Le comble du péché de Jésus!

Une réflexion au sujet des paroles de Jésus qui, certainement, devaient être considérées comme un véritable blasphème aux yeux des juifs. Mais la réponse de Jésus est magnifique. Elle place ses nombreux auditeurs, qu’ils soient partisans ou détracteurs, dans un état d’étonnement, tellement personne ne s’attendait à cette réponse, qui frappa l’imaginaire collectif.

Qui ne se souvient pas des paroles prononcées par Jésus au peuple, répondant aux chefs religieux juifs du Sanhédrin:

Mt.22.15 Alors les pharisiens allèrent tenir conseil pour l’enlacer (le piéger par ses propres paroles) dans [ses] paroles. 16 Et ils lui envoient leurs disciples avec les hérodiens, en disant : Maître, nous savons que tu es vrai, et que tu enseignes la voie de Dieu en vérité, et que tu ne t’embarrasses de personne, car tu ne regardes pas à l’apparence des hommes. 17 Dis-nous donc ce que tu en penses : Est-il permis, ou non, de payer le tribut à César ? 18 Mais Jésus, connaissant leur méchanceté, dit : Pourquoi me tentez-vous, hypocrites ? 19 Montrez-moi la monnaie du tribut. Et ils lui apportèrent un denier. 20 Et il leur dit : De qui sont cette image et cette inscription ? 21 Ils lui disent : De César. Alors il leur dit : Rendez donc les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu. 22 Et l’ayant entendu, ils furent étonnés ; et le laissant, ils s’en allèrent.

Les religieux juifs tentent d’amadouer Jésus en lui reconnaissant comme docteur d’Israël par ses mots « Rabbi » ou « Maître ». Ils lui reconnaissent aussi des qualités humanistes tout au long du verset 16, pour ensuite espérer le piéger par la question posée au verset 17.

Étrangement, Jésus les traite d’hypocrite et ce, après que les pharisiens soient arrivés en toute douceur dans leurs paroles. Jésus n’est pas dupe. D’abord, il sait très bien que le Sanhédrin offre des sacrifices à l’empereur, qu’une partie des impôts est prélevé à même les offrandes du Temple et que les pharisiens, non seulement n’en sont-ils pas outrés, mais sont de connivence avec les autorités romaines et ce, afin de ne pas être eux-mêmes prélevés, mais d’incomber ce fardeau aux petites gens du peuple. D’ailleurs, ce n’est pas sans raison que Jésus s’est mis dans une sainte colère contre les marchands du Temple, car habituellement, il y avait un endroit prévue autre que le Temple pour y marchander. Mais en demandant aux marchands d’y vendre au Temple, non seulement les chefs religieux percevaient une redevance sur les profits de la marchandise mais de plus, ils falsifiaient les poids et mesures des achats qui servaient pour les gens du peuple pour offrir en sacrifice à Dieu!

Et ces religieux osent questionner Jésus à ce sujet! Ça, c’est la première des hypocrisie!

Mais la seconde hypocrisie, c’est de tenter de placer Jésus dans une situation encombrante où il a à choisir entre se mettre à dos les gens du peuple juif qui espèrent de plus en plus que Jésus est le vrai Messie, ou encore, de se mettre à dos les autorités romaines, ce qui aurait placé Jésus dans une situation de révolte envers l’empereur romain, si seulement Jésus pouvait se faire piéger à admettre que l’impôt ne devrait jamais aller à Rome, mais plutôt à Dieu, comme la majorité juive le pensait et le clamait, au nom de l’Éternel Dieu. Si Jésus ne veut pas se mettre Rome à dos et ne pas être accusé et condamné pour révolte, Jésus doit alors abdiquer et accepter de se mettre maintenant à dos tous ceux qui le suivent en affirmant qu’ils doivent obligatoirement donner l’impôt à César. C’est là que réside l’astuce des chefs religieux juifs: l’obliger à se condamner lui-même, d’un côté ou de l’autre, sans possibilité de s’en sortir.

