Laïcité ou anti-musulmans?

INTRODUCTION

Au Québec, le nouveau gouvernement de François Legault, chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ), a tenu ses promesses en matière de laïcité, avec certaines nuances, mais je n’entrerai pas dans les détails ni les particularités de ce projet de loi. Je ne vais pas non plus évoquer les critiques pour et contre le projet de loi. Ce ne sera pas non plus un bref cours d’histoire. Ce qui importe, ce sont les impacts.

 

CRUCIFIX: SA RÉELLE PORTÉE HISTORIQUE

Beaucoup de québécois, selon différents sondages, sont pour le crucifix à l’assemblée nationale. Plus les personnes sont âgées, plus ils tiennent au crucifix dans une bonne proportion d’entre eux (plus de 60%). Pour les plus jeunes (18-34 ans), ça se situe autour de 50-50. L’argument qui revient le plus souvent, c’est le patrimoine historique. Ceux et celles qui sont pour, veulent que l’on se rappelle notre culture identitaire chrétienne-catholique. Peu d’entre les « sondés » sont des croyants-pratiquants, mais ils y tiennent. Les raisons? L’actualité des dernières années a donné beaucoup d’espace médiatique aux communautés religieuses. Qu’elles soient Sikhs, juives ou musulmanes, ces communautés ont retenu l’attention des médias pour des raisons trop souvent négatives au goût de la population. Une réaffirmation de son identité nationale de manière modérée semblait être de mise, si l’on se fie à l’opinion publique.

Toutefois, je ne suis pas certain que les québécois s’intéressent tellement à leur propre histoire. Savent-ils ce que représente réellement le crucifix à l’assemblée nationale, sous Maurice Duplessis, ancien gouvernement du Québec dans l’une des périodes les plus sombres de son histoire? Si c’est pour se dire « plus jamais », alors, dans un tel cas, la présence du crucifix se justifierait aisément.

Par contre, des groupes d’extrême gauche se sont également manifestés en instrumentalisant le phénomène religieux en créant un faux problème québécois: le racisme endémique

 

TERMINOLOGIE ET PRÉCISIONS

L’un des arguments massue des groupuscules d’extrême gauche, c’est que si vous critiquez l’Islam, vous êtes racistes et islamophobe. J’aimerais vous partager brièvement l’étymologie de ces deux termes:

Racisme: https://fr.wiktionary.org/wiki/racisme

1- Conviction qu’on peut catégoriser les êtres humains en une série de races en se basant sur des critères physiques scientifiques, surtout quand cela s’accompagne d’une hiérarchisation, consciente ou inconsciente, entre ces races.

2- (Spécialement) Doctrine politique préconisant la domination d’une race (dite pure ou supérieure) sur les autres (dites impures ou inférieures).

3- Attitude de mépris ou d’hostilité, pouvant aller jusqu’à la violence, envers des individus en raison de leur race, de leur ethnie ou de leur culture.

 

Islamophobie

1- Qui a peur de l’Islam

Notes: pour ce terme, ce sont des islamistes qui ont donné un sens différent à ce terme, faisant dévier sa vraie définition à une définition à saveur politique.

 

L’OSTENTATOIRISME

Notes: Ne cherchez pas le mot, je viens de l’inventer.

Est un tissus de superstitions ancestrales qui ne trouvent de fondement nul part. Si vous croyez aux martiens, vous finirez par en voir. Ou quelqu’un affirmera qu’il en a vu. Si vous croyez en Dieu, il y a quelqu’un parmi vous qui entendra des voix et s’autoproclamera comme prophète de son dieu. En fait, vous ou quelqu’un comme vous verra ce en quoi il croit. C’est ce qu’on appelle « du conditionnement ». Vous croyez aux miracles? Vous verrez un jour ou l’autre un miracle. Cela ne signifie pas que ça en soit un, mais l’impression d’en être un est une torsion de la vérité, comme celui qui est assoiffé dans le désert et voit un mirage à l’horizon. Ce qu’il voit, il le voit, mais ce qu’il voit est le fruit de son imagination.

Voyez-vous, certains croyants catholiques croient que de rouler dans leurs doigts des morceaux de leurs chapelets, ça va les rapprocher de Dieu et que ce dieu « obéira » aux volontés du croyants. D’autres croient que de placer un crucifix éloignera le malheur de leur maison. Personnellement, j’opterais pour un détecteur de fumée: c’est plus fiable et c’est pratico-pratique. D’autres religieux croient que d’écrire « D.ieu » au lieu de « Dieu », c’est lui vouer un plus grand respect. D’autres croient qu’il faut donner son offrande à l’église, afin que Dieu les bénisse encore davantage que ce que le croyant a donné. Porter un voile, une croix, un turban, un couteau, une kippa, adorer une statuette, représenter le Christ sur une croix, dire « paix à son âme » à chaque fois que l’on prononce le nom de Muhammad, avoir un lieu de culte, embrasser le sol de Jérusalem, pleurer au mur des lamentations, offrir des sacrifices d’animaux, s’abstenir de manger durant certaines périodes, s’abstenir de certains aliments, de prier à des heures précises, faire des ablutions, aller se confesser à quelqu’un en autorité religieuse, se flageller en public en retraçant le chemin de croix, se faire violence dans son corps et son âme, être rempli de privation pour être pieux, lire la bible, le coran ou la torah pour être un bon religieux accepté de Dieu, bref… tout ça ne sont que des signes extérieurs qui ne changent en rien l’aspect nauséabond de l’intérieur. C’est exactement ce que dénonçait Jésus auprès de qui??? Des religieux! En particulier, les chefs religieux juifs!! Pourquoi Jésus dénonçait-il les chefs religieux juifs, au lieu de ces vulgaires prostituées, publicains, lépreux, malades mentaux et infirmes? Parce que les apparences sont toujours extérieures. La religion est fondée sur les apparences, camouflant ses rides intérieures.

