Les religions se joignent aux juifs et aux romains pour crucifier Jésus (Introduction).

Le peuple juif, les chefs religieux juifs, le Sanhédrin et les scribes affirmaient, avec conviction et fougue, qu’ils n’auraient jamais tué les prophètes d’autrefois comme l’ont fait leurs ancêtres. Ils disaient, à qui voulait bien les entendre moindrement, qu’ils étaient attachés aux paroles des prophètes, prenant un soin jaloux et méticuleux des rouleaux contenant les prophéties de ces hommes qui, au nom de l’Éternel, furent massacrés dans la ville même où la vie du juif attaché au judaïsme, tournait autour du Temple. Ils affirmaient également, avec fierté nationaliste mais aussi, par dévotion pour l’Éternel et ce, à l’intention de Jésus qui les dénonçait régulièrement et publiquement, qu’ils étaient les dignes fils d’Abraham, les porte-étendards de la loi mosaïque, faisant respecter les lois au peuple qui leur était soumis, faute d’avoir la connaissance nécessaire pour réfléchir par lui-même.

 

Il fallait bien, pour le juif ordinaire rempli d’admiration pour la grande piété de ces hommes religieux et obéissant aux lois, leur accorder, non seulement le bénéfice du doute, mais une confiance aussi aveugle qu’inébranlable. Ces religieux possédaient la connaissance de la littérature, de la lettre, maîtrisaient avec doigté les subtilités des textes sacrés, puisqu’ils les apprenaient par cœur, sans aucun repère, comme nos traductions avec ses chapitres et sa numérotation de versets, qui sont apparus beaucoup plus tard dans l’histoire. Ils étaient vus régulièrement en pleine session de prière, vus dans les synagogues et dans le Temple, lisant à haute voix les paroles inscrites sur les rouleaux sacrés et magnifiquement conservés. Ils envoyaient leurs serviteurs claironner du Shofar dans les rues, préparant leur sortie publique pour y annoncer en grande pompe qu’ils allaient faire don d’argent aux pauvres et aux démunis. Le peuple ne pouvait qu’admirer les gestes d’éclats de ses potentats du savoir et conducteurs des croyants, qui allaient certes, les conduire dans de verts pâturages et de qui sortiraient enfin le « fils de David », le Messie. Inévitablement, le Messie allait être présenté avec fierté par les religieux juifs, plus tôt que tard.

 

Ce Temple, lieu de prédilection pour le juif mais surtout, considéré comme la maison des chefs religieux juifs, comme le pasteur pour son église sur le coin de la rue, comme le curé habitant son presbytère attaché à son lieu de culte, comme l’Imam à sa Mosquée, comme le Rabbin à sa synagogue… et bien, ce Temple de Jérusalem, unique par son aspect vocationnel et sa raison d’être, devait, selon les prophètes d’autrefois, présenter le Messie, afin que s’accomplisse la prophétie. Les chefs religieux allaient certainement le reconnaître, assurément étant l’un des leurs, comme un cardinal devint Pape par la proximité et la promiscuité du pouvoir religieux. Alors, pensaient-ils, l’un d’eux, celui qui accomplirait de manière quasi-parfaite les commandements de Dieu, allait se mériter le droit d’être voté à l’unanimité comme le digne Messie, les délivrant du joug romain par la ruse et la sagesse, et non par les nombreuses erreurs du passé récent de la faiblesse de leurs épées, leurs frondes, leurs bâtons et leur faible nombre. Puis conforter les sièges des religieux au poste de chef, ayant eu la clairvoyance de reconnaître leur Messie parmi les leurs, qui les représenterait, les libérerait de Rome et redonnerait au peuple sa fierté nationaliste et même, la suprématie juive, imposant sa loi mosaïque sur les humains de seconde zone, les païens, c’est-à-dire, les non-juifs.

 

Oui ce Temple, les juifs de la diaspora en ont rêvé. Une fois l’an, des juifs de partout dans le monde romain et même au-delà, se rendaient à Jérusalem pour les fêtes annuelles, un moment unique où tous juifs se doivent de vivre au moins une fois dans leur vie, si seulement les contraintes de la vie quotidienne et des soucis de financement d’un tel voyage n’étaient pas un frein à leurs ambitions. Mais quelle expérience! Le voyage, mais surtout, écarquiller ses yeux de juif, fier de sa patrie, de son chef-lieu d’une si merveilleuse construction datant de plusieurs siècles mais, au-delà de la simple histoire du Temple, sa signification messianique, dont la diaspora soupire également, alors qu’elle est obligée de répondre aux exigences de l’empereur romain, un impie, infâme instrument du Diable qui accable le juif de par sa nature de juif, lui imposant ses impôts, ses lois et ses restrictions en matière de pratiques religieuses… Mais ce Temple, qui devint pour le juif de la diaspora, l’élément déclencheur ravivant ses espoirs et lui redonnant ce feu intérieur pour persévérer dans ses actes religieux

 

Pourtant, Jésus osa affirmer qu’aucune pierre ne demeurerait l’une sur l’autre, l’une près de l’autre, que tout serait rasé lors de son retour, mis à feu et à sang. Il osa même remettre en question l’intégrité de tous ces chefs religieux, leur dévotion, leur attachement aux prophètes, leur disposition de cœur et même, leur FOI véritable!! Non seulement remettait-il en question tout cela, mais il les accusa publiquement d’être des fraudeurs, des contrefaçons de la véritable piété, d’être des hypocrites, des profiteurs, des arnaqueurs et des menteurs. Plus que cela, il les accusa de ne rien comprendre aux écritures qu’ils enseignent. Il les pointa sévèrement du doigt et ce, en publique! Il a révélé publiquement le cœur de ces conducteurs pourtant fiables et rassurants, remplis de sagesse. Il les offrit en contre-exemple à tous ses auditeurs, comme s’il recherchait de l’attention, comme s’il était jaloux d’eux, comme s’il voulait leur voler un peu de notoriété.

Jésus, le rebelle, le casse-pieds, le chialeur, le dénonciateur, le parasite, l’épine dans le pied du Sanhédrin qui lui, tente de conserver la paix avec Rome et apaiser la colère du peuple, faisant passer Jésus pour le faiseur de trouble, est en train de se mettre à dos ceux qui devaient le reconnaître et lui octroyer l’onction messianique. Jésus était en train de se planter une épée dans le pied, bousillant toutes ses chances de parvenir au sommet de la hiérarchie religieuse, qui l’aurait mené vers le titre héroïque de libérateur du peuple d’Israël, comme prophétisé par Moïse en Deutéronome 18.18, mais il s’est mis à dos les individus les plus importants, les gens clés qui lui auraient permis d’avancer dans sa carrière et ses ambitions messianiques.

 

Pire: Jésus s’est attiré la haine. Cette haine, mène à la mort. Une mise à mort justifiée, afin que tout le peuple ne subisse par le terrible courroux romain. Les religieux juifs, dans toute leur sagesse, ont choisi d’en faire périr un seul au lieu d’attirer la colère sur tous à cause d’un seul.

 

CONCLUSION

Cet épisode de l’histoire aurait suffit à redonner à Israël sa paix d’esprit et sa bonne collaboration avec Rome, en attendant le vrai Messie, celui qui sortirait du sein du Sanhédrin…

 

 

 

Patrick Galarneau

 

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