Et l’hypocrisie était aussi de faire en sorte que:

  • soit les gens du peuple acclament Jésus pour avoir pris position contre Rome, et dans un tel cas, les religieux juifs avaient un motif viable pour faire accuser Jésus et le faire condamner, ce qui l’aurait mis hors d’état de nuire à leurs affaires, leur crédibilité et leur notoriété. De plus, comme ils perdaient le contrôle des gens de la Judée aux mains de Jésus, qui devenait de plus en plus populaire, les chefs religieux auraient dans ce cas redoré leur image auprès de Rome et évité des sanctions romaines à leur égard ou pire, voir Rome investir Jérusalem et la détruire, ce qui était redouté par le Sanhédrin.
  • soit que le Sanhédrin aurait regagné le peuple en faisant en sorte que Jésus se décrédibilise lui-même et encore, qu’ils puissent le faire accuser devant le Sanhédrin, sous la déposition des nombreux témoins ayant entendu Jésus affirmer qu’il faut payer l’impôt à César. Mais pendant ce temps, le Sanhédrin, lui, offrait des sacrifices à l’empereur, en plus de prélever l’impôt à partir des dons au Temple, et pour ajouter l’insulte à l’injure, frauder le petit peuple en l’imposant davantage pour ne pas à avoir à payer eux-mêmes l’impôt.

 

Mais Jésus fut bien plus rusé que les chefs religieux. Remarquez comment il interpelle ses auditeurs. Il pose la question suivante à ceux qui sont venus pour le piéger:

  • 19 Montrez-moi la monnaie du tribut. Et ils lui apportèrent un denier. 20 Et il leur dit : De qui sont cette image et cette inscription ? 

Ne se doutant pas qu’ils seront eux-mêmes piégés, fort possiblement trop sûrs d’eux-mêmes, ils répondirent à Jésus:

  • De César.

Alors, Jésus qui leur a fait admettre par leur propre bouche que c’est César qui est sur les pièces de monnaie dit:

  • Rendez donc les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu.

Leur réaction:

  • Et l’ayant entendu, ils furent étonnés ; et le laissant, ils s’en allèrent

Non seulement n’ont-ils pas obtenu ce qu’ils désiraient entendre de la bouche de Jésus, mais ils se sont faits piégés eux-mêmes devant le peuple, par les paroles de leur bouche. Et encore plus que cela: Jésus a parlé à leur conscience, car eux, ils donnaient même le sacrifice à l’empereur, alors que celui-ci devait être donné à Dieu. Alors, que l’on rende à César sa juste part, et à Dieu ce qui lui revient. Or, les religieux juifs, par peur de Rome, se prostituèrent en donnant à César ce qui revient à Dieu!

 

RÉFLEXION

Le terrible péché de Jésus est d’avoir osé affirmer que les pièces de monnaie en circulation sont celles de César. Ironiquement, les révoltés juifs des années 66-68 de notre ère proclamèrent à Jérusalem l’indépendance de l’État juif, tuent le grand prêtre pro-romain Ananias, suppriment les sacrifices à l’empereur (institués par Hérode) et frappent des monnaies portant l’inscription « An I de la Liberté ». Ils ne voulaient plus redonner à César ce qui lui appartenait, mais affirmaient que tout était à Dieu. Résultat: l’état juif fut détruit environ deux ans plus tard, Dieu leur ayant rendu ce qu’il devait à ceux qui ont refusé son Oint et l’ont injustement accusée, condamné et fait mettre à mort. Ce fut le juste prix.

 

 

Patrick Galarneau

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Publié par

lafoisansreligion

À la fin de l'année 2013, c'est avec un feu de plus en plus ardent sur mon cœur que le Seigneur suscita en moi un désir de le servir d'une manière particulière. Ma présence sur le net n'est pas nouvelle et ce que je fais n'est pas nouveau. Toutefois, c'est en 2014 que s'est matérialisé ce projet de "La Foi Sans Religion", qui consiste en des enseignements de mise en contexte; des mises en gardes contre les faux bergers; des avertissements contre les faux ministères; des dénonciations sur les œuvres mauvaises et enfin, des exhortations sur ce site, sur facebook, sur youtube et sur les différents réseaux sociaux. Tous ces éléments servent à l'édification de l'Église. Je suis un des nombreux outils que le Seigneur utilise. Je travaille en collaboration avec tous ceux et celles qui œuvrent pour lui d'un cœur droit et vaillant et je félicite tous ces ministères diversifiés à travers le monde qui servent, à leur manière, le corps de Christ pour son édification et pour affermir la foi des uns et des autres. Je suis très préoccupé par l'actualité internationale, religieuse et politique. La majorité de mes contacts sont français et africains. Il est donc normal que je sois préoccupé par la politique internationale. Vous pouvez aussi consulter ma page facebook. Je vérifie les profils avant d'accepter de nouvelles demandes d'amitiés et ce, afin d'éviter les nombreux faux profils qui pleuvent sur ce réseau. Ma chaîne youtube porte le même nom que ce site: "la foi sans religion", où vous pouvez consulter les différents sujets que j'aborde.

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