Mais revenons à ce qui est ostentatoires dans l’espace public:

Les noms de rues, la croix du Mont-Royal, les noms de municipalités, les lieux de cultes, tous ces éléments de l’histoire religieuse du Québec sont encore bien présents, bien que, trop habitués, les québécois en sont rendus à les nommer dans la plus grande indifférence sans pour autant les mépriser. Ils sont simplement indifférents de manière un peu involontaire.

Personne ne se rappelle avec émotion les noms des saints catholiques à qui leurs noms furent attribués à des rues, des municipalités ou des villages. Le cours d’histoire du Québec n’est pas le plus populaire de nos jours et même, il y a 30 ans ou 40 ans, ce cours n’était pas plus en vogue qu’aujourd’hui.

 

Si l’on veut absolument se débarrasser de tout ce qui est ostentatoires, il faudra changer les noms de rues, de villages, de municipalités et détruire les lieux de cultes. Là, on pourrait se nommer la « Nouvelle Corée du Nord ». Je ne crois pas que c’est ce que l’on veut collectivement. Personnellement, ça me ferait bien plaisir de voir toutes ces inutilités être enlevées, mais je me questionnerait sur les motivations d’un parti politique allant dans cette direction. Alors, oui à une certaine forme d’ostentatoirisme, mais par respect pour l’histoire qui a fondé le Québec.

 

ISLAMOPHOBIE: L’ARGUMENT D’AUTORITÉ

Les gens n’ont pas peur de l’Islam, ils n’en veulent pas. Parce qu’ils sont islamophobe? Parce qu’ils détestent l’Islam? Non: parce que les québécois se sont débarrassés des superstitions de la religion chrétienne.

Un autre argument de l’extrême gauche: les québécois ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas. Hum… argument qui déguise la condescendance et la vantardise de celui qui le prononce.

Cependant, ce n’est pas la peur de l’inconnu qui motive les québécois à un refus de l’Islam. C’est justement parce que les québécois connaissent les impacts de la religion qu’ils ne veulent pas de la religion au sens large. Pensez-vous vraiment que les québécois seraient heureux de se faire christianiser encore de nos jours? Et bien, si vous connaissez la réponse, vous allez également constater que l’Islam, le judaïsme ou toute autre forme de religion, ne seront pas les bienvenus dans la sphère publique. Le traumatisme collectif est encore récent dans l’histoire du Québec. La religion avait ses tentacules dans toutes les sphères de la société québécoise. On ne veut pas avoir à nouveau d’anciens problèmes qui se présentent, comme c’est le cas actuellement avec les différents griefs des minorités religieuses et des groupes d’extrêmes gauche.

 

CONCLUSION

Les québécois sont de grands connaisseurs du fait religieux. Pas besoin d’avoir été musulman pour ne pas aimer l’Islam, tout comme le christianisme ou le judaïsme. Je n’ai pas besoin d’avoir fait la guerre pour avoir le droit d’affirmer que la guerre, c’est mal et/ou ça fait mal. Je n’ai pas besoin de goûter à de la merde pour savoir que c’est vraiment dégueulasse. Je n’ai pas besoin de connaître chaque chose pour avoir le droit d’en parler. J’ai parfaitement le droit de ne pas aimer sans me faire traiter de raciste, de xénophobe ou d’Islamophobe.

Les québécois, comme beaucoup de peuples occidentaux, ne veulent pas de l’Islam ni du christianisme. Dans le dernier cas, ils acceptent le christianisme comme patrimoine, pas comme croyance. Mais ne demandez pas aux occidentaux de régresser dans l’histoire de l’évolution humaine. Si, à une certaine époque, les superstitions religieuses permettaient de s’accrocher à la vie, ce n’est plus le cas de nos jours. La science a maintes fois prouver plusieurs des fausses croyances des différentes religions. Pourquoi les gens reviendraient-ils en arrière dans l’évolution humaine? C’est un non-sens.

Discrimination contre les musulmans? La victimisation est au cœur de la construction de pensée religieuse, qu’importe la dénomination religieuse. La majorité québécoise voulait un gouvernement courageux pour se doter d’une charte de la laïcité qui représenterait ses valeurs actuelles. C’est fait.

 

 

 

Patrick Galarneau

 

Publicités