se mettre à dos les gens du peuple juif qui espèrent de plus en plus que Jésus est le vrai Messie, ou encore, de se mettre à dos les autorités romaines, ce qui aurait placé Jésus dans une situation de révolte envers l’empereur romain, si seulement Jésus pouvait se faire piéger à admettre que l’impôt ne devrait jamais aller à Rome, mais plutôt à Dieu, comme la majorité juive le pensait et le clamait, au nom de l’Éternel Dieu. Si Jésus ne veut pas se mettre Rome à dos et ne pas être accusé et condamné pour révolte, Jésus doit alors abdiquer et accepter de se mettre maintenant à dos tous ceux qui le suivent en affirmant qu’ils doivent obligatoirement donner l’impôt à César. C’est là que réside l’astuce des chefs religieux juifs: l’obliger à se condamner lui-même, d’un côté ou de l’autre, sans possibilité de s’en sortir.

Et l’hypocrisie était aussi de faire en sorte que:

  • soit les gens du peuple acclament Jésus pour avoir pris position contre Rome, et dans un tel cas, les religieux juifs avaient un motif viable pour faire accuser Jésus et le faire condamner, ce qui l’aurait mis hors d’état de nuire à leurs affaires, leur crédibilité et leur notoriété. De plus, comme ils perdaient le contrôle des gens de la Judée aux mains de Jésus, qui devenait de plus en plus populaire, les chefs religieux auraient dans ce cas redoré leur image auprès de Rome et évité des sanctions romaines à leur égard ou pire, voir Rome investir Jérusalem et la détruire, ce qui était redouté par le Sanhédrin.
  • soit que le Sanhédrin aurait regagné le peuple en faisant en sorte que Jésus se décrédibilise lui-même et encore, qu’ils puissent le faire accuser devant le Sanhédrin, sous la déposition des nombreux témoins ayant entendu Jésus affirmer qu’il faut payer l’impôt à César. Mais pendant ce temps, le Sanhédrin, lui, offrait des sacrifices à l’empereur, en plus de prélever l’impôt à partir des dons au Temple, et pour ajouter l’insulte à l’injure, frauder le petit peuple en l’imposant davantage pour ne pas à avoir à payer eux-mêmes l’impôt.

 

Mais Jésus fut bien plus rusé que les chefs religieux. Remarquez comment il interpelle ses auditeurs. Il pose la question suivante à ceux qui sont venus pour le piéger:

  • 19 Montrez-moi la monnaie du tribut. Et ils lui apportèrent un denier. 20 Et il leur dit : De qui sont cette image et cette inscription ? 

Ne se doutant pas qu’ils seront eux-mêmes piégés, fort possiblement trop sûrs d’eux-mêmes, ils répondirent à Jésus:

  • De César.

Alors, Jésus qui leur a fait admettre par leur propre bouche que c’est César qui est sur les pièces de monnaie dit:

  • Rendez donc les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu.

Leur réaction:

  • Et l’ayant entendu, ils furent étonnés ; et le laissant, ils s’en allèrent

Non seulement n’ont-ils pas obtenu ce qu’ils désiraient entendre de la bouche de Jésus, mais ils se sont faits piégés eux-mêmes devant le peuple, par les paroles de leur bouche. Et encore plus que cela: Jésus a parlé à leur conscience, car eux, ils donnaient même le sacrifice à l’empereur, alors que celui-ci devait être donné à Dieu. Alors, que l’on rende à César sa juste part, et à Dieu ce qui lui revient. Or, les religieux juifs, par peur de Rome, se prostituèrent en donnant à César ce qui revient à Dieu!

 

RÉFLEXION

Le terrible péché de Jésus est d’avoir osé affirmer que les pièces de monnaie en circulation sont celles de César. Ironiquement, les révoltés juifs des années 66-68 de notre ère proclamèrent à Jérusalem l’indépendance de l’État juif, tuent le grand prêtre pro-romain Ananias, suppriment les sacrifices à l’empereur (institués par Hérode) et frappent des monnaies portant l’inscription « An I de la Liberté ». Ils ne voulaient plus redonner à César ce qui lui appartenait, mais affirmaient que tout était à Dieu. Résultat: l’état juif fut détruit environ deux ans plus tard, Dieu leur ayant rendu ce qu’il devait à ceux qui ont refusé son Oint et l’ont injustement accusée, condamné et fait mettre à mort. Ce fut le juste prix.

 

 

Patrick Galarneau

Cette génération ne passera pas!

Mt.24.34Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n’arrive.

