Attendre le retour de Christ, c’est comme attendre le Christ…

Les juifs attendaient la venue d’un Messie et ce, depuis plusieurs siècles. Ils espéraient et soupiraient profondément après un Messie. Ils étaient fortement religieux et pieux, exerçaient tous les rituels de la loi mosaïque dans l’espoir de trouver grâce aux yeux de l’Éternel, mais ils sont tous morts sans avoir vu le Messie de leurs yeux. Leurs espoirs furent-ils vains? Les conducteurs dans la foi de ces prophètes du passé ont entretenu l’espoir de ces juifs qui sont passés du joug d’un empire et d’un autre, ceux-ci s’étant succédés au fur et à mesure que l’un se désagrégeait et tombait dans la décadence, pour laisser place à un nouvel empire, tous se relayant en Judée pour la maintenir en dépendance étatique sans pouvoir se libérer. Mais le joug romain fut le point culminant de l’histoire juive.

 

Depuis la conquête romaine en l’an 63 avant notre ère en Judée, les prétendants messianiques se sont succédés à un rythme jamais vu auparavant. En un siècle, 42 prétendants messianiques ont exécuté leurs promesses de libérer Israël des romains, tels des Moïse des temps nouveaux, selon la parole du Deutéronome ch.18.18, alors qu’un messie, qui serait semblable à Moïse mais lui étant supérieur, libérerait le peuple comme Moïse libéra Israël du terrible joug égyptien. Cependant, tous sont morts sous l’épée romaine, alors que ces derniers combattaient par la voie de la violence et la rébellion, prétextant avec fausse piété, qu’il n’y a qu’un seul Dieu et que nul profane ne peut violer les terres laissées en héritage, et encore moins le saint Temple, maison de l’Éternel, qui ne peut supporter l’idolâtrie et le paganisme de ses invités, qui ont forcé la porte d’entrée pour s’y immiscer sans consultation de ses hôtes.

 

Beaucoup ont suivi ces radicaux qui se prétendaient messie, mais ont subi, pour la plupart, le même sort qui fut réservé à leurs « messies ». Les romains ont maté les juifs récalcitrants, eux et leur extrémisme religieux, bafouant du même coup leurs idées préconçues de leur Dieu qui seraient éternellement avec eux et qui les ferait habiter sans fin sur cette terre. Mais c’était mal connaître la portée spirituelle des propos de Dieu, car Dieu n’est pas un homme pour penser comme un homme. La terre d’Israël n’a absolument rien de significatif, si ce n’est qu’une pâle imitation de cette Jérusalem céleste dont le concept échappait aux juifs et échappe aujourd’hui aux chrétiens qui instrumentalisent Israël pour voir des prophéties se produire en ses terres. Quel outrage pour Dieu, puisque c’est le faire menteur que de croire qu’il n’ait pas tout accompli.

 

Mais devrions-nous vraiment êtres étonnés? Les juifs ont fait pareil. Ils ont vu le Christ dans la personne de Jésus, mais ont préféré volontairement le nier, car ils attendaient un Messie à la carte. Autrement dit, ils attendaient quelqu’un selon leurs attentes à eux, selon leurs interprétations. Les juifs attendaient un Messie qui est déjà venu, mais refusant de le reconnaître. Ils ont voulu croire qu’il n’était pas encore venu et regardait au futur un Messie qui n’est jamais venu. Puis, ils ont payé de leurs tristes vies pour cela. Les chrétiens d’aujourd’hui font exactement la même erreur. Ils attendent encore un retour de Christ, alors que la promesse s’est déjà accomplie depuis presque 2000 ans. N’est-ce pas un outrage à Dieu que de faire croire qu’il ne rempli pas ses promesses, alors qu’il les a bien remplie?

 

Les chrétiens d’aujourd’hui qui se réclament du futurisme catastrophiste avec leur « Jésus revient bientôt », ont le coeur aussi endurcit que les juifs de l’époque de Jésus. Les deux préfèrent ne pas reconnaître le Christ, mais de fantasmer sur l’image qu’ils s’en font.

 

 

 

Patrick Galarneau

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Je renie mon baptême.

Je n’ai jamais décidé de mon baptême lorsque j’étais enfant. Mes parents, en bons soumis québécois et ignorants, m’ont fait baptiser sans se questionner sur la pertinence du baptême. Beaucoup de parents, avec de belles intentions nobles, font baptiser leurs enfants et même, pour certaines cultures, il s’agit là d’une occasion de présenter bébé à toute la famille réunie et qu’il a sa place dans le clan familial élargit. Malheureusement, la culture transcende le gros bon sens et le jugement dans bien des domaines.

 

Je ne peux pas non plus affirmer que j’ai souffert d’avoir été baptisé bébé. Le baptême adulte, lui, vous incite fortement à revêtir la stupide robe blanche que l’on vous offre en guise de représentation de lavement des péchés (ça ou une poire rectale afin de nettoyer votre intérieur… je pense que je prendrais la poire rectale) en plus de vous présenter devant l’assemblée vêtu de cet accoutrement ridicule afin d’aller donner votre court témoignage de vie et ce qui a provoqué votre « transformation ». J’ose à peine imaginer voir la reprise vidéo de mon baptême adulte. Je pense que j’en rougirais de honte! Quelle stupidité irréfléchie.

