Le système de croyances (part 1)

Cet article fait suite à mon tout récent article traitant des «sans église fixe» et des «sans église locale».

Plusieurs pasteurs d’églises locales se questionnent depuis au moins une décennie sur le problème de dissidence d’un nombre croissant de croyants de leurs institutions. Les plus nobles d’entre eux vont aussi loin que leur noblesse amoindrie par des réflexions telles que:

  • avons-nous une responsabilité en tant que pasteurs ou églises locales, pour la défection des croyants de nos assemblées
  • quels sont les facteurs qui incitent à la dissidence
  • comment inciter les croyants dissidents à revenir au bercail

Certains parmi eux dressent des statistiques, parfois alarmantes, sur la défection de plusieurs parmi les leurs.

Les plus obstinés, bien campés dans leur obscurantisme religieux, eux, affirmeront, sans preuve bien sûr, que le niveau de fidélité à Dieu est tombé à plat, que ces croyants étaient en désaccords perpétuels avec les pasteurs, que plusieurs n’étaient tout simplement pas de vrais croyants, que ce sont des croyants mais qu’ils ne sont pas engagés dans leur foi ou encore, qu’ils sont dans le péché et ne veulent pas être confrontés à la lumière de l’évangile.

 

UNE RÉALITÉ BIEN DIFFÉRENTE

Voilà cinq siècles que les églises, issues de la réforme, stagnent dans leurs traditions ecclésiastiques, comme si la réforme de Luther, Calvin ou Zwingly est parvenue à ses fins et qu’il n’y a plus rien à y revoir. Voilà cinq siècles où le culte demeure au même point, avec ses chants, ses demandes d’argents, ses prédications demeurées aux bases de la foi nous lassent mais surtout, nous laissent en appétit, faute de nourritures solides. Et puis encore: l’église locale, sous toutes ses formes et ses couleurs dénominationnelles, nous vante les vertus de la communion fraternelle. Or, si vous allez dans un culte du dimanche matin, on vous invite de manière implicite à demeurer en silence et être des spectateurs passifs. Pire: on vous donne un pamphlet avec le descriptif d’un programme qui ressemble davantage à un spectacle et on vous dit, sur l’écriteau érigé sur le terrain de la dite église locale: «Heures de services».

Je reçois donc une tradition religieuse et non de la nourriture solide, ni ne participe  à de la communion fraternelle. Je viens, je m’assoie, je chante les chants programmés, je donne mon argent, j’écoute la prédication, je me lève à nouveau pour chanter quelques derniers chants, puis je pars. Voilà ce à quoi on m’invite. Il n’y a rien de personnel dans cette rencontre dominicale, tout est programmé comme un spectacle, une conférence, un cours primaire et une petite mise en situation de groupe où je me perds volontiers dans la foule, alors que les fausses notes qui sortent de ma bouche lors des chants sont camouflées par le chœur collectif que représente l’assistance dans la salle. Et je suis sensé être joyeux de m’être levé tôt un dimanche matin pour ça?

La veille, le samedi, dois-je mettre à la porte mes invités avec qui j’ai eu du plaisir à échanger, à consolider mes relations dans mon cercle d’amis le plus intime et à partager en entrant réellement en relation avec de vrais amis et ce, afin de pouvoir me lever tôt le dimanche matin pour aller me taire dans un endroit impersonnel où je suis non seulement silencieux, mais je dois être à l’écoute, demeure passif et ne jamais intervenir, sauf si on me demande de chanter ou donner mon argent lors de la quête? Suis-je sensé grandir dans ma foi en demeurant un passif-auditif qui ne fait que contribuer aux statistiques d’assistances du culte du dimanche matin et en plus, si j’ose dénoncer cela dans ce présent article, c’est moi que l’on va accuser d’être rebelle et de n’être qu’un dissident? Et ça, c’est sensé me donner le goût d’aller dans une assemblée? Disons-le franchement: je préfère demeurer avec ma famille et mes amis le samedi soir très tard, car au moins, ceux-ci ne passent pas leur temps à juger de ma foi, de ma fidélité à Christ, de mon amour pour les autres et de mon ardent désir de propager la bonne nouvelle et mes enseignements. Plus que cela, j’approfondi de vraies relations personnelles et je sais que mes proches, eux, seront là pour moi quand je ne me sentirai pas bien, comme lorsque j’ai la joie de leur apprendre une bonne nouvelle à mon sujet. J’ai un vrai partage avec mes proches.

Allez-vous encore me contraindre à joindre votre église locale après cet exposé? Dois-je me sentir coupable de ne pas vouloir participer à vos cultes redondants, impersonnels et sans approfondissement relationnel? Voilà un discours d’un «sans église locale» (SÉL) que vous devriez prendre en compte, au lieu de passer votre temps à juger de ce que vous ne savez pas.

 

Dans le prochain article, j’expliquerai ce qui motive plusieurs d’entre nous à faire dissidence et à partager notre foi ailleurs que dans le système de croyances.

 

 

Patrick Galarneau

 

 

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