Apocalypse de Jean

AUTEUR DU TEXTE

Voici un texte de Tresmontant sur l’Apocalypse de Jean:

 

INTRODUCTION
A propos de l’Apocalypse

Nos amis les journalistes nous parlent souvent de l’Apocalypse, à propos des catastrophes passées, présentes ou futures. Je ne sais pas s’ils ont lu et étudié ce petit livre mais dans le doute je vais donner quelques explications concernant ce texte qui sert souvent d’épouvantail à moineaux.

 

UNE DATE DE RÉDACTION CONTRE LE DISPENSATIONNALISME
L’Apocalypse est un texte qui a été composé dans les années 50 à 60 de notre ère, par un certain Iôhanan, que les Français appellent Jean. Il avait été dans l’île grecque de Patmos.

 

L’APÔTRE JEAN EST-IL VRAIMENT L’AUTEUR?

La question ouverte est de savoir de quel Jean il s’agit. S’agit-il du Jean qui était kôhen, c’est-à-dire prêtre, dans le Temple de Jérusalem et qui a pris des notes lorsque le rabbi Ieschoua, que les Français appellent Jésus, enseignait dans la grande Cour du Temple ? Ces notes prises évidemment en hébreu puis traduites en grec ont donné ce que nous appelons le Quatrième Évangile, classement totalement arbitraire. — S’agit-il du Iôhanan surnommé Marcus, le Marteau, traduction de l’hébreu maqqabah, fils de Mariam, neveu de Joseph surnommé Barnaba, de la tribu de Lévi ? Est-ce que c’est ce Iôhanan surnommé Maqqabah qui a annoncé la parole de Dieu à l’Asie mineure ? — Ou bien s’agit-il d’un troisième Iôhanan distinct des deux premiers ? La question n’est pas résolue. Ce qui est sûr et certain, c’est que le Iôhanan qui a écrit ou composé l’Apocalypse en hébreu, connaissait parfaitement le Temple de Jérusalem, sa liturgie, son mobilier, les vêtements des prêtres, et tous les détails symboliques du culte. C’est un kôhen.

 

LA RAISON DE LA RÉDACTION
Quel est le thème fondamental de l’Apocalypse ? Jérusalem, la Ville sainte, la Ville de pierre, va être détruite prochainement, d’une manière imminente. Depuis des siècles avant notre ère, depuis au moins le VIIIe siècle avant notre ère, les prophètes hébreux, Isaïe, Osée, puis Jérémie et Ézéchiel, avaient comparé la relation qui existe entre Dieu l’Unique, et son Peuple chéri, le Peuple hébreu, à la relation physique qui existe entre l’Homme et la Femme. L’Alliance entre Dieu et son Peuple était comparée à un mariage. Lorsque le Peuple hébreu est infidèle aux normes constituantes de cette Alliance, cette infidélité est comparée à une prostitution, et l’Épouse de Dieu est comparée à une prostituée. Jérusalem, la Ville sainte, est appelée une prostituée par les prophètes Isaïe, Jérémie, Ézéchiel L’idolâtrie, les cultes païens, sont une prostitution spirituelle. Par exemple si aujourd’hui, pure hypothèse, une Église, au lieu de servir son Seigneur, se prosternait devant les idoles des nations païennes et se mettait à adorer la nation divinisée ou État, — ce serait une prostitution. L’alliance du sabre et du goupillon, comme disaient nos grands-pères, est une prostitution.

 

LA GRANDE PROSTITUÉE EST JÉRUSALEM
Jean de l’Apocalypse connaît cette antique analogie entre Jérusalem et la Femme, épouse de Dieu ; la Femme infidèle et la prostituée. C’est cette analogie qu’il utilise constamment à la suite d’Osée, d’Isaïe, de Jérémie, Ézéchiel Nous sommes précisément dans ces années au cours desquelles certains rabbins tentent d’exclure le rouleau Ézéchiel du canon des Saintes Écritures, à cause précisément du fait qu’il a osé dire que Jérusalem est prostituée.
La Ville de Rome ne pouvait pas être appelée prostituée par Iôhanan le kôhen, tout simplement parce que Rome, la Ville païenne, la capitale du paganisme, n’a jamais été l’Épouse du Seigneur. Le terme de prostituée est réservé par les prophètes hébreux à Jérusalem lorsque la Ville sainte est infidèle à l’Alliance.
Jean annonce donc que la Ville sainte, Jérusalem, qu’il appelle la prostituée, va être détruite d’une manière imminente. Il n’y a plus de délai. Et Jean annonce qu’à la place de Jérusalem, la Cité de pierre qui va être détruite, la Nouvelle Jérusalem, cité construite avec des pierres vivantes qui sont des hommes et des femmes, descend d’auprès de Dieu. C’est cette nouvelle Jérusalem qui est la nouvelle Épouse du Seigneur. Elle remplace l’ancienne épouse infidèle, comme dans le rouleau ésotérique d’Esther, le Grand Roi, c’est-à-dire Dieu, remplace son ancienne épouse par une nouvelle épouse, Esther, la Nouvelle.

