Crise de foi, crise existentielle (part 3)

INTRODUCTION

Bonjour à toutes et à tous.

Vous avez peut-être entendu parler des cinq langages d’amour évoqué par le célèbre pasteur baptiste, auteur à succès et conférencier marital, Gary Chapman. Si je mentionne cet homme, c’est dans le but d’illustrer mon propos que voici:

Il y aurait donc cinq formes de langages d’amour. Énumérons-les sans pour autant entrer dans les détails:

  • Le contact physique

  • Les mots réconfortants

  • Le temps de qualité

  • Les cadeaux

  • Les services

Il semblerait, selon Chapman, que nous manifestons l’un de ces cinq langage plus que les autres, selon notre personnalité ou notre tempérament. Pour ma part, je manifeste davantage mon amour par le cinquième énoncé: les services. Et vous, quel est votre langage le plus manifeste parmi les cinq? Toutefois, notre langage d’amour ne correspond pas toujours aux attentes de nos proches et, plus particulièrement du conjoint qui partage notre vie à deux.

Il arrive parfois, voir même, souvent, que notre langage d’amour envers la personne aimée ne soit pas reconnue à sa juste valeur. Par exemple: si je manifeste à ma conjointe mon côté serviteur, il est possible que, pour elle, c’est plutôt le temps de qualité qui lui démontre que je l’aime. Ainsi, si je ne répond pas à son besoin qui se manifesterait par le langage d’amour du troisième énoncé (temps de qualité), elle croira, à tort, que je ne lui manifeste pas assez d’amour. Pourtant, malgré les griefs de la personne aimée à qui nous manifestons notre langage d’amour, nous répétons sans cesse le même langage qui nous convienne à nous plutôt qu’à l’être aimé, car cela correspond davantage à notre façon d’être. Aussi étrange que cela puisse paraître, notre relation avec la personne de Dieu est de la même nature. Si Dieu est une personne et que nous sommes créés à son image, pourquoi ça serait si différent?

 

COMPRENDRE DIEU À NOTRE MANIÈRE

Si nous prenons pour acquis que chaque personne qui se revendique être né de nouveau le soi réellement, chacune de ces personnes manifeste sa foi et son amour pour Dieu de manière sensiblement différente. Plusieurs croient rendre un vrai culte à Dieu. Plusieurs croient qu’ils sont spécialement élus et doivent exercer un ministère au sein de l’église. Il y a aussi ceux et celles qui doivent exercer leurs rituels religieux, croyant rendre un culte agréable pour Dieu. D’autres établissent des standards de sainteté, croyant bien faire. La majorité croit avoir la bonne interprétation biblique. D’autres sont émotifs et sensibles aux signes, alors que pour d’autres, il faut être logique, cartésien et criblés de preuves historiques pour comprendre Dieu. Quoi qu’il en soit, il ne s’agit pas de la forme que Dieu demande, mais bien la nôtre, qui nous satisfait nous. Notre langage manifeste non pas la volonté de Dieu, mais la nôtre, de la même manière que nous avons tendance à le faire dans notre couple, avec nos enfants ou n’importe qui d’autres.

 

Ainsi, aucune de ces personnes ne détient la bonne manière d’exprimer sa foi et son amour pour la personne de Dieu. Ni moi, ni vous ni personne. C’est Dieu qui détermine le bon langage d’amour que nous devrions lui manifester. En tant qu’homme, ce n’est pas moi qui doit déterminer le langage d’amour préféré de ma femme. C’est elle qui manifeste son désir d’être aimée de telle manière. De même, le langage d’amour que j’aimerais recevoir, ce n’est pas à ma femme d’établir ce que je devrais accepter comme langage d’amour. Mes enfants exigent que je leur manifeste mon amour envers eux selon leurs besoins: ma fille a besoin que je lui manifeste par le temps de qualité et les cadeaux. Mon fils, lui, c’est le contact physique et le temps de qualité. Parfois, ils me font des reproches à ce sujet, car moi, je me défends en disant que je m’occupe de toutes les tâches et de leur rendre la vie plus facile. Mais ce n’est pas ce que demandent mes enfants. Si ma femme et mes enfants peuvent m’exiger leurs besoins d’amour particulier, Dieu n’a-t-il pas davantage ce droit plus que quiconque, puisqu’il est le dépositaire à la fois de sa grâce et du moyen qu’il a mit à notre disposition, la foi?

 

DÉSILLUSION, DÉCOURAGEMENT

Comme nous pouvons être découragé par le peu de gratitude de nos proches face à notre amour que nous leur manifestons, selon nous, il se peut aussi que plusieurs parmi nous soyons découragés du peu de manifestation de Dieu dans nos vies. Plusieurs dispensationnalistes sont dans l’attente d’un Jésus qui reviendra éventuellement, mais voilà plus de 2 000 ans qu’il tarde. Pourtant, les chrétiens se font dire constamment de persévérer dans l’espoir d’un Jésus qui reviendra, mais rien ne se passe. De l’autre côté, nous avons ceux et celles, moins nombreux mais considérables tout de même, les prétéristes pour qui tout est accompli, alors, que peuvent-ils espérer de Dieu maintenant? Ne vaut-il pas mieux, pour chacune de ces personnes se retrouvant dans ces deux grandes catégories, de tout abandonner et maugréer contre Dieu pour, soit ne pas tenir parole ou tarder sans cesse? Ou encore, pour se montrer totalement absent, puisqu’il n’a plus aucune promesse à offrir et qui, de toute manière, avait réservé ses promesses à Israël seulement?

 

CONCLUSION

Qu’importe le camp dans lequel on se retrouve, nous avons des attentes non-comblées, car nous aimerions que Dieu se manifeste d’une manière ou d’une autre. Or, se peut-il que nous soyons aveugle à ses manifestations d’amour envers nous, comme nos proches peuvent aussi être aveugles à nos manifestations envers eux? Dans le prochain article, observons les deux principaux camps qui, rappelons-le, ont chacun leurs exigences de manifestations de la part de Dieu, chacun leur interprétation de sa personne, de ses promesses et de ses accomplissements.

 

 

Patrick Galarneau

 

 

Publicités