Obligé d’aller à la secte

Lorsque j’étais jeune (11 à 18 ans), mon père m’obligeait le dimanche matin à l’accompagner à sa secte baptiste évangélique. Il m’obligeait aussi à aller aux journées et soirées de jeunesses organisées par son église et des églises associées. Lorsque j’y repense avec le recul, j’aurais dû traîner mon père en justice pour simplement obtenir le droit de ne plus y aller. Pas pour le dénoncer, mais bien pour lui imposer une injonction, me permettant de ne plus être obligé de l’accompagner. Bien entendu, en-deçà de l’âge raisonnable de choisir par soi-même, c’est différent, en autant que la secte ne se rende coupable d’aucun acte répréhensible à mon égard ou d’autres jeunes.

Mais je n’avais pas les connaissances juridiques à cette époque. Aujourd’hui? Non, oublions ça, c’est du passé et je n’en tiens pas rigueur à mon paternel. Mais à cette époque, je vivais beaucoup d’angoisse la fin de semaine, car je devais m’attendre à ce que mon père m’oblige à aller à l’église le samedi, au lieu d’être avec mes amis. Le dimanche matin? J’éprouvais une grande honte d’être obligé de mentir à mes amis sur les raisons de mes absences de la maison. Pire: comme sa secte se réunissait dans une école, j’avais la possibilité de me sauver par la porte arrière et fuir jusqu’à l’aréna tout près. J’allais assister à des parties de hockey ou de patinage artistique. Puis, sur le chemin du retour, il arrivait que je trouvais un ou plusieurs amis sur mon passage pour me demander d’où j’arrivais.

 

Voyez-vous, je ne partageais pas les croyances de mon père et je m’en foutais éperdument. Parfois, il s’introduisait dans ma chambre sans frapper pour me parler de Jésus. Je mettais ma musique de débile afin de lui faire comprendre que je n’étais pas intéressé. Mais il m’obligeait. Pire: alors que j’avais 14 ans, il m’a donné un ultimatum de manière menaçante: il me donnait une semaine pour me « convertir à Jésus ». Sérieux? Et bien oui, il était sérieux.

 

Je me rappellerai toujours du 30 août 1990, alors que j’avais 18 ans: je quittais le nid familial. Non seulement devais-je encore accompagner mon père à sa secte religieuse, mais de plus, on m’exigeais de payer le loyer. Que voulez-vous… mon père devait se procurer les cd’s chrétiens qu’il recherchait tant, tout comme les bouquins chrétiens. Ça coûte cher les produits faits par la secte évangélique. Alors, j’ai claqué la porte. Chose que j’aurais dû faire bien avant. Doigt d’honneur en guise de remerciement pour toutes ces années merdiques à l’endurer dans la toxicomanie et à l’alcool, puis de sa soudaine délivrance par Jésus et la secte baptiste évangélique, je m’en allai vers ma propre voie. Ma mère? Pas chrétienne. Elle s’est obstinée avec mon père à plusieurs reprises à ce sujet, car elle n’était pas très emballée par l’obligation de faire de moi un p’tit criss (un clône de chrétien).

 

Mais vous savez quoi? Je suis devenu pasteur, enseignant, puis défroqué (diront certains). Il m’a fallu plusieurs années avant de comprendre une fois pour toute que le mouvement évangélique est une secte religieuse. Cependant, il n’en demeure pas moins une chose: c’est Jésus-Christ qui m’a libéré et seulement lui. La secte? Aux poubelles. Ça pue la débilité. Je connais beaucoup de gens de mon âge qui ont subi des atrocités dans leurs familles évangéliques, qui ont été battus, humiliés et contraints et ce, afin de les corriger et les remettre sur le droit chemin de la repentance. Moi? J’ai été battu une fois par mon père, contraint, mais pas subi de multiples humiliations.

 

Aujourd’hui, je n’ai plus aucun contact avec ma famille et ce, depuis de très nombreuses années. Il semble que je sois toxique pour une famille… toxique 😉

 

Aujourd’hui, je suis libre et heureux… en Christ comme en moi-même 🙂

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