 

LA GRANDE TRIBULATION ET ENLÈVEMENT DE L’ÉGLISE
Non seulement Jean annonce que la vieille ville de Jérusalem va être détruite de fond en comble d’une manière imminente. Mais de plus il dit à la petite communauté de la Nouvelle Alliance qui se trouve à Jérusalem la grande Ville, persécutée à mort par le Haut Sacerdoce et par les Rois collaborateurs de la sinistre dynastie des Hérode, — Jean dit à la petite communauté chrétienne de se sauver au plus vite et sans attendre la catastrophe. Et nous savons en effet par des documents fort anciens que j’ai publiés dans ma traduction de l’Apocalypse (éd. O.E.I.L.), que la petite communauté chrétienne de Jérusalem a quitté la Ville sainte comme un seul homme — il faudrait dire comme une seule femme — peu de temps avant le commencement de la grande guerre des Romains contre les Judéens que Joseph surnommé Flavius nous a racontée dans le détail. Il était témoin oculaire et même acteur dans cette guerre qui a mal fini, qui a fini durant l’été de l’année 70 par la destruction de Jérusalem et du Temple.

 

LA GRANDE PROSTITUÉE N’EST PAS ROME
La majorité des exégètes pense que la ville, la prostituée dont il est question dans l’Apocalypse, c’est la ville de Rome. La majorité des exégètes pense que l’Apocalypse a été écrite ou composée tout à fait à la fin du Ier siècle, par exemple vers 96 ou 97.
Raisonnons un peu. Supposons que la majorité ait raison, que l’Apocalypse ait été publiée dans les toutes dernières années du Ier siècle, et que la ville, la prostituée, qui va être détruite de fond en comble, c’est Rome. Jean dit donc à la communauté chrétienne de Rome de se sauver au plus tôt, avant le désastre.
Les frères et les sœurs des communautés chrétiennes reçoivent donc, selon l’hypothèse admise par la majorité, l’Apocalypse vers l’année 100. L’Apocalypse annonce la destruction intégrale et imminente de la ville appelée Prostituée. Vers 110, vers 120, vers 130, Rome n’est toujours pas détruite. Vers 140, 150, 160 non plus, et ainsi de suite. Au IIe siècle, Rome n’a pas été détruite de fond en comble et d’un seul coup, comme l’annonce l’Apocalypse. Au IIIe siècle non plus, au IVe siècle non plus, et ainsi de suite.

 

SI C’EST ROME, ALORS L’APOCALYPSE EST FAUX
Si donc l’Apocalypse annonçait autour de l’année 100 la destruction intégrale et imminente de la ville de Rome, — alors l’Apocalypse serait une fausse prophétie, puisque de fait Rome n’a pas été détruite au IIe siècle ni au IIIe, ni plus tard.
Mais, nous dira-t-on, évidemment, l’Apocalypse est une fausse prophétie, puisque la prophétie, cela n’existe pas et cela ne peut pas exister. C’est ce bon monsieur Renan, alors professeur au Collège de France, qui l’a expliqué. Le surnaturel, cela n’existe pas, parce que personne n’en a jamais vu.
Oui, mais les frères et les sœurs des premières communautés chrétiennes des années 100 et suivantes n’étaient pas plus bêtes que nous. Si l’Apocalypse a été composée et publiée autour de l’année 100, et si la grande ville qui va être détruite de fond en comble et d’une manière imminente est Rome, — alors les frères et les sœurs des premières communautés chrétiennes attendent la destruction intégrale de Rome à partir de l’année 100, et d’une manière imminente. Or, en 110, Rome n’est toujours pas détruite de fond en comble. En 120 non plus. Et ainsi de suite. Par conséquent vers 150 les frères et les sœurs des communautés chrétiennes se disent : Ce bon Jean a reçu un coup de soleil sur la tête, dans l’île de Patmos, un peu comme Jonas. Et donc on cesse de recevoir l’Apocalypse comme livre inspiré dans les communautés chrétiennes, puisque dans cette hypothèse l’Apocalypse est évidemment une prophétie fausse, puisque Rome n’a pas été détruite. Et on cesse de recopier l’Apocalypse. Et donc, si cette hypothèse était vraie, si la ville qui va être détruite d’une manière imminente était Rome, et si l’Apocalypse avait été composée autour de l’année 100, nous n’aurions pas de manuscrit de l’Apocalypse. L’Apocalypse de Jean serait oubliée depuis longtemps. Il n’en serait plus question depuis des siècles.
L’argument se fortifie encore par le fait que l’Apocalypse a été attaquée aux IIe et IIIe siècles, par des adversaires, pour des raisons tout à fait différentes. Mais jamais ils n’ont mis en avant cet argument décisif : l’Apocalypse ne peut pas être un livre inspiré, puisqu’il annonce la destruction intégrale et imminente de Rome, et Rome n’a pas été détruite.