 

D’abord, reprenons tous les éléments que Jésus a annoncé et qui arrivera avant que « cette génération » s’éteigne. Nous verrons par la suite de quelle génération dont il s’agit:

  • v.1-2  Le Temple: il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée

SIGNES ET MANIFESTATIONS DE SON AVÈNEMENT

  • v.3-5  Anti-Christ: Car plusieurs viendront sous mon nom, disant: C’est moi qui suis le Christ.
  • v.6  Manifestations: Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres: gardez-vous d’être troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin.
  • v.7-8  Fléaux: il y aura, en divers lieux, des famines et des tremblements de terre
  • v.9-10  Persécutions: Alors on vous livrera aux tourments, et l’on vous fera mourir; et vous serez haïs de toutes les nations, à cause de mon nom
  • v.11  Faux prophètes: Plusieurs faux prophètes s’élèveront, et ils séduiront beaucoup de gens
  • v.12-13  Injustices: Et, parce que l’iniquité se sera accrue, la charité du plus grand nombre se refroidira
  • v.14  Évangélisation: Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin
  • v.15  Prophétie de Daniel: C’est pourquoi, lorsque vous verrez l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, établie en lieu saint, -que celui qui lit fasse attention!
  • v.21  Détresse: Car alors, la détresse sera si grande qu’il n’y en a point eu de pareille depuis le commencement du monde jusqu’à présent, et qu’il n’y en aura jamais.
  • v.22  Court laps de temps: Et, si ces jours n’étaient abrégés, personne ne serait sauvé; mais, à cause des élus, ces jours seront abrégés
  • v.24  Faux Christ: Car il s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s’il était possible, même les élus
  • v.27-30  Avènement du fils de l’homme: Car, comme l’éclair part de l’orient et se montre jusqu’en occident, ainsi sera l’avènement du Fils de l’homme
  • v.31  Rassemblement des élus: Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis une extrémité des cieux jusqu’à l’autre

 

Donc, toutes ces choses doivent se produire dans une génération. Il s’agit en effet d’une seule génération et non de plusieurs générations. Les dispensationnalistes croient que les douleurs de l’enfantement durent depuis le temps des apôtres jusqu’à nos jours. Ils croient donc que tout ce qui est annoncé par Jésus dans ce texte, doit se produire sur une très longue période de temps, et que sa finalité sera à la dernière génération d’hommes sur Terre. Pourtant, ce n’est pas ce que dit le texte. On doit revenir au début: Le Temple!

C’est ce qui déclenche tout le discours de Jésus, depuis la remarque des disciples au sujet de la grandeur du Temple, jusqu’au ch.26 v.1, alors que Jésus change maintenant de sujet avec la pâque qui aura lieu deux jours plus tard. Le « fils de l’homme » doit être livré pour y être accusé et mené en croix. Ce n’est pas sans raison que Jésus a aussi longuement parlé à ses disciples sur ce qui arriverait suite à sa crucifixion. Le fait que les juifs le livreraient impliquent alors les conséquences décrites par Jésus dans le ch.24 et 25. Jésus savait pertinemment qu’il allait être livré. Et c’est lui qui a « décrété » aux disciples au sujet du jugement qui arrivera, suite à sa condamnation et ce jugement va se solder par la destruction du Temple de Jérusalem. Le Temple de Jérusalem est au coeur de la prophétie biblique. D’abord, il abrite l’arche de l’alliance, une alliance qui allait être détruite, tant physiquement par les romains que spirituellement par Jésus. Le jugement allait s’abattre par la main des romains, qui s’est manifesté par la destruction et le pillage du Temple de Jérusalem. Mais le jugement a aussi une signification qui va bien au-delà de son emplacement géographique et de sa construction en elle-même.

Le Temple est le centre de la vie culturelle, religieuse et prophétique d’Israël, en particulier de la tribu de Juda, dont la Judée tient son nom. Ce second Temple doit recevoir le Messie annoncé en Da.9.24-27. Le Temple et le Messie sont intimement liés. L’un ne va pas sans l’autre. S’il n’y a pas de Temple, il n’y a pas encore de Messie qui vienne. S’il n’y a plus de Messie, il n’y a donc plus besoin d’avoir de Temple. Ce dernier perd toute signification et utilité, une fois que le Messie est présenté et offert en sacrifice à la croix. En fait, le Temple n’a plus aucune utilité une fois que toute la prophétie est accomplie.