 

CONTEXTUEL ET CIRCONSTENTIEL

Le baptême d’eau était pratiqué dans l’ancienne alliance et même chez des peuples hors d’Israël. Car encore une fois, comme plusieurs autres notions ritualistes, Israël n’a rien inventé: c’était déjà une pratique antérieure à Israël. Un peu comme la notion d’anciens: Israël l’a emprunté d’Égypte, lors de époque d’esclavage. De même, la notion de grand prêtre, de Temple dédié à un dieu, de nourriture consacrée et ainsi de suite… ces notions sont empruntées à l’Égypte. La loi mosaïque s’inspire étrangement du code d’Hammurabi  au 19e siècle avant J-C. Cela ne signifie aucunement que Dieu ne soit pas derrière l’instauration de tous ces éléments, mais Israël n’a rien inventé. Ces éléments ont été emprunté puis adapté pour Israël, selon l’encadrement que Dieu désirait pour Israël.

 

Lorsque Jean le Baptiste baptisa les juifs qui étaient dans l’attente du Messie, il s’agissait de préparer le peuple à recevoir le Messie en leur temps à eux. C’était la raison majeure pourquoi Jean allait dans le désert pour se retirer (et accomplir la prophétie de celui qui crie dans le désert), puis a aplani le chemin de celui qui s’en venait tout de suite après, préparant le peuple d’Israël à recevoir le salut par la révélation faite chair, Dieu éternel, l’Emmanuel parmi nous. Même les principaux chefs religieux juifs allaient se faire baptiser, mais Jean reconnut leur supercherie et les dénonça publiquement. Il faut savoir que ces chefs religieux forniquaient avec le pouvoir romain et ce, au détriment du peuple, sur qui les religieux imposaient de lourds fardeaux pendant qu’eux, bénéficiaient d’avantages offerts par Rome. La condition est que, le Sanhédrin devait maintenir l’ordre parmi le peuple et demeurer alerte au sujet de ceux qui se proclameraient libérateurs d’Israël dans des confrontations sanglantes avec Rome, ce que l’empereur ne désirait pas.

 

Le baptême était donc contextuel et circonstanciel, puisque la promesse était sur le point de se réaliser sous leurs yeux, dans leur génération. Les « vierges folles » allaient être exclues, alors que les « vierges sages » allaient se préparer à recevoir l’onction, préalablement par le baptême, motivés par un sentiment noble de repentance, sachant que le Messie allait à leur rencontre.

 

BAPTISEZ LES NATIONS

Belle instrumentalisation de la part des différentes dénominations afin que l’on joigne leurs organisations et gonflons leurs statistiques. Hormis ce « détail », les chrétiens croient que Jésus disait que les apôtres et tous les autres chrétiens du monde et de toutes époques ultérieures avaient comme mission de convertir et baptiser tous les peuples du monde entier.

Faux!

Jésus disait simplement que maintenant, les apôtres et disciples pouvaient enfin sortir de la Judée afin d’aller vers les nations où se disperse la diaspora juive, afin qu’eux aussi reçoivent la bonne nouvelle du Messie enfin révélé en leur temps, pour ensuite recevoir le baptême. Cette évangélisation massive et rapide avait pour but d’avertir tous les juifs du monde romain et même, jusqu’aux Indes, que la fin est proche sur Israël, que l’ancienne alliance sera définitivement remplacée par la nouvelle, et qu’ils pourront définitivement entrer dans le repos éternel. La fin du monde, comme Jésus le dit en Mt.28 lorsqu’il exhorte ses disciples à parcourir le monde, c’est le monde connu des juifs: l’ancienne alliance. Et non la fin de la vie sur Terre, comme l’ont imaginé les illuminés issus du christianisme élargit depuis deux siècles.

Ainsi, Jésus sera avec eux jusqu’à la fin de leur monde: fin du Temple, de l’ancienne alliance, de la Judée et du judaïsme (Mt.24). Lorsque le jugement sur Israël vint en l’an 70′, tout ce qui a précédé le jugement final devint caduque et obsolète. Les juifs qui refusèrent la révélation ont subi le jugement, alors que les chrétiens hébreux, eux, qui n’ont pas participé aux violences et la rébellion contre Rome, furent épargnés. Ils trouvèrent refuge, pour ceux qui étaient en Judée, dans la ville refuge de Pella.

 

CONCLUSION

Lorsque le Temple et toute la jurée tombèrent définitivement, les croyants hébreux (et des chrétiens hors-Israël des générations subséquentes par extension) sont entrés officiellement dans le royaume éternel, puisque toute l’ancienne alliance est tombé en obsolescence, afin de laisser place au royaume de Christ. Les notions de la période de transition entre 30′ et 70′ de notre ère disparurent: la prêtrise, le pastorat, l’évangéliste, le prophète, le messianisme… bref, tout cela sont devenus des termes au passé. Le baptême, pour la repentance des juifs, devenait alors anachronique.

Alors, pourquoi importerait-on cette spécificité judéenne à notre contexte, alors que c’est totalement anachronique, spécifiquement culturel et temporellement ciblé tout juste avant le grand jugement sur Israël? Jésus est mort, ressuscité et revenu pour les siens. Tout est accompli. Mais la religion s’efforce de retourner en arrière et crucifier Christ à nouveau, comme si cela était encore possible, croyant que tout cela demeure à venir. Or, Jésus s’adresse directement à ses disciples et jamais n’avons-nous été concernés par ces événements tragiques. Le jugement était pour Israël.

Enfin, est-ce grave de se faire baptiser? Non. Pas du tout. Je pense qu’on l’a tous fait par ignorance et non par mauvaise foi. Cependant, pourquoi ne pas cesser toutes ces pratiques inutiles qui nous font perdurer dans une certaine forme de religiosité et anachronique? Simple question 🙂

 

 

Patrick Galarneau