 

L’ANNONCE DE LA VILLE ENTIÈREMENT DÉTRUITE EST JÉRUSALEM EN 70′
Par contre, Jérusalem a été détruite par les armées de Vespasien et de Titus au cours de l’été de l’année 70. La petite communauté chrétienne de Rome n’a pas quitté la ville de Rome vers l’année 100. Mais la petite communauté chrétienne de Jérusalem a quitté la Ville sainte avant l’année 66, comme l’attestent des documents anciens que j’ai publiés. Rome ne pouvait pas être appelée la Prostituée, parce qu’elle n’a jamais été Épouse du Seigneur. Par contre, Jérusalem était appelée Prostituée, hébreu zonah, depuis Osée et Isaïe, VIIIe siècle avant notre ère.

 

LE CHIFFRE DE LA BÊTE EXPLIQUÉE
Le livre de l’Apocalypse s’explique fort bien si l’on étudie le contexte historique des années 50-70, avec la sinistre dynastie des Hérode, collaborateurs et massacreurs. Hôrôdôs, en hébreu, s’écrit avec trois wauw. Le wauw hébreu vaut 6. Par conséquent, en hébreu, Hôrôdôs s’écrit H6R6D6S. C’est le nom aux trois 6.
Pour ma part, je n’ai pas trouvé dans l’Apocalypse de texte qui traite de la fin du monde ou de la fin des temps. Mais peut-être quelque texte m’a-t-il échappé. J’ai trouvé dans l’Apocalypse un enseignement théologique : la nouvelle Jérusalem, construite avec des âmes vivantes, l’épouse du Seigneur et de l’Agneau, remplace la vieille ville de pierre, qui va être détruite durant l’été de l’année 70. Et dans la nouvelle Jérusalem, il n’y aura plus de Temple de pierre, ni de sacrifices d’animaux. Jean dans l’Apocalypse dit la même chose que l’auteur inconnu de l’Épître aux Hébreux. Ils se connaissaient fort bien l’un l’autre. Ce sont deux spécialistes de l’ancien Temple de Jérusalem, connaisseurs de l’antique liturgie du Temple.

 

UN LANGAGE UTILISÉ DANS L’APOCALYPSE POUR ÊTRE À L’ABRIS DES PERSÉCUTIONS

Mais pourquoi donc l’Apocalypse de Jean est-elle écrite en langage chiffré ? Pourquoi est-elle si obscure pour nous ? Tout simplement parce qu’elle a été écrite et composée à une époque où la petite communauté chrétienne était persécutée à mort par le Haut Sacerdoce de Jérusalem et par les roitelets régnants de la dynastie des Hérode, aussi bien à Jérusalem que dans les villes de province et de l’étranger. Jean écrit donc aux frères et aux sœurs des communautés chrétiennes d’Asie mineure et de Jérusalem dans une langue chiffrée qu’ils comprennent fort bien, tout comme sous l’Occupation allemande les réseaux de Résistance écrivaient eux aussi en langage chiffré.

 

CONCLUSION

Il est grand temps que les chrétiens, les vrais, ceux et celles qui cherchent la vérité et non le confort du mensonge rassurant, sachent qu’ils ont été manipulés, arnaqués et séduits par ces menteurs verreux qui attirent l’attention et la gloire vert leurs petites personnes en élaborant toutes les hypothèses futuristes les plus farfelues. Ces dramaturges du christianisme qui ont la démangeaison des fables montées de toutes pièces, se font une petite cagnotte sur le dos des masses crédules.

Avec cela, il faut bien construire ce qu’on appelle faussement des « églises locales », car en moussant ce faux espoir d’un retour physique de Jésus, on attire des foules qui chantent au Seigneur des supplications de retour vengeurs contre ce méchant monde dont on souhaite sa perdition, si ce dernier n’adhère pas aux élucubrations d’asilés psychiatriques de ces apôtres de la dispensation.

Et quoi de si florissant pour le christianisme contrefait que de faire miroiter un enlèvement dans les airs, rejoignant Jésus sur un cumulus blanc, regardant de haut les petites bêtes terriennes qui baigneront dans leur sang, carnage orchestré par Jésus, selon le fantasme meurtrier de ces faux chrétiens.

Mais surtout, il est temps que les chrétiens, les vrais, connaissent la vérité sur l’Apocalypse, les prophéties accomplies en entier. De cette manière, ils se libéreront de l’esclavage intellectuel et spirituel, dans lequel leurs gourous pastoraux et icônes religieuses d’envergures les tiennent depuis des lustres…

 

 

 

Patrick Galarneau

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