 

ABOLITION

D’ailleurs, ceux et celles qui croient que Jésus n’a pas aboli la loi mais est venu l’accomplir, et bien, Jésus n’est pas venu détruire le Temple, mais en accomplissant la loi et les prophètes, il a aboli le Temple. Donc, la loi et les prophètes aussi. Il fallait accomplir pour abolir, pas abolir pour accomplir. Les prophètes, depuis le second Temple, avaient pour objectif de préparer la venue du Messie, jusqu’à Jean-Baptiste. Jésus devait être reconnu comme Messie, ce qui implique qu’il devait accomplir toute la loi et les prophètes. À sa mort à la croix, Jésus a tout accompli. Sa résurrection a confirmé sa véracité. La loi, les prophètes et le Temple sont donc devenus caduques et inutiles. Dire le contraire, c’est affirmer alors que le sacrifice ultime de Christ n’a pas suffit et c’est faire Dieu menteur.

 

LE JUGEMENT FINAL

Le Temple ne pouvait pas tenir éternellement et demeurer en parallèle de la nouvelle alliance par le sacrifice de Christ. Il est donc logique de croire que la destruction du Temple était un décret de Dieu, que celui-ci devait être détruit, afin de mettre l’évidence en lumière sur le sacrifice ultime de Christ. Autrement, nous pourrions douter de la véracité messianique de Jésus, puisque le Temple encore debout, n’importe qui en Judée pouvait se prévaloir d’aspirations messianiques et prophétiques et ça, Dieu le sait, et il connaît le coeur de l’homme. C’est ce qui explique les nombreux encouragements à la persévérance, à tenir bon,  de la part des apôtres envers les nouveaux croyants et l’Église, qui était embryonnaire, et se devait d’espérer dans le retour de Jésus, afin qu’il porte le coup de grâce final à l’ancienne alliance, dont le Temple était au centre de celle-ci.

 

GÉNÉRATION

Étrangement, les dispensationnalistes se décrivent comme des littéralistes prophétiques, l’un des trois fondements de la doctrine du même nom, mais refusent la littéralité du texte de Mt.24.34, alors qu’il ne peut faire aucun doute que la génération dont il est question est bien celle des contemporains de Jésus. Bien entendu, nous comprenons que cette doctrine n’est qu’une construction imaginée pour offrir une espérance ajoutée au salut. Or, en reconnaissant la nature et la signification du Temple dans la vie des judéens, il ne peut faire autrement que d’être au centre du jugement décrété par Jésus en Mt.24.

Ce refus de reconnaissance a enchaîné une suite d’hérésies les plus abjectes, comme la perte du salut, qu’une partie des dispensationnalistes évoquent par des textes comme Hé.6 et 10. Or, l’épître est rédigée par un hébreu pour des hébreux dans un contexte hébraïque, par des concepts de la loi mosaïque, en particulier le lévitique. Ces chapitres d’Hé. 6 et 10 démontrent plutôt une conformité au texte de Mt.24, alors que cette génération de juifs a refusé la révélation faite chair et venue conformément selon les écritures des prophètes. Ils se sont donc retirés de la promesse et du rassemblement final. Ne leur reste plus que l’attente d’un terrible jugement, car ils ne peuvent pas crucifier Christ à nouveau pour le sacrifice de leurs péchés. La question à poser aux dispensationnalistes, c’est :

  • Comment est-ce possible pour des gens d’aujourd’hui d’avoir l’occasion de se rendre si coupables, que ça serait de crucifier Christ à nouveau si on leur permettait une autre repentance?

Pour eux, ce serait de perdre son salut. Mais le gros problème avec ce genre de croyance, c’est que Christ fut donné à Israël et que de le faire crucifier à nouveau, cela implique inévitablement avoir été dans la même génération que lui. Il faut l’avoir vu et être témoin directe, comme pour les apôtres pour être appelés « apôtres.» Il faut donc avoir été un témoin directe de Christ pour se rendre coupable de ce péché. De plus, le livre d’hébreux est adressé aux hébreux, rédigé dans la langue des hellènes, la langue d’usage de l’empire, puisque de toute façon, l’hébreu n’était pas la langue d’usage, même en Judée. La génération dont il s’agit est bien celle de Jésus.

 

Toute cette génération ne passera sans que tout s’accomplisse.

 

 

Patrick Galarneau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le fils de l’homme est celui qui rassemble ses élus

Mt.24.31Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis une extrémité des cieux jusqu’à l’autre.24.32Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que ses branches deviennent tendres, et que les feuilles poussent, vous connaissez que l’été est proche.24.33De même, quand vous verrez toutes ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte.

