Hockey Mineur: la folie furieuse!

Bonjour à toutes et à tous,

 

Je sais, ça n’a strictement rien à voir avec la vocation de ce site. Mais en tant que québécois et papa d’un joueur de hockey, je me sens interpellé par ce type d’article ci-bas:

http://www.danslescoulisses.com/fr/les-parents-delinquants-du-hockey-mineur/

 

Mon garçon termine sa 4e année de hockey mineur. Il a participé aux séries d’après-saison, à des tournois régionaux et provinciaux. Je l’ai toujours encouragé, mais jamais je ne m’en suis pris aux arbitres ni à l’association de hockey, ni à Hockey Québec. Pourtant, il y a eu des injustices notables contre mon garçon:

  • il s’est fait rétrograder à deux reprises lors du camp d’entraînement. L’entraîneur du niveau élite a parlé de mon garçon comme s’il était une merde sans le moindre talent sur deux patins. Quelques semaine plus tard, ce même entraîneur a été surpris à épier mon fils lors d’une partie hors-concours (parties avant que la vraie saison débute; camp d’entraînement), et il a vanté le grand talent de mon fils. Pourquoi ne l’a-t-il pas remarqué lors du camps élite? La raison est simple: les parents fous soudoient le programme hockey avec de beaux gros montants pour assurer leurs fils dans le club élite. C’est du moins ce qui est soupçonné. Nous, on n’a pas les moyens. Alors, dégageons le petit dont les parents n’ont pas d’argent. Mais quelques semaines plus tard, on l’épie et on vante son talent! Plus que cela, une équipe d’un niveau supérieur me demande si mon garçon peut être réserviste pour leur club. Ils l’ont choisi sur plus d’une centaine de garçons. Pourquoi mon fils joue-t-il à un niveau qui lui est inférieur dans ce cas???
  • Mon fils joue sur le 2e trio. Il ne débute jamais la partie et joue quelques minutes par parties. Il est clairement le meilleur de l’équipe, mais le hic, c’est que l’un des garçons est le fils de la gérante du club, et 4 autres garçons de l’équipe sont les fils des 4 entraîneurs. Mon garçon a marqué 40% des buts de son équipe, et a participé à 70% des buts marqués par son équipe. Tout ça en étant confiné aux missions défensives et en jouant un peu moins que certains.
  • Lorsque la mise au jeu se fait dans la zone défensive, c’est mon garçon qui est envoyé dans la mêlée. Il prend possession de la rondelle et l’amène en zone adverse en déjouant tout le monde. L’équipe soudainement est agressive et attaque la zone adverse. Puis, lorsqu’il y a arrêt de jeu en zone ennemi, c’est le 1er ou 3e trio qui embarque et voilà, notre équipe ne parvient ni à marquer ni à maintenir la rondelle en zone adverse et se retrouve souvent en zone défensive pour une mise au jeu.
  • Mon garçon marque un but évident dans une courte victoire de 1-0, mais le but n’a pas été vu par les arbitres aussi aveugles qu’inexpérimentés. Or, tout l’aréna l’a vu, même l’entraîneur de l’équipe adverse l’a vu et n’a rien compris à ce qui se passait. Mon garçon portait la marque à 2-0 pour son équipe, mais aucun arbitre n’a vu la rondelle. Résultat: mise au jeu à la droite du gardien adverse, devant des joueurs et spectateurs médusés, et victoire de 1-0 au lieu de 2-0.
  • Mon fils est plus puissant, plus rapide, de meilleurs mains, une meilleure vision du jeu, de meilleurs habiletés et marque des buts à la tonne. Malgré cela, on lui préfère des joueurs plus linéaires, mois rapides, moins habiles. Et non, ce n’est pas l’oeil d’un parent trop admiratif devant son garçon. Il faudrait se crever les yeux pour ne pas le constater.
  • Mon fils n’est pas un cas exceptionnel. Il y a beaucoup de jeunes, tous niveaux confondus, qui vivent pareille situation.

 

Malgré tout cela, je n’ai jamais dit un mot. Je suis derrière l’équipe de mon fils. Je sais qu’il y a des injustices et malheureusement, nous devons vivre avec ce fait, parce que le hockey au Québec, c’est un monde de requins auquel je ne veux pas que mon garçon discerne les jeux de coulisses. Je veux qu’il s’amuse. Et tant et aussi longtemps qu’il éprouvera du plaisir, je serai là derrière lui et l’équipe qui l’emploie.

Je refuse de faire partie de ces parents fous qui questionnent agressivement les entraîneurs qui ne font pas jouer assez souvent leurs fils, ou qui engueulent les arbitres concernant une évidente faute de jugement. Le hockey, c’est aussi un sport d’erreurs.

 

En somme, nous, en tant que parents, nous devons encourager nos enfants et prendre sur nous les injustices, afin que ces enfants ne ressentent pas tout le malaise qui peut prévaloir dans les coulisses du hockey. Tôt ou tard, la crème finit par remonter à la surface. Si nos enfants ont un talent réel, il finira par être reconnu un jour. Sinon, ne perdons pas de vue que le hockey, comme tout sport, doit demeurer récréatif.

 

Alors, calmons nos émotions et acclamons nos jeunes, dans les meilleurs comme les moins bons moments qu’ils vivent 🙂

 

 

 

Patrick Galarneau