 

Comparons Hé.10.25-30 à ce texte

Dans le premier énoncé du verset 31 du ch.24 de Mt., le « fils de l’homme » est celui qui enverra ses anges avec une trompette retentissante (figurative de l’appel au combat chez les romains ou de la venue d’un dignitaire romain), afin de rassembler (le terme grec dans le texte comparatif d’Hé.10.25 est EPISUNAGOGE, que l’on retrouve uniquement en Hé.10.25 et 2Thess.2.1) tous les élus des quatre vents (image pour illustrer un rassemblement des élus des confins de l’empire romain. Le vent est un élément physique que l’on ne voit pas, mais que l’on reconnaît sa présence, sans savoir d’où il vient ni où il va, mais c’est le fils de l’homme qui contrôle cet élément incontrôlable, ce qui démontre de manière figurative qu’il est le Dieu créateur).

 

Voici Hé.10.25:

10.25N’abandonnons pas notre assemblée, comme c’est la coutume de quelques-uns; mais exhortons-nous réciproquement, et cela d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour (à noter que « notre assemblée » est mal traduit. Il s’agit de « rassemblement », puisque le terme grec est EPISUNAGOGE et non EKKLESIA).

Comme je l’ai déjà mentionné dans des articles traitant de l’épître aux hébreux, il ne s’agit pas d’abandonner notre église locale, ni même d’abandonner la foi. Sachons qu’encore une fois, l’adresse est faite aux hébreux, par un hébreux. L’hébreu qui quitte le judaïsme pour embrasser la foi en Christ demeure dans le « rassemblement », l’episunagoge, puisqu’il a « suivi » la promesse dans son accomplissement par le Oint, Jésus-Christ, la finalité prophétique. Un peu plus loin dans le chapitre, l’auteur précise que celui qui appartient à Christ n’est pas de ceux qui se retirent et qui regarde en arrière. Il est donc impossible que celui qui a été scellé dans la foi en Christ puisse se retirer (v.39). Au verset 38, l’auteur précise qu’il s’agit en réalité de ne pas délaisser notre sujet d’espérance.

Et quel est ce sujet d’espérance?

Si le juste vivra par sa foi (citation du prophète Habakuk ch.2.4), c’est qu’il a été justifié. Or, Israël fut appelé à être juste, mais a refusé celui qui le justifie éternellement. En ce sens, celui qui devait être justifié s’est retiré. Et dans ce cas, celui à qui fut promis le Messie, s’est retiré, d’abord en tuant le messager (Jean-Baptiste), puis l’héritier (Jésus-Christ). Il a ainsi commis l’irréparable, et c’est cette génération de juifs qui furent dans l’attente du jugement et voici la suite du texte d’Hé.10:

10.26Car, si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés,10.27mais une attente terrible du jugement et l’ardeur d’un feu qui dévorera les rebelles.10.28Celui qui a violé la loi de Moïse meurt sans miséricorde, sur la déposition de deux ou de trois témoins;10.29de quel pire châtiment pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour profane le sang de l’alliance, par lequel il a été sanctifié, et qui aura outragé l’Esprit de la grâce?10.30Car nous connaissons celui qui a dit: A moi la vengeance, à moi la rétribution! et encore: Le Seigneur jugera son peuple.

Les juifs de cette génération ont reçu la connaissance de la vérité par la présence et les accomplissements de Jésus. Comme ils l’ont rejeté, il ne leur reste donc plus de sacrifice pour les péchés. Ils sont donc sous la condamnation éternelle d’un péché irréparable: le péché contre le Saint-Esprit, que seule, cette génération pouvait se rendre coupable (Mc.3). Et le Seigneur jugera son peuple: Israël. Remarquez encore une fois tous les éléments directes et indirectes de ce court texte qui identifient les juifs de cette génération, je les ai mis en gras. Tous ces éléments en gras sont des citations de l’ancienne alliance et sont dans la culture mosaïque. On ne s’en sort donc pas: il s’agit expressément des juifs, et des juifs de cette génération particulière.

 

CONCLUSION

Pour le croyant hébreu, lui, il sera rassemblé avec les autres élus, comme en fait foi cette vaste campagne d’évangélisation faite par les disciples et apôtres à travers le monde romain, afin d’annoncer la bonne nouvelle à tous les juifs d’abord, puis par extension, aux grecs et aux convertis juifs. Le croyant hébreu est donc épargné du jugement qui surviendra sur Israël. Ceux de Jérusalem purent trouver refuge dans le ville-refuge de Pella, tout juste avant la destruction de Jérusalem.

 

La suite pour bientôt.

 

 

Patrick Galarneau